Saverio Mercadante

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Saverio Mercadante

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Saverio Mercadante

Naissance 17 septembre 1795
Altamura Flag of the Kingdom of the Two Sicilies (1816).svg Royaume de Naples
Décès 17 décembre 1870 (à 75 ans)
Naples Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d’Italie
Activité principale Compositeur
Maîtres Giovanni Furno, Giacomo Tritto, Niccolò Zingarelli

Giuseppe Saverio Raffaele Mercadante est un compositeur italien du XIXe siècle né le 17 septembre 1795 à Altamura dans la province de Bari, dans la région des Pouilles et mort le 17 décembre 1870 à Naples.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né près de Bari, dans les Pouilles, Mercadante était l'enfant illégitime d'un veuf et de sa gouvernante[1]. Il entra en 1808 au Conservatoire de Naples grâce à un faux certificat de baptême daté de 1797 et étudia sous la direction de Giovanni Furno et Giacomo Tritto[2], puis de Niccolò Zingarelli.

Chargé d'un orchestre d'étudiants, il composa de nombreuses œuvres instrumentales pour cette formation, suscitant l'enthousiasme de Rossini, qui avait assisté à l'un de ses concerts. Après avoir donné trois ballets au Teatro San Carlo de Naples, il y créa en 1819 son premier opéra, L'apoteosi d'Ercole, qui bénéficia d'une distribution prestigieuse réunissant Colbran, Pisaroni, David et Nozzari, et il connut un grand succès avec son deuxième ouvrage, Violenza e Constanza (1820).

Quatre autres opéras suivirent, créés à Naples mais aussi à Rome et à Bologne (Maria Stuarda, 1821), avant un triomphe à la Scala de Milan avec Elisa e Claudio (1821). La production de ce dernier ouvrage à Vienne lui valut d'être convié à donner trois opéras au Kärntnertortheater, parmi lesquels Doralice (1824) qu'admirait Hegel. Parallèlement, il donna de nombreux ouvrages aux théâtres italiens, comme Amleto à la Scala de Milan en 1822 ou Caritea, regina di Spagna à la Fenice de Venise en 1826.

La testa di bronzo, donné à Lisbonne en 1827 lui valut une invitation à séjourner dans la péninsule Ibérique où il donna Gabriella di Vergy à Lisbonne l'année suivante et Francesca da Rimini à Madrid en 1831. Quand il revint en Italie, il dut affronter la rude concurrence de Bellini et de Donizetti du second en particulier qui, triomphant à Naples, l'écarta du San Carlo après Zaira en 1831. En 1833, il obtint un poste de maître de chapelle de la cathédrale de Novare, en Piémont, où il résida jusqu'en 1840.

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Il continua à composer des opéras et remporta un succès considérable à Turin avec I Normanni a Parigi (1832), suivi dans la même ville par Francesca Donato (1835) et donna successivement six opéras à la Scala parmi lesquels Ismalia (1832), Il conte d'Essex (1833) et La gioventù d'Enrico V (1834), sans oublier Venise où il donna Emma d'Antiochia (1834).

À l'invitation de Rossini, il se rendit à Paris et donna I briganti au Théâtre italien (1836), qui fut un échec malgré une distribution réunissant Grisi, Rubini, Tamburini et Lablache. Durant son séjour à Paris, il se familiarisa avec le grand opéra à la française, assistant notamment à des représentations de La Juive d'Halévy et d'ouvrages de Meyerbeer, qui l'amenèrent à infléchir son propre style pour tendre à davantage d'intensité dramatique.

De retour en Italie, il triompha à la Scala avec Il giuramento (Le Serment, 1837), l'un de ses opéras les plus connus. En 1838, il fut préféré à Donizetti pour diriger le conservatoire de Naples, poste qu'il occupa effectivement à partir de 1840. Cet événement précipita le départ de Donizetti pour Paris. À ce moment, Bellini était mort depuis trois ans, et Mercadante régna alors en maître incontesté sur l'opéra italien. Dans "La Chartreuse de Parme" (1839) Stendhal parle d'un homme "chantant un air délicieux de Mercadante, alors à la mode en Lombardie".

Invité à nouveau au San Carlo (Elena da Feltre, 1839), il obtint la même année son plus grand succès avec Il bravo à la Scala. Mais, il subissait la concurrence de Giovanni Pacini (Saffò, 1840) ; surtout, s'allumait déjà l'étoile montante de Giuseppe Verdi (son Nabucco est de 1842) qui ne devait pas tarder à éclipser celle de Mercadante. Certains des opéras qu'il donna encore eurent du succès (Orazi e Curiazi, 1846) mais la plupart peinaient à susciter l'enthousiasme de jadis, tandis que ses ouvrages plus anciens tombaient progressivement dans l'oubli.

