Staatsoper Unter den Linden

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Staatsoper Unter den Linden

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Le Staatsoper en 2007

Type Salle d’opéra
Lieu no 7, Unter den Linden, Berlin Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Coordonnées 52° 31′ 00″ Nord 13° 23′ 41″ Est / 52.516704, 13.3948231
Architecte(s) Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff
Inauguration 7 décembre 1742
Site web Site officiel
Staatsoper en mars 2008
Staatsoper en 1832
Staatsoper après la reconstruction de 1843

Le Staatsoper Unter den Linden (en français : Opéra d'État Unter den Linden) est un des trois opéras de Berlin avec le Deutsche Oper Berlin et le Komische Oper Berlin. Il se trouve sur la Bebelplatz, le long de la célèbre avenue Unter den Linden au no 7.

Selon Voltaire[1], « les plus belles voix et les meilleurs danseurs » se produisaient à l'Opéra Unter den Linden (1741-1743), si cher à Frédéric II et dessiné par Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff.

L'institution qui fonda la tradition musicale de Berlin poursuit sur la voie de l'excellence avec l'actuel chef d'orchestre, Daniel Barenboïm. L'édifice au portique corinthien, expression du néoclassicisme le plus pur, a connu une reconstruction pierre par pierre dans les années 1950, qui a vu son agrandissement et son élévation.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Frédéric II de Prusse est le commanditaire de l'édifice d'origine. Les travaux de construction ont débuté en juillet 1741 avec ce qui était conçu pour être le premier volet d'un « Forum Fredericianum » (aujourd’hui la Bebelplatz). Bien qu'il ne soit pas entièrement achevé, l’opéra de cour (Hofoper) est inauguré avec une représentation de Cleopatra e Cesare de Carl Heinrich Graun, le 7 décembre 1742. Cet événement a marqué le début de 250 ans de coopération entre le Staatsoper et la Staatskapelle de Berlin, dont les racines remontent au XVIe siècle.

En 1842, Gottfried Wilhelm Taubert crée la tradition des concerts symphoniques réguliers. La même année, Giacomo Meyerbeer succède à Gaspare Spontini au titre de directeur musical général. Felix Mendelssohn a également dirigé des concerts symphoniques cette année-là.

Le 18 août 1843, un incendie détruit le bâtiment d’origine. Reconstruit sur les plans de l’architecte Carl Ferdinand Langhans, il est inauguré l'automne suivant par une représentation de Ein Feldlager in Schlesien de Meyerbeer.

En 1821, l'Opéra de Berlin donne la première de Der Freischütz de Carl Maria von Weber. En 1849, on crée Les Joyeuses Commères de Windsor d’Otto Nicolai, sous la direction du compositeur lui-même.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, l'Opéra de Berlin a attiré de nombreux et illustres chefs d'orchestre, comme Felix Weingartner, Karl Muck, Richard Strauss et Leo Blech.

Après l'effondrement de l'Empire allemand en 1918, l'opéra a été rebaptisé « Staatsoper Unter den Linden » et la « Königliche Kapelle » est devenue « Kapelle der Staatsoper ».

Dans les années 1920, Wilhelm Furtwängler, Erich Kleiber, Otto Klemperer, Alexander von Zemlinsky, Bruno Walter occupent le poste de chef d'orchestre. En 1925, Wozzeck d’Alban Berg est dirigé par Erich Kleiber en présence du compositeur.

Après avoir fait l'objet d'une vaste rénovation, l’opéra est rouvert en avril 1928 par une nouvelle production de La Flûte enchantée. La même année, la célèbre basse russe Fédor Chaliapine et les Ballets russes de Serge Diaghilev avec le chef d'orchestre Ernest Ansermet sont invités. En 1930, Erich Kleiber dirige la première de Christophe Colomb de Darius Milhaud. Toutefois, en 1934, lors de la première exécution des pièces symphoniques de Lulu d’Alban Berg par Kleiber, les nationaux-socialistes ont provoqué un scandale et le chef a été contraint à l'exil.

Sous Hitler les musiciens Juifs sont exclus. Beaucoup de musiciens allemands associés à l'opéra sont partis en exil, y compris les chefs Otto Klemperer et Fritz Busch. Au cours du Troisième Reich, Robert Heger, Herbert von Karajan et Johannes Schüler ont été Staatskapellmeister.

