Bernard de Clairvaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Bernard.
Bernard de Clairvaux
Image illustrative de l'article Bernard de Clairvaux
Saint Bernard avec sa crosse d'abbé, tenant la Règle bénédictine pour l'ordre cistercien qu'il a réformé, église Saint-Bernard de Fontaine-lès-Dijon.
Abbé et Docteur de l'Église
Naissance 1090 ou 1091
Château de Fontaine-lès-Dijon
Décès 20 août 1153 
Abbaye de Clairvaux
Canonisation 18 janvier 1174
par Alexandre III
Fête 20 août

Saint Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux (1090 ou 1091, château de Fontaine-lès-Dijon (Dijon) – † 20 août 1153, abbaye de Clairvaux) est un moine français, réformateur de la vie religieuse. Directeur de conscience et important promoteur de l'ordre cistercien (ou ordre de Cîteaux), il recherche par amour du Christ la mortification la plus dure. Bernard fait preuve, toute sa vie, d'une activité inlassable pour instruire ses moines de Clairvaux, pour émouvoir et entraîner les foules, pour allier son ordre avec la papauté et pour élaborer une idéologie militante que son ordre et toute l'église catholique mettront en œuvre[1].

C'est aussi un conservateur, qui réagit contre les mutations et les excès de son époque (la « renaissance du XIIe siècle »), marquée par une profonde transformation de l'économie, de la société et du pouvoir politique.

Il joue un rôle déterminant dans la transposition de la croisade en guerre sainte contre les cathares.

Mort en 1153, il est canonisé dès 1174 et devient ainsi saint Bernard de Clairvaux. Il est déclaré docteur de l'Église en 1830 par Pie VIII.

Enfance et entrée au monastère[modifier | modifier le code]

Né en 1090 ou 1091[2] au château de Fontaine-lès-Dijon près de Dijon, dans une famille noble de Bourgogne[3], Bernard est le troisième des sept enfants (avec pour frère et sœur Saint Gérard de Clairvaux et Sainte Ombeline de Jully). Fils du seigneur Tescelin le Roux (Tescelin Sorrel[4]) et de Sainte Alette de Montbard. Son père, Tescelin, est un membre de la famille des seigneurs de Châtillon-sur-Seine. Modeste chevalier, il est au service du duc de Bourgogne et a cherché à faire un riche mariage. Il gère des terres autour de Montbard, d'Alise-Sainte-Reine, dans la vallée de la Laignes ou au confluent de l'Aube et de l'Aujon en plus de sa seigneurie de Fontaine.

La famille de sa mère, Alette ou Aleth, est de plus haute lignée. Le grand-père de Bernard règne sur la seigneurie de Montbard : ses terres s'étendent sur les plateaux situés entre l'Armançon et la Seine. Son oncle, André de Montbard est l'un des neuf fondateurs de l'ordre du Temple et devient même Grand Maître[5]. La famille de Bernard appartient donc à la moyenne noblesse[6].

Vers 1100 Saint-Bernard est envoyé à l'école de Saint-Vorles à Châtillon-sur-Seine

À l'âge de neuf ans, il est envoyé à l'école canoniale de Châtillon-sur-Seine. Après les rudiments, il suit le trivium, premier cycle d'enseignement consacré aux lettres (grammaire, rhétorique et dialectique). Montrant un goût particulier pour la littérature[7], il acquiert une bonne connaissance de la Bible, des Pères de l'Église et de divers auteurs latins : Horace, Lucain, Sénèque (Lettres à Lucilius), Tacite, Juvénal, Perse, Stace, Térence et, surtout, Cicéron, Virgile et Ovide (y compris, de ce dernier, l'Art d'aimer)[8], ce qui fait de lui un parfait représentant des lettrés de son temps.

En revanche, il ne suivra pas le quadrivium (second cycle, portant sur l'arithmétique, la géométrie, la cosmologie et la musique)[9]. À l'âge de seize ou dix-sept ans, il perd sa mère et en est très vivement affecté. Il mène ensuite l'existence mondaine des jeunes nobles de son âge mais semble très vite vouloir entrer dans les ordres. Dans un premier temps, il laisse entendre à sa famille qu'il prépare un pèlerinage à Jérusalem pour ne pas inquiéter sa famille par ses préparatifs à la vie monacale[10].

En 1112, il entre à l'abbaye de Cîteaux avec trente membres de sa famille ou proches[6]. L'abbaye de Cîteaux a été fondée en 1098 par Robert de Molesme, et Étienne Harding en est l'abbé depuis janvier 1108. Les fondateurs se sont détachés de l'ordre de Cluny, alors en pleine gloire, pour vivre intégralement la règle de saint Benoît. Ils souhaitent répondre à un idéal plus rigoureux : retour à la simplicité dans la vie quotidienne, dans le culte et dans l'art ; rupture avec le monde, pauvreté, silence, travail manuel, tels seront les éléments principaux de la création cistercienne. Cela correspond aux souhaits de Bernard qui veut retourner à l'ascèse monastique la plus rude[11]. Cette ascèse est comparable selon lui à la route de Jérusalem : « par la montée rude (...), vers la Jérusalem de la liberté, celle d'en-haut, notre mère »[10]

La fondation de Clairvaux[modifier | modifier le code]

Bernard de Clairvaux, manuscrit du XIIIe siècle

En 1115, Étienne Harding envoie le jeune homme à la tête d'un groupe de moines pour fonder une nouvelle maison cistercienne dans une clairière isolée à une quinzaine de kilomètres de Bar-sur-Aube, le Val d'Absinthe[12], sur une terre donnée par le comte Hugues de Champagne. La fondation est appelée « claire vallée » (clara vallis), qui devient ensuite « Clairvaux ». Bernard est élu abbé de cette nouvelle abbaye, et confirmé à Châlons-en-Champagne par Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons-en-Champagne et célèbre théologien. Il demeure abbé de Clairvaux jusqu'à sa mort en 1153. Les débuts de Clairvaux sont difficiles : la discipline imposée par Bernard est très sévère. Bernard poursuit ses études sur les Saintes Écritures et sur les Pères de l'Église.