Quand il eut atteint la soixantaine, sa vue commença à baisser fortement et il devint à peu près complètement aveugle à partir de 1863. Il ne mourut qu'à la fin de 1870, entouré du respect général mais considéré comme appartenant à un monde révolu. En dépit de quelques productions occasionnelles, la plupart de ses opéras quittèrent alors le répertoire.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Opéras[modifier | modifier le code]

  • 1817 :
    • Climene, dramma per musica en 2 actes, non représenté (travail d'étudiant)
  • 1819 :
  • 1820 :
  • 1821 :
    • Maria Stuarda regina di Scozia, dramma serio en 2 actes, Bologne, Teatro Comunale, 29 mai
    • Elisa e Claudio, ossia L'amore protetto dall'amicizia, melodramma semiserio en 2 actes, livret de Luigi Romanelli d'après Rosella de F. Casari, Milan, Teatro alla Scala, 30 octobre
    • Andronico, melodramma tragico en 2 actes, livret de Dalmindo Tindario (Giovanni Kreglianovich) d'après Dom Carlos de Saint-Réal et Andronic de Campistron, Venise, Fenice, 26 décembre ; remanié l'année suivante comme : Alfonso ed Elisa (1822)
  • 1822 :
  • 1823 :
    • Didone abbandonata, dramma per musica en 2 actes, livret de Pietro Metastasio, Turin, Teatro Regio, 18 janvier ; nouvelle version revue (avec dénouement heureux) : Milan, Teatro alla Scala, 31 juillet 1825; troisième version à Naples (?)
    • Gli Sciti, dramma per musica en 2 actes, livret d'Andrea Leone Tottola d'après Les Scythes de Voltaire (refonte de Scipione in Cartagine), Naples, Teatro San Carlo, 18 mars
    • Costanzo ed Almeriska, dramma per musica en 2 actes, livret d'Andrea Leone Tottola, Naples, Teatro San Carlo, 22 septembre (ou 22 novembre ?)
  • 1824 :
    • Gli amici di Siracusa, melodramma eroico en 2 actes, livret de Giacomo Ferretti d'après Plutarque, Rome, Teatro Argentina, 7 février
    • Doralice, melodramma en 2 actes, librettiste inconnu, Vienne, Kärntnertortheater, 18 septembre
    • Le nozze di Telemaco ed Antiope, action lyrique en 7 scènes, livret de Calisto Bassi, Vienne, Kärntnertortheater, 5 novembre (pastiche de divers compositeurs)
    • Il podestà di Burgos, melodramma giocoso en 2 actes, livret de Calisto Bassi, Vienne, Kärntnertortheater, 20 novembre ; nouvelle version sous le titre : Il signore del villaggio, livret d'Andrea Leone Tottola, Naples, Teatro del Fondo, 28 mai 1825 ; troisième version sous le titre : Eduardo ed Angelica, Naples, Teatro del Fondo, 1828
    • Nitocri, dramma per musica en 2 actes, récitatifs d'Apostolo Zeno, passages chantés du comte Lodovico Piossasco, Turin, Teatro Regio, 26 décembre ; nouvelle version : Milan, Teatro alla Canobiana, 2 octobre 1830
  • 1825 :
    • Les Noces de Gamache, opéra bouffon en 3 actes, livret de J.-H. Dupin et T. Sauvage d'après Cervantes, musique « arrangée pour la scène française par M. Guénée » à partir de L'apoteosi d'Ercole et Elisa e Claudio, Paris, Théâtre de l'Odéon, 9 mai (pastiche)
    • Erode, ossia Marianna, dramma tragico en 2 actes, livret de Luigi Ricciutti d'après Marianne de Voltaire, Venise, Fenice, 12 décembre (ou 27 décembre ?)
    • Ipermestra (I), dramma tragico en 2 actes, livret de Luigi Ricciutti d'après Eschyle[3], Naples, Teatro San Carlo, 29 décembre
  • 1826 :
    • Caritea, regina di Spagna, ossia La morte di Don Alfonso re di Portogallo (autre titre : Donna Caritea), melodramma serio en 2 actes, livret de Paolo Pola, Venise, Fenice, 21 février
  • 1827 :
    • Ezio, livret du comte Lodovico Piossasco d'après Pietro Metastasio, Turin, Teatro Regio, 3 février
    • Il montanaro, melodramma comico en 2 actes, livret de Felice Romani d'après Auguste Henri Jules Lafontaine, Milan, Teatro alla Scala, 16 avril
    • La testa di bronzo, ossia La capanna solitaria, melodramma heroi-comico en 2 actes, livret de Felice Romani[4], Lisbonne, theatre privé du baron di Quintella at Laranjeiras, 3 décembre
  • 1828 :
  • 1829 :
  • 1830 :
    • Don Chisciotte alle nozze di Gamaccio, melodramma jocoso en un acte, livret de Steffano Ferrero d'après Cervantes, Cadix, Teatro Principal, 10 février
    • Francesca da Rimini, melodramma en 2 actes, librettiste inconnu d'après Felice Romani, 1830 ou 1831 (probablement non représenté)
  • 1831 :
    • Zaira, melodramma tragico en 2 actes, librettiste inconnu d'après Felice Romani, Naples, Teatro San Carlo, 31 août
  • 1832 :
    • I normanni a Parigi, tragedia lirica en 2 actes, livret de Felice Romani, Turin, Teatro Regio, 7 février
    • Ismalia, ossia Amore e morte, melodramma en 3 actes, livret de Felice Romani d'après Ismalie, ou la Mort et l'amour (1828) de Prévost d'Arlincourt, Milan, Teatro alla Scala, 27 octobre
  • 1833 :
    • Il conte di Essex, melodramma en 3 actes, livret de Felice Romani, Milan, Teatro alla Scala, 10 mars
  • 1834 :
    • Emma d'Antiochia, tragedia lirica en 3 actes, livret de Felice Romani, Venise, Fenice, 8 mars
    • Uggero il danese, melodramma en 4 actes, livret de Felice Romani, Bergame, Teatro Riccardi, 11 août
    • La gioventù di Enrico V, melodramma en 4 actes, livret de Felice Romani d'après William Shakespeare, Milan, Teatro alla Scala, 25 novembre
  • 1835 :
  • 1836 :
  • 1837 :
  • 1838 :
    • Le due illustri rivali, melodramma en 3 actes, livret de Gaetano Rossi, Venise, La Fenice, 10 mars ; version amendée en 1839
  • 1839 :
  • 1840 :
    • La vestale, tragedia lirica en 3 actes, livret de Salvatore Cammarano, Naples, Teatro San Carlo, 10 mars ; reprise sous le titre Emilia : Rome, 1842 ; comme San Camillo, azione sacra : Rome, 1851
    • La solitaria delle Asturie, ossia la Spagna ricuperata, melodramma en 5 actes, Venise, La Fenice, 12 mars
  • 1842 :
    • Il proscritto, melodramma tragico en 3 actes, livret de Salvadore Cammarano d'après Frédéric Soulié, Naples, Teatro San Carlo, 4 janvier
  • 1843 :
    • Il reggente, tragedia lirica en 3 actes, livret de Salvadore Cammarano d'après Gustave III d'Eugène Scribe, Turin, Teatro Regio, 2 février ; version révisée avec compléments : Trieste, Teatro Grande, 11 novembre
  • 1844 :
    • Leonora, melodramma en 4 actes, livret de Marco d'Arienzo d'après Leonore de G. A. Bürger, Naples, Teatro Nuovo, 5 décembre ; sous le titre Il cacciatore delle Alpi : Ferrare, 1859
  • 1845 :
    • Il Vascello de Gama, melodramma romantico en un prologue et 3 actes, livret de Salvadore Cammarano d'après Le Naufrage de la Méduse (1839) de de Louis François Charles Desnoyer, Naples, Teatro San Carlo, 6 mars
  • 1846 :
  • 1848 :
    • La schiava saracena, ovvero Il campo di Gerosolima, melodramma tragico en 4 actes, livret de Francesco Maria Piave, Milan, Teatro alla Scala, 26 décembre ; version révisée : Naples, Teatro San Carlo, 1850
  • 1851 :
    • Medea, tragedia lirica, livret de Salvatore Cammarano, Naples, Teatro San Carlo, 1er mars
  • 1853 :
  • 1857 :
    • Pelagio, tragedia lirica en 4 actes, livret de Marco d'Arienzo, Naples, Teatro San Carlo, 12 février
  • 1866 :
    • Virginia, tragedia lirica en 3 actes, livret de Salvatore Cammarano d'après Vittorio Alfieri, Naples, Teatro San Carlo, 7 avril (composé en 1849-1850, interdit par la censure)
  • 1869-1870 :
    • L'orfano di Brono, ossia Caterina dei Medici, melodramma en 4 actes, livret de Salvatore Cammarano [1er acte seulement]

