Archidiocèse de Lyon

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45° 45′ 39″ N 4° 49′ 37″ E / 45.76083, 4.82694 ()

Archidiocèse de Lyon
(la) Archidioecesis Lugdunensis
La primatiale Saint-Jean de Lyon
La primatiale Saint-Jean de Lyon
Informations générales
Pays France
Affiliation Église catholique en France
Archevêque Mgr Philippe Barbarin
Langue(s) liturgique(s) français
Superficie 5 087 km2
Création du diocèse IIe siècle
Élévation au rang d'archidiocèse IIIe siècle
Patron saint Irénée (de Lyon)
saint Pothin (de Lyon)
Province ecclésiastique Lyon
Diocèses suffragants Annecy
Belley-Ars
Chambéry, Maurienne et Tarentaise
Grenoble-Vienne
Saint-Étienne
Valence, Die et Saint-Paul-Trois-Châteaux
Viviers
Adresse Archevêché de Lyon
1, place de Fourvière
69321 Lyon cedex 05
Site officiel Site officiel
Statistiques
Population 1 735 000 hab.
Population catholique 1 200 000 hab.
Pourcentage de catholiques 69,2 %
Nombre de paroisses 160
Nombre de prêtres 570
Nombre de diacres 65
Nombre de religieux 114
Nombre de religieuses 2 090
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Image illustrative de l'article Archidiocèse de Lyon
Localisation du diocèse
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Diocèses suffragants

L'archidiocèse de Lyon (en latin : Archidioecesis Lugdunensis) est un des archidiocèses métropolitains de l'Église catholique en France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Érigé au IIe siècle, le diocèse de Lyon (en latin : Dioecesis Lugdunensis) fait partie des circonscriptions ecclésiastiques les plus anciennes de France. En effet, les premiers missionnaires chrétiens, d'origine grecque, arrivèrent assez tôt à Lugdunum, métropole économique, politique et religieuse des Trois Gaules. En 177, est attestée une persécution contre les chrétiens de Lyon, déjà organisés en Église locale.

Créé dès le IIe siècle, le diocèse de Lyon est un des plus ancien de France. Son premier évêque fut Saint Pothin. Il souffrit des persécutions de Marc Aurèle en 177. On dénombre 48 martyrs dont l'évêque Pothin et Sainte Blandine ce sont les martyrs de Lyon. Saint Irénée devient alors évêque.

Saint-Irénée, est connu pour être disciple de saint Polycarpe, lui-même disciple de Saint Jean l'évangéliste : Eusèbe de Césarée rapporte qu'au prêtre Florinus qui était tombé dans l’hérésie gnostique, Irénée écrivit : « Je t’ai vu, quand j'étais encore enfant, dans l'Asie inférieure, auprès de Polycarpe ; tu avais une situation brillante à la cour impériale et tu cherchais à te faire bien voir de lui. Car j’ai meilleur souvenir de ces jours d'autrefois que des évènements récents. Ce que l'on a appris dès l'enfance, en effet, se développe en même temps que l'âme, en ne faisant qu'un avec elle. Si bien que je puis dire le lieu où s'asseyait pour nous entretenir le bienheureux Polycarpe, ses allées et venues, le caractère de sa vie et l'aspect de son corps, les discours qu'il tenait à la foule, et comment il racontait ses relations avec Jean, et avec les autres qui avaient vu le Seigneur, et comment il rapportait leurs paroles, et ce qu'il tenait d'eux au sujet du Seigneur, de ses miracles, de son enseignement, en un mot comment Polycarpe avait reçu la tradition de ceux qui avaient vu de leurs yeux le Verbe de vie, il était dans tout ce qu'il rapportait d'accord avec les Écritures. J'écoutais cela attentivement, par la faveur que Dieu a bien voulu me faire, et je le notais non sur du papier, mais en mon cœur, et, par la grâce de Dieu, je ne cesse de le ruminer fidèlement. Je puis témoigner devant Dieu que si le bienheureux vieillard, l'homme apostolique, avait entendu quelque chose de pareil (les doctrines gnostiques), il se serait récrié, il aurait bouché ses oreilles, il aurait dit comme à son ordinaire : O bon Dieu, pour quels temps m'as-tu réservé, faut-il que je supporte de telles choses ! et il aurait fui loin du lieu où, assis ou debout, il aurait entendu de pareils discours. »[1]. Le lien est donc fait entre les apôtres et l'Église de Lyon.

