Norma (opéra)

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Livret de 1891

Norma est un opéra en deux actes de Vincenzo Bellini, sur un livret de Felice Romani, d'après la tragédie d'Alexandre Soumet Norma ou l'Infanticide.

Il fut créé le à la Scala de Milan sous la direction du compositeur avec Giuditta Pasta dans le rôle de Norma et Giulia Grisi dans celui de Adalgisa. Le rôle titre était trop élevé pour Pasta et la première fut un échec. Après transposition d'un demi-ton, la quatrième représentation fut un triomphe[1].

Argument[modifier | modifier le code]

L'action se déroule en Gaule sous l'occupation romaine, et expose l'intrigue amoureuse qui lie Pollione, proconsul romain, à Norma, son ancienne compagne, et à la jeune Adalgisa. À cette intrigue, se mêle le soulèvement du peuple gaulois contre l'occupant, mené par le druide Oroveso.

Norma, grande prêtresse du temple druidique qui a eu (rompant ses vœux de chasteté) deux enfants de Pollione, proconsul romain, découvre que son amant est amoureux d'une jeune prêtresse, son amie, Adalgisa. Norma tente de le convaincre de renoncer à Adalgisa et de lui revenir, mais il refuse. Norma avoue alors publiquement sa faute et est condamnée à mort. Pollione est condamné pour avoir poursuivi Adalgisa dans le temple et monte au bûcher avec Norma.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Pollione, proconsul romain (ténor)
  • Oroveso, chef des druides, père de Norma (basse)
  • Norma, grande prêtresse du temple des druides (soprano)
  • Adalgisa, jeune vierge (soprano)
  • Clotilda, confidente de Norma (soprano)
  • Flavius, centurion romain, ami de Pollione (ténor)

Interprétation[modifier | modifier le code]

Le rôle-titre de Norma est considéré comme l'un des plus difficiles du répertoire des sopranos. Les cantatrices Rosa Ponselle, Maria Callas, Joan Sutherland et Montserrat Caballé ont, au XXe siècle, marqué de leur interprétation ce rôle qui requiert à la fois une grande technique lyrique et des qualités de tragédienne. À ce jour les grandes titulaires du rôle sont rares. Au plan international, la soprano arménienne Hasmik Papian passe pour en être l'une des meilleures interprètes actuelles. Norma a également été interprétée par la chanteuse américaine June Anderson, la Slovaque Edita Gruberova ou l'américaine Catherine Naglestad.

Norma requiert de la part de l'héroïne éponyme la technique la plus superlative : le célèbre aria Casta Diva, invocation mystique à la lune, est une leçon belcantiste : longueur du souffle, précision des vocalises jusqu'au contre-ut, par trois fois. De même pour le bouleversant arioso qui ouvre le second acte. Si les graves de Norma sont abondamment sollicités dans les passages les plus sombres, un soprano dramatique ne peut convenir pour le rôle car est exigée une extrême agilité vocale : dans les instants où culmine la fureur de l'héroïne, se libèrent des coloratures di bravura dont la réalisation exige la plus grande virtuosité. On songe notamment au terrible saut d'une octave et demie qui conclut, par deux fois, le Oh, non tremare ou bien au contre-ut de feu jeté avec rage à la fin du récitatif du temple d'Irminsul.

En outre, Bellini s'est attaché à donner aux récitatifs un relief particulier, en tentant de fusionner les composantes textuelles et musicales : aussi comprend-on que ce serait une fâcheuse méprise pour une prima donna de chanter ces récitatifs avec la négligence habituelle qu'on leur accorde. Le Sediziose voci instaure d'emblée le ton altier et souverain de la grande phrase déclamatoire ; le Vanne e li celi entrambi est l'union subtile, et si constitutive de la psychologie de l'héroïne, de l'affection d'une mère et de la fierté d'une femme ; quant au célèbre arioso Teneri figli, l'une des plus parfaites mélodies belliniennes, qui a inspiré une étude à Chopin, il est intégré à un récitatif particulièrement dramatique, celui d'une infanticide qui doute. Et comment ne pas mentionner la perfection dépouillée de l'aveu final de Norma : sur un sol a cappella, la prêtresse met littéralement à nu sa faute. On l'aura compris, Norma n'est pas une œuvre qui cultive l'exubérance et les effets faciles ; bien au contraire, elle procède de la pureté du chant et de la quintessence du drame.

