Jonas

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Jonas rejeté par la baleine, Bible de Jean XXII.

Jonas (en hébreu : יוֹנָה (yôna(h)) : colombe, en arabe : يونس (yûnus)), fils d’Amitthaï, est l’un des douze petits prophètes de la Bible.Il est un des prophètes du Coran[1]. Il est le personnage principal du livre de Jonas qui fait partie du Tanakh de la tradition juive et de l’Ancien Testament chrétien.

Onomastique[modifier | modifier le code]

Jonas signifie baleine en araméen[2][réf. insuffisante], colombe en hébreu — où il a des assonances avec la racine ynh, qui signifie oppresser.

L’équivalent arabe de son nom, passé en turc, est Yunus (yûnus), en dialectal Younès. Un autre équivalent arabe est le surnom Dhû-n-Nûn : l’homme à la baleine ou au gros poisson

Nebi Yunis (« Prophète Jonas ») est le nom de l’une des deux collines de Ninive.

Dans la Bible[modifier | modifier le code]

Jonas avalé par la baleine.
Chapiteau du XIIe de la nef de l’abbatiale de Mozac.
Jonas recraché par la baleine.
Enluminure allemande du Moyen Âge.

Jonas est une première fois mentionné dans le Deuxième Livre des Rois, comme auteur d'une prophétie selon laquelle Jéroboam II, roi d'Israël, rétablirait les frontières du royaume d'Israël.

Résumé de l'allégorie philosophique (Livre de Jonas)[modifier | modifier le code]

Dieu envoie Jonas à Ninive, capitale de l’empire assyrien. Jonas désobéit à Dieu et se rend à Jaffa pour prendre la fuite sur un bateau en direction de Tarsis. Durant le voyage, le bateau sur lequel se trouve Jonas essuie une tempête due à la colère divine consécutive à sa désobéissance. Les marins décident alors de tirer au sort pour connaître le responsable de ce malheur. Le sort désigne Jonas. Ils le prennent, le jettent par-dessus bord, et à l’instant même, la mer s’apaise. Il est recueilli dans le ventre d’un grand poisson (souvent vu comme une baleine) durant trois jours et trois nuits. Le « gros poisson » le recrache ensuite sur le rivage.

De là, Jonas gagne Ninive, en annonce la destruction, puis attend cette destruction. Cependant, les habitants de Ninive décident de jeûner et de se repentir. Dieu dans son amour décide de ne pas détruire la ville puisque toute la population se tourne vers Dieu et se détourne du péché. Jonas est alors furieux. De quoi ? De la possibilité même du pardon. Que Dieu puisse pardonner lui est intolérable « il dit : Ah ! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais quand j’étais encore dans mon pays ? C’est ce que je voulais prévenir en fuyant à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et qui te repens du mal.» Jonas se retire alors de la ville pour voir « ce qui arriverait dans la ville » (et non pas de la ville) : car il espère que les Ninivites vont se remettre à pécher, ce qui annihilerait et ridiculiserait le « pardon ».

Dieu décide alors de faire pousser une plante qui fera de l’ombre à Jonas. Puis, il fait mourir la plante, et Jonas souffre du soleil et se plaint. Dieu reproche alors à Jonas de se plaindre de la mort d’une simple plante. Pourquoi Dieu n’aurait-il pas pitié, lui, d’une ville entière ? Dieu n’est-il pas libre à tout moment de pardonner au pécheur repentant quelles que soient son origine et sa faute ?

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Le thème central du livre de Jonas est donc la possibilité du pardon qui ouvre une ère nouvelle par rapport à celle de la justice-châtiment. Qui était également celle des marins du bateau ; ils hésitent pourtant longtemps à jeter Jonas par-dessus bord (alors que celui-ci reconnaît être la cause de la tempête), ils lui demandent de s'expliquer (alors que le « sort » a désigné Jonas) et jettent, à sa place, tous les objets inutiles même quand Jonas leur dit : « Prenez-moi et jetez-moi dans la mer ». Pour Jonas s'il y a eu faute il doit y avoir châtiment. Au point qu'il demande même à Dieu de le faire mourir (« Éternel, prends-moi donc la vie ») c'est-à-dire qu'il lui demande de le punir (et de peine capitale !) puisqu'il « faute » en ne voulant pas du pardon, ce qui le ferait « gagner » dans ce combat métaphysique puisque Dieu redeviendrait « punisseur ». Mais Dieu lui fait comprendre sa propre réticence au pardon : « Fais-tu bien de t'irriter ? » et lui offre avec le ricin la métaphore du confort mental auquel on tient, des habitudes mentales qu'on ne veut pas remettre en cause.

