Communauté de Taizé

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46° 30′ 49″ N 4° 40′ 37″ E / 46.5136, 4.67694

Croix de Taizé

La Communauté de Taizé est une communauté monastique œcuménique basée à Taizé en France. Fondée en 1940 par le Frère Roger, elle rassemble aujourd'hui une centaine de frères venant du monde entier et qui ont choisi de vivre ensemble une vie de prière et de célibat dans la simplicité. L'unité des confessions chrétiennes et l'accueil des jeunes adultes font partie des engagements de la Communauté depuis sa fondation.

Sommaire

Fondation [modifier]

Frère Roger

La Communauté de Taizé est fondée à Taizé en 1940 par le Suisse Roger Schutz (frère Roger), futur pasteur protestant, avec pour but de « construire une vie commune dans laquelle la réconciliation selon l’Évangile serait une réalité vécue concrètement »[1]. Et le choix du lieu de cette implantion ne tient pas du hasard. Pendant la guerre, Taizé se situe en effet en zone libre, mais tout près de la ligne de démarcation. Le frère Roger fait oeuvre de résistance en hébergeant avec sa soeur Geneviève des réfugiés, notamment des juifs fuyant la zone occupée[2]. En novembre 1942, alors qu'il se trouve en Suisse après où il vient d'aider quelqu'un à franchir la frontière,il apprend que la Gestapo a visité sa maison de Taizé[3]. Il décide alors de prolonger son séjour en Suisse jusqu'à la fin de la guerre. Il réside à Genève, où se forme une première vie communautaire avec quelques amis, organisée autour d'une spiritualité vivante[4]. Après la Libération, en automne 1944, Roger Schutz retourne à Taizé où le rejoignent bientôt trois frères, également protestants. Leur vie est partagée entre la prière et le travail (essentiellement agricole et artisanal). Ils qualifient leur existence de "clunisienne". Ils sont cependant ancrés dans leur temps : ils viennent en aide à des prisonniers allemands et s'occupent d'enfants abandonnés et d'orphelins de guerre[5]. En 1949, ils sont 7 frères à s'engager à se consacrer à vie au Christ et à la communauté, à renoncer à toute propriété personnelle et à faire vœu de chasteté. C'est là un évènement inédit : d'une part parce que depuis la Réforme protestante, ils sont les premiers hommes de cette obédience à fonder une communauté de type monacal ; d'autre part, parce que cette communauté embrasse dès le départ une vocation oecuménique[6]. Dès les années 40, des contacts étroits sont noués avec des laïcs et des religieux catholiques. La communauté organisent de nombreuses rencontres oecuméniques. Dans cet esprit, les frères Roger et Max participent ainsi aux travaux du Concile de Vatican II en tant qu'observateurs non catholiques[7].En 1964, les autorités catholiques autorisent leurs fidèles à prier l'Office de Taizé[8]. En 1969, le premier frère catholique rejoint la communauté de Taizé, après avoir obtenu l'autorisation spéciale de l'archevêché[9].

Dès les années soixante, la communauté de Taizé accueille des milliers de jeunes chaque année qui viennent prier et méditer. Frère Roger dit de lui-même : « J’ai trouvé mon identité de chrétien en réconciliant en moi-même la foi de mes origines évangéliques avec le mystère de la foi catholique » [10].

Communauté de Taizé [modifier]

Grès émaillés de la Communauté de Taizé
L'église de la Réconciliation

Au fil des ans se développe la communauté de Taizé. Des compagnons se joignent à frère Roger : la communauté se compose à l'heure actuelle[Quand ?] de frères venant d'une trentaine de nations et de diverses origines chrétiennes (dont 70 à Taizé et une trentaine d'autres dans d'autres petites communautés). La communauté n'accepte pour elle-même aucun don. Les frères gagnent leur vie par leur travail : ils fabriquent des poteries, des bijoux (croix de Taizé en pendentif), des vitraux qu'ils vendent dans une boutique située dans la communauté. Leurs héritages personnels sont offerts aux plus démunis. Selon la règle, ils se sont engagés pour la vie, et ont fait vœu d'obéissance au prieur de la communauté.

Les chants de Taizé sont chantés par la communauté priante, avec reprises et traductions en diverses langues. Les célébrations comprennent de longs moments de silence pour la méditation[11],[12].

