Bethléem

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Bethléem
(ar) بيت لحم
Un quartier de Bethléem
Un quartier de Bethléem
Administration
Pays Drapeau de la Palestine Palestine
Maire Victor Batarseh[1]
Démographie
Population 25 266 hab. (2007)
Géographie
Coordonnées 31° 42′ 11″ N 35° 11′ 46″ E / 31.7031, 35.196 ()31° 42′ 11″ Nord 35° 11′ 46″ Est / 31.7031, 35.196 ()  
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Palestine (administrative)

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City locator 14.svg
Bethléem
Liens
Site web www.bethlehem-city.org
Vue de Bethléem de nos jours

Bethléem (en arabe بيت لحم bayt laḥm, étymologie artificielle qui viendrait du syriaque « maison du pain », en hébreu בית לחם béth leḥem, « maison du pain »[2], l'étymologie plus probable étant beit lahamu, « maison de Lahamu », dieu cananéen de la guerre[3]) est une ville située en Cisjordanie, une région de Palestine, à environ 10 km au sud de Jérusalem, qui compte 30 000 habitants[4], essentiellement des Palestiniens musulmans. La ville compte une petite communauté de chrétiens palestiniens, une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. Son agglomération s'étend aux villes de Beit Jala et Beit Sahour.

La ville est un important centre religieux. La tradition juive, qui l'appelle aussi Éphrata, en fait le lieu de naissance et de couronnement du roi d'Israël David. Elle est considérée par les chrétiens comme le lieu de naissance de Jésus de Nazareth. C'est un lieu de pèlerinage qui génère une activité économique importante à la période de Noël. La ville est également le siège d'un lieu saint du judaïsme, le tombeau de Rachel, situé à l'entrée de la ville.

Depuis 1995, aux termes des accords d'Oslo, la ville est sous administration de l'Autorité palestinienne.

Religion[modifier | modifier le code]

Dans la Genèse, Bethléem est le lieu où meurt Rachel et où naît Benjamin[5], second fils de Rachel et benjamin de Jacob. La formule « Bethléem sur le chemin d'Ephrata » revient plusieurs fois dans les textes bibliques.

Dans les Livres de Samuel, le Roi David est le fils de Jessé de Bethléem, c'est pourquoi le prophète Michée en fait la patrie du futur Messie : « Et toi, Bethléem, Ephrata, bien que tu sois petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit dominer en Israël, et duquel les origines ont été d'ancienneté, dès les jours d'éternité »[6].

L'étoile de la Nativité dans la basilique

Dans le Nouveau Testament, selon Matthieu et Luc, Bethléem en Judée est le lieu de naissance de Jésus ; ses parents s'y rendent pour s'y faire recenser, Joseph, descendant de David, en étant originaire[7].

Au XIe siècle, Bernard de Clairvaux prolonge l'étymologie hébraïque Bethléem (maison du pain) dans une utilisation chrétienne : Jésus (né à Bethléem) devient le Pain vivant descendu du Ciel[8].

Plusieurs lieux saints se trouvent à Bethléem : le tombeau de Rachel, la Basilique de la Nativité, la grotte du Lait.

Histoire[modifier | modifier le code]

Lieu de naissance de Jésus[modifier | modifier le code]

L'église catholique du « Champ des Bergers », dans la ville voisine de Beit Sahour

Le lieu de naissance de Jésus n'est pas connu avec certitude[9], et les historiens hésitent entre Bethléem — mentionné par deux évangiles[10], correspondant à une prophétie de Michée sur l'origine davidique du Messie[11] — et le berceau familial de Nazareth, où il aurait passé une partie de sa jeunesse[12], après le retour de ses parents qui avaient fui en Égypte (évangile attribué à Matthieu).