Les gens affluent dans la nouvelle abbaye, et Bernard convertit même toute sa famille : son père, Tescelin, et ses cinq frères entrent à Clairvaux en tant que moines. Sa sœur, Humbeline, prend également l'habit au prieuré de Jully-les-Nonnains. L'attrait qu'exerce Bernard est parfaitement illustré par cette anecdote : vers 1129, l'évêque de Lincoln s'étonne de ne pas avoir de nouvelle d'un chevalier qui devait faire étape à Clairvaux sur la route des croisades. Bernard l'informe qu'il a économisé la route de Jérusalem en entrant au monastère[10]. Dès 1118, de nouvelles maisons doivent être fondées pour éviter l'engorgement de Clairvaux. Les trois premières fondations sont La Ferté, Pontigny, Morimond. Ces premières fondations sont implantées dans les domaines des seigneuries alliées ou amies. Ces trois abbayes, plus Cîteaux et Clairvaux sont les cinq têtes de pont de l'ordre nouveau, chacune essaimant pour son compte[13]. De 1115 à 1133, Bernard et ses moines vivent à Clairvaux dans les conditions les plus frustes. Le prieur du couvent (Geoffroy de Rochetaille) et le maître des novices (Achard) convainquent Bernard d'agrandir le monastère en 1133. En 1145, l'église est enfin consacrée et, en 1153, la partie occidentale réservée aux frères convers est achevée[14].

Clairvaux donne naissance à soixante-huit abbayes nouvelles. En 1119, Bernard fait partie du chapitre général des cisterciens convoqué par Étienne Harding, qui donne sa forme définitive à l'ordre. La « Charte de charité » qui y est rédigée est confirmée peu après par Calixte II. En 1132, il fait accepter par le pape l'indépendance de Clairvaux vis-à-vis de Cluny.

Un conservateur engagé[modifier | modifier le code]

Bernard de Clairvaux, v. 1450, musée de Cluny.

Dès le début de son abbatiat, Bernard rédige des traités, des homélies, et surtout une Apologie, écrite sur la demande de Guillaume de Saint-Thierry, qui défend les bénédictins blancs (cisterciens) contre les bénédictins noirs (clunisiens). À l'austérité cistercienne, élaborée à partir de la fuite du monde, de la pauvreté et du travail manuel, Bernard ajoute la mise en valeur de la pureté et le mépris de la culture et de tout ce qui peut sembler un divertissement pour l'esprit. Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, lui répond amicalement, et malgré leurs différends idéologiques, les deux hommes se lient d'amitié. Il envoie également de nombreuses lettres pour inciter à la réforme le reste du clergé, en particulier les évêques. Sa lettre à l'archevêque de Sens, Henri de Boisrogues dit Sanglier, intitulée par la suite De Officiis Episcoporum (Sur la conduite des évêques) est révélatrice du rôle important joué par les moines au XIIe siècle, et des tensions entre clergé régulier et séculier. Bernard a une prédilection presque exclusive pour le Cantique de Salomon et pour saint Augustin. Il est le dernier père de l'Église de par sa façon de raisonner[15]. Il considère que l'homme n'a pas à tenter d'élucider les contradictions apparentes du dogme ou de trouver une explication rationnelle aux textes saints : la foi que l'on reçoit doit être transmise inchangée. Il reste opaque aux changements de l'époque où, avec la naissance des universités, de plus en plus d'esprits s'attaquent à la compréhension des textes par la raison. Il défend avec la même fougue la société féodale, la division du monde en trois ordres, la théocratie pontificale. Pour lui, l'ordre établi est voulu par Dieu. Il suffit de corriger les vices des hommes pour résoudre les problèmes de la société[16].

La spiritualité de Bernard est fortement marquée par la pénitence. Il fait subir à son corps les plus cruels traitements, mettant ainsi sa santé en danger. Son goût pour l'austérité s'accorde à merveille avec le dépouillement des églises cisterciennes. À ce sujet, il évoque « la sobre ivresse (sobria ebrietas) qui jaillit du dedans et opère des mutations et des métamorphoses, sans pour autant nécessiter le point d'appui d'une imagerie extérieure »[17]. Il fulmine d'ailleurs contre les cloîtres sculptés à chapiteaux historiés dans son Apologie à Guillaume de Saint-Thierry (vers 1123-1125). Il considère que les décorations richement ornées de figures monstrueuses et que les narrations souvent profanes et coûteuses sont de nature à détourner l'esprit du moine de la méditation[18].

Il est aussi porté par un amour fervent pour Dieu et pour la Vierge pour qui il a une dévotion particulière[17]. Toutes les églises cisterciennes sont dédiées à la Vierge et Bernard cherche à développer le culte marial dans tout l'Occident[16]. Il est parfois présenté sur des tableaux buvant le lait de la Vierge (lactation de saint Bernard)[19]. Il prône une religion faite d'élan du cœur plus que de comptabilité des actions bonnes ou mauvaises.

Un abbé engagé dans les affaires de son temps[modifier | modifier le code]

Moine cistercien, Sainte Humbeline, sœur de Bernard et Jeanne de Boubais, abbesse de l'abbaye de Flines, aux pieds de la Vierge à l'Enfant, triptyque du Cellier, tempera sur bois, Jehan Bellegambe, v. 1509[20].

