Communauté du Chemin Neuf

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Chemin Neuf
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Repères historiques
Fondation 1973
Fondateur(s) Laurent Fabre
Lieu de fondation Lyon
Fiche d'identité
Église Catholique, Luthérienne, Réformée, Anglicane, Orthodoxe, Évangélique
Courant religieux Renouveau charismatique
Membres 1 800
Localisation
Sur Internet
Site internet http://www.chemin-neuf.org

La Communauté du Chemin Neuf est une communauté catholique à vocation œcuménique. Née d'un groupe de prière charismatique en 1973, elle compte près de 2 000 membres permanents dans 28 pays[1], et 12 000 personnes au service des missions de la communauté. Son principal fondateur est le père jésuite Laurent Fabre.

Présentation générale[modifier | modifier le code]

La communauté tire son nom du premier lieu de réunion, situé à Lyon, montée du Chemin Neuf.

Issue du Renouveau charismatique, la communauté se revendique également d'une spiritualité ignatienne (Son fondateur, Laurent Fabre, fut jésuite jusqu'à la création de l'Institut religieux du Chemin Neuf).

Elle rassemble des prêtres, des laïcs engagés au célibat (hommes et femmes) ainsi que des célibataires non engagés et des couples avec ou sans enfants.

La communauté oriente son action autour du principe d'unité : unité des chrétiens (Œcuménisme), unité des hommes (notamment entre cultures et nations différentes), unité des couples et des familles. Les personnes de la communauté ainsi que celles souhaitant vivre de sa spiritualité sans y être engagées se voient proposer notamment :

  • une prière et une lecture de la Bible quotidiennes,
  • un accompagnement spirituel régulier,
  • une participation si possible hebdomadaire à une réunion de prière, qu'elle émane directement ou non de la communauté,
  • une soirée hebdomadaire de partage en petits groupes,
  • une proposition de formation continue ou plus ponctuelle,
  • une participation à la mission de la communauté.

Historique[modifier | modifier le code]

Le contexte[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Pentecôtisme et Renouveau charismatique.

Le pentecôtisme, nouvelle branche du christianisme insistant sur l'accueil de l'Esprit-Saint, s'était développé aux États-Unis à partir de 1900 (à Topeka puis Los Angeles)[2],[3]. Ses manifestations spectaculaires (parler en langue, prophétie, guérisons, etc.) avaient assez vite provoqué des réactions de rejet de la part des autres églises (protestantes ou catholiques). Ce n'est que dans les années 1960 que les églises protestantes traditionnelles (évangéliques, méthodiste, épiscopalienne) commencèrent à intégrer ces nouvelles pratiques spirituelles dans leur prière[4].

En 1967, des étudiants catholiques de l'Université de Duquesne (en), en Pennsylvanie, durant un weekend d'étude biblique, reçurent le baptême dans l'Esprit-Saint[5]. À la suite de cette expérience, des groupes de prière et des communautés commencèrent à essaimer dans l'Église catholique, aux États-Unis puis dans le reste du monde.

Les débuts[modifier | modifier le code]

En 1971, le jésuite Laurent Fabre, alors séminariste, rencontre au séminaire diocésain de Lyon un étudiant jésuite américain, Mike Cawdrey, qui connaît le Renouveau charismatique américain. Celui-ci le convainc, ainsi que Bertrand Lepesant (plus tard fondateur de la Communauté du Puits de Jacob), de prendre deux jours de prière pour demander l'Esprit-Saint au Touvet. Deux jeunes protestants américains, arrivant de Taizé et partant en pèlerinage à Jérusalem, sont également invités. Lors de ce weekend, les deux Français reçoivent le Baptême dans le Saint-Esprit. À la suite de cette expérience, ils fondent un groupe de prière charismatique situé montée du Chemin Neuf[6].

