Rite romain

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Le rite romain est le rite majoritaire de l'Église catholique. Pour environ un milliard de fidèles, il représente la manière dont sont célébrés la messe (missel romain), les autres sacrements (rituel romain), la liturgie des Heures ou l'office divin (bréviaire) et les autres cérémonies liturgiques (rituel et cérémonial des évêques).

D'autres rites sont également en vigueur dans l'Église latine, comme le rite ambrosien, en vigueur à Milan et dans certains diocèses du nord de l'Italie, le rite de Braga au Portugal, le rite mozarabe, qu'on célèbre à Tolède et quelquefois à Salamanque et à Madrid en Espagne, le rite cartusien utilisé par les Chartreux.

Enfin, les Églises catholiques orientales, tout en faisant pleinement partie de l'Église de Rome, suivent leurs rites particuliers qui les distinguent des rites latins.

Sommaire

Définition[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Histoire du rite romain et Rite tridentin.

Le rite romain est célébré dans l'Église catholique selon deux formes légitimes :

- La forme ordinaire, actuellement en vigueur, a été instaurée à la suite du concile Vatican II, promulguée par le pape Paul VI en 1969 et révisée sous le pontificat de Jean-Paul II. C'est pourquoi le Missel romain de 2002 est dit ex sacrosancti oecumenici concilii vaticani II instauratum, auctoritate Pauli pp. VI promulgatum, Ioannis Pauli pp. II cura recognitum (c'est-à-dire « instauré par le saint concile œcuménique Vatican II, promulgué sous l'autorité du pape Paul VI, révisé par les soins du pape Jean-Paul II »).

- La forme extraordinaire est le rite romain réformé à la suite du concile de Trente. Son usage est réglé désormais en application du motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI, promulgué en juillet 2007. Il s'applique à la célébration de la messe, des sacrements, de l'office divin et du cérémonial des évêques, et s'étend à tous les rites particuliers relevant du rite latin dont il est désormais licite d'utiliser les livres liturgiques en vigueur en 1962.

Le rite romain rénové[modifier | modifier le code]

À l'instar du concile de Trente, le concile Vatican II demanda la restauration du rite romain. Cette initiative faisait suite à un vaste courant d'études liturgiques et d'expérimentations pastorales que l'histoire désigne du nom de « mouvement liturgique » dont les différents courants, en France, en Belgique et en Allemagne, suscitèrent de vifs débats entre la naissance du mouvement, à la fin du XIXe siècle à l'instigation de Prosper Guéranger, et la seconde moitié du XXe siècle. Son fruit le plus immédiat fut l'adoption générale du rite romain au détriment des rites particuliers.

C'est en référence aux réformes qui ont suivi le concile Vatican II que la forme ordinaire du rite romain actuellement en vigueur est appelée « rite de Paul VI », pour le distinguer de sa forme extraordinaire, promulguée à la suite du concile de Trente, également appelée « rite tridentin », ou « de saint Pie V ». L'expression « rite paulinien », employée parfois pour désigner le rite romain promulgué par Paul VI, est source de confusion et doit être évitée : l'adjectif « paulinien » est ordinairement réservé, dans le lexique des historiens et des théologiens, pour qualifier ce qui concerne l'apôtre saint Paul. Les documents du magistère n'en font jamais usage.

En rigueur de terme, il n'y a ni « rite Paul VI », ni « rite tridentin » mais des réformes successives de la liturgie de l'Église de Rome dont l'usage s'est progressivement étendu à tout l'Occident latin à partir du début du VIIe siècle environ. De ce fait, il est impropre d'opposer les formes rituelles promulguées à la suite du concile de Trente et celles de la liturgie rénovée après Vatican II. Il ne s'agit pas de deux « rites » différents, mais de deux formes distinctes d'une même famille rituelle. Ce sont les deux dernières restaurations des livres liturgiques de l'Église de Rome, qui par ailleurs, sont régulièrement mis à jour dans des éditions officielles successives[1].

Le IIe concile du Vatican demandait, dans la constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie, une révision du rite romain. L'article 36 de cette constitution[2] dispose que « l'usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins. » et ajoute « Toutefois, soit dans la Messe, soit dans l'administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l'emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple : on pourra donc lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants ». Après une première mise à jour dès la fin 1964, un nouvel Ordo missæ (Ordinaire de la messe) a été publié par décret en 1965 se basant sur le Missel de 1962 pour les oraisons.

La Sacrée Congrégation des Rites promulgua le 6 avril 1969 un missel restauré, à la suite de la constitution apostolique Missale romanum du 3 avril 1969. Cette révision est entrée en vigueur à partir du 30 novembre 1969 pour la langue latine et, pour les autres langues, à partir de la parution des versions respectives dûment préparées.

L' Ordo missæ et le De defectibus, qui indiquent les normes de la Messe, ont été remplacés par l' Institutio Generalis Missale Romanum (présentation générale du missel romain).

Cependant l'unité liturgique demandée par le concile n'est pas synonyme d'uniformité rituelle (Sacrosanctum concilium no 4). Si le missel ainsi révisé est la forme ordinaire du rite romain, généralement employé dans l'Église latine, cela n'exclut pas la licéité d'autres rites liturgiques, consacrés par la coutume et l'approbation de l'Église (notamment les rites monastiques et les rites locaux tels le rite de Braga ou le rite ambrosien etc.).

La réforme liturgique de Vatican II reste en 2005 encore partiellement achevée : certains livres liturgiques, en particulier des parties du rituel romain, n'ont pas encore été intégralement et définitivement révisés et promulgués selon les normes de Vatican II. De plus, comme il en a toujours été au cours de l'histoire, cette réforme n'est pas uniformément appliquée pour des motifs divers dont le principal, dans les circonstances historiques de la fin du XXe siècle, semble être une perte générale du sens du sacré et le triomphe du rationalisme. Les excès de l'autoritarisme romain au cours du XXe siècle n'ont fait par ailleurs qu'exacerber les réflexes identitaires[réf. nécessaire].

Pour des informations plus générales sur la liturgie,

Article détaillé : liturgie catholique.

L’ordo missæ[modifier | modifier le code]

Principales réformes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : messe.

L’ordo missæ de 1969 veut apporter une clarification et une simplification par rapport aux cérémonies qui s'étaient progressivement accumulées dans le rite romain au cours des siècles. Par la constitution Sacrosanctum Concilium, les pères conciliaires, dans la lignée du mouvement liturgique, voulaient favoriser la mise en valeur du mystère de l'eucharistie en permettant une meilleure compréhension des rites, grâce, notamment, à certaines simplifications.

Entrée[modifier | modifier le code]

  • La messe solennelle chantée commence par l’entrée du clergé et des servants de messe en procession : l’encens porté par le thuriféraire parfume le chemin vers Dieu et représente la prière qui monte vers lui ; la croix portée par le cruciféraire est encadrée par les acolytes. En entrant dans le chœur, chacun fait le geste d’adoration défini (soit génuflexion, soit inclination profonde). Le clergé va ensuite donner un baiser à l'Autel qui symbolise le Christ et accomplit ainsi un geste de vénération. Les fidèles et la chorale assistent à cette procession debout, généralement en chantant l'Antienne d'introït avec des versets de psaume ou un « chant d’entrée » (souvent en langue vernaculaire).
  • Puis, la célébration s'ouvre par un signe de croix commun et une formule de salutation liturgique.
  • La cérémonie pénitentielle peut prendre plusieurs formes :
    • confiteor, dans une forme simplifiée mais avec l'ajout du péché en omission,
    • un double répons entre le Prêtre et l'assemblée, fixé dans le Missel Romain
    • l'usage de tropes fixées dans le Missel Romain en alternance avec le chant Kyrie Eleison
    • le dimanche a lieu le rite d’aspersion, on chante soit l'antienne Asperges me, soit au temps Pascal l'antienne Vidi aquam.
  • Vient ensuite le Kyrie, qui provient du chant des Litanies. Ces dernières étaient chantées à la fin de la Liturgie de la Parole et ont été progressivement déplacées au début de la Messe et raccourci aux seules acclamations Kyrie Elesion, Christe Eleison.
  • Lors des fêtes et des solennités, la chorale chante en alternance avec l'assemblée l'Hymne de la Messe, entonnée par le prêtre. Cette Hymne est invariable, il s'agit du "Gloria in Excelsis" (Gloire à Dieu).
  • Puis l’oraison est prononcée solennellement par le prêtre. Tous se joignent à la prière de l’Église par la réponse Amen (mot hébreu qui signifie "Oui je crois, je suis en accord avec cela").

Historiquement, le rite actuel de la procession d'entrée est une innovation inspirée du rite papal ancien selon lequel des processions conduisaient le pape et le clergé à l'église stationnaire, où la Messe était célébrée. L'ouverture de la Messe proprement dite est le premier acte liturgique qui lui est strictement rattaché, l'invitation oremus introduisant la collecte, prononcée au moment où le rassemblement est achevé.