Bernard, pourtant si engagé dans son monastère, sillonne les routes d'Europe pour défendre l'Église et porter témoignage de sa vision de Dieu. En 1129, il participe au concile de Troyes, convoqué par le pape Honorius II et présidé par Matthieu d'Albano, légat du pape. Bernard est nommé secrétaire du concile, mais en même temps il est contesté par une partie du clergé, qui pense que Bernard, simple moine, se mêle de choses qui ne le regardent pas. Il finit par se disculper. C'est lors de ce concile que Bernard fait reconnaître les statuts de la milice du Temple, les Templiers, dont il a grandement influencé la rédaction. L'existence d'un ordre de moines appelés à manier l'épée et à verser le sang était, selon Jean Flori, une « monstruosité doctrinale » que Bernard de Clairvaux réussit à faire accepter par le concile. Ce qui officialisa l'intégration définitive, dans la doctrine de l'église romaine, de la notion de guerre sainte[21]. En 1130, il adresse une lettre aux chevaliers du Temple. Il explique que pour un chrétien il est plus difficile de donner la mort que de la recevoir. Il fustige le « chevalier du siècle » qui engage des guerres. Il rappelle que le Templier est un combattant discipliné sans orgueil et sans haine[22].

Devenu une personnalité importante et écoutée dans la chrétienté, il intervient dans les affaires publiques, il défend les droits de l'Église contre les princes temporels, et conseille les papes. Il attache en effet, une grande vénération au trône de saint Pierre.

Le schisme d'Anaclet[modifier | modifier le code]

En 1130, après la mort d'Honorius II, deux papes sont élus par les cardinaux : le cardinal Aimeric, qui prend le nom d'Innocent II, dont les adversaires désignent le cardinal Pierleone, qui prend le nom d'Anaclet II. Ce dernier reçoit le soutien de Roger II, duc des Pouilles et de Calabre, lequel reçoit le titre de roi de Sicile. En France, Louis VI convoque un synode à Étampes et demande à Bernard d'y siéger. Dans une intervention enflammée, Bernard se déclare en faveur d'Innocent II, car il le juge plus saint, donc plus apte, et certainement élu par le groupe le plus sain (sanior pars) des cardinaux[23]. Il se pourrait que l'origine juive d'Anaclet ait joué dans ce choix. Bernard, qui prendra par ailleurs la défense des juifs pendant la deuxième croisade, écrit qu'il considère comme une injure que la « race juive » puisse occuper le siège de saint Pierre[24].

Le roi de France et son clergé reconnaissent alors Innocent II, qui se réfugie en France. L'empereur germanique, Lothaire III le reconnaît à son tour et conduit une expédition pour l'installer à Rome. Bernard accompagne l'empereur et le pape quand ils entrent dans Rome en 1133. Mais Innocent II est rapidement attaqué par les partisans d'Anaclet. Il réunit le concile de Pise en mai-juin 1135, pour anathématiser son rival. Bernard y prononce un discours très violent. Il négocie ensuite le ralliement de la ville de Milan au pape. En 1137, il essaye en vain de faire changer Roger II de camp. Après la mort d'Anaclet en janvier 1138[6], Innocent II convoqua le deuxième concile du Latran pour mettre fin au schisme[25].

Bernard et la seconde croisade (1146)[modifier | modifier le code]

Prêche pour la croisade[modifier | modifier le code]

Bernard de Clairvaux prêchant la deuxième croisade à Vézelay, en 1146 (XIXe siècle).

En 1145, Bernard de Clairvaux donne un pape à l'Église, Eugène III, dont Bernard devient le maître à penser. Il suggère à celui-ci la création de l'auditorium, ancêtre du tribunal de la Rote. Cette institution permet au pape de se dégager des procès de plus en plus nombreux que la papauté devait régler[26].

Lorsque le royaume de Jérusalem se trouve menacé après la chute du comté d'Édesse, Eugène III demande à Bernard de prêcher la deuxième croisade, laquelle sera entreprise en grande partie à l'initiative du roi de France Louis VII le Jeune[27].

À cette époque, Bernard de Clairvaux a cinquante-six ans. Plus préoccupé par le développement de l'hérésie cathare, il est réticent à l'idée de s'associer à une croisade en Terre sainte. Il ne s'incline que par obéissance au pape[28]. Il prend la parole le 31 mars 1146, le jour de Pâques au milieu d'une foule de seigneurs et chevaliers réunis et d'étendards au pied du versant nord de la colline de Vézelay, l'église étant trop petite pour contenir cette assemblée. Son discours enflamme la foule. Il évoque Édesse profané et le tombeau du Christ menacé. Il invite les chevaliers qui veulent se croiser à l'humilité, à l'obéissance et au sacrifice. Après son prêche, on lui arrache même des morceaux de son vêtement pour en faire des reliques[22]. Son prestige entraîne donc le peuple de France.
Néanmoins, certains historiens comme Pierre Bauduin remarquent que la présence de Bernard à Vézelay n'est attestée par aucune source de l'époque et qu'il ne subsiste pas la moindre partie du sermon[29].

Il prêche aussi à Spire. Finalement, le roi de France Louis VII et l'empereur Conrad III prennent la croix. L'échec de la deuxième croisade lui est ensuite reproché de partout, de Rome, de la cour de France, des évêques et des maîtres des écoles. Bernard est blessé par ces attaques mais soumis au pape, il accepte d'être mis à la tête d'une nouvelle croisade qui ne partira d'ailleurs jamais[30].

Lutte contre les violences antijuives[modifier | modifier le code]

En Germanie, sa campagne pour la croisade lui donne l'occasion de combattre les discours du prédicateur populaire Raoul ou Rodolphe, un ancien moine cistercien de Clairvaux[31] qui forçait les Juifs à choisir entre le baptême et la mort[32] et provoqua contre eux une flambée de violences[33]. Alerté par les évêques qui protégeaient traditionnellement les Juifs[34] Bernard, qui est partisan du baptême forcé des païens[35], suit, au sujet des juifs, la doctrine traditionnelle de l'Église selon laquelle leur conversion doit être obtenue par la prière : « Serait-elle abolie cette prière universelle que l'Église élève du lever au coucher du soleil pour les Juifs incrédules - pro perfidis Iudaeis - pour que le Seigneur Dieu ôte le voile de leurs cœurs et qu'ils passent de leurs ténèbres à la lumière de la vérité[36]? ».

