La Sylphide

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Marie Taglioni dans le rôle-titre de La Sylphide.

La Sylphide est une œuvre du ballet romantique créée le 12 mars 1832 par Filippo Taglioni à l'Opéra de Paris, sur un livret d'Adolphe Nourrit inspiré du conte de Charles Nodier Trilby (1822), et une musique de Jean Schneitzhoeffer. Marie Taglioni y interprète le rôle titre, entourée de Joseph Mazilier et de Lise Noblet.

En 1836, Auguste Bournonville en donne une version à Copenhague, avec Lucile Grahn dans le rôle principal.

Argument[modifier | modifier le code]

Variation extraite de la Sylphide au Prix de Lausanne 2010.

La Sylphide raconte l'histoire d'un jeune Écossais, James, qui est aimé par une sylphide, que lui seul peut voir. Mais James est fiancé, et le jour de son mariage, la sylphide s'empare de l'alliance destinée à sa fiancée et s'enfuit dans les bois. James la poursuit et oublie sa fiancée dans la forêt. James rencontre alors une vieille sorcière qu'il avait jadis chassée et qui est bien décidée à se venger. Elle lui donne un voile, qui devrait lui permettre de capturer la sylphide, mais ce voile est empoisonné et fait perdre ses ailes et sa vie à la sylphide. James, dans un immense chagrin, aperçoit au loin son ancienne fiancée qui se marie avec son rival.

Le livret de 1832 donne la distribution suivante :

  • La Sylphide : Mlle Taglioni
  • James Reuben, paysan écossais : M. Mazilier
  • Anne Reuben, sa mère : Mlle Brocard
  • Effie, paysanne, nièce d'Anne : Mlle Noblet
  • Gurn, paysan écossais : M. Élie
  • La vieille Madge, sorcière : Mme Élie
  • Sylphides : Mme Alexis, Mlle Leroux, Mlle Perceval
  • Sorcière : Mlle Roland

Le corps de ballet, représentant les Écossais, Écossaises, sorcières et sylphides, est composé de 70 danseurs et danseuses.

Autour du ballet[modifier | modifier le code]

Philippe Taglioni crée La Sylphide spécialement pour sa fille Marie, et prend notamment en compte les « défauts » de celle-ci : de longs bras et de longues jambes, de grandes mains, un corps un peu maigre et des orteils mal formés selon les critères de l’époque (mais ceux-ci étant en fait tous de la même longueur, ils permettent à la ballerine de tenir d'exceptionnels équilibres sur les pointes). Il chorégraphie donc ce ballet essentiellement sur la base de la technique italienne, associant à un jeu de jambes rapide des mouvements lents du buste et des bras. Marie Taglioni, qui connaissait déjà un certain succès, trouve là le rôle de sa vie et devient dès lors l'archétype de la danseuse éthérée, en opposition avec son éternelle rivale, la fougueuse Fanny Elssler.

Le triomphe du ballet est immédiat et, anecdote représentative de ce succès, être comparée à une sylphide devient pour les dames de l'époque le compliment ultime ; l'on assiste à la création d'un chapeau "sylphide", d'une pivoine "sylphide" et même d'un journal de mode du même nom. De même, les ventes de mousseline s'envolent : avec ce rôle, Marie Taglioni vient d'amorcer une révolution dans l'histoire du costume en portant ce qui peut être considéré comme le premier tutu, une robe de mousseline qui fait bouffer des jupons de crêpe.

La critique n'est pas en reste et porte la ballerine aux nues. Victor Hugo lui adressera un livre dédicacé de ces quelques mots : A vos pieds, à vos ailes. Théophile Gautier, quant à lui, écrira : Elle nous montre des ronds de jambes et des ports de bras qui valent de longs poèmes.

Adèle Dumilâtre reprendra le rôle de Marie Taglioni en 1841.

Versions ultérieures[modifier | modifier le code]

Captations vidéos[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]