Matthias (apôtre)

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Saint Matthias

Saint Matthias ou Mathias (en hébreu : mattithyahû) ,de l’hébreu mattaï, « présent, don », et yâh, pour Ihwh, Dieu, remplaça Judas parmi les Douze apotres. Choisi par tirage au sort parmi ceux qui accompagnèrent Jésus « à commencer par le baptême de Jean et jusqu'au jour où il nous a été enlevé (Ascension) » (Ac 1:22) il reçut l'Esprit Saint avec les autres, le jour de la Pentecôte. Rien n'est connu de son activité apostolique.

Cet apôtre est souvent désigné par d'autres noms : la version syriaque d’Eusèbe de Césarée l’appelle « Tolmai » (ce qui pourrait indiquer qu'il est le père de Barthélemy, celui-ci étant souvent nommé bar Tolmai dans les sources en syriaquebar signifie fils). Pour Clément d'Alexandrie Matthias est Zachée, qui signifie « le Juste » en araméen[1] et pourrait donc être un pseudonyme. Hilgenfeld pense qu'il s'agit de Nathanaël mentionné dans l’évangile attribué à Jean, alors que dans la tradition chrétienne Nathanaël et Barthélemy sont la même personne, l'indication de bar Tolmai pouvant signifier que Matthias (aussi appelé Tolmai) est le père de Nathanaël bar Tolmai.

Fête : pour l'Église catholique romaine, le 24 février jusqu'au XXe siècle où elle fut déplacée au 14 mai ; pour les Églises orthodoxes d'Orient, le 9 août

Histoire[modifier | modifier le code]

Le choix de Matthias en tant qu'apôtre est mentionné au premier chapitre des Actes des Apôtres. Pratiquement rien n'est connu de ses activités apostoliques et la tradition apocryphe le concernant est plus pauvre et plus tardive que celle des autres apôtres (sans doute cela est-il dû à son statut un peu spécial parmi eux). Jacques de Voragine, dans sa Légende dorée, lui consacre un chapitre.


Dans les Actes des Apôtres[modifier | modifier le code]

Au premier chapitre des Actes des Apôtres, il est rapporté qu'après l'ascension de Jésus, l'apôtre Pierre, au milieu d'une assemblée de frères de quelque 120 personnes, proposa que quelqu'un prenne la place de Judas pour devenir avec les autres «témoin de la Résurrection» du Christ (Ac.1:22) Il fallait que le nouvel apôtre fût choisi parmi ceux qui les avaient «accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a marché à notre tête» (Ac.1:21) On proposa deux candidats, Joseph dit le Juste et Matthias, qui furent départagés par tirage au sort, et c'est Matthias qui fut ainsi désigné (cf. Ac 1. 21-26). Avec les autres il reçut l'Esprit-Saint le jour de la Pentecôte (Ac.2:4ss).

Dans les traditions apocryphes[modifier | modifier le code]

La Colchide, l’Ibérie (orientale), l’Albanie (orientale) et les régions voisines

D’après Nicéphore Calliste (Historia eccl. 2 40), Matthias prêcha la bonne parole en Judée, puis en Ethiopia (comprise comme un synonyme pour la Colchide) et fut crucifié en Colchide.

Le Synopsis de Dorothée contient cette tradition :

« Matthias prêcha la bonne parole aux barbares et aux anthropophages en Ethiopia, où se trouve le port de mer d’Hyssus, à l’embouchure de la rivière Phasis. Il mourut à Sebastopolis, et y fut incinéré, près du Temple du Soleil[2] ».

Les Actes d’André et de Matthias (apocryphe copte) situent également les activités de Matthias dans « la ville des cannibales », en Ethiopia.

Une autre tradition continue à affirmer que Matthias fut lapidé à Jérusalem par les juifs, et qu'il fut ensuite décapité (cf. Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles 1 406-7).