Échos culturels[modifier | modifier le code]

Suite au récit biblique, traditionnellement dans la marine, on qualifie de « Jonas » une personne à laquelle le mauvais sort s’attache, qui est réputée porter malchance à un navire.

Lectures religieuses[modifier | modifier le code]

Dans la religion juive, le Livre de Jonas est lu à l'occasion de Yom Kippour, "Jour du Grand Pardon" où le fidèle prie l'Éternel afin qu'il lui soit pardonné. Pour les catholiques le livre de Jonas a, outre le thème du pardon (souvent peu vu, ou ignoré), l’intérêt d’enseigner que les révélations prophétiques n’ont pas un caractère inéluctable qui priverait de liberté les hommes et Dieu. Elles ne sont pas faites dans le but de punir mais de sauver ou de modifier les "façons de voir". La lecture chrétienne du livre de Jonas a toujours vu, dans le prophète Jonas, une préfiguration du Christ. En effet, de même que Jonas passa trois jours dans le ventre du monstre marin, de la même façon le Christ passa trois jours dans les entrailles de la terre. Le personnage de Jésus modifie la représentation qui avait cours d'un Dieu "vengeur" puisqu'il en fait un "père" pour tous. C'est pour cela que les chrétiens des premiers siècles ont beaucoup utilisé la figure du prophète Jonas pour représenter le Christ, et par là le baptême chrétien ; le baptême symbolise la mort à soi-même et la ré-surrection re-surgissement d'un homme nouveau symbolisé par le Christ. De fait, dans l'art paléochrétien, la figure la plus représentée est sans doute le bon pasteur, mais juste après, c'est la figure de Jonas.

Dans l'islam[modifier | modifier le code]

Jonas tient une place également très importante dans l'islam et on peut trouver dans le Coran son périple où il est avalé par la baleine ainsi que le tirage au sort[3]. Dans la 10e sourate qui porte son nom « Yûnus » (arabe : يونس), il est indiqué que Jonas a effectivement été écouté et suivi par son peuple. La tradition islamique mentionne quelques détails quant à sa filiation avec Benjamin, mais aussi le nom de son père qui est également cité dans un hadithMahomet met en garde sa communauté de ne pas le considérer meilleur que Jonas : « Ne dites pas que je suis meilleur qu'Yûnus ibn Matta (Jonas fils d'Amitthaï)[4] ». On trouve également dans le Coran une référence à la ville natale de Yûnus, Ninive : « Si seulement il y avait, à part le peuple de Yûnus (Jonas), une cité qui ait cru et à qui sa croyance eût ensuite profité ! Lorsqu’ils eurent cru, Nous leur enlevâmes le châtiment d’ignominie dans la vie présente et leur donnâmes jouissance pour un certain temps[5] ». Yûnus est aussi appelé « Dhu'Nûn » (arabe : ذو النون, celui qui vient de la baleine)[6].

Yûnus et Zacharie sont les seuls des douze petits prophètes bibliques à être mentionnés par leurs noms dans le Coran.

Reliques[modifier | modifier le code]

Les restes de Jonas auraient été déposés aux côtés des reliques de Jean le Baptiste dans l'église Saint-Jean-Baptiste de Damas, qui est depuis le VIIIe siècle la Mosquée des Omeyyades. Aujourd'hui, chrétiens comme musulmans viennent en pèlerinage dans ce lieu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

http://www.info-bible.org/lsg/32.Jonas.html

  1. http://islammedia.free.fr/Pages/prophete-jonas.html
  2. Jean-Pierre Liedo, Le monde arabe face à ses démons: Nationalisme, Islam et Juifs, Armand Colin,‎ 2013 (lire en ligne)
  3. Coran 37:139-142
  4. Récit rapporté de Ibn `Abbas, Sahih al-Bukhari, hadith no 608, vol. 4.
  5. Coran 10:98
  6. Coran 21:87

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Laffitte, "Jonas, le pardon, mode d'emploi", L'Arbre aux Signes Éditions http://arbreauxsignes.com/
  • Éric Geoffroy, « Jonas » in M. Ali Amir-Moezzi (dir.) Dictionnaire du Coran, éd. Robert Laffont, 2007, p. 535-538.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]