Liturgie de la Parole[modifier | modifier le code]

Commencent alors les lectures : habituellement deux, y compris l’évangile. L’épître, extrait du Nouveau Testament (épître d’apôtre, actes des apôtres ou Apocalypse) ou de l'Ancien Testament, est chantée dans la grand-messe par le lecteur tourné à l'Ambon. Les chants du graduel et de l'alleluia (mot hébreu qui signifie "Louons Dieu") - substitué dans certains temps liturgiques par le trait - sont ordinairement des extraits de psaumes chantés par la chorale ou simplement lus par le prêtre. Le peuple y participe assis, puis se met debout pour la lecture de l’Évangile. Une deuxième lecture est ajoutée aux dimanches et jours de solennités, entre le Graduel et l'Alléluia. Le choix des lectures a été très fortement élargi, le lectionnaire temporal comportant à présent trois cycles annuels distincts pour les dimanches (années A, B et C) et deux pour les jours de semaine (années paires et impaires), auxquels il faut ajouter le cycle du lectionnaire sanctoral et du lectionnaire des rites particuliers (sépulture, baptême, mariages, etc.). Ces répartitions sur 3 ans correspondent à une lecture des 4 Evangiles :

  • Années A : Saint Matthieu
  • Années B : Saint Marc
  • Années C : Saint Luc
  • Saint Jean est lu pendant le temps Pascal, dont la première lecture est prise aux Actes des Apôtres.

Les lectures en semaine sont réparties sur 2 ans pour lire intégralement les 4 Évangiles en continu.

Certains jours on chante en plus une Séquence juste avant l'Alléluia (depuis 2002, avant 2002 elle était chantée après l'Alléluia). Dans le Missale Romanum il en reste 5 : pour Pâques (Victimæ Paschali), la Pentecôte (Veni Sancte Spiritus), la Fête-Dieu (Lauda Sion), Notre-Dame des Sept Douleurs (15 septembre - Stabat Mater) et enfin pour les messes des défunts et le 2 novembre (Dies Iræ).

La lecture de l'Évangile est entourée d’un grand nombre de rites dans la messe solennelle. Le rite de l’encensement rappelle qu’alors que toutes les lectures bibliques sont Parole de Dieu, dans l’Évangile on parle directement du Christ. Les acolytes encadrent le diacre avec leurs cierges, car cette parole est la lumière du monde. Le diacre proclame solennellement l’Évangile.

Le prêtre se rend ensuite à l'Ambon et commence le sermon, qui doit permettre une meilleure intériorisation de la Liturgie du jour en puisant dans les lectures et leur explication mais aussi dans les rites liturgiques.

Suit le credo (profession de foi) après un temps de silence lors des Solennités uniquement. Le Credo a été introduit dans la messe de rite romain au temps de l’empereur Henri II (1002-1024). Il s'agit de l'un des textes résumant la Foi défini lors des premiers conciles oecuméniques, en particulier les Conciles de Nicée et de Constantinople.

Puis le Concile Vatican II a instauré le rite de la « prières des fidèles », dont la forme est inspirée à la fois des prières du "prône" prononcées par le prêtre après le sermon à la période moderne, et de rites similaires plus anciens, également réservés au prêtres, et abandonnés par la liturgie romaine bien avant Grégoire le Grand.

Liturgie eucharistique[modifier | modifier le code]

Offrande du calice à l’offertoire

Offertoire[modifier | modifier le code]

Dans les premiers temps de l’Église, le diacre faisait se retirer les catéchumènes et les pénitents. Dans le rite byzantin, il subsiste une formule de renvoi des catéchumènes. Il ne restait que les « fidèles » : c’est de ce fait que cette partie de la messe tient son nom.

L’offertoire commence. L'offertoire a été très allégé pour tendre à la sobriété de la Liturgie Romaine, pour en supprimer les prières et invocations du célébrant qui semblent faire double emploi avec celles du Canon. La volonté du réformateur est d'empêcher un risque de confusion : l'offertoire consiste dans la présentation des offrandes pour le sacrifice, il n'est pas le sacrifice lui-même. L'offertoire est accompli par le prêtre, en tant qu'homme, tandis que le sacrifice est accompli par le prêtre « in persona Christi ». Certaines prières avaient une tournure d'épiclèse, qui normalement se trouve dans le Canon.

Le prêtre offre à Dieu le pain, en le bénissant selon une antique formule de bénédiction directement inspirée des bénédictions Juives. Après avoir versé un peu d'eau dans le vin pour symboliser l'union de Dieu avec l'Homme, il le présente en donnant une bénédiction similaire à la première, provenant également des bénédictions Juives. Souvenons-nous que la première Eucharistie n'était pas une Liturgie Chrétienne mais le repas liturgique de la Pâques Juive. Néanmoins, la Messe n'est pas une nouvelle forme de la Cène. La Cène est commémorée le Jeudi Saint et uniquement à la Messe du soir. Après ces bénédictions, le prêtre demande que le sacrifice qui va avoir lieu trouve grâce aux yeux de Dieu.

Dans la grand-messe, lors du rite d’encensement, on encense les offrandes, l’autel, le crucifix, puis le prêtre, les clercs et enfin les fidèles : l’encens traduit en effet l’honneur que l’on doit à Dieu seul, et on reconnaît par là la présence de Dieu spécifique en chacun de ces membres. Après ce rite, vient prendre place le lavabo : en récitant le verset 4 du psaume 51, le prêtre reconnaît son indignité et demande à Dieu la purification. Il demande ensuite la prière du peuple par l'Orate fratres. Dans la continuité de la prière de l'assemblée, il dit la prière sur les offrandes ou Secrète.

Préface et canon[modifier | modifier le code]

Le célébrant dialogue avec l'assemblée en chantant, en indiquant quels doivent être les sentiments du peuple qui entre alors dans la célébration du mystère eucharistique. « Sursum corda » - « habemus ad Dominum » (Haut les cœurs - Nous les tournons vers le Seigneur), « Gratias agamus Domino Deo nostro » - « Vere dignum et justum est » (Rendons grâce au Seigneur notre Dieu - Cela est digne et juste.)

Le prêtre entonne alors la préface, dont la musique d’une grande sérénité faisait dire à Mozart qu’il donnerait toute son œuvre pour l’avoir écrite. La préface est un chant de gratitude pour ses bienfaits, surtout ceux qui ont relation avec la fête du jour. Les textes de la préface varient pour les différentes périodes du calendrier liturgique. Ils terminent toujours en rappelant et en s’unissant avec les louanges des anges et des saints au ciel : « Saint, saint, saint, le Seigneur, le Dieu tout-puissant » (Is 6,3; Apoc 4,8).

Le premier verset du Sanctus est une citation d’Isaïe « Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire » (Is 6,3), le deuxième est tiré de saint Mathieu « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Math 21,9).

Miniature extraite du Livre d’heures du maréchal de Boucicaut

Le prêtre s’incline profondément et commence le canon. Cette « règle officielle de la grande prière sacrificielle » [3] est fixée depuis le Ve siècle et n’a évolué que d’un mot en 1962, lorsque Jean XXIII ajouta saint Joseph au Communicantes. Depuis le haut Moyen Âge, cette prière est dite à voix basse (elle doit être labialisée par le prêtre - les rubriques précisent « dicit »). Depuis Vatican II, elle est chantée à voix haute pour permettre la participation active de l'assemblée par une écoute attentive et par une attitude spirituelle d'union avec le prêtre qui dit cette prière en son nom. Une modification a été ajoutée : la partie "Mysterium fidei", qui ne fait pas partie à proprement parler des Paroles du Christ a été sortie du récit de la consécration et placée immédiatement après pour inviter le peuple à répondre par 3 formules définies dans le Missel et résumant l'anamnèse.

Te igitur : c’est le Père que, profondément incliné, le prêtre supplie d’agréer le sacrifice de son Fils par la grâce de ce même Christ. In primis : en premier lieu le prêtre prie pour l’Église et ses gardiens : le pape et les évêques (mais aussi le roi dans les monarchies catholiques). Memento : le prêtre prie pour tous les assistants à la messe et leurs proches. Mais aussi pour tous les chrétiens unis par la pensée et la prière et qui ne sont pas présents. Le célébrant marque une interruption dans la récitation du canon pour placer les intentions particulières de cette messe. Communicantes, Par les mérites acquis par la Vierge Marie et tous les saints, l’Église demande à Dieu d’accorder secours et protection à tous les chrétiens.

Hanc igitur : le prêtre étend les mains sur les offrandes : au nom de l’Église, le prêtre remet la direction du sacrifice à Dieu qui seul sauve. À cet instant, un acolyte sonne la clochette : les fidèles savent maintenant que le mystère de la transsubstantiation va s’accomplir et le plus grand silence souligne le mystère. Les rubriques précisent que les paroles de consécration sont prononcées secrete, c’est-à-dire d’une manière distincte ou isolée, séparée du reste, faisant ainsi valoir le mystère qu’elles représentent.

Quam oblationem : c'est l'épiclèse, le prêtre en appelle à la grâce divine pour que le sacrifice s’accomplisse selon Sa volonté.

