Cathédrale de Lausanne

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Cathédrale Notre-Dame de Lausanne
Image illustrative de l'article Cathédrale de Lausanne
Vue nord de la cathédrale
Présentation
Culte Réformé
Rattachement Église évangélique réformée EERV
Style dominant Gothique
Protection Bien culturel d'importance nationale
Site web www.cathedrale-lausanne.ch
Géographie
Pays Suisse
District District de Lausanne
Canton canton de Vaud
Commune Lausanne
Coordonnées 46° 31′ 21″ N 6° 38′ 06″ E / 46.522594, 6.635054 ()46° 31′ 21″ Nord 6° 38′ 06″ Est / 46.522594, 6.635054 ()  

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Cathédrale Notre-Dame de Lausanne

La cathédrale protestante Notre-Dame de Lausanne est une cathédrale située dans la ville vaudoise de Lausanne, en Suisse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

La cathédrale réformée Notre-Dame de Lausanne est un bâtiment édifié en pierre de taille (molasse), de style majoritairement gothique, commencé sous l'épiscopat de Landry de Durnes, entre 1160 et 1178, et achevé vers le milieu du XIIIe siècle, soit à l'époque où la région, exceptée la ville qui dépendait de l'évêché, était rattachée au comté de Savoie[1]. Première cathédrale gothique hors de l'Ile-de-France avec Canterbury, elle fut consacrée à la Sainte Vierge Marie sous le vocable « Notre-Dame » le en la présence du pape Grégoire X, de l'évêque de Lausanne Guillaume de Champvent et de l'empereur Rodolphe de Habsbourg. Au Moyen Âge, elle fut ainsi un haut lieu de pèlerinage marial : 70 000 personnes environ s'y rendaient chaque année pour vénérer la statue miraculeuse de la Vierge, alors que Lausanne ne comptait que quelque 7 000 habitants.

La construction de la cathédrale Notre-Dame eut lieu de 1170 à 1235 environ[2]. C'est la grande époque des constructions de cathédrales en Europe occidentale : l'une des plus célèbres, celle de Chartres (1194-1220), est ainsi contemporaine de la cathédrale de Lausanne. Si les premiers travaux furent effectués dans le style roman, les maîtres d'œuvre successifs adoptèrent très rapidement pendant les décennies qui suivirent le style gothique, plus conforme à l'évolution de l'architecture du temps.

L'antipape Félix V y est intronisé le 23 juillet 1440.

Quelques évêques importants de l'Église aventicienne[modifier | modifier le code]

Réforme[modifier | modifier le code]

À l'arrivée des Bernois et avec l'adoption de la Réforme protestante, l'édifice fut dédié en 1536 au culte calviniste. Il connut à cette époque des déprédations importantes dues aux Bernois, au grand dam des Conseils de la ville, dont notamment la destruction du cloître et de la plupart du mobilier précieux du chœur et des chapelles : citons le retable d'argent du maître-autel (1474) de l'orfèvre Charles Humbeloz de Dijon, offert par l'évêque Georges de Saluce, rehaussé de couleurs par le peintre Pierre Spicre[4] et surtout la statue miraculeuse en argent doré de la « Vierge trônant avec l'Enfant » (XIIe siècle) célèbre et vénérée[5] dans toute l'Europe médiévale. Elle pesait environ 40 kilos et comportait des ornements en argent et une couronne en or et en pierres précieuses. Ces deux pièces majeures furent fondues en juin 1537 à Berne. L'église du Saint-Rédempteur à Lausanne possède cependant une copie assez fidèle du XVe siècle de cette statue, en bois polychrome[6], sauvée par les chartreux de la Valsainte.

Du riche trésor de la chapelle Notre-Dame de Lausanne, seuls deux angelots sculptés offerts par l'évêque Benoît de Montferrand (1476-1491)[7] ont survécu (Musée d'histoire de Berne).

Copie du XVIIe siècle de la statue de Notre-Dame de Lausanne.

On déplore également la perte des douze statues en argent des apôtres du narthex. Quant au maître-autel de marbre noir poli de Saint-Triphon, il fut emporté en hiver 1561 à la Collégiale protestante Saint-Vincent de Berne où il se trouve aujourd'hui encore. Les riches tapisseries furent également confisquées (Musée d'histoire de Berne). Enfin, le jubé en marbre noir (seules 7 colonnes ont subsisté) ainsi que la plus grande partie des stalles sculptées furent détruits dans le premier tiers du XIXe siècle.

L'ensemble de la statuaire en pierre fut par contre bien conservé. Il reste même des vestiges de polychromie architecturale à l'intérieur (notamment dans la chapelle Notre-Dame) et surtout dans le « portail peint » (XIIIe siècle) dont la restauration des statues polychromes fut achevée en 2007. Le bâtiment est inscrit comme bien culturel suisse d'importance nationale[8].

Cathédrale contemporaine[modifier | modifier le code]

La cathédrale Notre-Dame vers 1873 avant la restauration de la tour-lanterne.

