Deuxième concile de Lyon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le deuxième concile de Lyon est un concile catholique qui s'est tenu à Lyon en 1274. Il a été présidé par le pape Grégoire X, réunissant environ cinq cents évêques, soixante abbés et plus de mille prélats. La première session s'est ouverte 7 mai 1274, avec cinq sessions additionnelles les 18 mai, 7 juin, 6 juillet, 16 juillet et 17 juillet. Jacques Ier d'Aragon, l'ambassadeur de l'empereur Michel Paléologue et des membres du clergé grec et les ambassadeurs du Khan du Tatar étaient présents.

Les principaux sujets étaient :

  • la conquête de la terre sainte,
  • l'union des églises d'Orient et d'Occident,
  • l'élection pontificale.

Thomas d'Aquin avait été convoqué au concile, mais mourut en route à Fossanova. Bonaventure de Bagnorea était présent aux quatre premières sessions, mais mourut à Lyon le 15 juillet.

Reconquête de la Terre Sainte[modifier | modifier le code]

Le concile délibéra des aspects financiers de la croisade. On décida que pendant six années la dîme de tous les bénéfices de la chrétienté devrait revenir à la croisade. Jacques Ier d'Aragon souhaitait organiser l'expédition immédiatement, mais les Templiers s'y opposèrent. Les ambassadeurs du Khan du Tatars étaient en pourparlers avec le pape, qui souhaitait qu'ils laissent les chrétiens en paix pendant la guerre contre l'Islam. C'est finalement un seigneur local, Guillaume de Roussillon, seigneur d'Annonay, qui fut désigné par le roi de France Philippe III le Hardi. Il prit la tête d'une troupe de 100 cavaliers et 400 fantassins.

L'union des Églises[modifier | modifier le code]

Souhaitant en finir avec le schisme entre Rome et Constantinople, Grégoire X avait envoyé une ambassade à Michel Paléologue et avait demandé aux chefs latins dans l'est de limiter leurs ambitions. L'ex-patriarche de Constantinople Germain III, le logothète Georges Akropolitès et d'autres dignitaires orientaux arrivèrent à Lyon le 24 juin, présentant une lettre de l'empereur. Le 29 juin, Grégoire X célébra la messe dans l'église Saint-Jean, où les deux partis prirent place. Les Grecs lurent le symbole de Nicée, avec l'addition occidentale controversée du Filioque, chanté trois fois. Le concile était apparemment un succès, mais n'a pas fourni une solution durable au schisme.

Pour un article détaillé, voir : Tentatives d’Union entre les deux Églises

Les autres sujets débattus[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Le concile traita de la réforme de l'Église. Plusieurs évêques et abbés furent déposés pour indignité, et certains ordres mendiants furent supprimés. D'autre part, les deux nouveaux ordres des dominicains et des franciscains furent approuvés. L'Ordre du Carmel ainsi que les Ermites de Saint Augustin sont maintenus, mais 22 ordres religieux nés après 1215 sont supprimés et leurs membres rattachés à l'un des 4 ordre monastique mendiant officiellement maintenu[1].

Comme il y avait eu plusieurs longues vacances du Saint-Siège, le concile décida que les cardinaux ne devraient pas quitter le conclave tant qu'un pape ne serait pas élu. Cette décision fut suspendue en 1276 par le pape Adrien V, puis retirée par le pape Jean XXI. On l'a depuis rétabli, et cette obligation est à la base de la législation actuelle de l'élection papale.

Le concile réglemente l'office de l'avocat ecclésiastique.

Il interdit les usages profanes des églises (stockage des récoltes, réunions communes, danses et banquets[2].

Enfin le concile a traité le trône impérial, que Jacques Ier d'Aragon réclamait. Il a été déchu par le pape, et Rodolphe Ier fut proclamé roi des romains et futur empereur, le 6 juin.

Il prive de sépultures chrétiennes, ceux qui n'auraient pas réparé avant leur mort les torts causés par la perception d'un intérêt (le prêt à intérêt a fait l'objet d'un interdit moral très fort dans la chrétienté, de l'Empire romain jusqu'au XVIe siècle).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La spiritualité mariale sur le site carmel.asso.fr
  2. Romain Tellier, Les institutions de la France médiévale, Paris : Armand Colin, 2009. Collection « Cursus », ISBN 978-2-200-35429-9, p. 159.