En 1973, sept personnes (célibataires, hommes et femmes) dont Laurent Fabre décident de fonder une communauté de vie. Aux débuts partisans d'un nom qui soit tiré de la Bible, les membres de la nouvelle fondation prennent rapidement conscience qu'aux yeux de leurs visiteurs, en raison de leur implantation géographique, ils sont « le Chemin Neuf », d'où le nom de la communauté. Rapidement, des couples rejoignent cette communauté, qui ajoute à la mixité hommes-femmes la mixité entre couples et célibataires consacrés.

Le développement[modifier | modifier le code]

Premier logo de la communauté, officiellement remplacé par le nouveau (voir plus haut) au chapitre général de 2009.

En 1980, un cycle de formation théologique, biblique et communautaire (d'une durée de trois mois) est créé dans la maison des Pothières (dans la commune d'Anse) ; il dure encore trente ans plus tard et a été divisé entre trois lieux (deux en France et un en Côte d'Ivoire) à cause de son succès. En 1980 également est lancée la première session pour couples (session Cana), qui est en 2012 la session la plus populaire du Chemin Neuf.

Au début des années 1980, la Communauté quitte son ancrage uniquement lyonnais, en se voyant confier une partie du Cénacle de Tigery et la maison des étudiants Rue Madame dans le VIe arrondissement de Paris (1982). D'autre part, elle s'ouvre à l'international, en accueillant ses premiers membres non français (polonais, allemand et malgache) et en s'implantant au Congo-Brazzaville.

En 1992 est créé le corps apostolique de la Communion du Chemin Neuf, qui rassemble des personnes souhaitant vivre la spiritualité de la Communauté sans en prendre tous les engagements.

Lors des années 1993-1996, la communauté vit une crise amenant au départ de certains membres (dont certains engagés à vie) : cette crise est concomitante avec la publication du livres Les naufragés de l'Esprit, très critique envers de nombreuses communautés charismatiques, en particulier le Chemin Neuf. La fraternité des jeunes (18-30 ans), qui avait pris une certaine indépendance par rapport à la communauté, est réintégrée, ce qui n'est pas du goût de tous[réf. nécessaire].

La structuration et le lancement de nouvelles missions[modifier | modifier le code]

À partir de 1995, la Communauté est trop nombreuse pour que les décisions continuent à être prises au suffrage universel. La décision est prise d'organiser un chapitre tous les sept ans (1995, 2002 et 2009 à ce jour), dont les soixante-douze membres sont élus par l'ensemble de la communauté.

En 1996, pour préparer les journées mondiales de la jeunesse de Paris (qui ont eu lieu en août 1997), une chorale internationale est lancée : elle donne notamment des concerts :

En l'an 2000, à l'occasion des journées mondiales de la jeunesse, est créé le réseau Net for God, réseau de prière et de formation pour l'unité des chrétiens et la paix dans le monde, qui rassemble tous les sympathisants du Chemin Neuf et s'inspire de la vision du “monastère invisible” développée en 1944 par Paul Couturier. L'enseignement vidéo qui est transmis chaque mois par ce réseau s'étend rapidement : en 2011, la vidéo est envoyée dans plus de 1 000 “points Net” répartis dans 80 pays du monde, et traduite en 26 langues. En 2002, lors du deuxième chapitre de la communauté, il est décidé que tous les engagements dans la communauté ou aux différentes missions de la communauté se feront “au sein de la fraternité œcuménique internationale Net for God”.

En 2005, à l'occasion des journées mondiale de la jeunesse de Cologne, la fraternité des jeunes est recréée, avec un lien beaucoup plus fort avec la communauté : cette fraternité prend le nom de “Jeunes du Chemin Neuf”.

Au cours des années 2000, les demandes d'évêques ou de communautés amènent la communauté du Chemin Neuf à s'installer en moyenne dans un nouveau pays chaque année.