Qui Pridie : s’identifiant au Christ dont il accomplit plusieurs des gestes, le christ au travers du prêtre récite les mots par lesquels le pain puis le vin deviennent son Corps et son Sang. Est alors renouvelé sacramentellement de manière non sanglante le sacrifice de la croix. Depuis le Xe siècle, l’élévation permet au peuple de contempler et adorer le corps et le sang sous les espèces du pain et du vin.

Mysterium Fidei : là débute l'anamnèse. À ces paroles du prêtre, qui expriment que la Présence Réelle du Christ sur l'Autel, l'assemblée est invitée à répondre par une des 3 formules fixées dans le Missel. C'est la seule partie du Canon adressée au Christ et non au Père. L'anamnèse se poursuit par la prière suivante. Unde et memores : le prêtre continue la prière. Il offre à Dieu les biens parfaits qui sont maintenant sur l’autel. Supra quae : ces offrandes sont alors comparées aux deux grands sacrifices agréables à Dieu de l’Ancien Testament : celui d’Abel et celui de Melchisédech. Supplices : le prêtre demande que « le saint Ange de Dieu » porte cette offrande parfaite au ciel, afin que ceux qui participent au sacrifice sur Terre en retirent grâce et bénédiction. Memento : le prêtre prie alors pour les défunts et marque une interruption pour citer les intentions particulières. Nobis quoque : ce sont les fidèles présents, pécheurs, qui demandent le bonheur éternel, non pas grâce à leurs mérites si faibles, mais par le pardon octroyé par Dieu. Per quem : et c’est le Christ qui Dieu crée, sanctifie, fait vivre, bénit et donne ses bienfaits.

Per ipsum : par le Christ, avec le Christ et en le Christ, le peuple chrétien peut rendre à Dieu honneur et gloire. Cette formule est directement inspirée de Saint Paul.

Amen : en répondant ainsi, l'assemblée signifient l’adhésion du peuple chrétien à la grande prière d'action de grâce.

Communion et fin de la messe[modifier | modifier le code]

Partition du Pater Noster grégorien

Le Pater Noster est chanté par le prêtre et les fidèles, manifestant ainsi l'unité de l'Église malgré la diversité des membres. Cette prière du Seigneur est conclue par un embolisme, prière ancienne fixée à la fin du VIe siècle.

Vient ensuite le rite du baiser de paix. Le prêtre rappelle qu'il s'agit de la Paix du Christ selon sa Parole et non une paix humaine et conclue en transmettant cette paix du Christ à tous : pax domini sit semper vobiscum, ces paroles sont la formule qu’emploie l’évêque à la place du Dominus Vobiscum. Puis il échange un baiser de paix avec les autres concélébrant ou avec le Diacre. Celui-ci peut éventuellement inviter l'assemblée à échanger un geste de paix dans le calme et sans déplacement, chacun avec son voisin.

La fraction de l’hostie réunit deux rites antiques : la fraction du pain est symbole d’unité : un même pain, rompu et distribué ; la commixtion (un morceau d’hostie est mêlé au sang dans le calice) symbolise l’union entre le prêtre et l’évêque, rappel d’un rite ancien où cette parcelle était envoyée par l’évêque à chacun de ses prêtres. La chorale entonne alors l'Agnus Dei. Suit la première prière Domine Jesu Christe demandant la paix pour l’Église. Lors de la messe solennelle, le rite de la paix a alors lieu : le célébrant baise l’autel (car la paix vient du Christ), puis donne la paix au diacre. Celui-ci la transmet alors au sous-diacre et au reste du chœur.

Les deux « prières avant la communion » (Domine Jesu Christe et Perceptio Corporis tui), que le prêtre prononce silencieusement, proviennent des formules médiévales de dévotion privées avant la communion, et ont été prescrites par le missel de saint Pie V. La première était déjà recommandée par Alcuin, le liturgiste de Charlemagne ; la deuxième date du Xe siècle.

Avant de communier, le prêtre présente le Très Saint Sacrement aux fidèles en les invitants à prier par le "Ecce Agnus" et tous répétent les paroles du centurion de Capharnaüm, « Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbo et sanabitur anima mea » (Math 8, 8) (Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon âme sera guérie).

La chorale commence alors l'antienne de Communion, en alternant avec des versets de psaumes et le clergé communie. Puis vient la communion des fidèles qui s'avancent en procession.

La nécessité d'une communion fréquente a souvent été réaffirmée par le magistère dès la fin du XIXe siècle, et la pratique s'en est généralisée au fil du XXe siècle.

Le prêtre proclame ensuite, après un temps de silence et de recueillement, la prière après la communion (ou « postcommunion ») demandant à Dieu que cette rencontre avec son Fils soit réellement profitable.

Envoi[modifier | modifier le code]

Avant de renvoyer l'assemblée, le prêtre donne une bénédiction, qui peut être simple ou solennelle (triple bénédiction) ou encore précédée d'une prière sur le peuple (dans ce cas le Diacre demande à l'assemblée de s'incliner).

Le prêtre renvoie alors l’assemblée par la formule qui a donné son nom à la messe : Ite, missa est veut dire littéralement « allez, c’est l’envoi ». Puis il bénit l’assemblée. Cette bénédiction était historiquement celle du célébrant se rendant à la sacristie, qui a fini par être incorporée dans le rite de la Messe.

Modification des rubriques générales[modifier | modifier le code]

Les différences proviennent aussi bien de l’ordo missae proprement dit, que de la manière de célébrer la messe. Là où le rite romain était très précis et rigoureux, la liturgie restaurée introduit plus choix de variantes en donnant des indications d'opportunité dont tout le monde n'a pas tenu compte.

  • La différence la plus évidente est que l'office peut être célébré en langue vernaculaire et non plus uniquement en latin. Néanmoins le Concile parle d'utiliser la langue vernaculaire seulement pour les lectures.
  • Le choix de base des chants reste celui donné par le graduel, et s'appuie officiellement sur le chant grégorien, qui est et demeure le seul chant officiel de l'église romaine ; mais d'autres chants peuvent y être substitués sous réserve d'avoir été approuvés par la conférence épiscopale. Toutefois le chant du graduel peut être remplacé par un psaume responsorial du lectionnaire sans que cela soit une obligation ([4]).
  • Il est recommandé à présent que l'autel soit construit de manière à pouvoir en faire le tour pendant son encensement et éventuellement célébrer la messe face au peuple, mais cette orientation de la prière n'est pas une obligation et surtout n'est pas la forme normale de la célébration. Les maîtres-autels sont traditionnellement bâtis face à l'Est : le soleil levant est le rappel de la résurrection. Les anciennes basiliques romaine (comme Saint-Pierre de Rome) ont la porte tournée vers l'Est : le célébrant se tourne donc vers le peuple pour faire face au soleil levant. La majeure partie des églises sont construites avec le chœur à l'est : le prêtre face à l'autel était nécessairement dos au peuple[5]. La norme actuelle est de rappeler à fois la forme de la « table eucharistique » et de l'autel du sacrifice. Ceci laisse libre l'orientation du célébrant, qui n'est plus astreint à se tourner vers l'Est ; il se place le plus souvent derrière l'autel, donc face au peuple. En tous les cas, le véritable critère de l'orientation de la prière à la messe n'est pas le peuple mais Dieu, vers lequel le célébrant se tourne spirituellement pour lui présenter le sacrifice de l'Église dont il est le ministre.
  • La prière eucharistique est dite à haute voix, ce qui est un retour à la pratique antique où cette prière était dite à voix normale ou chantée[réf. nécessaire]. Le missel indique clairement quelles sont les prières que le prêtre dit en silence, mais recommande qu'il chante ces parties de la prière eucharistique pour lesquelles le missel donne des notes musicales[6].

Troisième édition typique[modifier | modifier le code]

La seule expression universellement autorisée du rite romain actuellement en vigueur est la troisième édition typique du Missel romain en latin, révisé selon les normes du concile Vatican II et publié en 2002. Cette édition comporte de nombreux changements de détail par rapport aux éditions précédentes de 1969 et 1975, en particulier dans l'Institutio Generalis Missalis Romani qui le décrit en détail.

  • L'Ordo missae est très peu touché.
  • Quelques prières eucharistiques nouvelles, déjà promulguées pour l'Église universelle, sont incorporées dans le Missel. Pendant que celles d'usage général restent toujours au nombre de quatre, on en a ajouté d'autres dont l'usage est permis uniquement dans des circonstances particulières: deux pour la réconciliation, une autre (qui contient quatre variantes de la préface et de l'intercession) pour diverses nécessités, et, en appendice, deux pour les messes célébrées avec des groupes d'enfants.
  • Il a été ajouté une nouvelle préface et quelques oraisons nouvelles, en particulier des oraisons « sur le peuple » destinées à la conclusion des messes de Carême, selon un usage ancien restauré.
  • L'édition 2002 a ajouté au sanctoral 11 célébrations facultatives. De ces 11, 3 sont de saints canonisés par le pape Jean-Paul II.