Le diocèse de Lyon est élevé au rang d'archidiocèse métropolitain dès le IIIe siècle[2].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Outre le spirituel, l'église de Lyon exerça une autorité temporelle et à ce titre administra un territoire, la ville épiscopale et ses environs et fut détenteur des restes des droits comtaux et régaliens, droit de justice, de lever une armée et de battre monnaie, etc. du fait de l'éloignement et de l’affaiblissement du pouvoir de l'empereur. À ce titre l'évêque Jean II de Belles-Mains édifia à la fin du XIe siècle un château à motte ; motte de Béchevelin. La motte, outre le rôle symbolique et politique, tête de pont sur la rive gauche du Rhône de l'église de Lyon, contrôlait le passage sur le fleuve et surveillait le « compendium » antique Lyon-Vienne ; un péage y était attaché. Ce même évêque favorisa également la construction du pont du Rhône[N 1], pont de la Guillotière actuel. Il est à noter que ce territoire sur lequel l'église de Lyon avait autorité était contesté par le comte de Savoie, les seigneurs de Chandieu et les dauphins de Viennois[N 2].

L'église de Lyon jouit également de la seigneurie de Saint-Barnard que Guichard V, sire de Beaujeu, lui avait aliéné avec toutes ses dépendances, moyennant 6 050 livres au mois de mai 1264[3] et ce jusqu'en 1599[3], époque où elle l’aliène à Martin de Covet, seigneur de Montribloud.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

De 1801 à 1822, il couvre les trois départements de l'Ain, de la Loire et du Rhône. En 1822, le siège épiscopal de Belley est rétabli pour le département de l'Ain et l'archidiocèse de Lyon réduit à ceux de la Loire et le Rhône. En 1970, le siège épiscopal de Saint-Étienne est érigé pour deux des trois arrondissements du département de la Loire : celui de Saint-Étienne et celui de Montbrison. Ainsi, depuis 1970, l'archidiocèse de Lyon ne couvre plus que le département du Rhône et l'arrondissement de Roanne.

La bulle Paternae caritatis du [4] avait disposé que l'archevêque de Lyon adjoigne à son titre celui de la métropole supprimée de Vienne ; cette disposition a cessé d'être en vigueur le [5], adjoignant le titre de Vienne au diocèse de Grenoble.

Période récente[modifier | modifier le code]

Le , le diocèse de Saint-Etienne fut créé à partir de territoires du diocèse de Lyon. Depuis 2002, ses suffragants sont les diocèses d'Annecy, Belley-Ars, Chambéry-Maurienne-et-Tarentaise, Grenoble-Vienne, Saint-Étienne, Valence et Viviers[6]. La province ecclésiastique de Lyon couvre ainsi la région Rhône-Alpes.

Article connexe : Primat des Gaules.

Les archevêques de Lyon portent le titre de primat des Gaules.

Article connexe : Ancien archidiocèse de Vienne.

De 1822 à 2006, ils relèvent le titre d'archevêque de Vienne. Depuis 2006, ce titre est relevé par les évêques de Grenoble.

Depuis 1842, les archevêques de Lyon sont presque toujours créés cardinaux-prêtres de l'église de la Très-Sainte-Trinité-des-Monts de Rome, une des cinq églises des Pieux Établissements de la France à Rome et Lorette.

Depuis 2002, l'archevêque de Lyon est S.Ém. le cardinal Philippe Barbarin. Il est assisté de deux évêques auxiliaires : Mgr Jean-Pierre Batut, évêque titulaire de Ressiana, et Mgr Patrick Le Gal, évêque titulaire d'Alès.

De 1790 à 1793, Lyon fut le siège épiscopal du diocèse du département de Rhône-et-Loire, un des quatre-vingt-trois diocèses de l'Église constitutionnelle créés par la constitution civile du clergé. Lyon était aussi le siège de la métropole du Sud-Est, un des dix arrondissements métropolitains.

La Primatiale Saint-Jean-Baptiste et la Basilique Notre-Dame de Fourvière

Géographie[modifier | modifier le code]

Le diocèse comprend le département du Rhône et l'arrondissement de Roanne, dans le département de la Loire.

L'archidiaconé Saint-Jean (agglomération lyonnaise) compte 113 paroisses réparties en 17 doyennés[7], 47 communes en dépendent, soit 851 805 habitants.

L'archidiaconé Saint-Pierre (Rhône-Vert qui correspond au département du Rhône hors agglomération)[8].

L'archidiaconé Notre-Dame (Roannais dans la Loire)[9]

En chiffres[modifier | modifier le code]

Le diocèse compte un archevêque, le cardinal Philippe Barbarin et deux évêques auxiliaires, Mgr Patrick Le Gal et Mgr Jean-Pierre Batut. Il y a environ 600 prêtres et diacres[2], entre 2 et 4 nouveaux prêtres sont ordonnés pour le diocèse chaque année depuis 2001. 1 800 000 habitants dont 60 % se disent catholiques, environ 5 % pratiquants, soit l'équivalent de la situation en France[10]

Évêques originaires de l'archidiocèse de Lyon[modifier | modifier le code]

Jumelage avec l'archidiocèse d'Antélias[modifier | modifier le code]

En 1985, le Cardinal Albert Decourtray et Monseigneur Youssef Béchara, Archevêque d'Antélias procède au jumelage des deux diocèses, dans le but de renouer et de resserrer les liens qui existent entre les communautés. En 2003, le Cardinal Philippe Barbarin et son homologue d'Antélias, Monseigneur Bechara rédigent et signent une charte pour préciser l'esprit et les modalités du jumelage[12].

Rite[modifier | modifier le code]

À la publication de la bulle Quo primum[13] qui a suivi le concile de Trente au XVIe siècle, il put garder son rite propre, le rite lyonnais. Au XVIIIe siècle, le rite lyonnais fut profondément remanié et devint le rite « romano-lyonnais » qui fut célébré par tous les prêtres incardinés dans le diocèse à l'exception de certains ordres religieux. Lors des réformes de 1969, il fut remplacé par le rite dit de Paul VI. Aujourd'hui, le rite romano-lyonnais est maintenu par la société des prêtres de Saint-Irénée dite société des Chartreux, une amicale de prêtres fondée par le cardinal Joseph Fesch au début du XIXe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Seul pont de pierre franchissant le Rhône connu au Moyen Âge à Lyon.
  2. Les dauphins seraient à l'origine de la construction de deux mottes dans le même secteur ; la « Petite Motte » et la « Grande Motte ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Eusèbe de Césarée : Histoire ecclésiastique, V 20.
  2. a et b données sur le site catholic-hierarchy.org
  3. a et b Marie-Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain,‎ Bourg-en-Bresse et Lyon, A. Brun, 1873, p. 336 disponible en ligne sur Gallica.
  4. C'est la bulle qui réorganise l'Église de France suite à un aménagement du concordat de 1802
  5. décret Intra fines diœceseos Gratianopolitanæ de la Congrégation pour les évêques
  6. décret de la congrégation pour les évêques sur le site du diocèse de Poitiers
  7. L'archidiaconé saint-Jean sur l'annuaire du diocèse
  8. L'archidiaconé saint-Pierre sur l'annuaire du diocèse
  9. L'archidiaconé Notre-Dame sur l'annuaire du diocèse
  10. Sondage CSA de décembre 2004 pour La Croix
  11. Zallata est un diocèse disparu de Maurétanie, référence sur le site catholic-hierarchy.org
  12. site internet du jumelage des deux diocèses.
  13. Bulle Quo primum

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]