Jonas

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Jonas

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Jonas rejeté par la baleine
extrait de la bible du pape Jean XXII (XIVe siècle)

יוֹנָה

Activité principale
Cinquième des douze petits prophètes
Autres activités
Acteur du Livre de Jonas
Ascendants
Amitthaï (père)

Compléments

Contemporain du roi Jéroboam II

Dans le judaïsme, Jonas (en hébreu : יוֹנָה (yôna(h)), diminutif Jon[1] fils d'Amitthaï, est le cinquième des douze petits prophètes de la Bible. Il est le personnage principal du livre de Jonas qui fait partie du Tanakh ou Bible hébraïque et dans l’Ancien Testament chrétien.

Yunus est également un des prophètes du Coran, son nom en arabe signifie colombe : يونس (yûnus)). Nebi Yunis (« Prophète Jonas ») est devenu le nom de l’une des deux collines de Ninive.

Dans la Bible[modifier | modifier le code]

Jonas avalé par la baleine.
Chapiteau du XIIe de la nef de l'abbatiale de Mozac.
Jonas peint par Michel-Ange,
fresque de la chapelle Sixtine (1511)

Jonas est une première fois mentionné dans le Deuxième Livre des Rois[2], comme auteur d'une prophétie selon laquelle Jéroboam II, roi d'Israël, rétablirait les frontières du royaume d'Israël.

Lectures religieuses[modifier | modifier le code]

Judaïsme (Livre de Jonas)[modifier | modifier le code]

Dans le judaïsme, le Livre de Jonas (Iona dans la traduction de Chouraqui) est lu à l'occasion de Yom Kippour, « Jour du Grand Pardon » où le fidèle prie l'Éternel afin qu'il lui soit pardonné. Dieu envoie Jonas à Ninive, capitale de l’empire assyrien. Jonas désobéit à Dieu et se rend à Jaffa pour prendre la fuite sur un bateau en direction de Tarsis. Durant le voyage, le bateau sur lequel se trouve Jonas essuie une tempête due à la colère divine consécutive à sa désobéissance. Les marins décident alors de tirer au sort pour connaître le responsable de ce malheur. Le sort désigne Jonas. Ils le prennent, le jettent par-dessus bord, et à l'instant même, la mer s'apaise. Il est recueilli dans le ventre d'un grand poisson (souvent désigné à tort comme une baleine) durant trois jours et trois nuits. Le « gros poisson » le recrache ensuite sur le rivage.

De là, Jonas gagne Ninive et y remplit sa mission, en annonçant puis en en attendant la destruction prophétisée. Cependant les habitants de Ninive, tentent de se repentir, ils décident entre autres de jeûner. "Dieu vit ce qu'ils faisaient pour se détourner de leur conduite mauvaise. Aussi Dieu se repentit du mal dont il les avait menacés, il ne le réalisa pas"[3]. Jonas en est affligé et désespéré. Que Dieu puisse revenir sur sa menace l'amène à se retirer, à s'isoler et à même souhaiter offrir sa vie. Il dit « Ah ! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais quand j'étais encore dans mon pays ? C'est ce que je voulais prévenir en fuyant à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et qui te repens du mal.» Jonas, se retire alors sur une montagne pour observer la ville et voir ce qui va lui arriver.

Dieu fait alors pousser un ricin qui fera de l'ombre à Jonas. Puis, il fait mourir la plante, et Jonas est fâché et accablé et exprime à nouveau le souhait de mourir: "ma mort sera meilleure que ma vie". Dieu reproche alors à Jonas de se plaindre de la mort d’un simple ricin "pour lequel tu n'as pas peiné, et que tu n'as pas fait grandir". Pourquoi Dieu n'aurait-il pas pitié, lui, d'une ville entière ? Dieu n’est-il pas libre à tout moment de pardonner au "plus de douze myriades d'humains qui ne connaissent ni leur droite ni leur gauche ?"

Le thème central du livre de Jonas est donc interprété comme marquant l'importance du repentir, du pardon et de la justice. Le personnage de Jonas est parfois rapproché de celui de Job[4],[5] .