S'en prenant à Rodolphe, il affirme que celui-ci « n'a reçu de personne mission de prêcher ». « Ni les anges ni les apôtres n'approuvent le meurtre des Juifs. L'Église prie au contraire pour leur conversion et elle est assurée[37] », affirme Bernard qui, paraphrasant l'apôtre Paul, affirme « qu'à la fin des temps tout Israël sera sauvé ». « La doctrine de Rodolphe ne procède pas de Dieu : elle vient du Démon, le père du mensonge qui est homicide depuis le commencement ». Lors de ses déplacements en Allemagne, Bernard ne cesse de répéter[38]: « Ne touchez pas aux Juifs, ils sont la chair et les os du Seigneur. » Les sources juives révèlent une connaissance précise des faits mais aussi des motivations théologiques invoquées par Bernard pour la défense des Juifs[34],[Note 1]. L'auteur du Sepher Zekhira [« Livre de souvenir »] parle avec reconnaissance du sauvetage des communautés allemandes grâce à l'intervention de Bernard : « Et Dieu envoya après cet homme de Bélial un digne prêtre, grand et maître de tous les prêtres... du nom de Bernard, abbé de Clairvaux... Il leur parla en ces termes : "Il est bon que vous marchiez contre les Ismaélites, mais celui qui touche à un juif pour le tuer, c'est comme s'il touchait à Jésus lui-même. Et mon disciple Rodolphe, qui a dit de les exterminer, n'a pas parlé justement, car il est écrit à leur propos dans les psaumes : « Ne le tue pas de peur que mon peur n'oublie... »" Et sans la miséricorde de cet abbé, il ne serait pas resté d'Israël un seul survivant ». Dans sa lettre aux habitants de l'Allemagne, Bernard écrivait : « Nous avons appris, et nous en sommes réjouis, que parmi vous brûlait l'ardeur de Dieu. Mais il convient que ne fasse pas défaut la compréhension. Il ne faut pas s'attaquer aux Juifs, ni les tuer, ni même les expulser. [...] Ils ont été dispersés et souffrent un dur exil sous des souverains chrétiens. Mais ils reviendront vers le soir et, au temps marqué, ils croiront. Et alors, selon les paroles de l'apôtre : jusqu'à ce soit entré la totalité des païens, c'est alors qu'Israël sera sauvé. » (Romains XI, 25-26). L'attitude de Bernard sur la question juive est celle de l'Église au XIIe siècle qui se fonde sur les Pères des Ve et VIe siècles[39] : « Il est interdit de tuer les juifs, tout en les abaissant, parce qu'ils témoignent de la vérité de la foi chrétienne, incarnant comme ils le font le sort de ceux auxquels la foi fut donnée d'abord, et qui, dans leur aveuglement, l'ont repoussée, et se refusent à voir la lumière qui brille autour d'eux. » Selon Joshua Prawer, Bernard de Clairvaux définit la position de l'Église à l'égard des deux religions juive et islamique : « Les juifs ont l'espoir d'être sauvés, parce qu'un jour viendra où leurs yeux se désilleront et où ils se convertiront, contrairement aux musulmans ; les juifs sont l'objet d'une promesse divine qui n'a pas encore été réalisée mais qui le sera et à l'égard de ce peuple d'où sortirent les patriarches, d'où sortit le Christ « selon la chair », une promesse a été faite, et quiconque les protège rend possible et peut-être contribue à réaliser une promesse divine[40]. »

La lutte pour la sauvegarde de l'orthodoxie catholique[modifier | modifier le code]

Dans cette période de développement des écoles urbaines, où les nouveaux problèmes théologiques sont discutés sous forme de questions (quaestio) et d'argumentation et de recherche de conclusion (disputatio), Bernard est partisan d'une ligne traditionaliste.

Lutte contre Abélard[modifier | modifier le code]

Il combat les positions d'Abélard, approximatives d'un point de vue théologique, et le fait condamner au concile de Sens en 1140. Abélard incarne tout ce que Bernard déteste : l'intelligence triomphante, l'arrogance dominatrice, les prouesses dialectiques, une célébrité immense, fondée sur la foi passée au crible de la raison au détriment de la vie intérieure, l'obstination à tenir des positions[41]. Bernard refuse que les secrets de Dieu soient examinés et questionnés par la raison. Il veut que la raison reconnaisse ce qu'il y a d'infiniment profond et d'incompréhensible dans les choses divines. Son attitude tranchante entraîne des pamphlets contre lui comme celui que Bérenger de Poitiers[42] écrit après l'affaire Abélard : « Depuis longtemps la renommée aux ailes rapides a répandu dans l'univers entier le parfum de ta sainteté, proclamé tes mérites, pompeusement propagé tes miracles. Tu as pris Abélard comme cible de ta flèche pour vomir contre lui le venin de ton aigreur, pour le rayer de la terre des vivants, pour le mettre au rang des morts. Tu étais enflammé contre Abélard non du zèle de la correction, mais du désir de ta propre vengeance[43]»

Bernard combat la thèse de l'Immaculée Conception[modifier | modifier le code]

Parmi les positions théologiques soutenues par Bernard, certaines sont contraires à des dogmes définis plus tard par l'Église[44]. C'est ainsi qu'en 1139[45], il écrit une Lettre aux Chanoines de Lyon (épître 174), où, malgré sa dévotion à la Vierge, il combat la pratique, alors relativement nouvelle, de fêter l'Immaculée Conception et argumente contre la thèse qui fonde cette fête[46].

