Ésaü

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Ésaü

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Ésaü (à droite) vend son droit d'aînesse à Jacob pour un plat de lentilles, tableau de Matthias Stom (XVIIe siècle)

עשו

Profession
Chasseur
Berger
Ascendants
Isaac (père)
Rébecca (mère)
Conjoint
Mahalath
Judith
Adah
Famille
Jacob (son frère cadet)

Ésaü (en hébreu : עשו /e.'sav/ ; en arabe : عيسو, 'îsû) est un personnage de la Genèse. Il est fils d'Isaac et de Rébecca, et le frère de Jacob.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Rebecca tomba enceinte de jumeaux, et le premier à naître fut Ésaü, talonné par son frère Jacob. Ésaü était donc l'aîné. Il était roux, et velu comme une fourrure de bête.

En grandissant, Ésaü devint un chasseur expérimenté et aventureux, tandis que son frère cadet Jacob était casanier et réfléchi. Isaac préférait Ésaü, et Rébecca préférait Jacob. Un jour, Ésaü rentra affamé d'une de ses chasses. Jacob, qui était en train de préparer la cuisine, ne voulut le nourrir qu'à la condition qu'il lui cède immédiatement son droit d'aînesse. Ésaü fut d'accord.

Ésaü épousa ensuite deux femmes, sa cousine Mahalath fille d'Ismaël et Judith, qui furent pénibles avec Isaac et Rébecca. Plus tard, Isaac, devenu vieux et aveugle, voulut bénir Ésaü avant de mourir. Il lui demanda de partir à la chasse pour lui préparer un bon plat, afin de pouvoir se régaler en le bénissant. Ésaü s'exécuta et partit en chasse. Mais Jacob, aidé par sa mère, se présenta en premier devant son père, qui le bénit en pensant avoir affaire à Ésaü, et le fit chef de sa fratrie et héritier de ses biens.

Lorsqu'Ésaü rentra de sa chasse et se présenta à son tour devant son père, il était trop tard. Isaac ne pouvait retirer sa bénédiction envers Jacob. Il fit tout de même une bénédiction pour Ésaü, et lui prophétisa qu'il s'affranchirait de Jacob. Ésaü attendait la mort d'Isaac pour pouvoir tuer Jacob, mais grâce à Rébecca, ce dernier partit vivre chez son oncle Laban pour épouser l'une de ses filles. Comprenant que ses deux femmes déplaisaient à son père à cause de leur origine, Ésaü en épousa deux autres qui venaient d'un autre pays, dont Adah.

Vingt ans plus tard, Ésaü retrouva Jacob, et lui fit comprendre qu'il lui avait pardonné. Tous deux s'étaient considérablement enrichis durant l'intervalle. Ils enterrèrent ensemble leur père Isaac, et Ésaü s'installa au pays d'Édom, hors de la présence de son frère car la somme de leur deux troupeaux étaient trop importante pour être nourrie par un seul pays.

Tradition juive et islamique[modifier | modifier le code]

La signification du nom « Ésaü » est incertaine. Cette incertitude transparait aussi dans le récit biblique où les explications données pour son nom (« rouge » et « poilu »[1]) ne se réfèrent pas étymologiquement à Ésaü mais à Édom et à Séïr[2]. Ésaü est associé à Édom (hébreu ’edôm : rouge, roux) et est considéré comme l'ancêtre des Édomites ou Iduméens (Gn 36,1.8).

Dans la tradition juive, Ésaü est le père des civilisations occidentales, notamment de l'Empire romain, dont la « descendance » est le christianisme[3]. Il symbolise la force physique sans compréhension, actif et chasseur (le judaïsme interdit la chasse), face à Jacob, étudiant et inactif, se contentant de ses plats de lentilles (Jacob, néanmoins, « prend » la force physique d'Esaü grâce à son entendement).

La tradition islamique est également en accord avec le judaïsme concernant l'origine ethnique des romains où ces derniers sont régulièrement surnommés « fils d'Isaac » (cf. arabe Banî Is-hâq) par le prophète Muhammad, les généalogistes arabes et les historiens musulmans. Ils réfutent cependant la vision manichéenne des juifs à propos de la guidée des Fils d'Israël et de l'égarement des Fils d'Esaü. Si les premiers furent guidés dans leur majorité, il est à noter qu'une bonne partie des Fils d'Esaü le furent également, comptant à ce titre un prophète d'envergure comme Job, arrière-petit-fils d'Esaü[4], et dont il est prédit un rôle déterminant dans les événements de la Fin des Temps de par leur suivie de Jésus[5].

Remarque[modifier | modifier le code]

C'est d'Ésaü que vient l'expression biblique « Qui va à la chasse perd sa place » car l'histoire raconte que son frère Jacob reçut la bénédiction de leur père, avec l'aide de leur mère Rebecca, pendant qu'Ésaü était parti chasser pour préparer un repas à son père. Isaac, aveugle, crut que le fils à qui il donnait sa bénédiction était Ésaü, alors qu'il s'agissait de Jacob qui s'était fait passer pour lui. La bénédiction d'Isaac aurait dû revenir à Ésaü car il possédait le droit d'aînesse. Du vivant d'Isaac et sans qu'il n'en sût rien, le droit d'aînesse changea de mains quand Jacob l'acheta au prix d'une soupe de lentilles à Ésaü affamé. (Genèse 25, 27-34.)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Genèse 25,25
  2. Hübner 1992
  3. Mireille Hadas-Lebel, « Jacob et Ésaü ou Israël et Rome dans le Talmud et le Midrash », Revue de l'histoire des religions, vol. 201, no 4,‎ 1984, p. 369-392
  4. Ibn Kathîr - Al Bidâyah Wa An Nihâyah ; chapitre de Job.
  5. Muslim An Naysâbûrî - Jâmi' Us Sahîh

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ulrich Hübner, « Esau », dans David Noel Freedman (dir.), Anchor Bible Dictionary, vol. 2, Doubleday,‎ 1992

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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