Die Walküre

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La Walkyrie

Die Walküre (en français La Walkyrie ou La Valkyrie selon l'orthographe d'origine) est le deuxième des quatre drames lyriques qui constituent Der Ring des Nibelungen (L'Anneau du Nibelung) de Richard Wagner. La première eut lieu au théâtre national de la Cour de Munich le 26 juin 1870 sous la direction de Franz Wüllner[1].

C'est dans cet opéra que se trouve la célèbre Chevauchée des Walkyries (prélude de l'acte III, scène 1).

Personnages[modifier | modifier le code]

Humains :

  • Siegmund, fils de Wotan, ténor
  • Sieglinde, sœur et amante de Siegmund, soprano
  • Hunding, époux de Sieglinde, basse

Dieux :

Les neuf Walkyries, filles de Wotan, déesses de la mort :

  • Brünnhilde, soprano
  • Gerhilde, soprano
  • Ortlinde, soprano
  • Waltraute, mezzo-soprano
  • Schwertleite, mezzo-soprano
  • Helmwige, soprano
  • Siegrune, contralto
  • Grimgerde, mezzo-soprano
  • Roßweiße, mezzo-soprano

Instrumentation[modifier | modifier le code]

Instrumentation de Die Walküre
Cordes
premiers violons, seconds violons, altos,

violoncelles, contrebasses, 6 harpes

Bois
2 piccolos, 3 flûtes, 3 hautbois, 1 cor anglais

3 clarinettes en si ♭, 1 clarinette basse 3 bassons

Cuivres
8 cors en mi ♭, 3 trompettes, 1 trompette basse, 4 tubas wagnériens en mi ♭ et si ♭

4 trombones, 1 tuba

Percussions
2 timbales, triangle, cymbales, tam-tam, caisse claire, glockenspiel

Argument[modifier | modifier le code]

La chevauchée des Walkyries, Arthur Rackham.

Acte I[modifier | modifier le code]

L'opéra commence par un prélude (vorspiel) qui décrit, avec des roulements de timbales, des trémolos de violons et de sombres et obsédants saltatos joués dans les profondeurs des contrebasses et violoncelles, l'orage qui gronde dans la forêt.

Siegmund, épuisé, se réfugie dans la demeure du guerrier Hunding, qui n’est pas là mais dont l'épouse Sieglinde lui offre de l’hydromel. Il explique que, sa lance et son bouclier s'étant brisés, il a dû fuir devant ses ennemis. Malgré ses blessures, il a réussi à leur échapper. Sentant que ses forces sont revenues, il veut partir car sa présence attire les troubles. Mais Sieglinde lui demande de rester car elle est malheureuse dans son couple.

Hunding revient au logis et doit, selon la coutume, offrir l'hospitalité, repas et gîte, à l'étranger. Sieglinde, qui est de plus en plus attirée par ce visiteur qui lui ressemble étrangement, lui demande de raconter son histoire. Siegmund décrit son retour au domicile un jour avec son père et comme ils ont trouvé sa mère morte et sa sœur jumelle enlevée. Ils vécurent par la suite dans la forêt. Lors d’un combat difficile ils furent séparés et depuis Siegmund erre.

Sieglinde ayant demandé de connaître sa dernière aventure, il explique qu’il est intervenu pour protéger une jeune femme que l'on forçait au mariage. Elle et ses proches ont été tués. Hunding annonce alors à son hôte qu'il appartient lui-même à la lignée qu'il a combattue : pour cette nuit, les lois de l'hospitalité sont sacrées, mais le lendemain sera dédié à la vengeance. Hunding ordonne à sa femme d'emplir la coupe du soir, puis le mari et la femme se retirent dans leur chambre de repos.

Siegmund se plaint de son infortune et se souvient de la promesse faite par son père de trouver une épée lorsque le péril serait imminent. Sieglinde revient. Elle explique qu’elle a mis un somnifère dans la boisson de Hunding et montre l’épée qu'un étranger a enfoncée dans le frêne le jour où elle a été mariée contre son gré. Ils se rendent compte qu’ils sont frère et sœur jumeaux. Siegmund retire alors l'épée de l'arbre et la baptise « Notung » (Détresse). Sieglinde se sent alors libre et s'offre comme amante.