Cette édition entérine certains usages déjà introduits officiellement dans l'usage, parfois sans l'approbation du Saint-Siège, dans certaines églises locales (Symbole des Apôtres, prières eucharistiques supplémentaires); mais elle y applique quelquefois d'importants changements, comme celui de ne plus permettre l'usage de la prière eucharistique pour diverses nécessités comme une prière eucharistique ordinaire. (Cette prière est appelée parfois « prière eucharistique suisse », parce que sa version originale, désormais sévèrement retouchée, avait été composée à l'occasion du Synode suisse de 1972 pour lequel elle n'avait jamais reçu l'approbation du Saint-Siège).

La traduction officielle en Français de la Présentation générale du Missel romain de 2002 (troisième édition typique) a été publiée en avril 2008. [2] La traduction française du Missel romain en entier est en cours.

Évolution ultérieure[modifier | modifier le code]

Selon certains commentateurs, une « réforme de la réforme » serait actuellement en cours d'élaboration : le pape Benoît XVI veut « renouer avec la liturgie traditionnelle » et « veut réaliser une synthèse entre la messe de Paul VI après Vatican II et ce que la Tradition peut lui apporter »[7]. Ce mouvement de réforme est solidement ancré dans la pensée de Benoît XVI qui ne l'a jamais caché avant de devenir pape. Il écrivait ainsi dans ses Mémoires : « Je suis convaincu que la crise de l'Église que nous vivons aujourd'hui repose largement sur la désintégration de la liturgie. »[8]

Déroulement de la messe romaine promulguée en application du concile Vatican II[modifier | modifier le code]

D'après la troisième édition typique du Missel romain (2002).

Ouverture de la célébration[modifier | modifier le code]

Procession d'entrée[modifier | modifier le code]

Procession d'entrée
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Jusqu'au VIe siècle, à Rome, la procession se rendait de la résidence du pape à l'église de station, où devait avoir lieu la messe, en chantant les litanies. À l'arrivée de la procession, la messe débutait par le Kyrie, qui concluait ces litanies et était chanté pendant que le célébrant se préparait à la sacristie. À partir du Ve siècle sous saint Célestin Ier, la norme fut de commencer la messe par un Introït, ou chant d'entrée, spécifique. Ce chant comportait initialement tout un psaume, qui fut réduit à un seul verset au Xe siècle.

Le prêtre se rend à l'autel en procession, précédé des clercs et servants de messe : accompagné du naviculaire, le thuriféraire qui balance son encensoir fumant ouvre la procession lors des messes solennelles ; sinon lors de la messe dominicale, c'est le cruciféraire portant la croix de procession et les céroféraires l'encadrant et portant des cierges allumés qui précèdent la procession ; puis suivent les acolytes (porte-missel, porte-micro lorsque le prêtre qui préside la messe ne se tient pas à l'autel), un lecteur ou un diacre élevant l'évangéliaire ; les diacres puis les prêtres clôturent la procession, sauf lorsque la cérémonie est présidée par l'évêque[9]. Dans ce ces, la procession des diacres, deux par deux et des prêtres concélébrants deux par deux, est clôturée par l'évêque coiffé de la mitre et portant la crosse, suivi un peu en arrière des porte-insignes (porte-mitre (de) à droite, porte-crosse (de) à gauche, équipés des vimpas) et du cérémoniaire qui l'assiste[10].

Le chant de l'introït peut être remplacé par un chant en langue vernaculaire.

Salut à l'autel[modifier | modifier le code]

Le cérémonial du salut à l'autel date du VIIIe siècle, l'encensement a été ajouté au XIIIe siècle.

L'entrée dans le sanctuaire se fait par une génuflexion ou une inclination, puis les ministres ordonnés baisent l'autel, symbole du Christ.

Signe de croix, formule de salutation[modifier | modifier le code]

La messe commence par le signe de croix, puis le prêtre salue l'assemblée par une formule du type « Que la grâce de Dieu le Père, l'amour de son fils Jésus-Christ et la communion du Saint-Esprit soient toujours avec vous » (Dominus vobiscum) ou « Que la paix soit avec vous » (Pax vobiscum (en)), l'assistance répond « et avec votre esprit ».

Préparation pénitentielle[modifier | modifier le code]

La confession des péchés a toujours précédé la Messe, on en trouve déjà la trace dans la Didaché dès le Ier siècle : « Le jour du Seigneur, rassemblez-vous, rompez le pain et rendez grâces, après avoir confessé vos fautes pour que votre sacrifice soit pur ».

La préparation pénitentielle actuelle dérive des prières au bas de l'autel, initialement réservées au prêtre et à ses ministres, et auxquelles l'assemblée était invitée à participer silencieusement durant les messes basses. Plusieurs formules sont utilisables : Le Confiteor date du XIVe siècle et a été simplifié en 1969 ; La formule V/. Miserére nostri, Dómine R/. Quia peccávimus tibi. V/. Osténde nobis, Dómine, misericórdiam tuam. R/. Et salutáre tuum da nobis. Dans cette formule, le deuxième verset (Ps 84:8) était déjà utilisé par le rite tridentin, dans l'oraison finale des prières au pied de l'autel. Le premier « verset » est en fait un assemblage hétérogène : l'invitation vient du Ps 122:3, mais la réponse est tirée de Jérémie (Je 14:20) ; ou encore le Kyrie Eleison prononcé en alternance. Cette formule rappelle les litanies, processions de pénitence précédant autrefois la messe et qui sont à l'origine de l'Introït et du Kyrie. Cette prière est dite en grec, reliquat de la langue liturgique utilisée dans le rite latin jusqu'à la fin du IIIe siècle.
Le Kyrie marquait primitivement la fin des litanies de la procession, et le début de la messe. L'invocation était répétée jusqu'à ce que le célébrant fasse signe de cesser. Le Kyrie a été introduit dans la Messe romaine à la fin du Ve siècle par le pape d'origine africaine saint Gélase Ier. Au VIe siècle, le nombre de répétitions fut fixé à neuf par saint Léon le grand, et au XVIe siècle, le pape Pie V fixa qu'on dirait trois fois Kyrie, trois fois Christe et trois fois Kyrie, en l'honneur de la Sainte-Trinité. Paul VI a réduit ces invocations à deux de chaque, sauf si la mélodie en exige un nombre différent.

Gloria[modifier | modifier le code]

Le Gloria paraphrase le cantique des anges de la nuit de Noël. C'est une hymne très ancienne, dont l'auteur est inconnu. À l'origine prière des laudes composée par l'Église d'Orient, elle fut introduite dans la messe de la nuit de Noël au IIe siècle. Au VIe siècle, elle fut généralisée aux messes des dimanches, des fêtes et des martyrs (VIIIe siècle), d'abord uniquement quand elles étaient célébrées par les évêques, puis à partir du XIIe siècle par tout prêtre.

Oraison d'ouverture, ou Collecte[modifier | modifier le code]

La première oraison est appelée collecte, parce qu'elle se dit au nom de tous les fidèles réunis et de la communauté chrétienne, et exprime précisément ce que l'Église demande dans l'office du jour. Aux premiers temps de l'Église, la collecte (comme la secrete et la post-communion) étaient des prières improvisées par le célébrant. Ces trois oraisons sont attestées dès le IIIe siècle. Très rapidement, on collectionna celles qui parurent les mieux composées, pour les proposer au choix du célébrant. Finalement, au VIIe siècle, saint Grégoire le grand en fixa la distribution primitive.

Dans la liturgie romaine, il pouvait y avoir autrefois jusqu'à trois collectes par messe (avec les secretes et post-communions correspondantes), mais cet usage a été supprimé au milieu du XXe siècle. En effet, certains jours, le calendrier liturgique catholique célébrait plusieurs fêtes. Les oraisons de la liturgie latine se distinguent par leur sobriété et leur précision, alors que celles des liturgies orientales sont beaucoup plus ornées et poétiques.

Liturgie de la Parole[modifier | modifier le code]

Primitivement, rien n'était réglé pour le choix des lectures. Jusqu'au concile de Trente, il existait plusieurs séries de « péricopes » constituant différents lectionnaires en usages dans différentes régions ecclésiastiques.

Le Missel rénové a complètement refondu la distribution, le nombre et le contenu des textes du lectionnaire de la Messe. À présent, tous les jours de l'année ont leur messe propre, et le cycle des lectures dominicales s'étend sur trois années (A, B et C). Tout en préservant les assignations traditionnelles, le choix des lectures a été très élargi, conformément aux orientations du concile Vatican II, pour que les fidèles accèdent plus pleinement aux richesses de l'Écriture. Une deuxième lecture a été mise à l'honneur, mais elle n'est lue qu'aux dimanches et fêtes solennelles, et peut être supprimée si des raisons le justifient. De même, le Graduel peut être remplacé par un Psaume responsorial chanté, ou simplement lu, après la première lecture.

Le lecteur lit à haute voix, les mains posées sur le livre, si celui-ci repose sur un pupitre. Ce geste du lecteur est un signe d'attachement à la doctrine contenue dans le texte sacré, et rappelle que jusqu'en 1970, il tenait ordinairement lui-même le livre.