Indissolubilité du mariage[modifier | modifier le code]

En 1141-1142, Bernard intervient dans un conflit entre le roi de France Louis VII et le pape Innocent II. Le pape a mis l'interdit sur Louis VII et excommunié Raoul Ier de Vermandois, sénéchal du roi, qui, sur le conseil du roi, a répudié sa première épouse, Éléonore de Blois, pour épouser Pétronille d'Aquitaine. C'est Thibaud IV de Champagne, oncle de l'épouse répudiée, qui a porté l'affaire devant le pape. Louis VII fait marcher son armée sur la Champagne et la situation de Thibaud est bientôt désespérée. Louis VII propose la paix, à condition que Thibaud IV obtienne du pape la levée de l'interdit et de l'excommunication. Thibaud IV accepte et Bernard se porte garant pour lui. Cependant, Bernard s'acquitte de ses engagements d'une façon où l'abbé Vacandard[47] voit « une combinaison dont la loyauté était absente » : il propose au pape de lever l'excommunication « puisque vous auriez le droit de renouveler immédiatement une excommunication qui n'est que trop juste et de la confirmer pour toujours. Ainsi, la ruse déjouerait la ruse, la paix sera rétablie, et celui qui se glorifie de sa mauvaise foi n'en tirera aucun avantage[48]. » L'intervention de Bernard semble l'avoir mis en disgrâce aux yeux du pape[49], mais Innocent II entre dans la manœuvre qui lui est proposée : il lève l'excommunication, puis somme Raoul de Vermandois de cesser son adultère avec Pétronille et de reprendre sa première épouse sous peine d'une nouvelle excommunication[50].

Lutte contre le catharisme[modifier | modifier le code]

Le Christ embrassant Saint Bernard de Clairvaux par Francisco Ribalta, Musée du Prado de Madrid.

À la même époque, l'hérésie cathare fait de grand progrès dans le midi de la France. Bernard intervient pour réfuter les doctrines cathares. En 1145, il accompagne en Languedoc Albéric d'Ostie, légat du pape Eugène III, et Geoffroy de Lèves, évêque de Chartres afin de prêcher contre l'hérésie dans cette région. Il passe par Poitiers, Bergerac, Périgueux, Sarlat, Cahors, Albi, Verfeil. C'est dans cette dernière localité où, rencontrant les cathares, Bernard, enflammé du zèle de la foi, aurait prononcé ces mots en quittant la ville : « Verfeil (= verte feuille), que Dieu te dessèche ! »[51] ,[52]

Les représentants de l'église cathare devaient payer le prix fort. Avant de se retirer au monastère de Cîteaux pour des problèmes de santé, Bernard de Clairvaux écrivait dans un sermon : on ne les convainc ni par le raisonnement (ils ne comprennent pas) ni par les autorités (ils ne les reçoivent pas), ni par la persuasion (car ils sont de mauvaise foi). Il semble qu’ils ne puissent être extirpés que par le glaive matériel[53]. Et la conclusion de Bernard fut : « saisissez-les et ne vous arrêtez pas, jusqu’à ce qu’ils périssent tous car ils ont prouvé qu’ils aimaient mieux mourir que se convertir »[54].

Par ces mots, Bernard de Clairvaux fut à l'origine de la croisade des Albigeois. Cette croisade, mise sur pied par l'Église catholique et le pouvoir royal, eut pour but de déraciner une foi bien ancrée dans les populations méridionales. Il s'agissait d'éliminer ce mouvement hérétique par le glaive[55]. En partie, grâce aux prédications de saint Bernard, au nom de l’unité entre la royauté et le sacerdoce, le 22 juillet 1209, les croisés répondent à l’appel du pape Innocent III.

Tentative de faire condamner Gilbert de la Porrée[modifier | modifier le code]

Au concile de Reims, en 1148, il porte une accusation d'hérésie contre Gilbert de la Porrée, évêque de Poitiers. Il n'obtient qu'un mince avantage[56], et son adversaire conserve son évêché et toute sa considération. Plein de zèle pour l'orthodoxie, Bernard combat aussi les thèses de Pierre de Bruys, d'Henri de Lausanne, d'Arnaud de Brescia, et condamne les excès de Raoul, qui demandait le massacre des juifs. En cette même année il prêche la croisade en Hainaut et séjourne à Mons, la capitale des comtes de Hainaut. Son arbitrage est accepté dans toute l'Europe du XIIe siècle.

Relations avec le pouvoir temporel[modifier | modifier le code]

Bernard, qui interprète le passage des deux glaives dans l'Évangile de Luc, comme subordonnant le pouvoir temporel au pouvoir spirituel[57], s'oppose plusieurs fois aux rois de France. Il traite Louis VI de nouvel Hérode[58] quand celui-ci cherche à déposer l'archevêque de Sens, il accuse Suger de négliger son abbaye de Saint-Denis, le poussant ainsi à se consacrer davantage à l'administration de son abbaye à partir de 1127. En 1138, une crise éclate lorsque le roi Louis VII accorde son investiture pour l'évêché de Langres à un moine de Cluny et non au candidat de Bernard de Clairvaux[59].

Bernard fonde jusqu'à soixante douze monastères, répandus dans toutes les parties de l'Europe : 35 en France, 14 en Espagne, 10 en Angleterre et en Irlande, 6 en Flandre, 4 en Italie, 4 au Danemark, 2 en Suède et 1 en Hongrie.
En 1151, deux ans avant sa mort, il y a 500 abbayes cisterciennes. Clairvaux compte 700 moines. Bernard meurt en 1153, à soixante-trois ans. Canonisé le 18 janvier 1174 par Alexandre III, Bernard de Clairvaux a été déclaré docteur de l'Église par Pie VIII en 1830. On le fête le 20 août.

La spiritualité de Bernard de Clairvaux[modifier | modifier le code]

Bernard s'adresse à des moines. Sa théologie mystique concerne des hommes qui se vouent à la prière et à l'amour de Dieu. Pour lui, tout savoir humain n'a d'importance que dans la mesure où il est ordonné à la vérité religieuse[60].

