Présentation de Jésus au Temple

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La Présentation de Jésus au Temple, fresque de Fra Angelico, vers 1440.
Présentation au Temple, émail byzantin (XIIe siècle) sur plaque d'or, Kunstgewerbemuseum Berlin.

La Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem, fête religieuse chrétienne annuelle, est également un thème de l'iconographie religieuse, aussi bien en peinture qu'en enluminures, sculpture, vitraux, tapisseries, etc. Elle s'inspire d'une scène décrite par l'Évangile selon Luc II, 22-39 où le fils de la Vierge Marie est annoncé par Syméon comme le « Maître » et « la lumière qui portera la révélation aux païens »[1], c'est-à-dire aux non-juifs.

Cette fête est célébrée quarante jours après Noël, c'est-à-dire le 2 février dans le calendrier grégorien. Dans les Églises d'Orient, elle est aussi célébrée le 2 février du calendrier julien, qui équivaut au 14 février du calendrier grégorien. Le 2 février fut longtemps une date importante pour les paysans ce qui est commémoré avec une grande nombre de proverbes. Cette date est traditionnellement celle de la Chandeleur, originairement une fête païenne célébrant la lumière remplacé par la fête chrétienne.

Le texte[modifier | modifier le code]

Luc 2,21-40

« Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception. Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes[2]. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C'était un homme juste et religieux, qui attendait la consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui. L'Esprit lui avait révélé qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l'Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l'enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Syméon prit l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes,et gloire d'Israël ton peuple. » Le père et la mère de l'enfant s'étonnaient de ce qu'on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. - Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre. » Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L'enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »

— traduction pour la Liturgie catholique en langue française

Éléments d'histoire et d'interprétation[modifier | modifier le code]

L'interprétation traditionnelle[réf. nécessaire] de cet épisode est que les parents de Jésus accomplissent le rite religieux juif de rachat du premier-né selon lequel les garçons premiers-nés devaient être « rachetés », à l'âge d'un mois, par un sacrifice animal (Nb, 18, 15) car ils étaient considérés comme appartenant à Dieu (Ex 13:2-12). Cependant, cette interprétation semble erronée, le sacrifice offert (deux colombes) étant celui de la purification de Marie (Lv 12:8), Purification étant le nom de la fête du 2 février dans l'Église latine jusqu'au moins le concile Vatican II.

La tradition orientale célèbre depuis au moins le IVe siècle la fête de la Présentation de Jésus au Temple, ou plus exactement, en grec, sa Rencontre (Ὑπαπάντη ou Ὑπάντη) avec Siméon et Anne. Elle apparaît en premier dans le rite de l'Église de Jérusalem[3]. À l'origine elle se célébrait le 14 février, puisque Jérusalem célébrait la nativité de Jésus, à cette époque et jusqu'au milieu du VIe siècle, le 6 janvier. Des documents arméniens, géorgiens et grecs éclairent les circonstances historiques tragiques dans lequel s'est réalisé le passage du 14 au 2 février[4].

Cette fête portait, et porte encore, le nom de Chandeleur, fort appréciée des enfants, car on y faisait, ou fait encore (?), des crêpes au sucre.

Prière du Nunc dimittis[modifier | modifier le code]

Le récit rapporte le cantique d'action de grâce de Syméon (le Nunc dimittis) et sa prophétie sur Jésus et Marie :

« Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l'âme » (Lc, 2:34-35).

Cette prière est récitée traditionnellement par les fidèles chrétiens avant le coucher du soir ou dans les offices funèbres.

Ce récit évoque aussi Anne la prophétesse (Lc, 2:36-38).

« Berceau de Jésus »[modifier | modifier le code]

Relique du « Sacré Berceau » dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure.

L'angle nord de la cour à l'entrée des Écuries de Salomon abrite une petite pièce rectangulaire nommée « Sidna Issa » (« Berceau de Jésus »). Selon la tradition, c'est l'endroit où la Vierge Marie coucha Jésus-Christ dans un berceau en bois après qu'il a été présenté au Temple[5]. Une autre tradition affirme que la Basilique Sainte-Marie-Majeure contient comme relique le « Sacré Berceau », reliquaire en cristal censé contenir des pièces de bois appartenant à la Crèche de Jésus[6].

Quelques œuvres présentant ce thème[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lc 2 32.
  2. Le Rachat du premier-né est la coutume qui est associée traditionnellement à cet épisode. Cependant, l'offrande citée dans ce texte n'est pas celle d'un agneau (qu'exigerait Exode 13:13), mais deux tourterelles correspondant seulement à la purification de Marie (Lévitique 12:8).
  3. Voyage d'Égérie, ch. 26
  4. M. van Esbroeck, La lettre de l’empereur Justinien sur l’Annonciation et la Noël en 561, dans Analecta Bollandiana, 86 (1968), 351-371; Barsabée de Jérusalem. Sur le Christ et les Églises, dans Patrologia Orientalis, 41 (1982), p. 159-160; La Lettre de Justinien pour la fête de l’Hypapante en 562, dans Analecta Bollandiana, 112 (1994), 65-84.
  5. (en) Jesus' Cradle
  6. Basilique Sainte-Marie-Majeure Site officiel du Vatican

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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