Hôpital Esquirol

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Hôpital Esquirol
Entrée de l'hôpital Esquirol.
Entrée de l'hôpital Esquirol.
Présentation
Propriétaire Établissement public
Protection Logo monument historique Classé MH (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Val-de-Marne
Commune Saint-Maurice
Localisation
Coordonnées 48° 49′ 07″ N 2° 25′ 47″ E / 48.818611, 2.42972248° 49′ 07″ Nord 2° 25′ 47″ Est / 48.818611, 2.429722  

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Hôpital Esquirol
Chapelle de l'hôpital Esquirol.

L'établissement public de santé Esquirol, ou hôpital Esquirol (autrefois appelé « asile de Charenton »), est un ancien asile psychiatrique situé sur la commune de Saint-Maurice dans le Val-de-Marne. L'établissement n'existe plus en tant que tel depuis le 1er janvier 2011 : il a fusionné avec l'établissement mitoyen pour devenir les hôpitaux de Saint-Maurice.

Historique[modifier | modifier le code]

La Maison royale de Charenton[modifier | modifier le code]

Le 13 septembre 1641, grâce à la donation de Sébastien Leblanc, conseiller et contrôleur des guerres de Louis XIII, est fondée la Maison royale de Charenton, à l’origine par les Frères de la Charité, à Charenton-Saint-Maurice (actuel Saint-Maurice). Accueillant les insensés, elle reçoit également quelques pensionnaires envoyés par lettre de cachet (demandée par le roi ou, plus souvent, par la famille).

Les patients proviennent en général de milieux aisés, le prix de la pension étant assez élevé.

Après la suppression des ordres religieux, la maison est fermée. Rouverte en 1797, elle est placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur.

Établissement public de santé[modifier | modifier le code]

Charenton était connu pour son traitement « humain » des patients, surtout sous la direction de François de Coulmiers, au début du XIXe siècle.

L’hôpital est reconstruit, au milieu du XIXe siècle, par l’architecte Émile Jacques Gilbert dans un style néoclassique, selon les conceptions de Jean-Étienne Esquirol, qui dirige alors l'établissement.

À partir de 1920, l’hôpital accueille une maternité. Il prend, en 1973, le nom d’hôpital Esquirol.

Le 9 avril 1998, l'hôpital est classé au titre des monuments historiques[1].

Regroupement et création des hôpitaux de Saint-Maurice[modifier | modifier le code]

L’EPS Esquirol et l’hôpital national de Saint-Maurice, mitoyens, se sont regroupés le 1er janvier 2011 pour former les "Hôpitaux de Saint-Maurice"[2]. Ils ont un statut d’établissement public de santé (E.P.S.) .

Ils sont spécialisés :

  • en soins de suite et réadaptation de l’enfant et de l’adulte ;
  • en psychiatrie (40 structures extrahospitalières dans les secteurs parisiens et val-de-marnais et une douzaine d’unités d’hospitalisation complète)
  • et disposent également d’un centre de traitement de l’insuffisance rénale chronique
  • et d’une maternité de type IIA.

Quelques internés célèbres[modifier | modifier le code]

Compte moral d'Esquirol en 1829[modifier | modifier le code]

Le bulletin des Annales d'hygiène publique publie en 1829 le « Rapport statistique sur la maison royale de Charenton pendant les années 1826, 1827 et 1828 », par M. Esquirol, médecin chef. Il s'agit du « compte moral » exigé par le règlement.

L'asile compte alors entre 480 et 500 malades.

  • Professions des aliénés, sur 619 admissions en 1826-1827-1828 : femmes au foyer (93) ; sans profession (112) ; aubergistes et traiteurs (6) ; bouchers (5) ; boulangers (11) ; épiciers (11) ; limonadiers (6) ; marchands de tabac (7) ; marchands de vin (6) ; commerçants et commis (38) ; bijoutiers (8) ; cordonniers et tailleurs (9) ; couturières et modistes (16) ; cuisiniers (4) ; domestiques (7) ; menuisiers (6) ; instituteurs (11) ; étudiants (15) ; médecins (6) ; pharmaciens (2) ; notaires (1) ; clercs de notaire (6) ; commis de bureau (25) ; huissiers (2) ; officiers (49) ; soldats (47) ; propriétaires, rentiers (60) ; cultivateurs et jardiniers (31) ; imprimeurs-libraires (10) ; prêtres (6) ; religieuses (3)
  • Causes de l'aliénation :
    • Causes physiques (256) : hérédité (93) ; masturbation (23) ; libertinage (24) ; usage du mercure (16) ; abus du vin (64) ; insolation (7) ; action du CO2 (2) ; évacuations habituellement supprimées (13) ; suite de couches (10) ; coups sur la tête (4)
    • Causes morales (192) : chagrins domestiques (89) ; excès d'études et de veille (8) ; revers de fortune (20) ; passion du jeu (2) ; jalousie (13) ; amour contrarié (21) ; amour-propre blessé (6) ; peur (7) ; dévotion exaltée (18) ; excès de joie (1) ; lecture de romans (7)
  • Espèces de folie : monomanie (289) ; manie (226) ; démence (99) ; idiotie (4). Monsieur Esquirol parle beaucoup de la paralysie, considérée comme une complication de la folie proprement dite, il recense dans les admis 109 paralytiques.
  • Sort des aliénés : avec les 492 aliénés présents au 1er janvier 1826[4] : 221 décès ; 209 guérisons ; 194 rendus aux familles dont l'homme de quarante ans dont le destin était manifestement de mourir étouffé en mangeant de la tête de veau. Ceux qui sont rendus aux familles sont considérés comme inguérissables, sauf des « changements d'air » conseillés aux familles dans l'espoir que cela facilite la guérison.

Esquirol s'interroge sur la prégnance de la paralysie dans cet asile. Il cherche du côté du mode de vie et donc de l'aisance des aliénés. Selon lui, comparés aux aliénés de Bicêtre, plus pauvres et à la vie très laborieuse, « les aliénés admis dans la maison de Charenton jouissent d'une honorable aisance, ont plus de moyens pour satisfaire leurs passions ; ils exercent des professions qui excitent leur cerveau ; leur vie matérielle est moins active, par conséquent les mêmes causes doivent produire sur eux des effets plus graves et plus nombreux. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Marat-Sade, pièce de théâtre de Peter Weiss qui se déroule à Charenton et met en scène Coulmier et le marquis de Sade[5]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Hôpital Esquirol (ancien asile de Charenton) », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Hôpitaux de Saint-Maurice
  3. Charles Strauss, La Maison nationale de Charenton, p. 21, d’après les archives de la Maison royale de Charenton.
  4. On ne distingue pas ici s'il s'agit des admissions sur les trois années ou de l'ensemble des patients.
  5. Voir sur theatre-contemporain.net.