Discographie[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Casta diva (info)
Claudia Muzio interprétant Casta diva dans Norma de Bellini

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  • 1937 - Gina Cigna (Norma), Ebe Stignani (Adalgisa), Giovanni Brevario (Pollione), Tancredi Pasero (Oroveso) - Chœurs et orchestre de la RAI de Turin, Vittorio Gui - Warner-Fonit
  • 1950 - Maria Callas (Norma), Giulietta Simionato (Adalgisa), Kurt Baum (Pollione), Nicola Moscona (Oroveso) - Chœurs et orchestre du Palacio de Bellas Artes, Mexico City, Guido Picco - Jamais Maria Callas n'aura autant de "jus" qu'à cette soirée là, elle est d'une insolence vocale inouie! CD: LPS ou Melodram
  • 1952 - Maria Callas (Norma), Ebe Stignani (Adalgisa), Mirto Picchi (Pollione), Giacomo Vaghi (Oroveso), Joan Sutherland (Clotilda) - Orchestre et Chœurs de Covent Garden, Vittorio Gui. Probablement l'un des témoignages les plus saisissants de la voix d'assoluta de Callas qui atteint un niveau technique et dramatique inégalable, au cours de cette soirée devenue mythique : la cantatrice s'affirme à l'évidence comme l'incarnation la plus mémorable du rôle-titre.CD's: Legato Classic ou Melodram.Fuir EMI.
  • 1954 - Maria Callas (Norma), Ebe Stignani (Adalgisa), Mario Filippeschi (Pollione), Nicola Rossi-Lemeni (Oroveso) - Chœur et orchestre de La Scala de Milan, Tullio Serafin - EMI, CD version de 1985, fuir les rééditions postérieures)
  • 1955 - Maria Callas (Norma), Ebe Stignani (Adalgisa), Mario Del Monaco (Pollione), Giuseppe Modesti (Oroveso) - Chœur et orchestre de la RAI, Tullio Serafin : enregistrement sur le vif.CD'S:CETRA Documents (1985), Movimento Musica, Virtuoso(1989): fuir les versions postérieures.
  • 1955 - Maria Callas (Norma), Giulietta Simionato (Adalgisa), Mario del Monaco (Pollione), Nicolai Zaccaria (Oroveso) - Chœur et orchestre de La Scala de Milan, Antonio Votto : célèbre soirée entrée dans la légende ; enregistrement sur le vif.CD's: Divina, HRE, Melodram, Arkadia.
  • 1964 - Joan Sutherland (Norma), Marilyn Horne (Adalgisa), John Alexander (Pollione), Richard Cross (Oroveso) - Chœur et orchestre du London Symphony Orchestra, Richard Bonynge - Decca
  • 1972 - Montserrat Caballé (Norma), Fiorenza Cossotto (Adalgisa), Placido Domingo (Pollione), Ruggero Raimondi (Oroveso) - Ambrosian Opera Chorus, London Philharmonic Orchestra, Carlo Felice Cillario - RCA
  • 1974 : Montserrat Caballé, Jon Vickers, Josephine Veasey, Agostino Ferrin - Orchestra e Coro del Teatro Regio di Torino, Giuseppe Patanè - (Hardy Classic Video) - Chorégies d'Orange le 20 juillet 1974 - Dans un combat contre un sournois mistral ce soir-là, Montserrat Caballé pousse sa maestria des mezze-voce, des legati et sa puissance vocale à des niveaux remarquables. Elle parvient à exprimer la large gamme d'émotions et de dilemmes qui déchirent l'héroïne avec justesse et élégance.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les chefs-d’œuvre de la musique de Roland de Candé
  2. « 2046 », sur hkcinemagic.com (consulté le 26 octobre 2010).

Liens externes[modifier | modifier le code]