Monitions d'introduction[modifier | modifier le code]

La faculté d'introduire des monitions dans les rites date du concile de Trente, mais la pratique n'était pas passée dans l'usage. Elle a été rappelée et remise à l'honneur par le mouvement liturgique depuis la fin du XIXe siècle, afin de faciliter la meilleure connaissance et compréhension des rites, puis entérinée par le concile de Vatican II. (Sacrosanctum Concilium, no 35, 3)

Première lecture[modifier | modifier le code]

Dans le rite romain actuel, cette première lecture est habituellement un passage de l'Ancien Testament, sauf pendant le temps pascal, où, en signe de la Nouvelle Alliance, il s'agit d'un passage des Actes des Apôtres.

Psaume ou répons graduel[modifier | modifier le code]

La forme traditionnelle du graduel remonte à Saint Célestin Ier. Jusqu'au IVe siècle, le psaume associé au graduel était chanté en entier. Depuis le VIIe siècle, au temps pascal, le Graduel est remplacé par un alléluia pascal. Dans le chant grégorien, la mélodie très ornée sur laquelle le Graduel est chanté constitue la partie la plus musicale de la messe, c'est pourquoi le livre liturgique où sont réunis les chants du propre de la messe est appelé Graduel. Le répons graduel, étant très orné, pouvait n'être chanté que par un ou deux chantres. Pour mieux se faire entendre, les chantres montaient sur les marches de l'ambon ou du jubé, d'où son nom de Graduel (du latin gradus, qui signifie marche ou degré).

La réforme liturgique a conduit à rétablir l'usage du chant du psaume complet, les antiennes associées au psaume étant simplifiées en conséquence.

Seconde lecture (épitre)[modifier | modifier le code]

Cette seconde lecture est habituellement un texte du Nouveau Testament (épîtres apostoliques le plus souvent).

Séquence[modifier | modifier le code]

Aux origines, le dernier Alléluia du graduel était suivi d'une longue suite de notes joyeuses chantées sans paroles, symbole des joies sans fin du paradis, que l'on appelait jubilus (chant de jubilation). À partir du XIIe siècle, la coutume s'introduisit d'y ajouter à certaines fêtes de nouvelles compositions en vers, d'origines non bibliques, appelées aussi parfois prose. Les séquences (ou proses) étaient très répandues avant la révision de saint Pie V, qui en réduit le nombre (Victimae à Pâques, Veni Sancte Spiritus à la Pentecôte, Dies irae pour la messe des morts, Lauda Sion pour la Fête-Dieu, auxquelles s'ajouta le Stabat Mater en 1727).La place de la séquence a beaucoup varié au cours du temps, placée tantôt avant, tantôt après l'Alleluia.

L'édition 2002 du missel romain la place avant l'alléluia. La « séquence » ne présente aucun lien avec le contenu des lectures. Ce déplacement n'a d'autre but que de rendre à l'Alléluia son rôle d'introduction à la proclamation de l'évangile.

Alleluia ou Trait[modifier | modifier le code]

L'Alléluia (« Allelu Yahwé », louez Dieu) est un chant de joie et de triomphe, introduit par saint Damase pour le temps pascal. Saint Grégoire le Grand en étendit l'usage à tous les dimanches et fêtes, en dehors du carême. Pendant le Carême, l'Alléluia est remplacé par le Trait. Le trait est ainsi appelé parce qu'à l'origine il était chanté sans être interrompu par une antienne ou un répons. Il se compose de quelques versets d'un psaume, parfois chanté en entier.

Évangile[modifier | modifier le code]

À la messe sans diacre, le prêtre prononce « Munda cor meum, ac lábia mea, omnípotens Deus, ut sanctum evangélium tuum digne váleam nuntiáre. » soit « Purifie mon cœur et mes lèvres, Dieu tout-puissant, pour que je puisse annoncer dignement ton saint évangile.» À la messe avec diacre, le diacre profondément incliné devant le prêtre, demande sa bénédiction, en disant à mi-voix: « Iube, domne, benedicere. » soit « Père, bénissez-moi.» Le prêtre le bénit en disant: « Dóminus sit in corde tuo et in lábiis tuis : ut digne et competénter annúnties Evangélium suum. In nómine Patris, et Fílii, + et Spíritus Sancti. » soit « Que le Seigneur soit dans ton cœur et sur tes lèvres : pour annoncer dignement et convenablement son Evangile. Au nom du Père, et du Fils, + et du Saint Esprit .» Le diacre fait sur lui-même le signe de la croix et répond : « Amen.» La lecture de l'Évangile est précédée d'une procession qui date du VIIIe siècle, la prière de préparation n'a été ajoutée qu’au XIIIe siècle. Pendant l'annonce de l'Evangile, le lecteur (prêtre ou diacre) fait un signe de croix avec le pouce sur le livre, et sur son front, sa bouche et sa poitrine. Charlemagne écrivait à son liturgiste Alcuin « Par cette croix, nous préservons notre cœur de mauvaises pensées, afin qu’il reste pur pour bien saisir les paroles du salut » À la fin de l'Évangile, le diacre prononce l'acclamation: V/. Verbum Domini R/. Laus tibi, Christe. V/. Parole du Seigneur. R/. Christ, louange à toi. Cette louange au Christ est anciennement attestée dans la liturgie, mais dans le rite tridentin le diacre ne disait pas Verbum Domini. Seuls les fidèles acclamaient la finale de l'évangile par Laus tibi Christe. Enfin, le lecteur vénère le livre par un baiser en disant à voix basse : «  Per Evangelica dicta deleantur nostra delicta.  » soit «  Que par les paroles de cet Évangile nos péchés soient effacés.  »

Homélie[modifier | modifier le code]

Le concile de Trente a prescrit aux Pasteurs « d'expliquer fréquemment par eux-mêmes et par d'autres quelque partie de ce qui est lu à la Messe, et entre autres d'éclairer quelque aspect du mystère de ce très saint sacrifice ». « Bien que la Parole Divine, dans les lectures de la sainte Écriture, s'adresse à tous les hommes de n'importe quelle époque, et leur soit intelligible, son efficacité est accrue par un exposé vivant, c’est-à-dire par l'homélie, qui fait partie de l'action liturgique. »

Pour autant ce n'est qu'à partir de 1965 que l'homélie devient une partie intégrante de la messe trouvant sa place dans le missel.

Profession de Foi[modifier | modifier le code]

Jusqu'au Ve siècle, la Messe n'avait pas de Credo. Il fut progressivement introduit dans les rites d'orient au cours du VIe siècle en réaction contre diverses hérésies. Le concile de Tolède demanda en 589 « Qu’on fasse retentir le Credo, par ce chant, la vraie foi s’affirme d’une façon éclatante, et l’âme des populations catholiques, revivant sa croyance, se prépare à recevoir la communion du corps et du sang du Christ ». Son usage se répandit au VIIIe siècle en Espagne puis aux pays francs, sous l'influence de Charlemagne qui le fit chanter après l'évangile. Il ne fut généralisé dans la liturgie romaine qu'en 1014, pour le sacre de l'empereur Henri II : étant initialement destiné à combattre les hérésies, il ne convenait pas à la liturgie du siège apostolique, par nature orthodoxe.

Depuis 2002, il est possible d'utiliser au choix le symbole de Nicée-Constantinople ou le symbole des apôtres.

Prière universelle[modifier | modifier le code]

Aux VIe et VIIe siècles, à Rome, la messe a comporté pendant un temps une prière des fidèles prononcée par le prêtre seul à partir de formulaires fixes rédigés et non improvisés en fonction des circonstances. Ces prières disparurent progressivement, remplacées par des litanies qui avaient la préférence des fidèles, ne laissant comme trace que les grandes oraisons du Vendredi Saint, et l'invitation à la prière précédant l'offertoire dans le missel de saint Pie V, que ne suivait plus aucune oraison. Cependant, les prières traditionnelles dites « du prône », qui prirent place après le sermon à la fin du Moyen Âge, étaient toujours en usage dans certaines liturgies paroissiales. Ces prières ont subi de nombreuses variations suivant les diocèses. La liturgie conciliaire a réintroduit la pratique de la prière universelle ancienne en la systématisant et lui apportant des innovations substantielles.

Offertoire[modifier | modifier le code]

Le premier geste de la liturgie eucharistique est d'étendre sur l'autel un corporal, par respect pour le corps du Christ qui y sera posé. Déjà au quatrième siècle, le pape saint Sylvestre demandait qu'il soit en lin « pour mieux représenter le suaire du Seigneur. »

Le format du corporal était beaucoup plus grand autrefois. Dans le plus ancien cérémonial (au VIIe siècle) on l'étendait d'un côté à l'autre de l'autel, comme une nappe. Par la suite, au cours du Moyen Âge, il pouvait être rabattu sur le calice de manière à le couvrir complètement à partir de l'offertoire. La pale et le voile de calice, introduits à la fin du Moyen Âge, sont en réalité des éléments disjoints de cet antique corporal.