Missions[modifier | modifier le code]

Missions tout au long de l'année confiées par l'Église locale[modifier | modifier le code]

Il s'agit principalement de l'animation :

  • de paroisses confiées par des évêques catholiques ou anglicans (ce dernier cas en 2011, pour la Cathédrale de Liverpool). La Communauté, outre les services paroissiaux “classiques”, a été le premier lieu en France d'expérimentation du parcours Alpha.
  • de foyers confiés par des paroisses, diocèses, organisations ecclésiales ou construits par la Communauté (en Afrique essentiellement dans ce dernier cas)
  • d'églises (cathédrales ou basiliques) dans lesquelles les évêques ont demandé à la Communauté de chanter quotidiennement des offices liturgiques, en particulier les vêpres, comme dans la cathédrale Notre-Dame de Chartres[10], dans la primatiale Saint-Jean de Lyon avec d'autres communautés[11] ou dans la Basilique de l'Ecce Homo à Jérusalem [12].

Exercices selon Saint Ignace[modifier | modifier le code]

La Communauté du Chemin Neuf étant de tradition ignatienne, les sessions qu'elle propose sont majoritairement inspirées des exercices spirituels tels qu'ils peuvent être donnés par les jésuites, adaptés notamment en intégrant des aspects propres à la spiritualité du Renouveau charismatique. La Communauté organise chaque année :

  • Environ une trentaine de retraites d'une semaine d'exercices spirituels.
  • Deux retraites d'un mois, conseillées en particulier avant toute décision d'engagement définitif. Il est fréquent que des séminaristes diocésains viennent suivre collectivement ces derniers avant leur ordination diaconale.

Animation de retraites et sessions adaptées à des situations particulières[modifier | modifier le code]

Enfants durant une session Cana à l'abbaye de Sablonceaux.
Sessions Cana[modifier | modifier le code]

La Communauté du Chemin Neuf a lancé en 1980 la mission “Cana” (dont le nom est inspiré du lieu du premier miracle de Jésus, lors d'un mariage à Cana) : c'est une mission auprès des couples et des familles (enfants compris) ; plus encore que les autres missions du Chemin Neuf, celle-ci est placée sous le signe de l'unité et de la réconciliation. Constatant les très nombreux besoins en matière conjugale, la mission Cana s'est élargie :

  • « Cana couples et familles », avec notamment depuis 2006 une insistance sur l'évangélisation des enfants et leur participation à la vie familiale,
  • « Cana fiancés » pour les couples en début de cheminement, préparation au mariage, fiançailles,
  • « Cana Espérance » pour les personnes divorcées ou séparées non engagées dans une nouvelles union,
  • « Cana Samarie » pour les personnes divorcées et remariées. ces dernières sessions sont souvent axées sur la question de la position officielle de l'Église (en particulier l'Église catholique romaine) vis-à-vis des sacrements, et des évêques y sont souvent présents[13].

La mission Cana s'est également dotée de l'outil Elle et Lui, développé par le parcours Alpha et spécifique aux couples. Elle le propose dans les paroisses ainsi que dans certains lieux particuliers[14].

Mission auprès des jeunes[modifier | modifier le code]
Veillée de prière et de réconciliation durant le rassemblement de Volkenroda en 2005, organisé par le Chemin Neuf à l'occasion des Journées mondiales de la Jeunesse de Cologne.
Vue générale du lieu de rassemblement à Volkenroda en 2005.
  • Au début des années 1980 s'est lancée une mission active auprès des jeunes de 18 à 30 ans, qui s'est renforcée avec le lancement par Jean-Paul II des Journées mondiales de la jeunesse en 1985. Cette mission a crû régulièrement, notamment avec le lancement de foyers d'étudiants dans les grandes villes de France et d'ailleurs (voir Lieux de mission de la Communauté du Chemin Neuf). Elle est soutenue notamment par :
  • La mission auprès des adolescents de 14 à 18 ans a été lancée également dans les années 1980 : à ses débuts axée sur l'évangélisation seule, elle s'ouvre depuis sur l'humanitaire (participation à des missions d'été de six à huit semaines, généralement en Afrique). Elle est présente en France et dans la plupart des lieux de mission de la communauté.
  • La mission auprès des enfants de 8 à 13 ans est beaucoup plus récente (les débuts se font vers 2007-2010). Elle a été développée au Brésil par l'église catholique, inquiète de la défection de nombreux fidèles. Elle est pour l'instant limitée à quelques weekends par an en France et au Brésil, en particulier dans les paroisses en vue de dynamiser les groupes de catéchisme.

