Les Vêpres siciliennes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'opéra. Pour l'événement historique, voir Vêpres siciliennes.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Vêpres (homonymie).
Les Vêpres siciliennes
I vespri siciliani
Image décrite ci-après
I vespri siciliani par Francesco Hayez (1791-1882)
Galleria Nazionale d'Arte Moderna (Milan)

Genre Grand opéra
Nbre d'actes 5
Musique Giuseppe Verdi
Livret Eugène Scribe, Charles Duveyrier
Langue
originale
Français
Durée
approximative
190 minutes
Création 13 juin 1855
Opéra de Paris Drapeau de la France France
Versions successives

Versions Drapeau de l'Italie Italiennes

Personnages
  • Hélène (Elena), sœur de Frédéric d'Autriche (soprano)
  • Henri (Arrigo), jeune sicilien (ténor)
  • Montfort (Guido di Monforte), gouverneur de Sicile, roi de Naples (baryton)
  • Jean de Procida (Giovanni da Procida), médecin sicilien (basse)
  • De Béthune, officier français (basse)
  • Le comte Vaudemont, officier français (basse)
  • Ninetta, suivante d'Hélène (contralto)
  • Danieli, jeune sicilien (ténor)
  • Thibault (Tebaldo), soldat français (ténor)
  • Robert (Roberto), soldat français (basse)
  • Manfredo, sicilien (ténor)
  • Soldats, peuple (chœur)
Airs
  • « Merce, dilette amiche » - Elena (acte V)

Les Vêpres siciliennes est un opéra en cinq actes de Giuseppe Verdi, sur un livret d' Eugène Scribe et Charles Duveyrier créé le 13 juin 1855 à l'Opéra de Paris.

Genèse[modifier | modifier le code]

Dans les années 1850, se développe le "Grand Opéra" : œuvres longues avec ballets... Un contrat est signé entre Verdi et l'opéra de Paris en 1852, alors même que la grande époque du Grand opéra est un peu passée. Ce sera le premier opéra français de Verdi. Le livret de Scribe ne plaît pas à Verdi qui met du temps à l'adapter. Scribe refusera de modifier son livret et les répétitions furent marquées par l'absence de Sophie Cruvelli, partie pour suivre un baron dans le midi de la France pendant plusieurs semaines[1].

Verdi écrira à Francesco Maria Piave: « La Cruvelli s'est enfuie !!! Où ? Le diable seul le sait. Au début, la nouvelle m'a quelque peu ennuyé mais maintenant je ris sous cape. [...] Cette disparition me donne le droit de résilier mon contrat et je n'ai pas laissé échapper l'occasion; je l'ai officiellement demandé" [2]. Verdi écrira à cet effet une lettre, en français, à François-Louis Crosnier, alors administrateur du Théâtre impérial de l'Opéra [3]. Il y fait part de la mauvaise volonté de Scribe et de l'ambiance des répétitions. Verdi se heurtera à un refus et continuera malgré tout.

Création[modifier | modifier le code]

Avec du retard, l'opéra fut créé le 13 juin 1855, salle Le Peletier, en présence de Napoléon III, de l'impératrice Eugénie et du Duc de Porto[4].

Verdi entreprend rapidement une traduction de son opéra en italien. Ce dernier sera transposé au Portugal sous occupation espagnole et créé à Parme en décembre 1855.

Distribution[modifier | modifier le code]

Affiche pour la première des Vêpres au Théâtre impérial de l'Opéra

Représentations successives[modifier | modifier le code]

La première représentation des vêpres en italien à l'Opéra Garnier eu lieu le 9 avril 1974. Prévue initialement le 3 avril, elle fut annulée à la suite du décès du Président Georges Pompidou[6].

Les versions italiennes[modifier | modifier le code]

Une version italienne est créée dans une traduction d'Arnaldo Fusinato l'année même de la création à Paris et donnée simultanément le 26 décembre 1855 au Teatro regio de Parme et au Teatro regio de Turin sous le titre Giovanna da Guzman puis en 1857 au Teatro San Carlo de Naples sous le titre Batilde di Turenna.

Sous ce même titre mais dans une traduction d'Enrico Caimi l'opéra est représenté le 4 février 1856 à la Scala de Milan.

Réception[modifier | modifier le code]

La critique[modifier | modifier le code]

Le public[modifier | modifier le code]

La création de l'opéra à Paris fut un grand succès. Berlioz évoquera "la majesté souveraine de la musique". Les vêpres siciliennes seront données soixante-deux fois à Paris.

Argument[modifier | modifier le code]

L'action, inspirée d'un évènement historique, se situe à Palerme en mars 1282, durant les fêtes de Pâques.