Ce sont les évangiles selon Luc et selon Matthieu qui rapportent que Bethléem est le lieu de naissance de Jésus, Marc et Jean commençant avec la vie publique de Jean le Baptiste, puis de Jésus et ne disant rien de son enfance. D'après Jérôme de Stridon (Epistola, 58, 3), qui vécut à Bethléem à la fin du IVe siècle, la grotte de la Nativité du Christ aurait été vénérée déjà du temps d'Hadrien, qui pour empêcher cette vénération y fit édifier un temple consacré à Adonis ; l'Empereur aurait procédé de même à Jérusalem avec le Temple et le Saint-Sépulcre. Si elles sont avérées dans le cas du Saint-Sépulcre, les affirmations de l'apologète chrétien ne sont pas corroborées par les découvertes archéologiques à Bethléem où aucune trace d'habitat contemporain de Jésus n'a été mise au jour jusqu'à présent[13]. Par ailleurs, un autre endroit de culte de la Nativité/Épiphanie du Christ, avant la basilique constantinienne, semble avoir existé[14], cela en dépit des allusions des apologètes Justin de Naplouse et Origène.

Entre 1992 et 2003, l'archéologue israélien Aviram Oshri a conduit des fouilles de sauvetage dans le village homonyme de Bethléem en Galilée, à six kilomètres à l'ouest de Nazareth. Il y a mis au jour les vestiges d'une occupation juive d'époque hérodienne (Ier siècles av. et ap. J.-C.) et, au VIe siècle, ceux d'une basilique chrétienne, associée à un monastère et une hôtellerie. De ces indices, il a conclu à l'existence d'un pèlerinage chrétien et émis l'hypothèse que le village galiléen de Bethléem serait le véritable berceau de Jésus[15].

Basilique de la Nativité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Basilique de la Nativité.

Après les exécutions de Crispus et de l'impératrice Fausta par son fils Constantin Ier, Hélène, visita le lieu saint et son fils y fit construire la basilique de la Nativité. Jérôme se retira dans une grotte voisine et y traduisit la Bible hébraïque en latin, dans une version connue sous le nom de Vulgate.

La Basilique de la Nativité fut restaurée par Justinien et fut le seul sanctuaire épargné par les Perses lorsqu'ils envahirent la Palestine. Elle fut encore restaurée par les Croisés, au XIIe siècle. Au XIIe et XIIIe siècles, sa protection fut confiée à l'ordre du Temple.

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

Le mur à l'entrée de Bethléem

La ville est aujourd'hui partiellement entourée par la Barrière de séparation israélienne sous la forme d'un mur de 8 mètres de haut construit par les autorités israéliennes.

Bethléem a reçu en 2000 la visite du Pape Jean-Paul II[16] pour commémorer le bimillénaire de la naissance du Christ et fut accueilli par la population chrétienne locale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. West Bank Local Elections (Round two)- Successful candidates by local authority, gender and No. of votes obtained, Bethlehem p 23
  2. L'arabe laḥm n'est pas la traduction de son homonyme syriaque mais a un sens tout différent « viande » (bien que l'étymologie soit la même).
  3. À Bethléem en Judée, InterBible
  4. Chiffres de 2006 ; source : Projected Mid-Year Population for Bethlehem Governorate by Locality 2004- 2006, Palestinian Central Bureau of Satistics
  5. Gn 35. 16-18
  6. Mi 5. 1
  7. Cf. Mt 2. 1 et Lc 2. 4.
  8. In Éloge de la nouvelle milice, ch. VI.
  9. Judith Lachapelle, Il est né (où?) le divin enfant, in La Presse, 24/12/2009, article en ligne sur Cyberpresse, 24 décembre 2009.
  10. Les évangiles selon Luc Lc 2. 4 et Matthieu Mt 2. 1-
  11. Prophétie de Michée sur la naissance du Messie à Bethléem Mi 5. 2-4.
  12. Michel Quesnel, « Jésus et le témoignage des évangiles », in Aux origines du christianisme, éd. Gallimard/Le Monde de la Bible, 2000, p. 201-202.
  13. Estelle Villeneuve, "Quand l'archéologie s'en mêle", in Le Monde de la Bible n°185, septembre/octobre 2008, p. 44-45 ; Michael Avi-Yonah, "Bethlehem", in New Encyclopedia of Archaeological Excavations in the Holy Land, vol. 1, Israel Exploration Society ed., Jerusalem, 1993
  14. Voir Kathisme et village de Betebre.
  15. (en) Aviram Oshri, Where was Jesus Born? , in Archeology, vol. 58 n° 6, novembre/décembre 2005 extrait en ligne.
  16. Il fut accueilli selon le protocole par le Président palestinien Yasser Arafat

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]