Mission humanitaire[modifier | modifier le code]

La communauté du Chemin Neuf est présente en Afrique depuis les années 1980. Un certain nombre de ses actions sur ce continent ont une dimension humanitaire :

Travail dans les hôpitaux[modifier | modifier le code]
  • Une première mission a été menée de 1994 à 2001, avec le soutien de l'Ordre de Malte, dans l'hôpital de Banga-Bola et sa région sanitaire (25 dispensaires), au Nord de la République démocratique du Congo (Province d'Équateur, Diocèse de Budjala). En 1997, la guerre obligea tous les Européens à quitter ce lieu[17].
  • Depuis 2007, le Chemin Neuf assure une partie de la formation des médecins et infirmiers de l'hôpital de N'Djamena, notamment en ce qui concerne la prévention contre le SIDA[18],[19],[20].
Actions auprès des enfants de la rue[modifier | modifier le code]
  • Depuis 2004, la Communauté est présente à Kinshasa, où de nombreux enfants sont abandonnés dans la rue (souvent sous l'accusation de sorcellerie). Une mission spéciale a été créée pour les accueillir, les héberger, tenter de les réinsérer dans leurs familles, à l'école, ou à défaut de leur donner une formation technique. Cette action est soutenue et parrainée par SOS Enfants[21].
  • À l'Île Maurice, la même action est menée notamment à Beau-Bassin, notamment avec l'aide financière d'entreprises locales[22].
Action dans l'éducation[modifier | modifier le code]

Toujours à Kinshasa, le Chemin Neuf a reconstruit et équipé l'école Sainte-Christine, a contribué au recrutement et à la formation de professeurs et développé la formation technique pour les élèves plus âgés[23],[24].

Programme JET[modifier | modifier le code]

Pour mener à bien cette action, la communauté a lancé le programme JET (Jeunes à l'ÉTranger), qui propose à des jeunes (surtout européens), de partir entre neuf mois et deux ans, en finançant eux-mêmes leur voyage et leur séjour grâce à un système de parrainage. Les pays de mission ont principalement :

Réinsertion de personnes détenues[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, en France, la Communauté a participé à un programme de réinsertion de personnes détenues. En effet, une partie des travaux des maisons qui lui ont été confiées sont à sa charge, qu'elle possède ou non ces maisons. C'est le cas notamment pour l'abbaye d'Hautecombe, où la réfection des toitures a été menée de front[25] par le Chemin-Neuf, la DRAC et le conseil général de la Savoie ; dans ce cadre, un partenariat a été mis en place avec le SPIP afin de faire travailler des personnes détenues sur ce chantier[26],[27].

Participation à la banque alimentaire[modifier | modifier le code]

Dans les départements où elle est le plus présente (Savoie, Eure-et-Loir, Rhône, Essonne, etc.), la Communauté participe à la banque alimentaire locale[28],[29].

Formation philosophique, théologique, éthique et artistique[modifier | modifier le code]

La fraternité œcuménique internationale Net for God

La communauté propose à tous ses membres et sympathisants une évangélisation à vocation internationale : la Fraternité Œcuménique Internationale (FOI), appelée aussi « Net for God[30] », rassemblant environ 15 000 personnes dans 80 pays autour d'une formation (diffusée par vidéo) et d'une prière commune mensuelles. Comme le nom l'indique, la vocation principale de cette fraternité est l'œcuménisme.

