Adoration des mages

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir L'Adoration des mages (homonymie).
Les Très Riches Heures du duc de Berry, ms.65, folio 52r, vers 1411-1416, musée Condé, Chantilly.

L’Adoration des mages d'après un épisode de l'Évangile selon Matthieu (2-1-12) est un thème iconographique chrétien populaire d'un épisode de la vie du Christ, la visite des rois mages lors de sa nativité.

Sources littéraires[modifier | modifier le code]

Selon Matthieu, des mages (astronomes) se présentent devant Hérode, en Judée, à la recherche d'un nouveau-né dont une étoile leur a indiqué la naissance et le destin royal. Hérode les dépêche à la recherche de l'enfant. Suivant l'étoile, les mages arrivent près de Jésus qu'ils adorent et auquel ils offrent l'or, l'encens et la myrrhe. « Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils [regagnent] leur pays par un autre chemin. » (2, 12). Les évangiles apocryphes mentionnent l'épisode en y ajoutant des détails[1]. De ce récit, c'est l'épisode de l'adoration des mages qui a été le plus souvent représenté.

L'évangéliste ne précisait pas le nombre des mages. Il semble que ce soit Origène (185-224) qui le premier en fixe le nombre à trois[1], information reprise par Maxime de Turin et Léon le Grand[2]. Tertullien en fait des rois en s'appuyant sur une prophétie tirée des psaumes de David (67, 30)[1], ce que confirme Césaire d'Arles[1]. Enfin c'est sans doute au IXe siècle qu'apparaissent les noms de Gaspard, Melchior et Balthazar dans le "Liber Pontificalis" de Ravenne[1].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Sarcophage chrétien, IVe siècle.

Le thème apparaît dans l'art des catacombes en liaison avec celui de la nativité[1], puis de façon autonome. Il s'agit d'un des thèmes les plus populaires de l'iconographie chrétienne. Les premières représentations ne distinguent guère les trois mages. Elles figurent le Christ et Marie, les mages portant les présents, l'étoile qui les a guidé et les chameaux qui leur ont servi de monture, plus tard des chevaux. Le Christ accepte les présents ou bénit le mage qui s'incline devant lui. Les deux autres mages regardent la scène ou observent l'étoile.

Vers 1220, Codex Bruchsal 1, Bl. 11r, Karlsruhe

Elles apparaissent ensuite dans l'art monumental, dans l'enluminure (missels, livres d'heures). À partir du XIVe siècle, les représentations peintes, fresques puis plus tard toiles, de l'adoration des mages se multiplient dans les églises, popularisées au théâtre par les mises en scène des mystères médiévaux. Peu à peu ces représentations deviennent plus pathétiques, insistant sur le contraste entre le dénuement de Marie et Joseph et la richesse des costumes des rois mages, ainsi que sur l'inversion de la scène d'hommage d'ordinaire rendue aux rois, mais ici rendue par des rois à un simple nouveau-né. Les trois hommes représentent très tôt les trois âges de la vie[1]. Le nouveau-né complète d'ailleurs la série des trois âges qui deviennent ainsi quatre. C'est le roi ou le mage le plus âgé qui est représenté agenouillé devant l'enfant, formant avec lui un couple symbolique, l'articulation du passé et du futur.

Selon une autre interprétation, les trois rois représentent les trois parties du monde alors connues : Europe, Asie et Afrique, d'où la présence, notamment chez les peintres nordiques et plus tardivement italiens, d'un roi africain.

Le nouveau-né est généralement assis sur les genoux de Marie derrière laquelle se tient souvent Joseph. Un ange (Giotto) les accompagne parfois. Les trois rois se tiennent devant l'enfant. De nombreux détails anecdotiques (voire ésotériques dans le cas de Jérôme Bosch), se multiplient dans les représentations.

Rappel des éléments iconographiques qui définissent l'Adoration des mages 
  • Présence des membres de la sainte Famille : Jésus, la Vierge Marie et plus tardivement Joseph
  • Présence des trois rois mages, leur symbolique propre et leur présents: myrrhe, or et encens, leur cortège.
  • À partir de la Renaissance : Le lieu même de la Nativité (étable ou architecturée) et son entourage proche :
    • la mangeoire
    • les animaux (le bœuf et l'âne)
    • le paysage environnant, campagne ou villes, ou même ruines antiques
  • ...

Tableaux célèbres[modifier | modifier le code]

XIVe siècle[modifier | modifier le code]

XVe siècle[modifier | modifier le code]

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1504 : L'Adoration des mages, d'Albrecht Dürer, conservée à la Galerie des Offices. Dans ce tableau Dürer s'est lui-même représenté sous les traits du plus jeune des trois mages.
  • Vers 1519, Adoration des mages, Jan van Scorel, Art Institute of Chicago
  • 1526, L'Adoration des mages, Quentin Massys, Metropolitan Museum of Art
  • Pieter Bruegel l'Ancien a représenté trois fois ce thème :
    • une version de 1556-1562 est conservée dans les musées royaux des beaux-arts de Belgique (inv. 3929),
    • 1564 : Une version se trouve à la National Gallery de Londres ;
    • 1567 : la plus originale, L'Adoration des mages dans un paysage de neige, (Winterthour, Fondation Oscar Reinhart) accentue l'enracinement de la scène dans la réalité géographique, culturelle et climatique du spectateur de l'époque en marginalisant le sujet biblique à peine visible dans un coin du tableau, selon un procédé cher à Bruegel.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g La Bible et les saints, guide iconographique, Gaston Duchet-Suchaux et Michel Pastoureau,1990
  2. Origine des fêtes sur Balade sur toile

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]