Christianisme[modifier | modifier le code]

Pour les chrétiens, le livre de Jonas[6] a, outre les thèmes du repentir et du pardon l'intérêt d'enseigner que les révélations prophétiques n'ont pas un caractère inéluctable qui priverait de liberté les hommes et Dieu. Elles ne sont pas faites dans le but de punir mais de sauver ou de modifier les « façons de voir ». La lecture chrétienne du livre de Jonas a toujours vu, dans le prophète Jonas, une préfiguration du Christ. En effet, de même que Jonas passa trois jours dans le ventre du monstre marin, de la même façon le Christ passa trois jours dans les entrailles de la terre. Le personnage de Jésus modifie la représentation d'un Dieu vu comme « vengeur » puisqu'il en fait un « père » pour tous. C'est pour cela que les chrétiens des premiers siècles ont beaucoup utilisé la figure du prophète Jonas pour représenter le Christ, et par là le baptême qui symbolise la mort à soi-même et la ré-surrection re-surgissement d'un homme nouveau que le Christ incarnerait. De fait, dans l'art paléochrétien, la figure la plus représentée est sans doute le bon pasteur, mais juste après, c'est la figure de Jonas.

Islam[modifier | modifier le code]

Jonas tient une place également très importante dans l'Islam et on peut trouver dans le Coran son périple où il est avalé par le grand poisson ainsi que le tirage au sort[7]. Dans la 10e sourate qui porte son nom « Yûnus » (arabe : يونس), il est indiqué que Jonas a effectivement été écouté et suivi par son peuple. L’équivalent arabe de son nom, passé en turc, est Yunus (yûnus), en dialectal Younès. Un autre équivalent arabe est le surnom Dhû-n-Nûn : l’homme ou au gros poisson. La tradition islamique mentionne quelques détails quant à sa filiation avec Benjamin, mais aussi le nom de son père qui est également cité dans un hadithMahomet met en garde sa communauté de ne pas le considérer meilleur que Jonas : « Ne dites pas que je suis meilleur qu'Yûnus ibn Matta (Jonas fils d'Amitthaï)[8] ». On trouve également dans le Coran une référence à la ville natale de Yûnus, Ninive : « Si seulement il y avait, à part le peuple de Yûnus (Jonas), une cité qui ait cru et à qui sa croyance eût ensuite profité ! Lorsqu’ils eurent cru, Nous leur enlevâmes le châtiment d’ignominie dans la vie présente et leur donnâmes jouissance pour un certain temps[9] ». Yûnus est aussi appelé « Dhu'Nûn » (arabe : ذو النون, celui qui vient du grand poisson)[10].

Yûnus et Zacharie sont les seuls des douze petits prophètes bibliques à être mentionnés par leurs noms dans le Coran.

Reliques[modifier | modifier le code]

Plusieurs lieux ont été revendiqués comme étant la tombe de Jonas.

  • Les restes de Jonas auraient été déposés aux côtés des reliques de Jean le Baptiste dans l'église Saint-Jean-Baptiste de Damas, qui est depuis le VIIIe siècle la grande mosquée des Omeyyades. Aujourd'hui, chrétiens comme musulmans viennent en pèlerinage dans ce lieu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Chouraqui : La Bible, Éditeur : Desclée de Brouwer, 2007, ISBN 2220058115
  2. Prophètes Rois 2 ch. 14, v. 25
  3. La Bible de Jérusalem", p.1646, édition du Cerf, 1999
  4. Ph. Haddad Conférence: Jonas Prophète malgré lui, Akadem, 2014
  5. Gershom Scholem : Sur Jonas, la lamentation et le judaïsme, Éd.: Bayard, Coll.: Bible et philosophie, 2007, ISBN 2227476702
  6. Le livre de Jonas trad. Segond
  7. Coran 37:139-142
  8. Récit rapporté de Ibn `Abbas, Sahih al-Bukhari, hadith no 608, vol. 4.
  9. Coran 10:98
  10. Coran 21:87
  11. (en) « Les militants de l'EIIL ont fait exploser la tombe de Jonas », The Guardian,‎ 24 juillet 2014 (consulté le 25 juillet 2014)
  12. Véronique Grandpierre "Le califat détruit le patrimoine de la Mésopotamie", Le Monde, 17 août 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Religieuse et philosophique[modifier | modifier le code]

Pour enfants[modifier | modifier le code]

Anne Jonas : Jonas, Éditeur : Nathan, Collection : Histoires de la Bible, ISBN 2092529625

A partir de Jonas[modifier | modifier le code]

  • Jacques Laffitte, Jonas, le pardon, mode d'emploi, L'Arbre aux Signes Éditions, 2012, ISBN 2954083816

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]