Acte II[modifier | modifier le code]

Wotan et Brünnhilde discutant sur le destin de Siegmund, Arthur Rackham.

Impressionnant prélude où apparaît pour la première fois aux cuivres le fameux motif de la Walkyrie.

Dans un site sauvage et montagneux, Wotan ordonne à sa Walkyrie préférée, Brünnhilde (douée d'une force démesurée par le port d'une ceinture magique) de seller son cheval pour voler au secours de Siegmund dans sa lutte contre Hunding. En poussant des cris de joie, elle part exécuter l'ordre. Au même moment, Fricka, épouse de Wotan et déesse protectrice du mariage, arrive devant Wotan, en colère. Elle exige un châtiment à Sieglind et Siegmund car ils ont commis l’adultère et l’inceste. Elle sait que Wotan, déguisé en simple mortel, a engendré les deux amoureux. Wotan essaye d'expliquer à Fricka qu'il faut au salut des dieux un héros qui soit indépendant. Fricka le prend alors au mot et exige que Wotan n’intervienne pas. Il en fait le serment et change ses ordres.

Brünnhilde, voyant la détresse de Wotan, lui en demande les causes. Il explique que, troublé par l’avertissement d’Erda (à la fin de l’Or du Rhin), il l'a séduite pour en apprendre plus sur la rune prophétisée; Brünnhilde est issue de cette relation. Il a engendré huit autres filles devenues les Walkyries qui recueillent les âmes des héros morts pour former une armée contre le nain Alberich. Mais toutes les précautions prises le seraient en vain si Alberich parvenait à reconquérir l'Anneau. Sans doute, Fafner le garde avec les trésors, mais Wotan ne peut lui enlever l'Anneau puisqu'il se trouve lié par un contrat. Seul pourrait le faire un personnage qui ne dépend d'aucune faction.

Après une longue marche, Siegmund veut que Sieglinde se repose. La femme est au désespoir : honte et ignominie sont les seuls biens qu'elle apportera à son frère, et contre Hunding, ses compagnons et sa meute, Siegmund ne pourra résister. Elle s'affaisse, défaillante, entre les bras de Siegmund. Tendrement, il la laisse glisser tout contre lui, de sorte que s'étant assis lui-même sur le rocher, la tête de Sieglinde se trouve reposée sur ses genoux.

Après un long silence, Brünnhilde, conduisant son cheval par la bride, s'avance lente et solennelle. Elle s'arrête à une petite distance de Siegmund. Elle lui annonce une mort prochaine, mais console le héros en lui disant qu'elle le conduira au Walhalla où son père Wotan l'attend. Lorsque Siegmund apprend que Sieglinde ne pourra l'accompagner, il refuse de suivre Brünnhilde car il a toujours confiance en son épée. Mais la Walkyrie le prévient que Wotan a enlevé sa force magique à Notung. Aveuglé par son ressentiment, Siegmund maudit son père. Brünnhilde s'engage à prendre sous sa protection Sieglinde et l'enfant qui naîtra d'elle ; mais Siegmund déclare qu'il tuera son amante et se suicidera ensuite. La Walkyrie s'oppose à ce projet et, prise de pitié, affirme qu'elle aidera le héros.

Des sonneries de cors annoncent l'arrivée de Hunding. Avec douceur, Siegmund dépose sa femme, qui sommeille et se précipite à la rencontre de son ennemi. Dans son délire, elle se souvient de son enlèvement, et appelle à l'aide son père, sa mère (qui était morte à cette occasion), et Siegmund. Un violent coup de tonnerre la réveille. Dans le lointain, son frère et Hunding se battent et elle entend la voix de Brünehilde qui encourage Siegmund. Les guerriers s'approchent de Sieglinde et lorsque Siegmund s'apprête à donner le coup fatal à Hunding, Wotan apparaît soudain ; de sa lance, il brise Notung, et Hunding peut ainsi tuer son adversaire. Aussitôt, Sieglinde est prise en croupe par Brünnhilde, qui ira mettre la femme en lieu sûr. Méprisant, Wotan ordonne à Hunding d'annoncer à Fricka qu'il a satisfait à ses exigences, et le tue. Aussitôt après, Wotan part à la poursuite de la Walkyrie désobéissante.