Primitivement, l'offrande était faite en silence. À partir du IVe siècle, elle fut accompagnée du chant de l'offertoire, composé généralement d'un psaume psalmodié sur un ton simple, et d'une antienne que l'on répétait comme refrain à chaque verset. Lorsque la procession d'offrande fut supprimée au XIe siècle, le chant d'offertoire fut réduit à son antienne.

Les quêtes qui se font à l'offertoire sont un souvenir de l'ancienne offrande, où les fidèles apportaient non seulement le pain et le vin du sacrifice, mais également toute sorte d'objets qui devaient servir à l'entretien du culte et du clergé, ou bien des pauvres.

Prière d'offrande[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XIe siècle, on passait directement de l'offrande des fidèles à la Secrete. Les prières de l'offertoire qui précèdent l'Orate fratres et l'oraison sur les offrandes sont d'origine gallicane. Elles furent adoptées officiellement à Rome au XIIIe siècle, et la révision du missel au XVIe siècle les rendit obligatoires. La forme et le nombre de ces prières ont beaucoup varié avant le concile de Trente qui a fixé leur forme.

Ces prières (invocation de l'Esprit, formulation de l'intention du sacrifice…) axées sur la présentation, la purification et la sanctification des offrandes et du célébrant introduisaient celles du Canon auquel elles préparaient aussi le prêtre, lui rappelant le sens de ce qu'il allait accomplir. La réforme liturgique d'après Vatican II a voulu rendre sa spécificité à l'offertoire en formulant de façon plus synthétique les prières silencieuses du prêtre, en supprimant la prière Suscipe sancta Trinitas considérée comme un doublet de la première partie du Canon romain (prière eucharistique I) mais sans équivalent dans les autres prières eucharistiques, en instaurant un dialogue avec l'assemblée, sans équivalent dans les formes antérieures des liturgies latines, en vue d'une participation plus active de l'assemblée.

Les formules de bénédiction sont très proches de celles de la Didachè[réf. nécessaire], prière privée d'époque apostolique, dont les réformateurs de Vatican II, tributaires de l'état de la recherche historique de leur temps, pensaient qu'elle avait servi à la liturgie primitive, hypothèse aujourd'hui fortement mise en doute[réf. nécessaire].

Encensement[modifier | modifier le code]

L'encensement est une geste d'adoration quand il est offert à Dieu et une marque d'honneur dont on entoure les personnes et les objets qui sont offerts à Dieu ou qui lui offrent le sacrifice. À travers l'encensement, c'est toujours Dieu que l'on honore. En encensant les hommes, l'Église honore la créature que Dieu a faite à son image. Ainsi, on encense le prêtre parce qu'il offre le sacrifice eucharistique in persona Christi ; on encense le clergé et les fidèles parce qu'ils sont les temples du Saint-Esprit et les prêtres du sacrifice spirituel offert sur l'autel de leur vie, sommet de l'action liturgique et consommation dans l'unité du sacrifice eucharistique.

De plus, l'encens est ici le symbole de la prière qui monte vers Dieu, ce qu'exprimait la prière dite à l'encensement des offrandes dans le rite de saint Pie V : « Incénsum istud, a te benedíctum, ascendat ad te, Dómine, et descéndat super nos misericórdia tua. » (que cet encens béni par toi monte vers toi, Seigneur, et que descende sur nous ta miséricorde) Et de même le psaume 140 qui était dit à l'encensement du crucifix et de l'autel : « Dirigátur Dómine orátio mea sicut incénsum in conspéctu tuo » (Que ma prière monte vers toi comme l'encens, Seigneur…).

L'encensement des offrandes ne date que du XIIIe siècle. Les prières à voix basse qui l'accompagnaient sont devenues facultatives dans le missel de Paul VI.

Orate Fratres[modifier | modifier le code]

Le prêtre conclut l'offertoire par la formule V/. Oráte, fratres : Ut meum ac vestrum sacrifícium acceptábile fiat apud Deum Patrem omnipoténtem. (Priez, mes frères, pour que mon sacrifice qui est aussi le vôtre soit agréable à Dieu le Père tout-puissant.) R/Suscipiat Dominus sacrificium de manibus tuis, ad laudem et gloriam nominis Sui, ad utilitatem quoque nostram totiusque Ecclesiae sanctae. (Que le Seigneur recoive de vos mains le sacrifice à la louange et à la gloire de Son nom, ainsi que pour notre bien et celui de toutes son Église sainte)

L'Orate fratres date initialement du IXe siècle son texte fut fixé au XIIIe siècle dans le Missel romain.

Prières sur les offrandes[modifier | modifier le code]

Dans la messe primitive, les prières du Canon étaient dites à haute voix, et l'autel restait constamment visible. Au Ve siècle, par respect pour l'Eucharistie, on commença à dire ces prières à voix basse, et l'autel était alors caché par des rideaux ou des cloisons. Ce rite de séparation entre le prêtre et l'assemblée a été maintenu dans la plupart des rites orientaux, où l'autel est abrité derrière une cloison décorée d'icônes, nommée iconostase. La prière sur les offrandes était appelée oratio super oblata post secreta, c’est-à-dire « prière sur les offrandes après la séparation », d'où son nom de « secrete ». Mais cette étymologie n'est pas certaine. Secreta signifie aussi ce qui a été mis à part, désignant de la sorte le pain et le vin prélevés par les diacres sur les offrandes des fidèles pour le saint sacrifice. La prière sur les offrandes était encore dite à voix basse dans le rite de saint Pie V. Elle est dite à voix haute depuis la réforme liturgique de Paul VI.

Liturgie eucharistique[modifier | modifier le code]

Le dialogue de la préface se trouve dans toutes les liturgies d'orient et d'occident, depuis au moins le IIIe siècle.

Les maîtres-autels étaient bâtis face à l'Est : le soleil levant est le rappel de la résurrection. Les anciennes basiliques romaine (comme Saint-Pierre de Rome) ont la porte tournée vers l'Est : le célébrant se tourne donc vers le peuple. La majeure partie des églises sont construites avec le chœur à l'est : le prêtre face à l'autel était nécessairement dos au peuple. La norme moderne est de rappeler à fois la forme de la « table eucharistique » et de l'autel du sacrifice. Ceci laisse libre l'orientation du célébrant, qui n'est plus astreint à se tourner vers l'est; il place le plus souvent derrière l'autel, donc face au peuple.

Préface[modifier | modifier le code]

La préface est une prière de louange à Dieu, présente dès la messe primitive, et peut être même dès la liturgie juive. Au XIe siècle, la liturgie romaine en réduisit le nombre, qui se stabilisa à une quinzaine dans le missel de saint Pie V (une préface commune, quatre du temps, trois du commun et sept propres). La très belle préface des défunts fut instaurée par saint Pie X. Le missel de Paul VI, tout en conservant les préfaces traditionnelles, en a considérablement étendu le nombre soit par reprise de préfaces anciennes utilisées localement, soit par création.

Il existe d'autres préfaces dans les propres nationaux ou diocésain : saint Augustin et saint Cyprien en Afrique du Nord, saint Willibrord au Luxembourg; et dans les missels des religieux : Notre-Dame du mont-Carmel, les deux saintes Thérèse et saint Jean de la Croix (Carmes), saint Dominique (Dominicains), saint François (Franciscains), sainte Louise de Marillac et saint Vincent de Paul (Lazaristes) etc.

En introduction, le prêtre s'adresse à Dieu pour le remercier et lui rendre grâce, généralement par l'intercession du Fils. Cette partie est peu variable. Les préfaces pascales ont une ouverture propre, et une conclusion qu’elles partagent avec celles de l’Ascension. Le corps de la préface est très variable, pour s'adapter au temps liturgique ou à la fête. Ces formules, du moins celles des plus anciennes, sont concises, mais riches de doctrine théologiques. Elles décrivent le mystère particulier que l'on découvre dans la liturgie du jour. En conclusion, et pour introduire le Sanctus, les préfaces évoquent la louange des anges, qui ne cesse jamais et à laquelle nous nous unissons à la Messe. Les conclusions sont variables, mais assez similaires dans leur construction. Une conclusion fréquente est :

« Et ídeo cum Ángelis et Archángelis, cum Thronis et Dominatiónibus / cumque omni milítia cæléstis exércitus / hymnum glóriæ tuæ cánimus, sine fine dicéntes : » C'est pourquoi avec les anges et les archanges, avec les trônes et les dominations, avec toute la milice de l'armée céleste, nous chantons l'hymne de ta gloire et sans fin nous proclamons :

C'est une tradition de l'Église, depuis le VIIe siècle, de reconnaître que les anges sont groupés en neuf chœurs (Séraphins, Chérubins, Trônes, Dominations, Principautés, Puissances, Vertus, Archanges et Anges), et les différentes préfaces nomment les uns ou les autres.