Cycles de formation Il est proposé aux célibataires et aux couples désirant se former (qu'ils soient ou non membres de la communauté) deux formules de formation :

  • Sur trois mois ou un an dans une des trois maisons dédiées : Les Pothières dans le Rhône (maison remplacée par la chartreuse d'Aula Dei près de Saragosse à partir de septembre 2012 pour des raisons de place, la demande étant trop importante), l'abbaye d'Hautecombe en Savoie et le centre Tibériade près de Grand-Lahou en Côte-d'Ivoire),
  • Plus ponctuellement, dans une maison où le besoin s'en fait sentir (notamment dans les pays d'Europe Centrale quand il y a suffisamment de demandes), pour une durée de un à trois mois,
  • Sur deux ans à raison de sept weekends par an, suivant les demandes locales, pour les personnes désirant conserver leur lieu d'habitation et leur activité professionnelle.

La formation universitaire Le Chemin Neuf, étant de tradition jésuite, insiste sur la formation (philosophique, théologique, biblique, canonique, etc.) de ses membres : non seulement les futurs prêtres ou pasteurs, mais aussi de nombreuses sœurs consacrées ainsi que des couples.

Formation éthique et artistique

Spectacle d'évangélisation aux “Nuits d'Hautecombe” en 2008
  • Depuis 2004, en association avec la fondation suisse Éthique et Art[32], des formations sont proposées, principalement à Chartres, ayant pour sujets l'architecture ou les vitraux de la cathédrale, la musique classique, la danse, ... en vue d'une réflexion éthique sur l'économie.
  • Ce sont également cette fondation et la Communauté du Chemin Neuf qui proposent chaque année depuis 2008 une université d'été [33],[34] dont une des caractéristiques est de mettre en avant un travail commun de différentes églises chrétiennes. Elle a d'ailleurs reçu[35] le label Œcumenica de la conférence œcuménique suisse.
  • En 2006 a été lancée une école d'évangélisation par l'art qui forme une dizaine de personnes de janvier à août chaque année.

Orientation œcuménique[modifier | modifier le code]

Bien que comptant une large majorité catholique parmi ses membres, le Chemin Neuf compte plusieurs membres d'autres Églises et confessions. Ces membres le sont tous à part entière, avec pleine possibilité d'exercer les droits de vote pour les décisions importantes et d'être élu, aussi bien pour le chapitre que pour le conseil de Communauté, ainsi que d'être nommé pour la responsabilité d'une mission communautaire. Pour certains chrétiens notamment protestants, le Chemin Neuf a un rôle à jouer pour promouvoir l'œcuménisme, particulièrement en milieu francophone[36].

La communauté compte notamment un prêtre anglican (ordonné diacre en août 2011[37] et prêtre en 2012[38]), une femme pasteur dans l'église mennonite (par ailleurs membre du Groupe des Dombes[39] depuis 2005 et du Global Christian Forum[40] depuis 2007), deux autres femmes pasteurs respectivement à Villeurbanne et au Mans.

Le Chemin Neuf est fortement en lien avec le centre chrétien de Gagnières, dans le Gard, centre œcuménique fondé par des protestants en 1971. Le Chemin Neuf est membre du conseil d'administration de ce centre, et participe aux conventions charismatiques interconfessionnelles annuelles[41] qui y ont lieu depuis 1968 à l'initiative du pasteur gallois Thomas Roberts (1902-1983)[42]. En particulier, la communauté s'est fortement impliquée dans les rassemblements de Strasbourg en 1982 et de Paris (au Stade Charléty) en 1998.

Statut[modifier | modifier le code]

La communauté comprend et accueille des laïcs et des religieux(ses) de toutes confessions chrétiennes : catholiques, anglicans, protestants réformés, luthériens ou évangéliques, orthodoxes, maronites, coptes, etc.

