Rienzi

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Rienzi, der letzte der Tribunen
Rienzi, le dernier des Tribuns
Image décrite ci-après
Quatrième acte, dernier scene dans le Théâtre de la cour royale de Saxe, Dresde (1842)

Genre opéra
Nbre d'actes 5
Musique Richard Wagner
Livret Richard Wagner
Langue
originale
allemand
Sources
littéraires
Rienzi, the Last of the Tribunes, roman d’Edward Bulwer-Lytton
Durée
approximative
environ 3 heures 45
Dates de
composition
Vers 1837 - 1840
Création 20 octobre 1842
Théâtre de la cour royale de Saxe, Dresde, Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe,
Drapeau de la Confédération germanique Confédération germanique
Personnages
  • Cola Rienzi, Tribun Romain (ténor)
  • Irène, sa sœur (soprano)
  • Stefano Colonna, un noble (basse)
  • Adriano, son fils (mezzo-soprano)
  • Paolo Orsini, un patricien (basse)
  • Raimondo, Legat du Pape (ténor)
  • Baroncelli, un citoyen romain (ténor)
  • Cecco del Vecchio, un citoyen romain (basse)
  • Le messager de paix (soprano)
Statue de Cola di Rienzo au Capitole, à Rome, Italie.

Rienzi, der letzte der Tribunen (en français, Rienzi, le dernier des Tribuns) est un opéra de Richard Wagner créé le 20 octobre 1842[1].

Le sujet est basé sur l'histoire de Cola di Rienzo, et se déroule dans la Rome médiévale.

Troisième opéra achevé de Wagner, Rienzi est le dernier de ses opéras de jeunesse et ne fait donc pas partie de ses dix opéras principaux. L'influence de Meyerbeer s'y fait encore largement sentir. Rienzi fut le premier succès de Wagner et fut très apprécié par les admirateurs du compositeur. Il n'est cependant que très rarement présenté depuis les années 1940, et ce malgré quelques productions marquantes dans l'Allemagne de l'après-guerre. « Renié » d'une certaine façon par Wagner lui-même, il n'a pas droit de cité au Festival de Bayreuth.

Présenté pour la première fois en France au Théâtre-Lyrique impérial en 1869 sous l'égide de Jules Pasdeloup, dans une traduction française établie par Charles Nuitter et Jules Guillaume, représenté plusieurs fois dans la capitale alsacienne rattachée à l'Empire allemand, l'ouvrage ne revient à la scène en France qu'en 2002 en version de concert au Théâtre du Châtelet puis en ouverture de la saison 2012-2013 au Théâtre du Capitole de Toulouse, dans une mise en scène de Jorge Lavelli.

Argument[modifier | modifier le code]

L’action se passe à Rome au XIVe siècle. La ville est déchirée par les conflits entre familles patriciennes, en particulier les Orsini et les Colonna, factions rivales représentées par leurs chefs respectifs Paolo Orsini et Steffano Colonna.

Premier acte. Paolo Orsini tente d’enlever la belle Irène. Cette dernière est la sœur de Cola Rienzi, notaire du pape. Le fils de Colonna, Adriano, accourt avec ses amis pour la défendre. S’ensuit une violente bataille à laquelle le peuple finit par être mêlé. Le cardinal Raimondo, légat du pape d’Avignon, tente en vain d’appeler les belligérants à la raison. Quand Adriano parvient à libérer Irène, Rienzi apparaît, invitant avec succès les parties antagonistes à la trêve. Raimondo et les patriciens s’étonnent de son charisme. Le peuple et les légats l’enjoignent de tenir sa promesse et de mettre un terme à la toute-puissance des nobles. Après que Rienzi s’est assuré l’appui de l’Église, il annonce au peuple sa liberté imminente ainsi que le retour prochain du Pape à Rome. Il confie la protection de sa sœur Irène à Adriano, voyant leur amour partagé, et refuse la couronne qui lui est offerte. Seules lui importent la paix de Rome et de nouvelles lois.

Deuxième acte. Au Capitole, Rienzi, tribun du peuple, annonce la paix et la liberté aux citoyens romains. Si les nobles ont reconnu les nouvelles lois, l’orgueil du tribun leur inspire l’idée d’un complot. Rienzi reçoit les hommages des ambassadeurs, célèbre la liberté de Rome et attend que le pouvoir impérial le confirme dans ses prérogatives. Orsini tente de poignarder Rienzi durant les festivités. L’arme glisse sur la cotte de mailles du tribun. Les parjures sont arrêtés et condamnés à mort, mais finalement graciés à la demande d’Adriano et Irène puis de Rienzi lui-même, qui invite le peuple à faire preuve de clémence. Ces agissements renforcent la colère des nobles tandis que le peuple commence à douter de Rienzi.