Sanctus[modifier | modifier le code]

Le Sanctus est le cantique de la liturgie céleste (Ap 4:8). La première partie de ce chant vient du prophète Isaïe (Is 6:3), qui a entendu les Séraphins le chanter devant le Seigneur, Sabaoth, c’est-à-dire seigneur des armées célestes, qui exécutent ses ordres pour gouverner l'univers. La deuxième partie vient de l'acclamation des rameaux (Mt 21:9). Le Sanctus se trouve dans toutes les liturgies orientales et latines. Il a été introduit dans la messe dès le IIe siècle, et sa forme n'a pratiquement pas changé.

Prière eucharistique[modifier | modifier le code]

Le canon romain est constitué entièrement depuis saint Grégoire (au VIe siècle), mais certaines prières qui le composent peuvent remonter jusqu'au IIIe siècle.

Contrairement à la tradition occidentale romaine qui ne connaissait que le canon romain, la réforme liturgique de Paul VI a introduit trois autres prières eucharistiques, rédigées de toute pièce pour l'occasion avec beaucoup de soin. Le canon romain mis à part, seule la seconde, dite à tort « Canon d'Hyppolite » est d'inspiration traditionnelle. Par la suite, un usage abusif s'est développé : celui de proposer au choix du célébrant d'autres prières eucharistiques pour certaines occasions ecclésiales. Le Missel romain de 2002, moyennant certaines corrections, a adopté plusieurs d'entre elles.

L'usage de dire le canon à voix basse est antérieur au IXe siècle. La réforme liturgique de 1969 a établi la faculté de le dire à haute voix, sans en faire une obligation, en effet la prière eucharistique s'adresse à Dieu, non aux fidèles.

Début du canon[modifier | modifier le code]

Toutes les prières eucharistiques ont les mêmes thèmes de prière : c'est une prière à Dieu le Père, une action de grâce (prière de remerciement, sens premier du mot eucharistie, une prière de demande (en particulier pour les autorités ecclésiales, ainsi que pour les vivants et les morts) et c'est une prière sacrificielle. toutes ces prières sont organisées autour du sommet de la prière eucharistique qu'est la consécration.

Consécration[modifier | modifier le code]

Le ministre sonne avec la clochette à chaque élévation, conformément aux usages de chaque endroit. Cet usage remonte au XIIIe siècle. Les génuflexions à la consécration se généralisèrent au XIe siècle. L'élévation et la génuflexion ont été ordonnées au XIIe siècle, pour mieux manifester la transsubstantiation du pain et du vin (l'élévation du calice s'est généralisée à partir du XIVe siècle). Au moment de la consécration, les fidèles sont normalement à genoux ce qui marque la foi en la présence réelle, mais la pieuse coutume de s'incliner profondément ne doit pas empêcher de redresser la tête pour regarder les saintes espèces au moment de l'élévation, introduite au XIIIe siècle justement pour que les fidèles puissent voir et contempler le très saint corps de Dieu. Depuis 1907, l'Église les engage à contempler l'hostie et le calice au moment de l'élévation, tout en se rappelant les paroles de saint Thomas devant le Sauveur ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu ».

L'incise paulienne (ceci est mon corps « livré pour vous », d'après 1Co 11-24) a été introduite par la réforme de Paul VI, comme rappel du caractère sacrificiel de la passion, et de la Messe qui en est le mémorial ou actualisation sacramentelle.

L'incise « Mysterium Fidei » n'appartient pas au canon grégorien primitif, mais fut introduite vers le VIIe siècle. Primitivement insérée au milieu la consécration du vin, elle a été déplacée à la fin de la consécration par la réforme de Paul VI, et complétée par l'acclamation.

Suite du canon et doxologie[modifier | modifier le code]

Dans certains rites anciens, comme le rite cartusien, le prêtres étend largement les bras, en forme de croix, le prêtre agissant ainsi la passion et la mort du Christ « in personna Christi ».

Le prêtre conclut la prière eucharistique par une invocation à la sainte Trinité « Per Ipsum et cum ipso et in Ipso... » Par Lui avec Lui et en Lui… qui rappelle que le Christ est la source, le moyen et la fin de l'homme.

Communion[modifier | modifier le code]

Pater, ou oraison dominicale[modifier | modifier le code]

Le Notre Père (ou Pater) sert de prière préparatoire à la communion depuis le IVe siècle. La version du Pater est adaptée de celle de saint Matthieu (6:9-1). Il fut placé à la suite du Canon par saint Grégoire le Grand, qui fixa également l'introduction et l'embolisme qui le suit ("Délivre-nous de tout mal, Seigneur…"). La réforme de Vatican II n'a pas supprimé l'embolisme, mais le fait suivre d'une acclamation des fidèles ("Car c'est à toi qu'appartiennent…"). L'acclamation, en usage dans plusieurs liturgies, n'est pas de tradition romaine. On suppose qu'elle est un vestige de l'époque apostolique. C'est à tort qu'elle est récitée par certains immédiatement à la suite du Pater, entraînant l'omission de l'embolisme.

Rite de la paix[modifier | modifier le code]

L'oraison de la paix était en usage à Rome dès le Ve siècle. Cette formulation date du Xe siècle et est originaire de France. À l'origine prière privée avant la communion, elle a été fixée dans le missel par Pie V, et rattachée au rite de la paix par la réforme de Vatican II.

Selon l'Introduction générale du Missel de 2002 : « Le prêtre prononce l'invitation à la prière, tous les fidèles disent l'Oraison avec le prêtre, et le prêtre seul ajoute l'embolisme que le peuple conclut par la doxologie. L'embolisme, qui développe la dernière demande de l'Oraison dominicale, demande la libération du pouvoir du mal pour toute la communauté des fidèles. » Le baiser de paix est de tradition apostolique (Rm 16:16). Durant les premiers siècles, le baiser de paix se donnait avant l'Offertoire, en souvenir du commandement du Christ « Avant de présenter ton offrande à l'autel, va te réconcilier avec ton frère ». Les liturgies orientales en ont conservé la tradition. Initialement à l'offertoire dans le rite romain, il fut placé avant la communion au IVe siècle, puis après l'Agnus au VIIIe siècle, et finalement réservé aux clercs à partir du XIIIe siècle. La réforme liturgique de Vatican II en a rétabli l'usage pour tous.

Fraction du pain[modifier | modifier le code]

La « fraction du pain » est une expression qui a longtemps désigné l'Eucharistie, et est présente dès les temps apostoliques (Ac 2:42). La fraction était une nécessité pratique afin de partager le pain consacré pour la communion des fidèles, et continue à symboliser le partage et la charité fraternelle. Dans le rituel de la Pâque juive, la fraction du pain symbolise les souffrances du peuple de Dieu asservi par les Égyptiens, à la Messe, la fraction de l'Hostie symbolise de même les souffrances du Christ.

Agnus Dei[modifier | modifier le code]

L'Agnus Dei était un chant en usage dans les églises d'orient pour le partage de l'hostie (en Orient, le mot "agneau" désigne l'hostie). Il a été introduit dans la liturgie romaine par le pape grec Serge Ier à la fin du VIIe siècle. Il est dit trois fois depuis le Xe siècle. La dernière répétition, demandant la paix, a été prescrite au XIe siècle, à cause de troubles graves dans l'Église, pour préparer au baiser de paix qui la suivait à cette époque. L'invocation de la paix, qui subsistait de ce rite, a été replacée en début du rite de la paix par la réforme liturgique de Paul VI (qui a regroupé l'ensemble, et rétabli l'échange d'un signe de paix).

L'usage de se frapper la poitrine à chaque invocation remonte au XVe siècle. Il n'est plus mentionné par la réforme liturgique de Paul VI.

Communion[modifier | modifier le code]

Avant la réforme liturgique, la communion décrite dans le Missel traditionnel se limitait à celle du prêtre. Autrefois, la communion des fidèles était assez exceptionnelle, et faisait l'objet d'un « Ordo Administrandi Sacram Communionem Intra Missam » venant en complément à la communion du célébrant. Cet ordo comprenait un acte de pénitence (pendant la communion du célébrant), et une répétition de l'invocation Domine, non sum dignus (après celle déjà faite par le célébrant). La participation systématique des fidèles à l'eucharistie ayant été encouragée, ce double ordo était devenu artificiel, et la réforme liturgique de Vatican II a établi l'unité et la cohérence de la communion : la communion du célébrant a été déplacée après les invocations, et précède immédiatement celle de l'assemblée.

Les deux prières avant la communion du prêtre proviennent des formules médiévales de dévotion privées avant la communion, qui ont ensuite été prescrites par le missel de saint Pie V. La première était déjà recommandée par Alcuin, le liturgiste de Charlemagne ; la seconde date du Xe siècle (et a été légèrement raccourcie par la réforme suivant Vatican II).

Pendant les premiers siècles, la communion était reçue à la main. La communion à la bouche (et à genoux) se répandit à partir du IXe siècle, pour manifester le respect dû à la présence divine.

Depuis le XIIIe siècle, pour des raisons pratiques et par égard au Saint Sacrement, les fidèles ne communient plus habituellement au Sang du Christ. Le concile de Constance fixa en 1415 que la communion n'aurait lieu que sous l'espèce du pain. Celui de Vatican II a rétabli l'usage de la communion sous les deux espèces dans certaines circonstances solennelles. Même sous une seule des deux espèces on reçoit le Christ tout entier, sans aucun manque.