Acte III[modifier | modifier le code]

Le prélude est très vigoureux : c'est la "Chevauchée des Walkyries" où l'orchestre magnifie le leitmotiv de la Walkyrie.

Dans une région sauvage et montagneuse, les Walkyries chevauchent dans les airs en conduisant les corps des héros défunts au Walhalla. Brünnhilde arrive la dernière ; elle porte Sieglinde, toujours endormie. Hors d'haleine, elle raconte, angoissée, que Wotan la poursuit ; malgré la défense formelle de son père, elle a secouru et protégé Siegmund et Sieglinde. Elle supplie ses sœurs de l'aider à sauver Sieglinde, mais celles-ci, effrayées à l'idée de désobéir à Wotan, refusent. Même Sieglinde ne veut pas qu'on tente de la secourir : elle ne souhaite plus que la mort. Mais quand Brünnhilde lui annonce qu'elle porte un fils, Sieglinde demande aussitôt son secours. Brünnhilde lui donne Grane, son destrier, et lui ordonne de fuir vers l'est ; là réside le trésor du Nibelung, sous la garde de Fafner, où ils sont à l'abri du courroux de Wotan. Brünnhilde confie à Sieglinde les débris de Notung en affirmant qu'un jour le fils de Siegmund rassemblera les morceaux de l'arme et par elle triomphera. C'est pourquoi il sera appelé « Siegfried », c’est-à-dire « Le joyeux vainqueur ». Sieglinde remercie sa bienfaitrice et part en toute hâte. Mais déjà la voix de Wotan se fait entendre.

Brünnhilde se cache au milieu de ses sœurs qui tentent en vain de calmer le courroux de leur père. Comme Wotan donne libre cours à sa colère, Brünnhilde s'avance et demande son châtiment. Wotan prononce la peine suivante : « Walkyrie, elle ne le sera plus mais, bannie du Walhalla, elle restera sur cette cime, où elle dormira sans défense, jusqu'à ce qu'un homme, qui sera le maître auquel elle obéira, la réveille. Malheur aux sœurs si elles ne fuient pas la présence de Brünnhilde ! » Au comble de l'effroi, les autres Walkyries supplient Wotan de revenir sur sa malédiction mais celui-ci reste inflexible et leur ordonne de s'en aller.

Restée seule avec Wotan, Brünnhilde essaye de se défendre disant qu'en agissant ainsi, elle n'a eu comme but que de réaliser les desseins que le dieu suprême avait conçus avant l'intervention de Fricka. Wotan n'est-il pas devenu son propre adversaire en accomplissant les vœux de la déesse ? Il avoue : Brünnhilde a agi selon ses désirs, mais l'acte était contraire aux intérêts des dieux. La Walkyrie révèle alors que Sieglinde est sauvée ; elle porte un fils qui un jour brandira l'épée de son père. Suppliante, elle ajoute : « Puisse Wotan accorder, que seul vienne réveiller Brünnhilde, un libre héros, qui ait la vaillance d'affronter le feu que Wotan, vigilant gardien de sa fille, allumera en cercle autour d'elle ». Dans un tendre adieu, Wotan promet. Un baiser du dieu suprême prive la Walkyrie de ses dons divins. Elle se renverse les yeux clos, et tombe inerte dans ses bras. Il la porte avec tendresse jusqu'à un tertre de mousse, la contemple, ferme son heaume de guerrière et l'enveloppe de son grand bouclier. Il invoque alors Loge, le dieu du feu. Trois fois la lance de Wotan frappe le rocher : un flot de feu jaillit et s'enfle peu à peu. De sa lance, le dieu indique à la mer de flammes le pourtour de la crête rocheuse, lui marquant de la sorte le lit où elle doit rouler ; le feu entoure la cime de la montagne. Wotan termine en proférant la menace suivante :

« Qui de ma lance craint la pointe, n'aborde ce feu jamais. »

Le rideau tombe alors que l'opéra se termine sur le motif du sommeil de Brünnhilde.

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François-René Tranchefort, L'Opéra, Éditions du Seuil,‎ 1983, 634 p. (ISBN 2-02-006574-6), p. 256