Johann Heinrich von Mädler

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Johann Heinrich von Mädler

Johann Heinrich von Mädler (* 29 mai 1794, à Berlin ; † 14 mars 1874, près d'Hanovre) est un astronome allemand.

À partir de 1828, von Mädler mena des recherches scientifiques à un observatoire fondé par l'astronome Wilhelm Beer près de Berlin. Il y travailla, en collaboration avec son collègue, notamment sur la cartographie exacte de la Lune et de certaines planètes.

En 1830, il devient professeur au Königliches Lehrerseminar Berlin (l'Institut royal de la formation des maîtres à Berlin). Depuis 1836, pendant quatre années, von Mädler travailla au nouvel Observatoire de Berlin qui venait d'être construit. En 1840, il devient le directeur de l'Observatoire de Dorpat (aujourd'hui Tartu, en Estonie) en succédant dans cette fonction à Friedrich Wilhelm Struve qui partit au prestigieux observatoire de Poulkovo de Saint-Pétersbourg. Durant un quart de siècle, von Mädler resta en poste à Dorpat, enseignant l'astronomie et menant ses recherches scientifiques. Il publia de nombreux ouvrages. En 1865, il prend sa retraite à l'âge de 71 ans et rentre en Allemagne où il meurt neuf ans plus tard près d'Hanovre.

La grande carte de la Lune en quatre feuilles, établie par lui-même et son collège Beer entre 1834 et 1836 suivi de la publication de la Allgemeine Selenographie en deux tomes (Berlin 1837), le texte accompagnant ces cartes, lui apportent la reconnaissance générale. À Dorpat, il mena des travaux intéressants et nouveaux sur les étoiles doubles, les mouvements propres des étoiles dites fixes et sur la mesure de la durée de l'année tropique. Mais son hypothèse d'un « système solaire central » sans notre Galaxie ne s'avéra pas par la suite et il se trompa même dans la direction où se trouve ce centre de notre Voie lactée qu'il situa en direction des Pléiades.

Johann Heinrich von Mädler, malgré ses erreurs scientifiques ponctuelles, est sûrement un des plus éminents astronomes du XIXe siècle. Respectivement un cratère de la Lune et de Mars - à son honneur - portent son nom.

L’année tropique conventionnelle selon von Mädler[modifier | modifier le code]

À part d'autres importants travaux astronomiques, von Mädler se distingua particulièrement par ses mesures et calculs de l'année tropique avec une précision jamais atteinte avant lui. Partant de ses résultats, il proposa à la Russie (à laquelle appartenait l'Estonie depuis Pierre le Grand, jouissant d'une autonomie seulement partielle) une réforme calendaire. La Russie des Tsars appliqua toujours l'année tropique conventionnelle selon Sosigène d'Alexandrie de 365,25 jours exactement. Sa proposition était la suivante : rattraper le retard de 12 jours par rapport au calendrier grégorien en l'an 1900, mais pour appliquer après – astronomiquement irréprochable – une règle de 128 ans pour les « années exceptionnellement communes ». Cette règle fut trouvée par lui-même, von Mädler. Il est le premier à l'avoir formulée, proposée et publiée. (La seule étrangeté dans sa proposition est le fait que ni l'année 1900, ni les années 2028, 2156 etc. [=1900 +128 +128…] sont divisible par ce facteur 128).

Il est connu que ni le Tsar ni le clergé orthodoxe ne suivirent cette proposition non sollicitée. Après la Révolution d'Octobre, Lénine se dépêcha d'adopter le calendrier occidental (papal) avec son année tropique conventionnelle de 365,2425 jours, égale à 365j. 5h 49min. et 12s, établie par Clavius, l'astronome de Grégoire XIII. Cependant, l'année tropique conventionnelle selon Clavius était astronomiquement correcte il y a environ 6000 ans seulement (sic).  La science moderne prend - trop souvent encore - comme valeur de référence l'année tropique conventionnelle selon Simon Newcomb (1835-1909) de 365,2422 jours, égale à 365j. 5h 48min. 46,08s.

Cette valeur de Newcomb est « plus plaisante » aux yeux de cette écrasante majorité actuelle de scientifiques, qui « ne jurent que par le décimal ». À leurs yeux, cette valeur de quatre positions décimales après la virgule, est « forcément » une meilleure valeur arrondie que les sept positions décimales après la virgule de von Mädler. Argumenter que la valeur mädlerienne non seulement n'a que deux positions hexadécimales après le point hexadécimal, mais aussi « colle » très bien avec la règle bissextile de quatre années (32 × 4 = 128) ; cette argumentation est « peine perdue » à l'égard de ces scientifiques d'arrière-garde qui ont choisi de regarder avec mépris et dédain, tout ce qui ne conjugue pas avec leur "system décimal choyé". Car, ils ignorent les scientifiques modernes, à dix doigts eux aussi, mais qui ont déjà compris qu'ils ont deux pouces et huit autres doigts et que deux fois huit font seize. Heureusement, tous les scientifiques établis ne sont pas enfermés dans leurs idées décimales préconçues.

L'année tropique 2000.0 réelle, mesurée par l'éminent astronome français Pierre Bretagnon (1942-2002), était de 365,242190517 jours, donc environ de 365 jours, 5 heures, 48 minutes et 45,26 secondes. Ceci est une valeur déjà très, très proche de l'année tropique conventionnelle selon von Mädler: 365,2421875 jours, égale à 365j. 5h 48min. 45s ou bien:  365j. 6h moins 11min. 15s.  (Cf. Temps hexadécimal).  Cependant, l'année tropique réelle diminue très lentement, mais constamment, actuellement d'une demi-seconde environ par siècle. Elle atteindra donc la valeur de l'année tropique conventionnelle selon von Mädler - pour un instant seulement, certes - dans les toutes prochaines décennies. Il en suit que nous pouvons sûrement "compter encore avec cette année tropique conventionnelle selon von Mädler."

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Der Wunderbau des Weltalls oder populäre Astronomie.  (Berlin 1841, 8e édition 1865), qui inspira Camille Flammarion.
  • Beobachtungen der Sternwarte zu Dorpat.  Tomes 9-16. (Dorpat 1842-1866)
  • Die Centralsonne. (Dorpat 1846)
  • Untersuchungen über die Fixsternsysteme.  2 tomes. (Mitau 1847-1848)
  • Beiträge zur Fixsternkunde.  (Haarlem 1855)
  • Die Eigenbewegungen der Fixsterne.  (Dorpat 1856)
  • Der Fixsternhimmel.  (Leipzig 1858)
  • Reden und Abhandlungen über Gegenstände der Himmelskunde.  (Berlin 1870)
  • Geschichte der Himmelskunde.  2 tomes. (Braunschweig 1872-1873)

Sur les autres projets Wikimedia :