Oraison de postcommunion[modifier | modifier le code]

De même que pour la collecte, cette troisième oraison présidentielle était autrefois précédée par le dialogue « Dominus vobiscum / et cum spiritu tuo », mais le dialogue de la postcommunion a été supprimé par la réforme liturgique de 1969.

Conclusion et envoi[modifier | modifier le code]

Le salut à l'assemblée et le renvoi sont attestés dès le IVe siècle dans la messe romaine. La formule Ite missa est est un véritable envoi de toute l'assemblée en mission « afin que chacun rayonne le message du salut qu'il est heureux d'avoir entendu » (Jean-Paul II)

Annonces[modifier | modifier le code]

Ces annonces ne sont pas un acte liturgique et n'ont aucune place dans la célébration liturgique. Il est seulement admis que les pasteurs profitent de la présence de leurs ouailles réunies pour leur faire part des événements importants de la vie de la paroisse. À l'époque moderne, après le concile de Trente et jusqu'au XXe siècle, ces annonces étaient faites après l'homélie ou, à défaut, au début des prières du prône, seul moment où le célébrant s'adressait directement à l'assemblée.

Oraisons « sur l'assemblée »[modifier | modifier le code]

L'oraison « sur le peuple » (super populum) n'apparaît que plus tardivement, au Ve siècle. Elle avait disparu lors de l'établissement du missel de saint Pie V, puis réinstauré par le rituel de Paul VI en certaines occasions. Dans les premiers siècles, cette oraison servait de bénédiction finale avant le départ des fidèles. Peu à peu, avec l'introduction de la bénédiction finale, l'oraison ne fut plus dite qu'en carême, les jours de semaine, évolution consacrée par la réforme grégorienne. Depuis la réforme de Vatican II, cette oraison peut se dire également en dehors du carême.

Bénédiction finale[modifier | modifier le code]

Dans les premiers siècles, il n'y avait pas de rite de bénédiction à la fin de la messe, seul l'évêque bénissait les fidèles sur le trajet de la sacristie. Vers le Xe siècle, l'évêque prit l'habitude de donner la bénédiction avant de quitter l'autel, puis les prêtres l'imitèrent. C'est ce qui explique que la bénédiction finale était initialement donnée après le ite missa est. Elle a été placée avant le renvoi par la réforme liturgique de Vatican II.

La bénédiction revient de droit à l'évêque, qui a directement la charge de ses fidèles. Pour cette raison, la formule d'introduction (« Adjutorium nostrum… Sit nomen Domini benedictum ») lui est réservée (ou au Père Abbé).

La Liturgie des heures[modifier | modifier le code]

La Liturgie des heures ou office divin, anciennement appelée bréviaire est la réalisation de la prière du psalmiste « Sept fois le jour je célèbre ta louange » (Ps. 118, 164) et de l'injonction du Christ de prier sans relâche. Il s'agit de la prière de louange et d'intercession par laquelle les clercs (diacres, prêtres et évêques), les religieux et les laïcs qui le peuvent sanctifient les principaux moments de chaque jour au nom de l’Église tout entière. Elle est normalement célébrée en communauté ou, à défaut, en privé. Elle constitue pour les clercs et les religieux une obligation grave. En cas de maladie ou d'empêchement majeur, elle peut être commuée en d'autres prières ou dévotions adaptées. La suspense, l'interdit, l'excommunication, la déposition ne dispensent pas du devoir de célébrer la liturgie des Heures.

À l’origine, la liturgie des Heures est la prière collective de l'évêque entouré de son clergé ou chapitre, célébrée chaque jour dans la cathédrale, mère et modèle des églises du diocèse. Rapidement prise en charge par des communautés régulières de type canonial ou monastique, la liturgie des Heures est devenue la spécialité des moines qui y consacrent leur existence. Au cours de son histoire et en fonction des lieux et des coutumes, l'office divin a connu un nombre d'offices quotidiens variable. Depuis le VIIe siècle environ, en Occident, sa structure s'est fixée à sept offices quotidiens : laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres, complies, et à un office nocturne : matines ou vigiles. Ces offices structurent encore aujourd'hui la vie des communautés monastiques (à l'exception de prime que seuls quelques ordres contemplatifs ont maintenu).

À la suite de Vatican II, le bréviaire, révisé et promulgué par la constitution apostolique Laudis canticum de Paul VI le 1er novembre 1970[11], a réduit le nombre des offices quotidiens à cinq : office des lectures (ancien office de matines dont la célébration n'est plus liée à une heure particulière du jour), laudes prière du matin, l'office du milieu du jour, vêpres en fin d'après-midi (au lever de l'étoile Vesper : Vénus), complies avant le coucher. Les deux offices les plus solennels sont ceux de vêpres et de laudes.

Le rituel et l'administration des sacrements[modifier | modifier le code]

Les rituels des divers sacrements sont successivement publiés dans les années 1969 à 1977 : baptême, confirmation, réconciliation (la confession), le sacrement des malades. Le rituel du sacrement de pénitence et de réconciliation est modifié. À la forme individuelle, considérée comme ordinaire[12], s'ajoutent la préparation collective suivie de la confession individuelle et la célébration communautaire avec absolution collective, concédée dans certains cas qui doivent rester exceptionnel. Le rituel du sacrement des malades (qu'on cesse d'appeler extrême-onction) est désormais étendu à tous les cas de maladies, même non mortelles, pour mettre davantage en valeur sa valeur de sacrement de soutien dans l'épreuve. Le rituel romain comporte aussi un rituel des bénédictions et un rituel d'exorcisme dont la nouvelle édition typique a été récemment promulguée.

Annexes[modifier | modifier le code]

Les droits d'auteur du texte officiel de la liturgie utilisée dans les églises francophones sont détenus par l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones (AELF) qui propose la consultation de ces textes sur son site depuis 2008.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Brouard (dir), Eucharistia. Encyclopédie de l’Eucharistie, Cerf, 2002.
  • Robert Cabié, L’Eucharistie. Paris 1983 (collection L’Église en prière 2).
  • Michel Gitton, Initiation à la Liturgie Romaine. Ed. Ad Solem 2004, avec une préface du Cardinal Ratzinger (futur Benoît XVI).
  • Arnaud Join-Lambert, Guide pour comprendre la messe, 250 p. Paris, Mame 2002.
  • Pierre Jounel, La messe hier et aujourd’hui. Paris 1986.
  • Josef Andreas Jungmann, Missarum Sollemnia. Explication génétique de la messe romaine. Trad. revue et mise à jour d’après la 3e éd. allemande. Paris 1952–1956 (collection Théologie 19-21).
  • Josef Andreas Jungmann, Histoire de la prière chrétienne, Fayard, 1972.
  • Ghislain Lafont, Eucharistie. Le repas et la parole. Paris 2001.
  • Robert Le Gall, La messe au fil de ses rites. 2011. ISBN 2-85443-395-5
  • Enrico Mazza, L’action eucharistique. Origine, développement, interprétation. Paris, Cerf, 1999 (collection Liturgie 10).
  • René Prophète, Mémoire, Sacrifice, Présence réelle, langages eucharistiques, 276p., Ed. Profac Lyon, 2000.
  • Joseph Ratzinger, L'esprit de la Liturgie. Ed. Ad Solem.
  • Max Thurian, Le mystère de l’eucharistie. Une approche oecuménique. Paris 1981 (collection Foi chrétienne).
  • Maurice Vloberg, L'Eucharistie dans l'art, 2 vol, tome 1 ill. 142p., tome 2 ill. 317p., Ed. Arthaud, 1946.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Summorum Pontificum, Art. 1. Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la « lex orandi» de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même « lex orandi » de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la « lex orandi » de l’Église n’induisent aucune division de la « lex credendi » de l’Église ; ce sont en effet deux mises en oeuvre de l’unique rite romain.
  2. La Constitution sur la Sainte Liturgie Sacrosanctum consilium : traduction officielle en français sur le site du Vatican
  3. Dom G. Lefebvre, osb dans Missel vespéral quotidien
  4. Présentation générale du Missel Roman
  5. Cf K. Gamber Tournés vers le Seigneur, Éditions Sainte-Madeleine.
  6. Institutio Generalis Missalis Romani, 147
  7. Le Figaro, "Pourquoi le pape renoue avec la liturgie traditionnelle", lundi 8 septembre 2008, p. 2
  8. cité par Le Figaro du 8 septembre 2008, op. cit., Ma vie. Souvenirs 1927-1977, Fayard, 1998.
  9. [1]
  10. (en) Peter J. Elliott, Ceremonies of the Modern Roman Rite. The Eucharist and the Liturgy of the Hours: a Manual for Clergy and All Involved in Liturgical Ministries, Ignatius Press,‎ 2005 (lire en ligne), p. 221
  11. (la) La constitution apostolique Laudis canticum sur le site du Vatican
  12. « Misericordia Dei,le 2 mai 2009, sur le site du Vatican » (consulté le 14 juin 2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]