Frédéric-Guillaume IV de Prusse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Frédéric-Guillaume IV
Frédéric-Guillaume IV de Prusse
Frédéric-Guillaume IV de Prusse
Titre
Roi de Prusse
7 juin 18402 janvier 1861
20  an s, 6 mois et 26  jours
Prédécesseur Frédéric-Guillaume III
Successeur Guillaume Ier
Biographie
Dynastie Hohenzollern
Date de naissance 15 octobre 1795
Lieu de naissance Berlin, Prusse
Date de décès 2 janvier 1861 (à 65 ans)
Lieu de décès Potsdam, Prusse
Père Frédéric-Guillaume III
Mère Louise de Mecklembourg-Strelitz
Conjoint Élisabeth de Bavière
Enfant(s) Sans descendance

Frédéric-Guillaume IV de Prusse
Rois de Prusse
« Je dois la prendre ? ou pas ? si ?! » (caricature de 1848)

Frédéric-Guillaume IV de Prusse (15 octobre 1795 à Berlin - 2 janvier 1861 au Palais de Sanssouci), roi de Prusse de 1840 à sa mort. Il est le fils aîné et successeur de Frédéric-Guillaume III et de Louise de Mecklembourg-Strelitz.

Biographie[modifier | modifier le code]

Beaucoup de précepteurs du jeune prince héritier sont des fonctionnaires expérimentés. Certains le marquent à vie, comme Frédéric Ancillon. Frédéric-Guillaume a une expérience militaire dans l'armée contre Napoléon Bonaparte, cependant il est un soldat indifférent. C'est un dessinateur qui manifeste un profond penchant pour les arts. Considéré comme un architecte ceint de la couronne, il prépare directement des projets et assume le suivi de certains autres comme les modifications urbanistiques de Berlin, la création de jardins, comme celui de sa villa italienne à Charlottenhof (avec Lenné), ou l'édification d'églises, de monuments ou de châteaux, comme le château de l'Orangerie. Il est le commanditaire de plusieurs grands artistes allemands, dont l'architecte Karl Friedrich Schinkel qu'il finance pour achever la cathédrale de Cologne, immense entreprise, et la reconstruction du château de Stolzenfels.

Frédéric-Guillaume, que l'on surnomme « le romantique sur le trône » ou encore le « Roi romantique », est passionné par le romantisme et son goût du Moyen Âge. Il fait partager cette passion à ses frères et à ses cousins, propriétaires de plusieurs domaines et châteaux au bord du Rhin, pour leur faire faire des aménagements et des modifications dans un style néo-gothique romantique très découpé.

Il épouse Élisabeth de Bavière en 1823, mais le couple n'a pas d'enfant.

Lors du congrès de Vienne, il cherche à faire augmenter le pouvoir de l'aristocratie terrienne. Il se détourne des mesures répressives de son père, notamment en ce qui concerne la censure, mais ne laisse pas le pouvoir aux assemblées populaires, préférant une collaboration avec des comités unis.

Règne de 1840 à 1848[modifier | modifier le code]

Son arrivée au trône à l'âge de quarante-cinq ans, le 7 juin 1840, soulève d'immenses espoirs. Son penchant pour le romantisme est considéré avec sympathie, car garant de l'identité allemande, et un changement est attendu pour en finir avec la politique répressive de son père. En effet, il rappelle von Boyen au poste de ministre de la Guerre, nomme les frères Grimm à l'Académie, et amnistie les prisonniers politiques. Il allège la censure en 1841, libère l'archevêque de Cologne, Mgr Clément-Auguste Droste zu Vischering, pour apaiser ses sujets rhénans, et rétablit l'usage habituel du polonais dans le grand-duché de Posen.

Cependant, inspiré par le piétisme, et influencé par le chancelier autrichien Metternich ou le tsar Nicolas Ier de Russie, son beau-frère, il refuse de donner une Constitution.