Statuts canoniques[modifier | modifier le code]

  • La communauté du Chemin Neuf a été reconnue en 1973 par le cardinal Renard.
    • Elle a été érigée le 20 avril 1984 comme Association publique de fidèles de droit diocésain par le cardinal Albert Decourtray[43], archevêque de Lyon. Ce statut canonique lui permet d'enseigner la doctrine chrétienne au nom de l'Église et de promouvoir le culte public. Seules deux communautés charismatiques ont reçu de l'épiscopat ce statut: le Chemin Neuf et Réjouis-toi[44].
    • Le Vatican la reconnaît comme association internationale de fidèles[45].
  • Le 24 juin 1992, le Cardinal Decourtray, archevêque de Lyon, érige l'Institut religieux clérical de droit diocésain dont font partie les prêtres de la Communauté.

Statuts civils[modifier | modifier le code]

  • Du point de vue civil, la communauté a été reconnue comme 'congrégation religieuse' par décret du ministre de l'Intérieur et de l'aménagement du territoire de la République française en date du 23 juillet 1993[48] et paru le 30 juillet 1993. Son siège social est situé au 49 montée du Chemin Neuf, 69005 Lyon, France.
  • Depuis 2006, ses comptes annuels ont reçu une certification comptable et sont consultables sur le Journal Officiel en ligne[49].
  • Par ailleurs, la fondation d'Hautecombe a été établie en pleine personne morale le 7 août 1826 par le roi Charles-Félix. L'abbaye est placée sous le régime juridique d’une fondation de droit sarde. La charte de la Fondation exige que l’abbaye d'Hautecombe et ses biens « soient desservis et administrés par une congrégation religieuse »[50]. Depuis 1992, le supérieur général de l'Institut du Chemin Neuf est le président du conseil de fondation, composé de religieux du Chemin Neuf.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le responsable de la communauté est élu pour sept ans ; il est entouré d'un conseil pour moitié élu et pour moitié nommé. En 2011, c'est toujours Laurent Fabre, principal fondateur de la communauté, qui exerce cette charge.

L'instance suprême de la communauté est le chapitre (dont les membres sont élus au suffrage universel direct) de 72 membres (représentant tous les pays et toutes les confessions présents au Chemin Neuf) réuni tous les sept ans, qui est seul habilité à changer les constitutions, à élire le responsable et son conseil. Plusieurs personnes extérieures sont systématiquement invitées à venir en tant qu'observateurs à ces chapitres. En 2009, par exemple, le père jésuite Michel Dortel-Claudot et Mgr Philippe Ballot, évêque de Chambéry, ont participé activement au troisième chapitre général de la Communauté.

La communauté dans le monde[modifier | modifier le code]

Elle compte environ 1 800 membres (à peu près la moitié résident en France métropolitaine, la deuxième nationalité la plus représentée étant la Côte-d'Ivoire) dont :

  • Environ 150 hommes engagés au célibat,
    • dont environ 80 prêtres et une cinquantaine de séminaristes,
  • Environ 150 femmes engagées au célibat,
  • Environ 650 couples,
  • Les autres membres étant des célibataires non consacrés (soit pas encore mariés, soit n'ayant pas encore fait le choix du célibat consacré).

Les membres de la communauté vivent soit dans des maisons communautaires, soit chez eux, en gardant toujours la possibilité de changer de l'un à l'autre. Les célibataires consacrés sont toutefois la plupart du temps encouragés à vivre en maison communautaire, sans que ce soit une règle.

Les lieux de mission de la Communauté sont de trois types :

  • Paroisse confiée par l'évêque du lieu, et au service de laquelle la Communauté se met, pour assurer les eucharisties et les offices liturgiques, mais aussi les différents services paroissiaux.
  • Foyer d'étudiants ou de jeunes travailleurs.
  • Maison d'accueil spirituel ou abbaye.