Des milliers de jeunes du monde entier et de toutes sortes de dénominations religieuses visitent Taizé depuis plusieurs décennies. Taizé leur offre l'hospitalité et ils peuvent s'intégrer à des groupes de réflexion, d'étude biblique et de prière commune.

L'église de la Réconciliation a été bâtie en 1962 à l'initiative d'une organisation allemande souhaitant faire un geste symbolique de réconciliation franco-allemande.

En 2005, à la mort de frère Roger, frère Alois, désigné par frère Roger de son vivant (selon la règle de la communauté), lui succède en tant que prieur.

Concile des jeunes [modifier]

Prière à Taizé

À la fin des années soixante et surtout après les mouvements de mai 1968, de nombreux jeunes viennent à Taizé. À Pâques, à partir de 1970, ils sont jusqu'à 40 000 à se rassembler autour de la communauté. On commence à agrandir l'église de Taizé par des chapiteaux. Les Français s'y trouvent nombreux surtout durant la période des vacances de la Toussaint, le reste de l'année les frères accueillent des jeunes du monde entier.

Chacun est invité à participer au Concile des jeunes, dans la « dynamique du provisoire »[réf. nécessaire]. Ce concile fut non institué, mais relayé auprès des Églises pour que les structures religieuses s'ouvrent à ces nouvelles aspirations.

Vie à Taizé [modifier]

Les horaires de la vie commune :

  • 8 h 15 : Prière du matin suivie du petit déjeuner
  • 10 h : Introduction biblique puis partage en groupe
  • 12 h 20 : Prière de midi suivie du repas
  • 15 h 15 : Travail en équipe
  • 17 h 15 : Goûter
  • 17 h 45 : Carrefours
  • 19 h : Dîner
  • 20 h 30 : Prière du soir.

La vie à Taizé est rythmée par les prières. La forme de ces prières convient particulièrement aux jeunes[13]. Les frères et les jeunes présents sont assis sur la moquette dans l'église de la Réconciliation. Ce bâtiment modulaire comporte des cloisons coulissantes afin de s'adapter au nombre de participants. Des chants de Taizé, un passage de l'évangile[14], un temps de silence, des méditations[15], des prières s'enchaînent pendant 40 à 50 minutes.

Les introductions bibliques[16] sont préparées par des frères et suivent un cheminement sur une semaine complète. Il peut s'agir d'un parcours sur un évangile au complet en prenant différents passages, ou sur un thème précis de la Bible. Le frère présente une explication du texte en le rendant le plus accessible possible aux jeunes. Étant donnée la population internationale, les frères parlent le plus souvent en anglais et organisent des traductions pour ceux qui maîtrisent moins bien la langue. Après une explication de 30 à 60 minutes, le frère organise des petits groupes de discussion (entre 5 et 15 personnes) pour que les jeunes partagent et échangent sur ce qu'ils comprennent du texte et comment ils le vivent au quotidien. Les groupes sont organisés pour que les jeunes de différentes nationalités, langues ou confession religieuse se rencontrent. Les échanges sont souvent en anglais mais des solutions sont toujours trouvées pour permettre à tous de participer.

Les carrefours sont des temps d'échange sur un thème spécifique : sujet de société, question de foi ou rencontre d'une culture. Ils sont souvent présentés par des personnes expertes dans le domaine.

Le travail est distribué en fonction des besoins de la semaine à l'arrivée des jeunes. Ce sont des travaux de groupe qui permettent encore une fois de faire se rencontrer des jeunes de différents pays. Mais c'est aussi essentiel pour le fonctionnement de l'accueil de tous les jeunes. Vaisselle, poubelles, organisation du repas, nettoyage… sont des tâches d'intérêt général ainsi que des temps de partage.

En fonction du nombre de jeunes présents, les participants sont logés dans des baraques pour 6 et 12 personnes, ou sous des tentes. Les repas sont distribués par des volontaires aux jeunes disposés en files pour permettre une distribution rapide.

Les frères conseillent de séjourner du dimanche au dimanche suivant, ce qui permet de vivre une semaine complète pour la rencontre de Dieu et des autres. De ce fait, le dimanche est une journée particulière qui est complètement tournée vers l'accueil des nouveaux arrivants, surtout dans les mois d'été où il faut accueillir entre 1000 et 4000 jeunes dans la journée.