  • Le 24 novembre 1938 Werner Egk dirige la première nuit de son opéra Peer Gynt. Le 18 décembre, Herbert von Karajan dirige La Flûte enchantée de Mozart. Karajan fut Generalmusikdirektor du Staatsoper Unter den Linden entre 1941 et 1945.
  • 1939 : Karajan monte Les Bourgeois de Calais de Rudolf Wagner-Régeny.
  • Le 21 octobre 1941, Karajan dirige un concert symphonique avec la Staatskapelle à l’ancienne philharmonie. Cette année-là, l’opéra est bombardé.
  • Le 12 décembre 1942, pour la réouverture, Wilhelm Furtwängler dirige Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg de Richard Wagner.
  • 1944 : Joseph Goebbels proclame la « guerre totale ». Le Staatsoper est fermé. Le dernier spectacle (31 août) est Les Noces de Figaro de Mozart sous la direction de Johannes Schüler. La Staatskapelle poursuit ses concerts symphoniques. Les 4 et 5 octobre Karajan dirige la 8e symphonie de Bruckner.
  • Le 3 février 1945, le bâtiment est de nouveau détruit. Les concerts sont transférés à l'Admiralspalast et le Schauspielhaus. Le 18 février, Herbert von Karajan effectue son dernier concert symphonique avec la Staatskapelle dans la salle Beethoven.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

La seconde reconstruction a pris beaucoup de temps, de 1945 à 1955. C’est de nouveau Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg de Richard Wagner qui est monté pour la réouverture.

Après la construction du mur de Berlin en 1961, l'opéra, quoiqu’isolé, maintient un répertoire classique, romantique et contemporain. Après la réunification, c’est une sorte de renaissance pour l’opéra d’État. Les œuvres baroques notamment sont mises à l’honneur : Cleopatra e Cesare, Crœsus (Reinhard Keiser) et Griselda (Vivaldi). Ces ouvrages sont interprétés sur des instruments d’époque par le chef d'orchestre belge René Jacobs, avec l'Akademie für Alte Musik Berlin et le Freiburger Barockorchester. Dans les années 1990, l'opéra a été officiellement rebaptisé « Staatsoper Unter den Linden ».

En 1992, le chef d’orchestre Daniel Barenboïm est nommé directeur musical. Au cours des Festtage 2002, il dirige un cycle Wagner en dix productions en collaboration avec le metteur en scène Harry Kupfer. Sa présence dans la maison a permis de lui donner très rapidement après la réunification un statut international ; Daniel Barenboim y assure également une saison de concerts beaucoup plus fournie que celles des orchestres d'autres opéras et y donne aussi des concerts en tant que pianiste. Les intendants placés à ses côtés ne peuvent que rester dans son ombre : Georg Quander reste en poste jusqu'en 2002 ; il est remplacé par le metteur en scène Peter Mussbach en 2008. Le violent conflit qui oppose Mussbach et Barenboim en 2008 conduit au départ de Mussbach, remplacé après une période d'intérim par Jürgen Flimm, qui quitte pour cela la direction du Festival de Salzbourg avant la fin de son mandat.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

L'opéra nécessite de lourds travaux de réparation : les fondations du bâtiment, sa façade fissurée, la machinerie, ainsi que la mise aux normes de sécurité, font l'objet d'un programme d'investissement de 239 millions d'euros, qui rend nécessaire la fermeture de l'établissement à partir de mai 2010. Des améliorations sont également apportées à l'acoustique de la salle, et à la visibilité de la scène[2].

Dès le mois d'octobre 2010, les représentations sont données au Schillertheater, aménagé spécialement pour recevoir les 120 musiciens et la technique de scène, mais qui ne peut accueillir que 980 spectateurs.

La réouverture du Staatsoper est prévue pour la saison 2013-2014.

Les directeurs musicaux[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « On allait après dîner à l'Opéra, dans cette grande salle de trois cents pieds de long, qu'un de ses chambellans, nommé Knobersdorf, avait bâtie sans architecte. Les plus belles voix, les meilleurs danseurs, étaient à ses gages. La Barbarini dansait alors sur son théâtre : c'est elle qui depuis épousa le fils de son chancelier. Le roi avait fait enlever à Venise cette danseuse par des soldats, qui l'emmenèrent par Vienne même jusqu'à Berlin. » in Voltaire, Mémoires pour servir à M. de Voltaire, écrits par lui-même, Œuvres complètes, Tome XVIII, Hachette 1860, p. 321
  2. Lepoint.fr : Le Staatsoper de Berlin va fermer ses portes dans 100 jours pour rénovation Publié le 26/02/2010

Lien externe[modifier | modifier le code]

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