La paix intérieure[modifier | modifier le code]

En entrant au monastère, le moine laisse tout, sa vie est rythmée par la liturgie. Rien ne doit le perturber dans sa vie intérieure. Le monastère a pour fonction de favoriser cet aspect de la spiritualité cistercienne. C'est pourquoi les rituels cisterciens sont précisément codifiés dans les Ecclesiastica officia et que l'architecture des couvents doit répondre avant tout à cette fonction suivant les instructions précises de Bernard de Clairvaux. Avant d'être une mystique, la spiritualité cistercienne est une spiritualité incarnée : que la vie quotidienne aille de soi est la condition sine qua non de la paix intérieure et du silence, propices à la relation avec Dieu. Tout doit y conduire et rien n'en distraire[61]. Ainsi, l'architecture, l'art ou les manuscrits cisterciens adoptent un style pur et dépouillé. Sous l'impulsion de Bernard de Clairvaux, mû par un idéal d'austérité, un style très épuré est utilisé pour les manuscrits à partir de 1140. Il se caractérise par de grandes initiales peintes en camaïeu d'une seule couleur, sans représentation humaine ou animale ni utilisation d'or[62].

Le cheminement vers Dieu[modifier | modifier le code]

Bernard de Clairvaux, dans son traité De l'Amour de Dieu est à la source d'une véritable école spirituelle en faisant passer un pas décisif à la littérature descriptive des états mystiques[63]. Il développe un ascétisme extrême de dépouillement qui est très visible d'un point de vue artistique. La liturgie développe des mélodies épurées totalement au service de la parole divine pour en révéler toute la richesse et le mystère qui y est contenu. Il est donc crucial que l'écoute ne soit pas perturbée par d'autres signaux, d'où la recherche du silence. Il n'y a pas d'écoute vraie sans l'attitude fondamentale d'humilité.

Pour Bernard de Clairvaux, « l'humilité est une vertu par laquelle l'homme devient méprisable à ses propres yeux en raison de ce qu'il se connaît mieux ». Cette authentique connaissance de soi ne peut être obtenue que par le retour sur soi. Par la connaissance de sa propension au péché le moine se doit d'exercer, comme Dieu, la miséricorde et la charité envers tout homme. En s'acceptant tel qu'il est, grâce à cette démarche d'humilité et de travail intérieur, l'homme connaissant sa propre misère devient capable de compatir à celle d'autrui.

Selon Bernard de Clairvaux, on doit alors parvenir à aimer Dieu par amour de soi et non plus de Lui. La prise de conscience que l'on soit un don de Dieu ouvre à l'amour de tout ce qui est à Lui. Cet amour est, pour Bernard, le seul chemin qui permette d'aimer comme il le faut son prochain puisqu'il permet de l'aimer en Dieu. Finalement, après ce cheminement intérieur on parvient au dernier stade de l'amour qui est d'aimer Dieu pour Dieu et non plus pour soi[64].

Bernard de Clairvaux recevant le lait de la Vierge.

Le libre arbitre[modifier | modifier le code]

Pour Bernard de Clairvaux, du fait de son libre arbitre, l'homme a la possibilité de choisir sans contrainte de pécher ou de suivre le cheminement qui conduit à l'union avec Dieu. Par l'amour de Dieu il lui est possible de ne pas pécher et d'atteindre au sommet de la vie mystique en ne voulant plus autre chose que Dieu, c'est-à-dire de s'affranchir de toute possibilité de pécher en étant totalement libre. Ce qui meut le désir des cisterciens de quitter le monde, c'est l'union dans l'amour de la créature avec le créateur. Union parfaitement vécue par la Vierge Marie qui est le modèle exemplaire de la vie spirituelle cistercienne. C'est pourquoi les moines cisterciens lui vouent une dévotion particulière[65].

Réflexions sur la croisade[modifier | modifier le code]

À la fin de sa vie, dans une de ses œuvres majeures, De la Considération (1152), il accepte la responsabilité de l'échec de la deuxième croisade. Il écrit : « Je préfère voir les murmures des hommes s'élever contre moi que contre Dieu ». Continuant sa réflexion il demande : « L'homme doit-il cesser de faire ce qu'il doit parce que Dieu fait ce qu'il veut ? ». Il compare ensuite, il exclut que Dieu a choisi Moïse pour sortir les Hébreux d'Égypte et les conduire en Terre promise, mais il ne les a pas fait entrer en Pays de Canaan car les Hébreux se sont montrés rebelles et incrédules[30]. Dans une lettre à son oncle André de Montbard, maître du Temple, il écrit : « Le monde devra reconnaître qu'il vaut mieux mettre sa confiance en Dieu qu'en nos princes ». Il adjure les Templiers à rester des moines avant d'être des soldats[66].

Citations[modifier | modifier le code]

Bernard, a fait rayonner, au XIIe siècle, l'ordre cistercien dans toute l'Europe.

Vaine arithmétique
« Que rendrai-je au Seigneur pour tout le bien qu'il m'a fait ? (Ps 115, 12). Même si en moi s'additionnaient toutes les vies des fils d'Adam, tous les jours du monde, les labeurs de tous les hommes qui furent, sont et seront, n'est-il pas vrai que ce ne serait encore rien, en comparaison de ce corps, objet des regards et de l'admiration même des Puissances d'en haut ? »
« Tu le vois donc : Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sa vie s'est élevée au-dessus de la nôtre (Is 55, 9), et pourtant il l'a donnée à la place de la nôtre. De même qu'il n'y a pas de comparaison possible entre le rien et quelque chose, de même notre vie est sans proportion avec la sienne. »
« Lors donc que je lui aurai consacré tout ce que je suis, tout ce que je puis, ne serai-ce pas comme une étoile en face du soleil, comme une goutte d'eau en comparaison d'un fleuve, comme une pierre à côté d'une tour, comme un grain de poussière auprès d'une montagne ? »
« Je ne possède que deux petites pièces de monnaie (Mc 12, 42) - ou plutôt deux très petites pièces : mon corps et mon âme ; ou plutôt je n'en ai qu'une : ma volonté. Et je ne la donnerais pas à sa volonté à lui[67] ? »
                            Force d'âme, douceur
                               irrésistible du cœur,
                          et, pour vaincre l'adversaire
                                    en vérité,
                                    l'habileté
                                des fils de lumière,
                          rien ne manque à ta prudence,
                                   ni le silence,
                                    ni les mots,
                              Bernard de Clairvaux[68].