L'assemblée de Königsberg, empreinte[pas clair] pour cause d'un certain esprit kantien, est la première à lui rappeler les promesses de 1815. Le roi réunit les Landtage provinciaux, mais sans véritable effet. Pourtant ceux-ci, notamment ceux de Westphalie, de Prusse et de Coblence, réclament en 1845 de reprendre le débat constitutionnel. Par le biais du projet de construction du Ostbahn[1] (chemin de fer reliant Berlin à Königsberg), des discussions financières, au sujet d'un emprunt d'État, provoquent la convocation d'un Landtag uni, dont les débats sont largement commentés dans la presse, en particulier rhénane, la plus libérale.

C'est lors de l'année 1848 qu'il perd le pouvoir sur la principauté et canton de Neuchâtel en Suisse suite à la révolution qui a secoué ce petit pays et instauré la République. Il s'y était rendu en visite officielle, en compagnie de son épouse, en 1842.

Règne après 1848[modifier | modifier le code]

D'abord opposé à la réunification de l'Allemagne et favorable à une direction autrichienne de l'Allemagne (ce qu'on appelle la « Solution grande-allemande »), il accepte lors des révoltes de 1848 de promouvoir la réunification et la formation d'un gouvernement libéral. Cependant lorsqu'il reprend la situation en main, il fait occuper Berlin par l'armée et dissout l'assemblée en décembre. Lorsque l'assemblée nationale de Francfort lui propose le 3 avril 1849 la couronne d'Allemagne, il la refuse, officiellement car il considère que ce titre ne pourrait lui être accordé que par l'ensemble des princes et rois d'Allemagne, en privé il déclare qu'il « ne la ramasserait pas dans le caniveau ». Lui roi de droit divin, ne veut pas devenir un roi de droit populaire, élu par les « cordonniers et les gantiers »[2],[3] et « béni par les charcutiers et les boulangers »[4],[5]. Il essaye d'établir l'union d'Erfurt, un rassemblement des États excluant l'Autriche, mais par la reculade d'Olmütz, le 29 novembre 1850, il y renonce face à la résistance autrichienne. En réaction, il oppose une fin de non-recevoir lorsque le jeune empereur François-Joseph Ier d'Autriche demande la main de la princesse Anne de Prusse.

Plutôt que de revenir à la règle bureaucratique, Frédéric-Guillaume promulgue alors une nouvelle constitution avec un parlement de deux chambres sur le modèle britannique, la haute chambre composée de membres de l'aristocratie et la basse chambre élue sur un système censitaire, dépendant donc des impôts payés. Le roi conserve le droit de nommer tous les ministres et les fonctionnaires et garde ainsi la maîtrise de la bureaucratie et de l'armée. Cette constitution va demeurer en place jusqu'à la défaite de 1918.

Une congestion cérébrale laisse le roi partiellement paralysé et largement incapable mentalement. Comme il est sans postérité, c'est son frère cadet Guillaume qui assume la régence à partir de 1858, avant de lui succéder sous le nom de Guillaume Ier de Prusse lorsque Frédéric-Guillaume meurt à 65 ans en 1861. Il est enterré dans la crypte de l'église Friedenskirche (Potsdam) (église de la paix)

Généalogie[modifier | modifier le code]

Frédéric-Guillaume IV de Prusse appartient à la première branche de la Maison de Hohenzollern. Cette lignée donna des électeurs au Brandebourg, des rois à la Prusse et des empereurs à l'Allemagne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Friedrich Nietzsche tenait ses deux prénoms Friedrich et Wilhelm du fait qu'il était né un 15 octobre comme Frédéric-Guillaume IV.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le projet sera remis à plus tard.
  2. « Meister Schuster und Handschuhmacher »
  3. Gall 1998, p. 20
  4. « von Metzgers und Bäckersgnaden »
  5. Langewiesche 1983, p. 8

Sur les autres projets Wikimedia :