En outre, les jeunes qui le souhaitent peuvent vivre une expérience de silence une semaine durant. Chacun accompagné par un frère référent et logés au sein d'une bâtisse située à l'entrée du village, ils participent aux prières quotidiennes et reçoivent également une introduction biblique. Le reste de la journée est consacré à la prière et aux méditations personnelles, à Taizé ou aux alentours à la faveur de promenades.

Échanges internationaux [modifier]

Rencontres à Zagreb en 2006
Rencontres à Zagreb en 2006

Avant la chute du mur de Berlin, les frères de Taizé allaient discrètement dans les pays d'Europe de l'Est rencontrer des jeunes, d'où le contact privilégié de Taizé avec l'Europe de l'Est[réf. nécessaire].

Depuis 1978, Taizé organise pour le Nouvel An des rencontres de cinq jours dans une ville d'Europe sous le nom de Pèlerinage de Confiance sur la Terre. Des dizaines de milliers de jeunes y assistent et sont hébergés dans les familles ou les centres communautaires. Le pèlerinage est structuré sur la vie de Taizé.

Rencontres européennes des jeunes organisées par Taizé :

La communauté accueille également tous les ans des rencontres internationales de moindre ampleur. Ce sont des rencontres qui concernent particulièrement les jeunes du continent où se trouve la rencontre. Elles sont souvent organisées dans des pays qui vivent des difficultés économiques ou politiques. De tels rassemblements sont alors un soutien pour les églises locales. La présence de jeunes des autres continents, même en petit nombre, montre donc le soutien des jeunes du monde entier.

Étapes hors Europe du Pèlerinage de Confiance sur la Terre organisées par Taizé :

Lors de ces rencontres hors Europe, le prieur de la communauté, le frère Alois, dans la continuation de frère Roger, écrit chaque année une "lettre de Taizé". Il s'agit d'une méditation sur le monde, sur la foi et sur l'Église. Ces lettres sont distribuées à Taizé toute l'année pour permettre à chacun de les reprendre pour soi et s'y appuyer dans la vie quotidienne. Frère Alois y encourage souvent les jeunes à être plus ouverts sur le monde et à être acteurs dans le monde qui les entoure, autant dans l'Église que dans la société[19].

En 2009, la communauté a décidé de soutenir l'Église de Chine qui est soumise à une forte pression du pouvoir chinois. Après un voyage de frère Alois pour rendre visite à ces églises chrétiennes, la communauté de Taizé a commencé l'impression d'un million de bibles en chinois[20].

Notes et références [modifier]

  1. L'unité espérance de vie, 1962.
  2. Jean-Claude Escaffit et Moïz Rasiwala, Histoire de Taizé, Paris, Editions du Seuil, 2008, p. 27-28 
  3. Jean-Claude Escaffit et Moïz Rasiwala, Histoire de Taizé, Paris, Editions du Seuil, 2008, p. 31 
  4. Jean-Claude Escaffit et Moïz Rasiwala, Histoire de Taizé, Paris, Editions du Seuil, 2008, p. 31-32 
  5. Jean-Claude Escaffit et Moïz Rasiwala, Histoire de Taizé, Paris, Editions du Seuil, 2008, p. 37-39 
  6. Jean-Claude Escaffit et Moïz Rasiwala, Histoire de Taizé, Paris, Editions du Seuil, 2008, p. 45-48 
  7. Jean-Claude Escaffit et Moïz Rasiwala, Histoire de Taizé, Paris, Editions du Seuil, 2008, p. 64-65 
  8. Jean-Claude Escaffit et Moïz Rasiwala, Histoire de Taizé, Paris, Editions du Seuil, 2008, p. 69 
  9. Jean-Claude Escaffit et Moïz Rasiwala, Histoire de Taizé, Paris, Editions du Seuil, 2008, p. 93-94h 
  10. http://www.taize.fr/fr_article2470.html
  11. http://www.taize.fr/fr_article1052.html
  12. http://www.taize.fr/fr_article1053.html
  13. http://www.taize.fr/fr_article3144.html
  14. http://www.taize.fr/fr_article30.html
  15. http://www.taize.fr/fr_article76.html
  16. http://www.taize.fr/fr_article170.html
  17. (fr) (en) Taizé poursuit son « pèlerinage de confiance » à Berlin, La Croix, 31 décembre 2011. Consulté le 05 janvier 2012.
  18. http://www.taize.fr/fr_article11693.html
  19. http://www.taize.fr/fr_article11721.html
  20. http://www.taize.fr/fr_article8444.html

Voir aussi [modifier]

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