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Un premier timbre a été édité à son effigie en France en 1953 pour le 8e centenaire de sa mort (n°YT945) et un second en 2013
  • Bernard de Clairvaux a sa statue parmi les Hommes illustres (Louvre)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

  • Sancti Bernardi Opera, Rome, Editiones Cisterciences, 1957-1998, 10 vol.
  • Oeuvres complètes, Cerf [4]
  • oeuvres diverses : Marie-Madeline Davy (trad.), Saint Bernard. Oeuvres, Aubier, 1945, 2 t.
  • Prologus in graduale Cisterciense « Sicut notatores antiphonariorum praemunivimus » (Lettre-prologue à la révision de l'antiphonaire cistercien, vers 1140) [5]
  • De gradibus humilitatis et superbiae (Des degrés de l'humilité et de l'orgueil, 1127), trad. É. de Solms, Saint Bernard. Sur les degrés d'humilité et d'orgueil. Traité de l'amour de Dieu. À la louange de la milice nouvelle, Namur, 1958
  • Apologia ad Guillelmum abbatem (Apologie à Guillaume de Saint-Thierry, abbé)
  • De amore Dei (De l'amour de Dieu, 1126), trad. F. Callerot et J. Christophe, Bernard de Clairvaux. L'amour de Dieu. La grâce et le libre arbitre, Cerf, 1993
  • De gratia et libero arbitrio (De la grâce et du libre arbitre, 1127-1128 ?), trad. F. Callerot et J. Christophe, Bernard de Clairvaux. L'amour de Dieu. La grâce et le libre arbitre, Cerf, 1993
  • De laude novae militiae (Éloge de la nouvelle chevalerie, 1130-1136), trad. É. de Solms, Saint Bernard. Sur les degrés d'humilité et d'orgueil. Traité de l'amour de Dieu. À la louange de la milice nouvelle, Namur, 1958
  • De praecepto et dispensatione (Le précepte et la dispense), trad., Cerf, 2000
  • Vita S. Malachiae 'Vie de saint Malachie), trad., Cerf, 1990
  • De consideratione (De la considération, 1149-1152), trad. P. Dalloz, Saint Bernard. De la considération, Cerf, 1986
  • Commentaire du Cantique des cantiques [6]
  • Lettres [7]

