La Transfiguration (Raphaël)

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La Transfiguration
Image illustrative de l'article La Transfiguration (Raphaël)
Artiste Raphaël
Date 1518-1520
Type Huile sur bois
Dimensions (H × L) 405 × 278 cm
Localisation Musées du Vatican

La Transfiguration est le dernier tableau peint par Raphaël, commencé en 1518, inachevé de sa main en 1520, date de sa mort. Il est conservé dans la Pinacothèque du Vatican.

Éléments historiques[modifier | modifier le code]

La Transfiguration a été commandée à Raphaël par le cardinal Jules de Médicis (futur Clément VII). Il commanda en même temps une deuxième œuvre intitulée La résurrection de Lazare à Sebastiano del Piombo. Les deux tableaux d’autel étaient destinés à sa résidence épiscopale de Narbonne, dont il était l‘archevêque depuis 1515. Raphaël mourut d'un accès de fièvre en avril 1520. Mais il n'a pas le temps d‘achever le tableau. C‘est donc son atelier (probablement Giulio Romano) qui s‘en chargea. Le cardinal Jules de Médicis fit finalement don du tableau à l'église San Pietro in Montorio de Rome où il resta exposé de 1523 à 1797. Le Pape Pie VI fut contraint de le céder à la France en 1797 par le traité de Tolentino (le traité autorisait les commissaires français à prélever cent œuvres parmi les collections pontificales). Il rejoignit alors le Museum Central des Arts, l’actuel Musée du Louvre, puis fut restitué au Pape Pie VII à la chute de l’Empire. En 1817, il entra à la Pinacothèque du Vatican.

Composition[modifier | modifier le code]

Le tableau comporte deux parties narratives distinctes :

La partie supérieure montre la Transfiguration sur le mont Thabor, le Christ flottant devant des nuages illuminés, entre les prophètes Moïse et Élie, au-dessus de Pierre, Jacques et Jean.

La partie inférieure montre les apôtres et les croyants, impuissants devant la possession démoniaque d'un garçon. L'apparition du Christ le libère miraculeusement de sa maladie[1].

Analyse et iconographie[modifier | modifier le code]

La Transfiguration est un épisode de la vie du Christ où son apparence physique change pendant sa vie sur terre, révélant ainsi sa nature divine. Selon la Bible, cet épisode se situe après la multiplication des pains, au moment où les disciples reconnaissent en lui le Messie. Au cours de la fête des tentes, il se serait rendu sur le mont Thabor avec ses disciples Pierre, Jacques et Jean et se serait alors métamorphosé. Son visage changea et ses vêtements devinrent d’un blanc éclatant en présence de Moïse et Élie, à droite, reconnaissable aux tables de la loi qu’il tient entre les bras.

On observe une vive lumière blanche l’entourant, provoquant même un vent improbable, surnaturel, traduit par les drapés d’Élie et de Moïse ainsi que leurs cheveux. Les nuages même sont concentrés autour de Jésus. Celui-ci, vêtu de blanc, en léger contrapposto, les hanches larges, le drapé flottant, les bras ouverts, est représenté en lévitation.

Les deux petits personnages à gauche qui sont en train de prier et qui n’apparaissent pas dans le passage de la Bible sont Félix et Agapit qui soutiennent alors la manifestation du Christ.

Le mont Thabor est représenté par un monticule de terre et en guise de décor on peut observer quelques arbres et sur la droite, au lointain, un village.

Cette scène tirée de Mathieu 17, est immédiatement suivie d’une histoire ou il est question de la guérison d’un garçon possédé, et c’est ce que décide de représenter Raphaël dans la partie inférieure.

Si le moment de la scène précédente semble être d’un long silence, les nombreux personnages à droite de la partie basse semblent tous pris de panique aux côtés du jeune garçon possédé et de son père vêtu de vert, qui le supporte. L'enfant adopte une posture bras écartés, un vers le ciel, l'autre vers le sol, les yeux révulsés.

À gauche, les apôtres, qui ne parviennent pas à guérir l’enfant, sont également pris d'une panique lisible dans leurs gestes, regards, mimiques, bras tendus...

L'attitude du monde croyant incertain serait la traduction du trouble causé par la parution des 95 thèses de Luther en 1517.

L'usage des couleurs vives (luminisme), de mimiques excessives, les poses mêmes (celle du Christ en particulier) annoncent le maniérisme.

Bibliographie et Sources[modifier | modifier le code]

  • Nietzsche, Die Geburt der Tragödie aus dem Geist der Musik
  • Giorgio Vasari, dans Le Vite qui qualifie le tableau de « ... le plus célèbre, le plus beau et le plus divin. » (« fra tante quante egli ne fece, sia la piú celebrata, la piú bella e la piú divin »).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Considéré par les analyses médicales comme l'épilepsie, notice du Musée allemand de l'épilepsie à Kork [1]

Articles connexes[modifier | modifier le code]