Troisième acte. Le peuple manifeste son mécontentement à l’égard de Rienzi, car les nobles graciés se sont enfuis de Rome et font maintenant assaut aux portes de Rome avec leurs troupes. Par son talent oratoire, Rienzi parvient une fois de plus à rallier le peuple à sa cause. En réalité partagé entre son amour pour Irène et son devoir filial, Adriano tente encore en vain de concilier les parties adverses. Irène le dissuade de prendre part aux combats. Les soutiens de Rienzi ont décidé entre-temps de lancer l’offensive, de laquelle ils sortent victorieux. Rienzi est porté en triomphe par la foule tandis qu’on apporte les dépouilles de Paolo Orsini et Steffano Colonna. Adriano jure de venger la mort de son père, tombé durant l’affrontement.

Quatrième acte. Rienzi a de nouveau perdu la confiance du peuple, qui pense que le tribun veut se mesurer à la noblesse. L’Allemagne et l’Empereur lui reprochent sa présomption et l’Église prend ses distances. Déguisé en citoyen de la plèbe, Adriano a entrepris de dresser le peuple contre son chef. La décision est prise de l’assassiner. Quand le tribun s’apprête à se rendre à la basilique Saint-Jean-de-Latran avec ses amis pour assister à un Te Deum donné en son honneur, Raimondo lui oppose un acte d’excommunication qui le bannit de fait de la cérémonie. La foule est prise d’effroi. Tous se détournent de Rienzi, à l’exception de sa sœur Irène, qui demeure à ses côtés contre le gré d’Adriano.

Cinquième acte. Reclus au Capitole, Rienzi implore l’aide de Dieu (Prière de Rienzi). Irène demeure fidèle à son frère qui lui assure qu’il n’a jamais eu d’autre fiancée que Rome. Alors cependant que le Capitole est pris d’assaut par la foule et déjà livré aux flammes, Adriano s’efforce de convaincre Irène de le suivre. La foule se précipite avec torches et flambeaux afin de tuer un Rienzi désormais banni. Le tribun se montre mais ses discours n’ont plus d’effet. Prenant la tête du camp des patriciens, Adriano tente d’arracher Irène aux flammes mais il est enseveli par les cendres et les décombres, emporté avec son rival et celle qu’il aime, tandis que les nobles parviennent à contenir le peuple.

Rôles[modifier | modifier le code]

Rôles Voix Création, 20 octobre 1842, Dresde
Théâtre de la cour royale de Saxe
ch. orch. : Carl Gottlieb Reissiger
Première à Paris, 6 avril 1869
Théâtre-Lyrique Impérial
ch. orch. : Jules Pasdeloup
Cola Rienzi, Tribun Romain ténor Josef Aloys Tichatscheck Jules Monjauze
Irène, sa sœur soprano Henriette Wüst Sternberg
Stefano Colonna, un noble basse Georg Wilhelm Dettmer Giraudet
Adriano, son fils mezzo-soprano Wilhelmine Schröder-Devrient Borghèse
Paolo Orsini, un patricien basse Johann Michael Wächter Lutz
Raimondo, légat du pape basse Gioacchino Vestri Labat
Baroncelli, un citoyen romain ténor Friedrich Traugott Reinhold Massy
Cecco del Vecchio, un citoyen romain basse Karl Risse Bacquié
Le messager de paix soprano Anna Thiele Priola
Ambassadeurs, Nobles, Prêtres, Moines, Soldats, Messagers, Peuple

Fortune de l'œuvre[modifier | modifier le code]

La partition originale, offerte à Adolf Hitler en 1939 pour son cinquantième anniversaire, a vraisemblablement été perdue dans les bombardements de Berlin. Les représentations de l'ouvrage se fondent depuis lors sur un recoupement de sources diverses (matériels d'orchestre) et, depuis la fin des années 1970, sur le travail musicologique de Reinhard Strom et Egon Voss publié dans l'édition monumentale des œuvres de Wagner dirigée par Carl Dahlhaus.

Enregistrements et concerts[modifier | modifier le code]

Très longue, la version complète est rarement jouée et/ou enregistrée. Seule l'ouverture est souvent diffusée.

Parmi les enregistrements, notons surtout la version de Wolfgang Sawallisch à la tête du Munich Bavarian State Orchestra avec Raimund Grumbach, Hans Wilbrink, Carmen Anhorn, René Kollo, Keith Engen, Cheryl Studer, Alfred Kuhn, Jan-Hendrik Rootering, Karl Helm, John Janssen, Bodo Brinkmann, Norbert Orth, Friedrich Lenz, 1983 (Orfeo)

Notons aussi :

Derniers concerts en France :

Sources[modifier | modifier le code]

  • François-René Tranchfort, Guide de la musique symphonique, Paris, Fayard,‎ 1986, 896 p. (ISBN 2213016-38-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques De Decker, Wagner, Folio,‎ 2010, 275 p. (ISBN 978-2-0703-4699-8), p. 251