Ces maisons, suivant les cas et le type de bâtiment, sont :

  • vendues à la Communauté (Tigery, les Pothières, montée du Chemin-Neuf, etc.) par son précédent occupant,
  • données, souvent par une communauté religieuse (Abbaye Notre-Dame-des-Dombes, abbaye de Tuchoměřice, etc.) mais parfois aussi par une famille (Maison forte de Montagnieu),
  • prêtées par commodat pour une durée variable,
  • dans la grande majorité des cas, confiées par l'évêque du lieu pour assurer une mission d'accueil spirituel (Abbaye d'Hautecombe, abbaye de Sablonceaux, Abbaye Saint-Paul d'Oosterhout, etc.) ou par le propriétaire des lieux pour une mission plus particulière (Clos Notre-Dame à Livry, Centre Œcuménique et Artistique de Chartres, etc.)

Dans tous les cas de figure, la communauté du Chemin Neuf est le principal maître d'ouvrage de la majorité des travaux à effectuer sur les lieux de mission qu'elle se voit confier. Ces travaux représentent une charge financière d'autant plus lourde que la plupart des maisons sont classées en établissements recevant du public. Ses propres productions et les dons lui permettent de financer une partie de ces travaux, mais l'aide des pouvoirs publics (intervenant la plupart du temps au titre du classement ou de l'inscription du site aux Monuments historiques) est parfois nécessaire[25].

À titre d'exemple, entre 1992 et 2005, le coût estimé des travaux mené par le communauté dans la seule abbaye d'Hautecombe était d'un million d'euros[50].

Productions[modifier | modifier le code]

On n'évoquera pas ici les ouvrages destinés surtout à un usage interne (formation, prière), et les productions audiovisuelles diffusées via la société créée par la communauté (AME).

Littéraires[modifier | modifier le code]

La communauté compte trois prêtres ayant écrit des ouvrages “grand public”.

C'est notamment le cas de Philippe Berger, guitariste et amateur de rock. Son ouvrage Bâtir sur le rock [51] est une tentative de comprendre les interactions entre la musique rock et la recherche de Dieu. Son point de vue a ensuite été repris et approfondi par le père Robert Culat[52].

Un autre prêtre s'est notamment interrogé sur la perception d'un point de vue chrétien de la série Harry Potter : son ouvrage Force et puissance de Harry [53] tente de montrer les éléments convergents du kérygme chrétien et de l'action développée par J. K. Rowling.

Faisant le constat de la faible prévalence du christianisme dans sa paroisse populaire de l'Isère [54], Stéphane Simon a écrit plusieurs romans cherchant à aller à la rencontre de ses non-paroissiens [55].

Picturales[modifier | modifier le code]

Étienne (István) Thuronyi, peintre hongrois vivant en France, a été membre de la Communauté du Chemin Neuf durant de longues années (jusqu'en 2011). Il est notamment connu en Hongrie à travers des livres, des compositions orchestrales et des tableaux[56].

Autres productions économiques[modifier | modifier le code]

Lors de la transmission de l'abbaye des Dombes, le Chemin Neuf s'est vu proposer la reprise de la ferme qu'avaient créée les moines trappistes. Cela a entraîné la création des Ateliers du Chemin Neuf[57] afin de distribuer notamment les produits de la ferme[58],[59].

Controverses et accusations[modifier | modifier le code]

Accusations de dérives sectaires[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, d'anciens sympathisants (non membres) du Chemin-Neuf se sont plaints de pratiques sectaires, tels le lavage de cerveau et le prosélytisme[60]. Le dico des sectes mentionne, entre autres communautés nouvelles, le Chemin Neuf[61], avant toutefois de mentionner en note de bas de page que certaines obédiences religieuses « …même non sectaires en elles-mêmes, … sont indispensables à la compréhension de la dérive sectaire qui prend naissance à partir d'elles. »

Jérôme Dupré-Latour, prêtre du diocèse de Lyon, note pour sa part des lacunes de droit canon au Chemin Neuf[62]. Cependant, son appréciation se fonde sur un texte de 1982 ; or celui-ci a été réécrit à quatre reprises depuis, rendant caducs certains des “manquements” relevés.

Plusieurs personnalités de l'Église catholique (extérieures à la communauté) se sont élevées contre ces accusations :

Le chroniqueur religieux du Monde, Henri Tincq, a lui aussi mis en doute à plusieurs reprises le bien-fondé de ces critiques[66],[67]. À noter que la MIVILUDES ne mentionne pas le Chemin Neuf dans ses divers rapports annuels depuis 2001[68].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Vie de la communauté », sur http://www.chemin-neuf.org, Communauté du Chemin Neuf,‎ 25 janvier 2011 (consulté le 11 février 2013)
  2. « La naissance du Pentecôtisme moderne », Dons spirituels,‎ ? (consulté le 08 février 2012)
  3. (en) Cecil M. Robeck, The Azusa Street Mission and revival, Thomas Nelson Inc,‎ 2006, 352 p. (ISBN 9781418568191, lire en ligne).
  4. (en) « Discerning the Charismatic Renewal », sur http://theologytoday.ptsem.edu, Theology Today,‎ Juillet 1982 (consulté le 11 février 2012).
  5. (en) Laurent Frölich, Les catholiques intransigeants en France, Broché,‎ 2003, 406 p. (ISBN 978-2747516198, lire en ligne), « 2-§2 La spécificité charismatique », pages 93-94.
  6. Daniel Raffard de Brienne, « Les Charismatiques après la fête », sur http://www.charismatique.free.fr,‎ 25 janvier 2011 (consulté le 29 août 2011)
  7. « Rome direct : L'événement du jour », sur http://www.jmj.catholique.fr, Conférence des évêques de France,‎ 20 août 2000 (consulté le 6 mars 2012)
  8. « Longue journée de Tor Vergata », sur http://www.gmg2000.it, Journées mondiales de la jeunesse,‎ 18 août 2000 (consulté le 6 mars 2012)
  9. « Le Chemin-Neuf s'installe à Chartres », sur http://www.la-croix.com, La Croix,‎ 29 juillet 2001 (consulté le 6 mars 2012)
  10. « La Communauté du Chemin Neuf », sur http://www.diocese-chartres.com, Diocèse de Chartres (consulté le 24 octobre 2011)
  11. « Primatiale Saint-Jean », sur http://cathedrale-lyon.cef.fr, Diocèse de Lyon (consulté le 24 octobre 2011)
  12. « Liturgie et fêtes », sur http://www.eccehomoconvent.org, Couvent de l'Ecce homo,‎ 17 décembre 2008 (consulté le 24 octobre 2011)
  13. Claire Senon-Duplessis, « L'Église catholique et les fidèles divorcés remariés : les huit thèses du cardinal Ratzinger », sur Academia.edu,‎ 2005 (consulté le 9 février 2012)
  14. Patriarcat latin de Jérusalem, « La Saint Valentin au Centre International Marie de Nazareth », sur Patriarcat latin de Jérusalem,‎ 14 février 2012 (consulté le 14 février 2012)
  15. « Les jésuites en quête d'un second souffle », sur http://www.lefigaro.fr, Le Figaro,‎ 03 août 2006 (consulté le 4 octobre 2011)
  16. « « Et pour vous, qui est Dieu ? » », sur http://www.la-croix.com, La Croix,‎ 20 août 2011 (consulté le 20 août 2011)
  17. « Page d'accueil de la Coordination Française des Comités inter-pays - Congo », sur http://rotary.graph.pagesperso-orange.fr, Rotary,‎ 14 avril 2003 (consulté le 3 octobre 2011)
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  67. « …utilisera-t-on le Dico des sectes publié par le … CCMM, qui amalgame aussi des groupes aux agissements sectaires avérés et des associations comme … le Chemin neuf et autres communautés charismatiques, reconnues de longue date par l’Église catholique ? » Le Monde du 30 juin 2000, cité par Prévensectes
  68. Voir par exemple le rapport 2010 : « Rapport 2010 », sur http://www.miviludes.gouv.fr, MIVILUDES,‎ 2010 (consulté le 29 août 2011)

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