Dès 1874, l'édifice a fait l'objet d'une restauration conduite par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, dont ce fut le dernier chantier (l'architecte mourut d'ailleurs dans la ville en 1879)[9]. Un nouveau cycle de restauration de l'édifice est lancé au début des années 2010 pour une durée de cinq ans et un coût de vingt millions de francs ; la tour inachevée, le chœur et la toiture de la cathédrale sont en particulier concernés par ces travaux[10].

Rattachée désormais à la paroisse Chailly-Cathédrale de Lausanne, la cathédrale protestante Notre-Dame accueille régulièrement des célébrations œcuméniques, ainsi que des manifestations culturelles (concerts). Quelques messes ont été également autorisées et célébrées ces dernières années.

Le 10 avril 2013, l'Église évangélique réformée du canton de Vaud met à jour le logo et le site internet de la cathédrale afin d'augmenter le rayonnement et la visibilité de cette dernière[11].

Dimensions[modifier | modifier le code]

  • longueur totale hors œuvre : 99,75 m
  • longueur du transept hors œuvre : 42,10 m
  • hauteur de la tour du beffroi : 67,50 m
  • hauteur de la tour-lanterne : 79,60 m (restaurée par Viollet-le-Duc)

Particularités[modifier | modifier le code]

Portail peint[modifier | modifier le code]

Statue d'un Archange indéterminé du portail peint (du fait qu'il a perdu son bras lors de la Réforme, on ne peut pas dire si il s'agit de Gabriel (un lys) ou de Michael (une épée).

Au flanc sud de la cathédrale Notre-Dame, le portail peint constitue un joyau de la statuaire médiévale. Ancien et Nouveau Testament encadrent le couronnement de la Vierge. L'originalité du portail peint tient tant dans la conservation (relative) du décor polychrome que dans la position modeste de la Vierge, la part belle étant faite au Christ en Gloire. C'est par cette entrée latérale que les milliers de pèlerins entraient dans l'édifice, alors que d'habitude, c'est la porte principale (en bout de nef) qui est utilisée.

Il a fallu près d'un siècle de travaux pour restaurer le portail peint et le rendre au public, avec une protection issue des plus récente techniques architecturales. Les responsables de la restauration ont décidé de ne pas reproduire artificiellement toute la polychromie originale, en partie disparue, mais de préserver et renforcer celle qui subsistait.

Rose[modifier | modifier le code]

Les structures lapidaires de la rose de la cathédrale Notre-Dame furent mises en œuvre vers 1205, soit antérieurement aux roses de Chartres[12]. Ses vitraux du XIIIe siècle qui sont presque intégralement préservés[13]participent largement de la renommée de la cathédrale. En forme de Mappa Mundi, Pierre d'Arras les a peint entre 1231-35. Un dessin de la rose se trouve dans le recueil de Villard de Honnecourt de 1270.

Orgues[modifier | modifier le code]

Les grandes orgues de la Cathédrale Notre-Dame de Lausanne ont été inaugurées en décembre 2003 et forment un instrument unique au monde, tant par leur conception que par leurs caractéristiques techniques (styles classiques et symphonique français, baroque et romantique allemands). L'organiste titulaire est Jean-Christophe Geiser, professeur au Conservatoire et HEM de Lausanne.

Des concerts sont organisés les jours des fêtes religieuses (Vendredi saint, Pâques, Pentecôte, Noël) et les vendredis de juin à début octobre, cf www.grandesorgues.ch. L'instrument précédent, un Kuhn de 1955, a été installé dans la Philharmonie de la Baltique à Gdansk (Pologne).

La composition est la suivante :

I Positif de dos C–
Quintadehn 16′
Prinzipal 8′
Gedackt 8′
Oktave 4′
Rohrflöte 4′
Grosse Tierce 31/5
Nasard 22/3
Doublette 2′
Quarte de Nasard 2′
Tierce 13/5
Larigot 11/3
Piccolo 1′
Plein-jeu V
Scharff IV
Dulcian 16′
Cromorne 8′


II Grand Orgue C–
Principal 32′
Montre 16′
Bourdon 16′
Montre 8′
Gambe 8′
Flûte harmonique 8′
Prestant 4′
Octave 4′
Quinte 22/3
Doublette 2′
Terz 13/5
Fourniture VII
Cymbale V
Mixtur VI-IX
Bombarde 16′
Trompette 8′
Clairon 4′
Trommet 16′
Trommet 8′
III Positif Expressif C–
Salicional 8′
Unda maris 8′ (C0)
Flûte harmonique 8′
Bourdon 8′
Voix éolienne 8′ (C0)
Fugara 4′
Zartflöte 4′
Violine 2′
Sesquialtera II
Harmonica aetheria V
Cor anglais 16′
Basson 8′
Clairon 4′


IV Récit expressif C–
Bourdon 16′
Diapason 8′
Viole de gambe 8′
Voix céleste 8′
Flûte traversière 8′
Bourdon 8′
Prestant 4′
Flûte octaviante 4′
Quinte 22/3
Octavin 2′
Tierce 13/5
Plein jeu IV
Bombarde 16′
Trompette harmonique 8′
Clairon harmonique 4′
Basson-Hautbois 8′
Clarinette 8′
Voix humaine 8′
V Bombardes C–
Montre 8′
Flûte creuse 8′[Ann. 1]
Flûte ouverte 4′
Grand Cornet V
Trompette 8′
Clairon 4′
Trompette en chamade 8′
Clairon en chamade 4′