Études sur saint Bernard[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans une source hébraïque citée par Joshua Prawer, ont lit que « se leva Rodolphe fils de Bélial, et qu'il poursuivit cruellement Israël. Un prêtre d'idolâtrie se leva sur le peuple du Seigneur pour l'exterminer et le détruire, le tuer et le perdre, comme fit Aman l'impie. [...] La propagande meurtrière de Rodolphe commença dans les régions orientales de la France, mais l'arrivée de Bernard de Clairvaux en Lorraine le fit se replier vers les provinces d'Allemagne ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ferran Garcia-Oliver, El Císter, ideals i realitat d'un orde monàstic: actes del Simposi, [1], universitat valencia 2001, p. 47.
  2. La date traditionnelle est 1091. L'abbé Chomton (1891) et le chanoine Vacandard (1895) firent accepter la date de 1090, mais dans un étude que l'historien Pierre Aubé (P. Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Paris, 2003, p. 30) considère comme décisive, Adriaan Hendrik Bredero (A.H. Bredero, « Saint Bernard est-il né en 1090 ou en 1091 ? », dans Papauté, monachisme et théories politiques. I. Le pouvoir et l'institution ecclésiale, Lyon, 1994, p. 229-241) conclut en faveur de la date traditionnelle de 1091.
  3. Jaques Berlioz, Saint Bernard, le soldat de Dieu, tiré de Moines et religieux au Moyen Âge, Seuil 1994, p. 47.
  4. Pierre Aubé (Saint Bernard de Clairvaux, Paris, 2003, p. 23) écrit « Técelin le Saur ».
  5. Jean-Philippe Lecat, L'idée de croisade selon Bernard de Clairvaux, Grandes signatures, no 1, avril 2008, p. 63.
  6. a, b et c Marcel Pacaut, Article Bernard de Clairvaux, Encylopaedia Universalis, DVD, 2007
  7. Théodore Ratisbonne Histoire de saint Bernard 1853, p. 68
  8. P. Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Paris, 2003, pp. 39-40.
  9. P. Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Paris, 2003, p. 41.
  10. a, b et c Jean-Philippe Lecat, p 64
  11. Jaques Berlioz, Saint Bernard, le soldat de Dieu, tiré de Moines et religieux au Moyen Age, Seuil 1994, p. 48.
  12. Jean Waquet, Jean-Marc Roger, Laurent Veyssière Recueil des chartes de l'abbaye de Clairvaux au XII siècle, 2003, p. 17
  13. Jean Chélini, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Hachette, 1991, p 368
  14. Carol Heitz, Article architecture monastique, Encyclopaedia Universalis, DVD, 2007
  15. Jean Chélini, p 366
  16. a et b Jean Chélini, p 367
  17. a et b Marie-Madeleine Davy, Placide Deseille, Article Cisterciens, Encyclopaedia Universalis, DVD, 2007
  18. Léon Pressouyre, Article Cloîtres, Encyclopaedia Universalis, DVD, 2007
  19. La lactation de saint Bernard sur le site du Ministère français de la culture : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=RETROUVER&NUMBER=1&GRP=0&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&DOM=All&REQ=(('4786')+%3AINV+)
  20. (en) Description sur le site du Metropolitan Museum qui accueille l'œuvre. ; (en) A. G. Pearson « [2] Nuns, images, and the ideals of women's monasticism: Two paintings from the Cistercian convent of Flines », Renaissance Quarterly, 22 décembre 2001.
  21. Jean Flori, Chevaliers et Chevalerie au Moyen Âge, Paris, 1998, p. 200. Cité par Anne Brenon, Les cisterciens contre l'hérésie, XIIe - XIIIe siècle - Des vignes domestiques aux vignes du seigneur : des croisés dans l'âme, dans « El Císter, ideals i realitat d'un orde monàstic: actes del Simposi Internacional sobre el Císter, Valldigna, 1298-1998 », édité par l'Universitat de València, 2001, p. 50
  22. a et b Jean-Philippe Lecat, p 66
  23. Centre national de la recherche scientifique [3] Revue historique de droit français et étranger 1968, p. 382
  24. Pierre Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Fayard, 2003, p. 227
  25. Yves Chiron, Histoire des conciles, Paris, Perrin, 2011, page 87.
  26. Jean Chélini, p 369
  27. Cécile Morrisson, Les Croisades, PUF, 1969 ; nouvelle édition : 2006, p. 38
  28. Jean-Philippe Lecat, p. 67
  29. Franck Ferrand, « Bernard de Clairvaux », émission Au cœur de l'histoire, 27 octobre 2011
  30. a et b Jean-Philippe Lecat, p. 70
  31. Cécile Morrisson, p. 79
  32. Pierre Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Paris, 2003, p. 512.
  33. Cécile Morrisson, p. 39
  34. a et b Joshua Prawer, Histoire du royaume Latin de Jérusalem. Le Monde byzantin. Paris : Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1969-1970, p. 353-354.
  35. Pierre Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Paris, 2003, p. 531.
  36. Lettre de saint Bernard condamnant l'action du moine Rodolphe. Cité par Pierre Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Paris, 2003, p. 513-514.
  37. Yves Sassier, Louis VII, éd. Fayard, Paris, 2003, p. 149.
  38. Yves Sassier, Louis VII, éd. Fayard, Paris, 2003, p. 150.
  39. Joshua Prawer, Histoire du royaume Latin de Jérusalem. Le Monde byzantin. Paris : Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1969-1970, p. 355.
  40. Joshua Prawer, Histoire du royaume Latin de Jérusalem. Le Monde byzantin. Paris : Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1969-1970, p. 356.
  41. Pierre Aubé, p. 408
  42. Apologie de Bérenger de Poitiers contre saint Bernard
  43. Pierre Aubé, p. 413
  44. Albrecht Ritschl a dressé un catalogue des opinions de saint Bernard qui ne peuvent plus être soutenues après le Concile de Trente. Voir brève mention dans E. Vacandard, « La Vie de saint Bernard et ses critiques », Revue des Questions historiques, t. 62, 1897, p. 200.
  45. Date donnée par Marie-Bénédicte Dary, « Saint Bernard et l'Immaculée Conception - La question liturgique », Revue Mabillon, 2002, vol. 13, pp. 219-236, sommaire en ligne
  46. Pierre Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Paris, 2003, p. 376-377
  47. E. Vacandard, Premier aumônier du lycée de Rouen, Vie de saint Bernard, t. 2, 1895, p. 184.
  48. E. Vacandard, Premier aumônier du lycée de Rouen, Vie de saint Bernard, t. 2, 1895, p. 184, qui renvoie à la lettre 217 de saint Bernard; pour la traduction du passage et le contexte, Pierre Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Fayard, Paris, 2003, p. 430-433.
  49. Pierre Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Paris, Fayard, 2003, pp. 437-438 et 442, où est citée une lettre de saint Bernard selon laquelle son intervention aurait soulevé contre lui l'indignation du pape.
  50. Pierre Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Fayard, Paris, 2003, p. 440.
  51. François Guizot, Histoire de la guerre des Albigeois - Chronique de la croisade des Albigeois de Guillaume de Puylaurens dans la « Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France... », Dépôt central de la librairie (J.-L.-J. Brière), 1824, p. 208-209
  52. Ferran Garcia-Oliver, Rinaldo Comba, El Císter, ideals i realitat d'un orde monàstic, 2001, p. 55
  53. Jean Duvernoy, op. cit., p. 174
  54. Bertran de la Farge, L'inquisition, des Cathares à nos jours sur le site Catharisme et histoire
  55. Anne Brenon, Les cathares - Pauvres du Christ ou Apôtres de Satan ?, Gallimard, 1997, p. 67
  56. Selon Pierre Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Paris 2003, p. 564-565, le pape Eugène III demanda à Gilbert de la Porrée de corriger une erreur, mais il n'y eut pas de véritable condamnation.
  57. Pierre Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Paris, 2003, p. 626.
  58. Thomas Merton, Bernard de Clairvaux 1953, p. 689
  59. Marcel Pacaut Louis VII et les élections épiscopales 1957, p. 44
  60. Marie-Madeleine Davy, Article Bernard de Clairvaux, Encyclopaedia Universalis, DVD, 2007
  61. Jean-Baptiste Auberger, « La spiritualité cistercienne », Histoire et Images médiévales no 12 (thématique), op. cit. p. 44.
  62. Thierry Delcourt, « Les manuscrits cisterciens », Histoire et Images médiévales , no 12 (thématique), p. 41 ; Cister.net
  63. Marcel Pacaut, Les moines blancs, op. cit. pp. 215 - 218.
  64. Jean-Baptiste Auberger, op. cit. p. 47.
  65. Jean-Baptiste Auberger, op. cit. p. 49.
  66. Jean-Philippe Lecat, p 71
  67. Sermon divers 22, 6, P.-Y. Émery et F. Callerot, Sources Chrétiennes 496, Cerf, Paris, 2006, p. 395-397.
  68. Force d'âme, douceur, J. F. Frié, CNPL.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :