Aaron (Bible)

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Aaron

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Aaron

אהרן

Naissance Égypte
Décès Mont Hor
Nationalité Israélite de la tribu de Lévi
Activité principale
Ascendants
Amram (père)
Jocabed (mère)
Conjoint
Descendants
Famille
Moïse (frère)
Myriam (sœur)

Compléments

Contemporain de Jethro et de Josué

Aaron (de l'hébreu : אהרן, aharone) est selon la Bible le frère de Moïse et de Myriam. Il est issu de la tribu de Lévi, lui-même issu du prophète Jacob, le père des Enfants d'Israël. C'est le premier grand prêtre d'Israël (Kohen Gadol en hébreu).

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Fils de Yokébed et Amram, tous deux issus de la tribu de Lévi, il naît en Égypte en 1574 avant J.-C., selon Ussérius, en 1728 avant J.-C., selon L'art de vérifier les dates. Il prit part à tout ce que fit son frère pour délivrer les Hébreux du joug des pharaons, et fut désigné de Dieu, dit la Bible pour exercer le sacerdoce, lui et toute sa postérité.

Lors de l'ascension du mont Sinaï par Moïse, au cours de laquelle il est parti recevoir les tables de la Loi, les Hébreux nouvellement libérés du joug de Pharaon, mais incertains du retour de Moïse, pressent Aaron de leur construire une idole qui puisse les guider. Aaron exige alors la fonte de tous les bracelets et des colliers afin de leur offrir le veau d'or, que le peuple désigne ensuite comme dieu — à l'imitation du taureau Apis qui était adoré en Égypte.

Lorsque Moïse descend du mont Sinaï, et qu'il voit les Hébreux adorer une idole (chose interdite par le troisième Commandement), il est pris d'une colère si grande qu'il fracasse les Tables de la Loi sur un rocher. Cependant Moïse pardonne à Aaron sa faute, et il est même élevé par son frère au rang de grand-prêtre, charge qu'il est le premier à exercer.

Aaron prend la parole à la place de Moïse que l'on dit bègue (Exode 4:10,4:15). Il meurt à l'âge de 123 ans sur le mont Hor (Nombres 33:38-39) et ne peut entrer dans la terre promise parce qu'il avait douté de la puissance de Dieu. Il est pleuré par tous, hommes et femmes, alors que la Torah ne mentionne que les seuls hommes à avoir pleuré Moïse. Il s'agit là sans doute d'une façon de mettre en exergue la popularité dont jouissait Aaron.

Il a pour fils Nadab, Abihu, Eléazar et Ithamar de sa femme Élischéba (Élisabeth).

Aaron dans le judaïsme[modifier | modifier le code]

Hillel dit d'être comme Aaron, rechercher la paix et la poursuivre (Mishna Pirke Avot).

Aaron dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Aaron est également mentionné dans le Nouveau Testament, plus précisément dans l'Épître aux Hébreux. Et voici ce qu'en dit l'Encyclopédie Universalis. Les titres furent ajoutés.

Généralité sur l'épitre aux hébreux[modifier | modifier le code]

La plupart des exégètes[réf. nécessaire] pensent que les destinataires de la lettre sont des judéo-chrétiens. Son titre, qui à l’origine ne faisait pas partie de l’œuvre et qui est attesté en Orient dès le IIe siècle, est un argument en faveur de cette thèse. Les lecteurs sont plutôt étrangers à Jérusalem (Palestine, Asie Mineure, Rome peut-être). L’occasion de l’épître ressort de son contenu et de son intention: renforcer la foi des fidèles qui ont failli au point que certains ne participent plus au culte. Il semble que les déviations visées résultent d’une nostalgie très forte de la religion juive, dont l’auteur essaie de démontrer qu’elle n’a qu’une valeur relative. Trois thèmes ont un relief particulier dans l’épître aux Hébreux : la parole de Dieu (I, 1-IV, 13); le sacerdoce du Christ (IV, 14-X, 18) et la vie chrétienne 19-XIII, 25).

Le ministère du grand prêtre Aaron laisse la place à celui du Christ[modifier | modifier le code]

La formule: « Nous avons un grand prêtre» (VIII, 1) rassemble assez bien l’enseignement de l’épître sur le Christ. Dans la tradition d’Aaron et de Melchisédech, le sacrifice du Christ ressemble aux sacrifices anciens, mais s’en différencie: le Christ, en effet, s’offre lui-même et «une fois pour toutes » (IX, 12, 26); il est ainsi le vrai sanctuaire (IX, 24). Sa supériorité est évidente: il assure la rédemption éternelle (IX, 12) et la purification des hommes (IX, 13-14), tout cela étant œuvre divine (II, 10).

Cet aspect de la foi chrétienne se retrouvera ensuite dans les principales "confessions de foi" qui ont jalonné l'histoire des institutions chrétiennes.

Aaron dans l'islam[modifier | modifier le code]

La mission d'Aaron fut d'aider son frère Moïse à la conversion de Pharaon, mais celui-ci s'enfla d'orgueil. Par ailleurs, il ne réussira pas à dissuader son peuple d'adorer le veau d'or[1]. Pour le Coran, celui qui a construit le veau d'or s'appelle As-Sâmiriy (le samaritain). Aaron (en arabe: haroun) n'a pas participé à ce culte. En effet pour les musulmans, un prophète est à l'abri de tout acte polythéiste. Le Coran précise que le Peuple d'Israël a désobéi à Aaron qui n'a pas essayé de les faire revenir au bon chemin.

"Et lorsque Moïse retourna à son peuple, fâché, attristé, il dit : "Vous avez très mal agi pendant mon absence ! Avez-vous voulu hâter le commandement de votre Seigneur ?" Il jeta les tablettes et prit la tête de son frère, en la tirant à lui : "Ô fils de ma mère, (dit Aaron), le peuple m'a traité en faible, et peu s'en est fallu qu'ils ne me tuent. Ne fais donc pas que les ennemis se réjouissent à mes dépens, et ne m'assigne pas la compagnie des gens injustes". 07:150.

"Ô fils de ma mère, ne me prends ni par la barbe ni par la tête. Je craignais que tu ne dises : "Tu as divisé les enfants d'Israël et tu n'as pas observé mes ordres" 20:94.

Aaron est cité dans beaucoup de sourates et la quatrième sourate dit qu'il a eu une révélation.

"Nous t'avons fait une révélation comme Nous fîmes à Noé et aux prophètes après lui. Et Nous avons fait révélation à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux Tribus, à Jésus, à Job, à Jonas, à Aaron et à Salomon…", Les femmes 4:163.

Moïse est très rarement cité dans le Coran sans être suivi d'Aaron. La 25e sourate prouve qu'Aaron était le ministre de Moïse (Le discernement 25:35).

Aaron dans Doctrine et Alliances[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Doctrine et Alliances.

Le livre des Doctrine et Alliances, révélations données à Joseph Smith, contient, selon la doctrine de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, la lignée de prêtrise allant de Moïse à Adam, nommée prêtrise d'Aaron. La prêtrise d'Aaron est nommée la moindre prêtrise. Ses offices sont : évêque, prêtre, instructeur et diacre (D&A 84:30). Autrefois, sous la loi de Moïse, il y avait un souverain sacrificateur (grand prêtre), des sacrificateurs (prêtres) et des Lévites. La prêtrise d'Aaron fut révélée à Moïse parce que les anciens Israélites s'étaient rebellés contre Dieu. Ils refusaient d'être sanctifiés et recevoir la Prêtrise de Melchisédek (prêtrise supérieure) et ses ordonnances (D&A 84:23,25). La Prêtrise d'Aaron se rapporte aux ordonnances temporelles et extérieures à la loi et de l'Évangile (1Ch23:27-32;D&A 84:26-27, 107:20). Elle détient les clefs du ministère d'anges, de l'Evangile de repentir et du baptême (D&A13). Elle fut ramenée sur la terre en cette dispensation le 15 mai 1829. Jean-Baptiste conféra la prêtrise d'Aaron à Joseph Smith et Oliver Cowdery sur la rive de la Susquehanna, près de Harmony (Pennsylvanie) (D&A 12, Joseph Smith histoire, vv68-73).

Iconographie[modifier | modifier le code]

Aaron tenant un encensoir, Église paroissiale Saint-Pelagius de Weitnau

Aaron est souvent représenté sous les traits d'un grand prêtre tenant un bâton, ou un encensoir. Dans l'iconographie médiévale, il apparaît sur le portail de certaines églises parmi les prophètes (Fribourg, Amiens). On le distingue parfois des autres figures à son bâton fleuri[2]. La peinture historique le montre avec son frère Moïse devant Pharaon, dans les scènes de l'adoration du veau d'or.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Malek Chebel, Dictionnaire des symboles musulmans : rites, mystique et civilisation, Paris, Albin Michel,‎ 1995, 500 p. (ISBN 978-2-226-07550-5, OCLC 222607550X), p. 15
  2. La Bible et les saints, guide iconographique, Gaston Duchet-Suchaux et Michel Pastoureau,1990
  • Jean-Chrétien-Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale (1852), t. 1, Paris, Firmin-Didot,‎ 1852 (lire sur Wikisource), p. 5 « AARON »