Fernwerk C–[Ann. 2]
Bourdon 16′
Principal 8′
Bourdon 8′
Flûte 8′
Flûte d′amour 8′
Salicional 8′
Voix céleste 8′
Prestant 4′
Flûte traversière 4′
Trompette harmonique 8′
Voix humaine 8′
Pédale C–
Principal 32′
Bourdon 32′[Ann. 1]
Grosse Quinte 211/3
Contrebasse 16′
Montre 16′
Principal 16′[Ann. 1]
Violonbasse 16′
Bourdon 16′[Ann. 1]
Basse Quinte 102/3
Octave 8′
Violoncelle 8′
Flûte 8′
Bourdon 8′
Quinte 51/3
Octave 4′
Flûte 4′
Mixture IV
Contre-Bombarde 32′
Bombarde classique 16′
Bombarde 16′
Trompette 8′
Clairon 4′
Posaune 16′
Trommet 16′
Trommet 8′

Tuyaux de l'instrument principal (sans le Fernwerk): 6 737 Nombre total de rangs (sans le Fernwerk): 124

Annotations
  1. a, b, c et d Tuyaux de l′instrument Kuhn de 1955.
  2. Clavier flottant.

Guet[modifier | modifier le code]

La ville de Lausanne entretient toujours, et ceci depuis 1405 (les 600 ans du guet de Lausanne ont été fêtés en novembre 2005), un service de guet annonçant les heures, à la criée, de 22 heures à 2 heures du matin depuis le haut du beffroi[14]. De 1992 à 2001, c'est Philippe Becquelin, alias Mix & Remix, dessinateur de presse à L'Hebdo, qui était chargé de crier aux quatre points cardinaux : « C'est le guet, il a sonné [dix] ». À l'origine, le guet avait pour mission de prévenir tout début d'incendie. Depuis 2002, c'est Renato Häusler qui occupe cette fonction.

Chaque année, le 31 décembre à minuit, un spectacle son, lumière et fumigènes donne l'impression que la tour prend feu. Cette cérémonie marque le passage à la nouvelle année.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Peter Kurman (dir.), La cathédrale Notre-Dame de Lausanne : monument européen, temple vaudois, Lausanne, La Bibliothèque des Arts, 2012
  • Coll. La cathédrale de Lausanne, Berne, Société d'histoire de l'art en Suisse 1975 (voir notamment la contribution fondamentale de Marcel Grandjean sur l'histoire architecturale de l'édifice).
  • Coll. Ch. Amsler, La Rose de la cathédrale de Lausanne : Histoire et conservation récente, éditions Payot, Lausanne, 1999.
  • Coll. F. Bally, Cathédrale de Lausanne, 700e anniversaire de la consécration solennelle : catalogue de l'exposition, Musée historique de Lausanne, Lausanne, 1975.
  • G. Champseix, Notre-Dame de Lausanne, Imprimerie Larpin et Coendoz, Lausanne, 1856.
  • Emmanuel Dupraz, La Cathédrale de Lausanne : Étude historique, Librairie Th. Sack, Lausanne, 1906.
  • Francis Aerny, L'Évêché de Lausanne : VIe siècle − 1536, Yens, Cabédita, coll. « Archives vivants »,‎ 1991, 144 p. (ISBN 978-2-88295-060-4), p. 101-107
  • Édouard Diserens, Cathédrale de Lausanne : Guide du pèlerin, Yens, Cabédita, coll. « Regard et Connaissance »,‎ 2010, 96 p. (ISBN 978-2-88295-192-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Canton de Vaud : site officiel : Cathédrale de Lausanne
  2. Canton de Vaud : site officiel : Le monument
  3. G. Dupraz. op. cit., p. 20-30.
  4. Abbé Dupraz, op. cit., p. 132.
  5. Abbé Dupraz, op.cit., p. 89.
  6. Une image de la statue se trouve sur le site suivant
  7. Coll. F. Bailly, op. cit., p. 125 et Abbé Dupraz, op. cit. p. 121..
  8. [PDF] L'inventaire édité par la confédération suisse, canton de Vaud
  9. Eugène Viollet-le-Duc sur lartnouveau.com
  10. Vincent Maendly, « Travaux urgents sur le toit de la cathédrale », 24 Heures,‎ 21 août 2012 (lire en ligne)
  11. « Cathédrale de Lausanne : un nouveau logo et un site web renouvelé. », sur vd.ch,‎ 10 avril 2013 (consulté le 12 avril 2013)
  12. Schweizer Catherine, Stoeckli Werner, La Rose de la cathédrale de Lausanne, Payot, Lausanne, 1999, p. 7.
  13. Service des bâtiments - La cathédrale de Lausanne
  14. Canton de Vaud : site officiel : Le beffroi

Lien externe[modifier | modifier le code]