Acte I[modifier | modifier le code]

La duchesse Hélène, dont le frère a été condamné à mort, est contrainte par un soldat français à chanter. Celle-ci, avec son chant excite la haine des Siciliens contre les Français. Montfort, le gouverneur, intervient et calme tout le monde. Arrive Arrigo, qui vient juste d'être gracié. Ignorant que Montfort est présent, il se met à l'insulter. Le gouverneur demande à tout le monde de partir afin de rester seul avec le jeune imprudent. Il lui demande son nom mais celui-ci refuse puis il tente de l'acheter en lui offrant un grade dans son armée et essuie un nouveau refus. Montfort interdit alors à Arrigo de parler avec la duchesse : celui-ci, à nouveau, brave l'interdit.

Acte II[modifier | modifier le code]

Dans une vallée proche de Palerme, se rencontrent Arrigo, Hélène et Procida, arrivés clandestinement. Celui-ci annonce le soutien de Pierre d'Aragon en cas de début d'insurrection. Arrigo déclare son amour à la duchesse qui l'accepte à condition qu'il venge son frère. Arrigo reçoit une invitation de la part de Montfort et la refuse. Ce refus entraîne son arrestation et les Siciliens jurent de le venger. En outre, l'enlèvement des femmes par les soldats français ne fait qu'accentuer la haine de ceux-ci.

Acte III[modifier | modifier le code]

Montfort, dans son cabinet, relit une lettre de la mère d'Arrigo, exécutée depuis dix mois, dont il apprend être le père d'Arrigo. Arrigo arrive et apprend la vérité concernant son père, qu'il croyait en exil. Il refuse de le reconnaître comme son père. Le soir, un bal masqué a lieu et parmi les danseurs, Arrigo reconnaît Procida et Hélène, venus le délivrer et tuer Montfort. Arrigo empêche ses amis de le faire, au moment où Hélène sort sa dague. Les conjurés sont arrêtés.

Acte IV[modifier | modifier le code]

Procida et Hélène sont déportés à la forteresse, Arrigo les rejoint pour tenter de se disculper. S'il y arrive auprès d'Hélène qui lui conserve son amour, l'annonce de son lien de parenté avec Monfort, ruine les espoir de Procida qui a reçu la nouvelle de l'arrivée des armes. Monforte arrive pour annoncer l'arrivée du bourreau et fait le chantage suivant à Arrigo : soit celui-ci le connait publiquement comme son père, soit ses amis sont exécutés. Celui-ci finit par céder et Monfort annonce les noces entre Arrigo et la duchesse. Celle-ci hésite à accepter mais Procida l'incite à le faire.

Acte V[modifier | modifier le code]

Dans les jardins du palais, se prépare la fête pour le mariage. Procida retrouve Hélène et lui annonce que, dès que les cloches sonneront, l'insurrection commencera. Elle retire sa parole au grand désespoir d'Arrigo. Montfort arrive et ordonne que le mariage ait lieu. Les cloches sonnent et les Français sont massacrés.

Analyse[modifier | modifier le code]

Orchestration[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

Le livret[modifier | modifier le code]

Eugène Scribe a repris, sans en informer Verdi, des passages entiers du livret du Duc d'Albe, qu'il avait écrit en 1839 pour un opéra de Gaetano Donizetti créé de façon posthume en 1882.

Discographie Sélective[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Duault, Pierre Enckell, Elisabeth Giuliani, Jean-Michel Brèque, Michel Orcel, Bruno Poindefert, Alain Arnaud, Anselm Gerhard, Jacques Bourgeois, Jean Cabourg, Georges Voisin, Michel Pazdro, Dominique Ravier, Les Vêpres siciliennes dans L'Avant-Scène Opéra, Éditions Premières Loges, Paris, 1985, 136 p. (ISBN 2-84385-059-2)
  • Marie-Aude Roux, Les Vêpres siciliennes dans Guide des opéras de Verdi, Jean Cabourg, directeur de la publication, Fayard, collection Les indispensables de la musique, Paris, 1990, pp. 609-683 (ISBN 2-213-02409-X)
  • Piotr Kaminski, Don Carlos dans Mille et un opéras, Fayard, collection Les indispensables de la musique, Paris, 2004, pp. 1605-1608 (ISBN 978-2-213-60017-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. l'univers de l'opéra de Bertrand Dermoncourt p.1122
  2. Lettre de Verdi à Piave du 30 octobre 1854, citée par Mary Jane Phillips-Matz, Giuseppe Verdi, Fayard, Paris, 1996, p. 405 (ISBN 2-213-59659-X)
  3. lettre complète reproduite dans le livret de l'opéra http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k27255w/f7.image
  4. Livret de l'opéra national de Paris disponible sur le site de gallica
  5. Historiquement, Charles d'Anjou, roi de Sicile de 1266 à 1285, avait fait exécuter Conradin de Hohenstaufen, petit-fils de Frédéric d'Autriche, mort en 1250. La parenté d'Hélène semble donc fictive.
  6. livret du théâtre national Opéra de Paris.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k27255w/f1.image

Sources[modifier | modifier le code]

  • Istituto nazionale di studi verdiani
  • Ouvrages cités

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]