Annie Leibovitz

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Annie Leibovitz

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Annie Leibovitz en 2008.

Naissance 2 octobre 1949 (64 ans)
Drapeau des États-Unis Waterbury, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale photographe

Anna Lou (Annie) Leibovitz (née le 2 octobre 1949 à Waterbury, Connecticut, États-Unis) est une photographe américaine. Elle est spécialisée dans les portraits de célébrités[1]. Son style est caractérisé par la mise en valeur du glamour de ses modèles (qui sont généralement des vedettes du cinéma, de la musique ou de la politique) et leur ostensible esthétisation, mettant toujours en avant un détail lié à la vie propre du personnage ou à son actualité publique. Elle est actuellement la femme photographe la plus cotée du monde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Annie Leibovitz est devenue célèbre alors qu'elle travaillait pour le magazine Rolling Stone de 1970 à 1983.

En 1975, elle suit la tournée des Rolling Stones.

Le matin du 8 décembre 1980, elle se rend à l’appartement de John Lennon et de Yoko Ono pour une séance de photos destinées au magazine Rolling Stone. C'est le dernier photographe à prendre John Lennon en vie, il décède en fin de journée.

Depuis 1983, elle est photographe au magazine Vanity Fair.

En 1991, elle expose à la National Portrait Gallery de Washington.

Elle a partagé la vie de Susan Sontag de la fin des années 1980 jusqu'au décès de cette dernière en 2004.

Esthétique[modifier | modifier le code]

Deux tendances cohabitent dans l'œuvre d'Annie Leibovitz[2].

Leibovitz devant le portrait de Demi Moore lors de l'exposition A Photographer's Life, 1990-2005 tenue à San Francisco.

L'une – la plus connue – répond d'un travail de commande pour des magazines (Rolling Stone, Vanity Fair, Vogue) ou des marques (Louis Vuitton, Lavazza). Ces photographies sont généralement très travaillées, tant au moment de la prise de vue qu'en post-production. La photographe s'entoure ainsi d'une équipe conséquente (d'éclairagistes, d'accessoiristes et de stylistes) qui lui permettent d'obtenir des images que l'on pourrait qualifier de « léchées ». Le cadrage est généralement d'une facture classique, la scénographie est d'inspiration théâtrale et la position des corps (surtout dans ses compositions de groupe, en plan large) pourrait être rapprochée des canons baroques[3]. L'historien Jürgen Trimborn associe d'ailleurs les portraits de la photographe pris lors des Jeux olympiques d'Atlanta en 1996 à l'esthétique de la cinéaste Leni Riefenstahl, sur laquelle avait écrit Susan Sontag[4]. Les deux artistes partagent un même goût pour la l'héroïsation presque systématique de leurs modèles et l'usage d'un éclairage contrasté. Le glamour est la sensation visée par la photographie, qui passe par l'érotisation des corps, même lorsque celui-ci ne s'y prête pas a priori : c'est notamment le cas du cliché de Demi Moore, nue et enceinte, qui fit scandale aux États-Unis lors de sa parution[5]. De la même façon, le portrait de Clint Eastwood, où le modèle est représenté ligoté par une corde, ne met pas à mal l'image de l'acteur américain : sa position – l'érection de son corps, raide et piqué dans la terre –, la légère contre-plongée de l'objectif ainsi que l'éclairage nimbé et crépusculaire lui confère une aura paradoxale[6].

L'autre veine, plus secrète, répond d'une pratique de la photographie plus spontanée, ou plus instinctive, qui met en scène sa vie intime (comme sa relation avec l'écrivain Susan Sontag), et qui s'étend jusqu'au photojournalisme comme l'atteste son reportage à Sarajevo, au début des années 1990[7]. Tout en reconnaissant son talent, l'hebdomadaire Télérama écrivait à son sujet : « La photographe a l'habileté de sortir de ses boîtiers une image très consensuelle, faussement choquante, quasi religieuse, presque puritaine, n'outrepassant jamais la juste mesure. Elle s'inspire de codes anciens — le flou du pictorialisme des débuts de la photographie, les contre-plongées du constructivisme russe[8] ».

Écrits[modifier | modifier le code]

  • La vie d'une photographe, 1990-2005 (traduit de l'anglais par Ariel Marinie), La Martinière, Paris, 2006 (ISBN 2-7324-3506-6)

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Quelques photos célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) AFP, « Splendeur et misère de la photographe Annie Leibovitz, enfant gâtée de New York », Le Parisien,‎ 22 août 2009 (lire en ligne)
  2. http://next.liberation.fr/article/annie-leibovitz-expose-sa-vie-paris
  3. http://teleobs.nouvelobs.com/tv_programs/2009/6/8/chaine/arte/10/40/annie-leibovitz-une-vie-a-travers-un-objectif
  4. Jürgen Trimborn, Leni Riefenstahl, 2007, p. 276-277
  5. Jack Selzer et Sharon Crowley, Rhetorical Bodies, 1999, p. 299-300
  6. Maurice Berger, Brian Wallis, Simon Watson et Carrie Mae Weems, Constructing Masculinity, 1995, p. 76-78
  7. http://www.lexpress.fr/culture/photographie/annie-leibovitz_510646.html
  8. http://www.telerama.fr/art/annie-leibovitz-paris,32434.php
  9. Centenary Medal

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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