On raconte qu’Hélène, mère de Constantin le Grand apporta les reliques de saint Matthias à Rome, et qu’une partie de celles-ci était à Trèves. Les Bollandistes (Acta Sanctorum, Mai, III) doutent que les reliques soient celles de l'apôtre, mais plutôt celle de saint Matthias qui fut évêque de Jérusalem vers l’an 120, et dont la biographie pourrait avoir été confondue avec celle de l’apôtre.

Dans la Légende dorée (XIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

D'après la Légende dorée, Matthias, issu de la tribu de Juda, naquit à Bethléem. Il apprit rapidement « la science de la Loi et des prophètes », et menait une vie vertueuse. En Judée où il prêchait, il fit de nombreux miracles, en rendant notamment la vue aux aveugles, en chassant des démons et en ressuscitant les morts, et ainsi convertit beaucoup de personnes. Mais des juifs jaloux le firent comparaitre, et il fut lapidé.

La Légende dorée rapporte aussi une autre légende. Alors qu'il prêchait en Macédoine, on lui fit boire une potion qui rendait aveugle. Mais lui, en la buvant au nom du Christ, n'en souffrit point et rendit la vue à toutes les personnes qui avaient perdu la vue à cause de ce breuvage. Mais le diable persuada le peuple de le tuer, lui qui ruinait leur culte. Matthias se cacha durant deux jours, mais le troisième il se livra à eux. Il fut alors jeté en prison, mais le Seigneur vint le libérer lui-même, et lui permit de prêcher de nouveaux. Une partie du peuple se convertit alors, les autres furent engloutis par la terre.

La Légende précise aussi que son corps aurait été enterré dans l'église Sainte-Marie-Majeure.

L’Évangile de Matthias[modifier | modifier le code]

Cette œuvre est perdue, mais Clément d'Alexandrie (Stromates 3 4) rapporte une phrase que les Nicolaitains attribuent à Matthias : « nous devons résister à notre chair, ne lui attribuer aucune valeur, et ne rien lui concéder pour la flatter, mais plutôt renforcer l’élévation de notre âme au moyen de la foi et la connaissance ».

L’Évangile de Matthias est cité par Origène (Homélie à Luc i) ; par Eusèbe de Césarée (Histoire ecclésiastique 3 25), qui l’attribue à des hérétiques ; par Jérôme (Praef. in Matth.), et dans le Decretum Gelesianum (VI, 8) qui le déclare apocryphe. Il vient en fin de liste du Codex Barroccianus (206).

L’Évangile perdu est probablement le document dont Clément d’Alexandrie cita plusieurs passages, disant qu'’ils étaient empruntés aux Traditions de Matthias, Paradoseis « Paradoxes », témoignage qu'il prétendait avoir été évoqués par les hérétiques Valentinius, Marcion, et Basilide (Stromates 7 17). D’après Philosophoumena 7 20, Basilide cite des discours apocryphes qu'il attribue à Matthias. Ces trois écrits : l’évangile, les Traditions, et les Discours apocryphes furent identifiés par Zahn (Gesch. des N. T. Kanon, II, 751), mais Harnack (Chron. der altchrist. Litteratur, 597) la réfute.

Tischendorf (Acta apostolorum apocrypha, Leipzig, 1851) publia après Thilo, 1846, Acta Andreae et Matthiae in urbe anthropophagarum qui, d’après Lipsius, était du milieu du IIe siècle. Cet apocryphe relate que Matthias alla parmi des peuples anthropophages et, ayant été jeté en prison, en fut délivré par André. Cette narration n'a aucune valeur historique. Dans les écrits apocryphes, Matthieu et Matthias ont parfois été confondus.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les références à la Légende dorée, ainsi que quelques petites informations, proviennent de :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Le cinquième album de la série Natacha, Le Treizième Apôtre, fait référence à Matthias.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 460.
  2. Matthias in interiore Æthiopia, ubi Hyssus maris portus et Phasis fluvius est, hominibus barbaris et carnivoris praedicavit Evangelium. Mortuus est autem in Sebastopoli, ibique prope templum Solis sepultus

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Saint Matthias
  2. (en) Catholic Encyclopedia: Saint Matthias