Innocent IV

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Innocent IV
Image illustrative de l'article Innocent IV
Biographie
Nom de naissance Sinibaldo de Fieschi
Naissance vers 1180/90
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat 25 juin 1243
Intronisation 28 juin 1243
Fin du pontificat 7 décembre 1254
Naples
Précédent Célestin IV Alexandre IV Suivant

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Innocent IV, né Sinibaldo de Fieschi (vers 1180/907 décembre 1254), est pape du 25 juin 1243 à sa mort. Il appartenait à l'une des principales familles de Gênes. Formé à Parme et Bologne, il passait pour l'un des meilleurs canonistes de son époque. Son pontificat est notamment marqué par la lutte contre Frédéric II dans le cadre de la longue querelle du sacerdoce et de l'Empire.

Son pontificat[modifier | modifier le code]

Après la mort de Célestin IV, dont le règne ne dure que dix-sept jours, en 1241, l'Église demeure plus d'un an sans souverain pontife. Le nouveau conclave se tient à Anagni et, le 25 juin 1243, le cardinal Sinibaldo de Fieschi est élu dans la cathédrale Santa Maria d'Anagni[1]. Il prend le nom d'Innocent. Au cours de son pontificat long de onze ans et demi, il crée quinze cardinaux, dont douze au consistoire du 28 mai 1244.

Lutte contre Frédéric II[modifier | modifier le code]

L'empereur Frédéric II, avec qui il avait eu de bons rapports, dit à l'occasion de son élection qu'il perdait l'amitié d'un cardinal et gagnait l'inimitié d'un pape. L'empereur commence des négociations pour mettre fin à l'excommunication et au conflit qui durait depuis Grégoire IX. Mais, Innocent IV reprend rapidement la lutte contre l'empereur. Il s'efforce d'empêcher Frédéric II d'aller secourir la Terre sainte qui retombe sous contrôle musulman et tente d'organiser un concile pour le déposer. Enfin, il crée plusieurs antirois en Allemagne, Heinrich Raspe, puis Guillaume de Hollande. Frédéric II, de son côté, condamne la rapacité, le népotisme et la corruption de l'Église.

L'envoi d'ambassades en Orient, auprès des Mongols[modifier | modifier le code]

Les Mongols d'Ögödei, le fils de Gengis Khan, s'étaient emparé de Moscou en 1238, puis de Kiev, en 1240. Ils envahissent la Pologne et la Hongrie, menacent Vienne, occupent Zagreb.

Afin d'exhorter les Tartares à renoncer à attaquer la chrétienté et les autres nations, le pape Innocent IV décide, en 1245 de prendre contact avec Ögödei, grand khan des Tartares. Dans ce but il rédige deux lettres : les bulles Dei patris inmensa, une exposition de la foi catholique pour le peuple des Tartares datée du 5 mars, et Cum non solum, un proteste contre les attaques des Mongols contre les chrétiens et une proposition de paix datée du 13 mars[2].

Innocent IV envoie simultanément plusieurs informateurs-ambassadeurs auprès des pouvoirs mongols[3] : Jean de Plan Carpin, André de Longjumeau, Ascelin de Lombardie et Laurent du Portugal.

Le pape leur confie également la lettre Cum simus super du 25 mars 1245, dans laquelle il invite à l'union les Églises séparées d'Orient.

Le concile de Lyon[modifier | modifier le code]

Les différends avec l'empereur Frédéric II ne se réglant pas, Innocent se retire à l'été 1244 dans sa ville de Gênes, puis se réfugie à Lyon. Il tient dans cette ville un concile général au cours duquel il promulgue une sentence solennelle de déposition de l'empereur 17 juillet 1245[4]. L'agitation provoquée par cette action à travers toute l'Europe ne se termine qu'à la mort du Hohenstaufen en 1250. Le pape peut alors revenir à Rome en 1253.

Relations avec Louis IX[modifier | modifier le code]

Au moment même où Innocent IV convoque le Concile de Lyon, Louis IX de France décide d'entreprendre une septième croisade. Le pape l'encourage, mais se désintéresse par la suite du cours des événements. Le roi juge alors Innocent IV en déclarant qu'il n'« avait trouvé chez le pape aucun sentiment véritablement chrétien »[5].

