Montée du Gourguillon

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Montée du Gourguillon
Image illustrative de l'article Montée du Gourguillon
Façades de la montée du Gourguillon (place Beauregard)
Situation
Coordonnées 45° 45′ 31″ N 4° 49′ 29″ E / 45.758714, 4.82459745° 45′ 31″ Nord 4° 49′ 29″ Est / 45.758714, 4.824597  
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Ville Lyon
Quartier Sur la colline de Fourvière, entre Saint-Jean et Saint-Just (5e arr.)
Tenant Place de la Trinité
Aboutissant Place des Minimes
Morphologie
Type rue
Longueur 400 m
Histoire
Création époque romaine
Protection Site du centre historique
Site sauvegardé
Site du patrimoine mondial

Géolocalisation sur la carte : Lyon

(Voir situation sur carte : Lyon)
Montée du Gourguillon

La montée du Gourguillon est une voie très ancienne de la colline de Fourvière dans le 5e arrondissement de Lyon, reliant le quartier de Saint-Jean à celui de Saint-Just.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de Gourguillon proviendrait :

  • du latin gurgulio qui signifie gorge[réf. nécessaire] ;
  • de latin gurges sanguinis, par allusion au sang des martyrs de 177 qui aurait coulé du haut de la colline[1].
  • d'une onomatopée issue du bruit « des eaux de pluie qui s'y engouffrent »[2].

Selon le dictionnaire Le Littré de la Grand'Côte, *gourguillon désigne « le charançon du pois - De curculionem »[3].

La rue[modifier | modifier le code]

La montée du Gourguillon a une longueur de 400 mètres pour un dénivelé de 53 mètres, ce qui représente une pente d'un peu plus de 13,25 % en moyenne. La rue est entièrement pavée et sans trottoir du bas jusqu'à son intersection avec la montée des Épies et possède à intervalles réguliers tous les 10 mètres environ de petites marches sur toute la longueur de la chaussée. La rue est piétonne mais les riverains peuvent cependant y circuler et de nombreuses voitures y sont garées.

Cette rue peu connue des lyonnais est une des plus anciennes rues de Lyon avec ses pavés, ses maisons médiévales du XVe siècle dont les fenêtres sont ornées d'animaux fantastiques et grotesques. Des maisons à pans de bois, très rares à Lyon, sont visibles dans l'impasse Turquet, une rue perpendiculaire au Gourguillon. La ruelle s'appelle au Moyen Âge « Beauregard » en raison de la vue qu'elle offre sur Lyon.

Au numéro 2 de la rue, s'ouvre une traboule privée vers la montée du Chemin-Neuf. Au milieu de la montée, se trouve la place Beauregard à l'emplacement d'un léger élargissement de la place à l'embranchement des escaliers de la montée des Épies. Outre cette montée des Épies qui s'ouvre sur la gauche en montant par de longs escaliers sur le flanc de colline descendant à Saint-Georges, on trouve plus bas la rue Armand-Caillat qui descend rejoindre la montée des Épies.

À son extrémité, la montée du Gourguillon se divise en deux voies presque diamétralement opposées : un escalier qui mène sur la rue des Farges, devant le lycée de Saint-Just dans la continuité de l'axe de la rue, et l'autre qui est la continuation du haut de la montée goudronnée, bordée de trottoirs qui rejoint après un virage à épingle à cheveux la montée du Chemin-Neuf.

Histoire[modifier | modifier le code]

La rue est un cheminement naturel pour monter sur la colline de Fourvière du côté de Saint-Just depuis le Vieux-Lyon qui forment les deux centres anciens de la ville, Fourvière, le centre élevé de la cité antique de Lugdunum qui périclite dès la fin de l'Antiquité au profit du Vieux-Lyon, sur les quais de la Saône.

D'après la légende, après les persécutions de 177, le sang coula tellement à travers le Gourguillon qu'il en rougit l'Arar à un point tel que les observateurs la surnommèrent « Sagona », du latin Sanguinis, qui se transforma ensuite en Saône.
Toutefois le nom de la Saône vient d’une source nommée Sauconna qui signifie eau sacrée que les Romains ont adopté puis déformé en Sagonna et les persécutions ont eu lieu à l'amphithéâtre des Trois Gaules qui se trouvait sur la colline de la Croix-Rousse et non sur celle de Fourvière comme on l'a cru jusqu'au début du XXe siècle.

C'est dans cette rue que le 14 novembre 1305, un mur sur lequel des curieux s'étaient installés s'effondra sur le cortège du pape Clément V qui venait d'être couronné pape dans la basilique Saint-Just et du roi de France Philippe le Bel. Cet accident fit plusieurs morts dont le frère du pape et le duc Jean II de Bretagne. On raconte que dans sa chute, le pape perdit sa tiare dont une pierre précieuse se descella dans le choc et fut ensevelie sous les gravats. Malgré de nombreuses recherches, on ne la retrouva jamais.

Au Moyen Âge, se trouvait en haut de la montée du Gourguillon la porte de l'enceinte de la ville face à Saint-Just qui était un hameau indépendant.

Accessibilité[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Maynard, Rues de Lyon, avec indications de ce qu'on peut y remarquer en les parcourant, éditions des traboules, Montée du Gourguillon
  2. Félix Benoit, Lyon secret, éditions des Traboules, 1993, (ISBN 2-9505037-3-X), p. 68
  3. Nizier du Puitspelu, Le Littré de la Grand'Côte, Notice sur Gourguillon

Lien externe[modifier | modifier le code]