Musique instrumentale[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Passé sous silence par les notices biographiques anciennes, ce fait est mentionné par James Joyce dans son célèbre roman Ulysse (Kaminski, p. 921).
  2. qui furent ultérieurement les maîtres de Vincenzo Bellini
  3. distinct du livret de Métastase portant le même titre
  4. livret de 1816 pour Carlo Evasio Soliva

Sources[modifier | modifier le code]

  • (fr) Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Paris, Fayard, coll. Les indispensables de la musique, 2003

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Karen M. Bryan, « Mercadante's Experiment in Form: The cabalettas of Elena da Feltre », Donizetti Society Journal, n° 6, Londres, 1988
  • (en) Tom Kaufman, « Mercadante », in : The International Dictionary of Opera, vol. 2, pp. 858–861, 1993
  • (en) Tom Kaufman, « Mercadante and Verdi », The Opera Quarterly, vol. 13, n° 3, Juin 1997
  • (it) Giuseppe de Napoli, La triade melodrammatica altamurana : Giacomo Tritto, Vincenzo Lavigna, Saverio Mercadante, Milan, 1952
  • (it) Biagio Notarnicola, Verdi non ha vinta Mercadante, Rome, 1955
  • (it) Santo Palermo, Saverio Mercadante : biografia, epistolario, Fasano, 1985
  • (it) Gian-Luca Petrucci, Saverio Mercadante l'ultimo dei cinque re, Rome, 1995
  • (en) Michael Rose, « Mercadante », in : The New Grove Dictionary of Opera, vol. 3, pp. 334–339, 1993

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]