En 1246, il vient en Bourgogne, dans la Nièvre, consacrer l'église de l'abbaye Notre-Dame du Réconfort de Saizy dont la fondatrice est Mathilde de Courtenay, comtesse de Nevers.

« Innocent IV, par ailleurs initiateur d'une véritable politique missionnaire, fut relayé par Louis IX qui avait rencontré à Chypre, à la fin de 1249, des émissaires du khan mongol de Perse ; lesquels lui transmirent des lettres du Grand khan de Karakorum[3]. »

Dans la lettre Impia Judaeorum perfidia du 9 mai 1244, Innocent IV exhorte le roi Louis IX de brûler publiquement le Talmud et d'autres livres juifs dans son royaume.

La fin du pontificat[modifier | modifier le code]

En 1252, il fait adopter la bulle Ad extirpanda Celle-ci établit la norme pour les procédures inquisitoriales. Elle présente, entre autres, la torture comme un moyen d'établir la vérité, une mesure qui n'était pas commune auparavant dans les procès contre les hérétiques mais qui, à partir de cette date, sera considérée comme normale pendant plusieurs siècles. La bulle impose néanmoins des limites à l'utilisation de la torture contre les hérétiques par les autorités civiles et ecclésiastiques, en interdisant le recours à toute torture risquant d'entraîner la mort ou la mutilation de l'accusé[6].

En 1253, il consacre à Assise la basilique Saint-François, complètement édifiée et désormais appelée « Tête et Mère de l'Ordre des Frères mineurs ».

La fin de son pontificat est consacrée à la lutte contre Manfred de Hohenstaufen, fils naturel de Frédéric II, qui était soutenu comme successeur légitime du royaume de Sicile par les villes et les nobles. Sur son lit de mort à Naples, le pape entend la nouvelle de la victoire de Manfred à Foggia, et il meurt le 7 décembre 1254.

Son érudition en droit canonique a laissé un Apparatus in quinque libros decretalium.

Il avait la réputation d'un homme savant et intelligent, mais avare, mesquin, couard et vindicatif.

Bulles[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

  • 1245. Plusieurs bulles données à Lyon en janvier, à l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, dont deux l'exemptant de payer aucune provision, et une troisième autorisant les moines à hériter, sauf de fiefs[7].
  • 1252. Ad extirpanda accorde à l'Inquisition le droit de recourir à la torture si cela est nécessaire.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Dans la prophétie de saint Malachie, il est connu sous la devise « Comes Laurentius ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Montaubin, « Entre gloire curiale et vie commune : le chapitre cathédral d'Anagni au XIIIe siècle », dans Mélanges de l'École française de Rome, no 109-2, 1997, p. 303-442.
  2. Corin Braga, Le Paradis interdit au Moyen Âge : la quête manquée de l’Eden oriental, Paris, L’Harmattan.
  3. a et b Alain Demurger, Jacques de Molay - Le crépuscule des templiers, Paris, Payot & Rivages, coll. « Biographie Payot »,‎ 2002, 390 p. (ISBN 2-228-89628-4), p. 36
  4. Traduction de la sentence de déposition dans Patrick Gilli et Julien Théry, Le gouvernement pontifical et l'Italie des villes au temps de la théocratie (fin-XIIe-mi-XIVe s.), Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2010, p. 73-90
  5. Mathieu Paris, MG SS XXVIII.
  6. Traduction du texte d'Ad extirpanda dans Patrick Gilli et Julien Théry, Le gouvernement pontifical et l'Italie des villes au temps de la théocratie (fin-XIIe-mi-XIVe s.), Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2010, p. 567-586
  7. Catulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, Charte LIV-LV-LVI. Confirmation et reconnaissance de l'Hôtel-Dieu Notre Dame de Lessines (Belgique) en 1250 (bulle conservée in situ). Texte en ligne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Élie Berger, Saint Louis et Innocent IV. Essais sur les rapports de la France et du Saint-Siège, Paris, Thorin, 1893, 427 p. ré-impr. Genève, Slatkine, 1974.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]