Friedrich Gottlieb Klopstock

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Friedrich Gottlieb Klopstock
Portrait par Johann Caspar Füssli (1750).
Gravure (v. 1760)

Friedrich Gottlieb Klopstock, né à Quedlinbourg le et mort à Hambourg le , est un poète allemand.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Après avoir fréquenté le lycée de Quedlinburg, il entra à l’âge de 16 ans à l’École régionale de Pforta, lycée-internat de renom, qui accueillera notamment Friedrich Nietzsche et August Ferdinand Möbius. En 1745, il commença des études de théologie à Iéna et réalisa une première ébauche de Messias, qu’il rédigea d’abord en prose. L’année suivante, à Leipzig, il réécrivit son œuvre en décasyllabes, dont la publication de la première partie fit sensation. C’est là aussi qu’il composa ses premières odes. Ses études de théologie achevées, Klopstock devint précepteur (à l’instar de tous les postulants en théologie), à Langensalza. Pendant les deux années de son séjour à Langensalza, Klopstock connut tour à tour l’amour passionnel, puis la déception et enfin la douleur du renoncement avec une jeune fille nommée Marie-Sophie, ce qui le conduisit à composer les plus belles de ses premières odes sur l’amour inaccessible.

La publication de ces odes déclencha un vent d’enthousiasme dans toute l’Allemagne : ce fut l’heure de gloire de la poésie pure.

Il fit ensuite connaissance avec Johann Jakob Bodmer, qui l’invita à Zurich : il fit le voyage en 1750. Huit mois plus tard, Klopstock partit au Danemark sur l’invitation du roi Frédéric V, dont le soutien lui permit d’achever son œuvre, et où il passa trois ans.

En 1754, il épousa Margarete Moller, fille d’un marchand de Hambourg, mais elle mourut quatre ans plus tard. Trente ans plus tard, son souvenir le hantait encore et il en chantait les louanges dans ses élégies. Ce n’est qu’à l’âge avancé de 67 ans qu’il se remaria avec la Hambourgeoise Johanna Elisabeth von Winthem.

De 1759 à 1762, Klopstock vécut à Quedlinburg, à Brunswick et à Halberstadt, puis à Copenhague, où il demeura jusqu’en 1771. En plus de Messias, qui ne parut dans son intégralité qu’en 1773, il écrivit des drames, comme la Hermannsschlacht (La Bataille de Teutobourg). Il s’installa ensuite à Hambourg, promu au rang de conseiller de la légation danoise. En 1776, il séjourna à Karlsruhe sur l’invitation du comte Karl Friedrich von Baden (de). Klopstock apparaît comme le créateur de l'Erlebnisdichtung, c’est-à-dire de « la poésie du vécu, de l’expérience », et de l’irrationalisme allemand, et comme le père de la théorie de l’État-nation.

Portrait par M. E. Vogel

Klopstock fut un partisan des débuts de la Révolution française, comme le montre notamment son poème de 1789, Kennet euch selbst (Connaissez-vous vous-même) dans lequel il décrit la Révolution française comme « l’acte le plus noble du siècle » et exhorte ainsi les Allemands à la révolution. Il en fustigea néanmoins les excès ultérieurs dans son poème Die Jacobiner (Les Jacobins) de 1792, où il critique le régime des Jacobins, qu’il compare à un serpent qui ondule à travers la France. Pour avoir chanté dans ses Odes les louanges de la Révolution française, il fut proclamé citoyen français par l’Assemblée nationale législative le 26 août 1792[1], et il fut élu associé étranger de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1802. Par la suite, en réaction aux atrocités prétendument commises au nom de la liberté, il renonça à la citoyenneté française.

Klopstock est réputé pour être un des précurseurs du mouvement littéraire allemand Sturm und Drang (Tempête et passion (ou élan)).

Dans sa « république éclairée », Klopstock se proposait de confier le pouvoir à une élite cultivée, et non à une souveraineté considérée comme incapable de régner. Les intellectuels, élitistes, s’élèvent ainsi au-dessus du peuple, qu’ils affublent du terme méprisant de « populace ». Klopstock n’accorde aucune souveraineté au peuple, et il ne reste plus rien des valeurs de le Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité (voir le poème Fürstenlob (Éloges aux souverains).

Il faisait partie du salon littéraire de la comtesse von Reventlow, née Schimmelmann, qu'elle réunissait au château d'Emkendorf.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Sa tombe dans le cimetière de la Christianskirche[2] à Hambourg
  • Der Messias, épopée de 22 000 vers parue en 1748 et traduite en français par Mme de Carlowitz en 1853 sous le titre La Messiade.
  • Geistliche Dichtung (Poésies spirituelles), que l’on retrouve encore de nos jours dans certains chants d’église, comme :
    • Die ihr Christi Jünger seid (Vous qui êtes disciples du Christ)
    • Herr, du wollst uns vorbereiten (Seigneur, tu veux nous préparer)
  • Études sur la langue (tentative d’une réforme de l’écriture) :
    • Fragmente über Sprache und Dichtkunst (fragments sur la langue et l’art de la poésie)
    • Grammatische Gespräche (dialogues grammaticaux)
    • Die Deutsche Gelehrtenrepublik (république allemande des savants) 1774.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 26 août 1792.
  2. Appelée quelquefois « Klopstockkirche » (église Klopstock).

Annexes[modifier | modifier le code]

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