Espèce menacée

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Statut de conservation
le risque d'extinction
Extinction
Éteintes
Éteintes à l'état sauvage
Menacées
En danger critique d'extinction
En danger
Vulnérables
À moindre risque
Quasi menacée
Préoccupation mineure
Voir aussi
World Conservation Union
Liste rouge de l'UICN
Espèce protégée
Espèce éteinte Espèce éteinte Espèce éteinte à l'état sauvage Espèce en danger critique d'extinction Espèce en danger Espèce vulnérable Espèce quasi menacée Espèces menacées Préoccupation mineure Préoccupation mineureIUCN conservation statuses
Portail Conservation de la nature

En biologie et écologie, le terme espèce menacée s'applique à toute espèce qui risque de disparaître.

Définition[modifier | modifier le code]

Une espèce est déclarée menacée si elle répond à des critères précis (disparition de l'habitat, déclin important de sa population, érosion génétique, chasse ou pêche trop intensive etc.). Ces critères, généralement établis ou validés par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), permettent d'affiner le risque d'extinction de l'espèce (actuel, à court et moyen terme) et de lui attribuer un statut de conservation et parfois de protection (espèce protégée).

Utilité[modifier | modifier le code]

Le statut d'espèce menacée attire l'attention de tous et chacun sur la vulnérabilité et le risque de disparition d'une espèce.

Le classement dans cette liste mondiale, nationale ou régionale peut donner lieu à des mesures de protection de l'espèce et donc de son habitat. En France par exemple, 18 « plans de restauration » concernent des chauve-souris, le Hamster commun, l'ours brun, le vison d'Europe, l'aigle de Bonelli, l'autour des palombes de Corse, le Faucon crécerellette, le Goéland d'Audouin, le Gypaète barbu, le Milan royal, l'Outarde canepetière, le Râle des genêts, la Sittelle corse, le Vautour moine, le vautour percnoptère, et des reptiles (tortues marines des Antilles françaises, et Vipère d'Orsini). Ces plans sont écrits en concertation avec de nombreux acteurs et sont basés sur :

  • une synthèse des connaissances sur l'espèce (écologie, cause de déclin, bilan des actions de conservation le cas échéant) ;
  • une stratégie à moyen et long terme ;
  • des objectifs quantitatifs et qualitatifs, hiérarchisés avec indicateurs d'évaluation et modalités de mise en œuvre.

Quand cela apparait nécessaire, pour des raisons génétiques notamment, des actions de réintroduction et/ou de renforcement de population sont envisagées.

En France, ces plans, mis à jour tous les cinq ans, coûtent de 200 000 à 400 000 euros, voir plus pour l'ours[1].

Classements internationaux[modifier | modifier le code]

La Liste rouge de l'UICN classe les espèces menacées en trois catégories, selon l'importance du risque de leur extinction : « vulnérable », « en danger », et « en danger critique d'extinction ».

La convention de Washington (CITES) établit une liste des espèces protégées selon trois catégories organisées en annexes :

Espèces menacées par pays (exemples ; source : UICN, 2004) :

  • Colombie : 208
  • Mexique  : 191
  • Équateur : 163
  • Brésil  : 110
  • Chine  : 86

Elles sont classées par groupes taxonomiques :

Canada[modifier | modifier le code]

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) utilise le terme espèce en péril plutôt qu'espèce menacée, l'expression « espèce menacée » ne s'appliquant alors qu'à une partie des espèces pouvant disparaître.

Selon la classification COSEPAC des espèces, une espèce menacée est une espèce en péril susceptible de devenir une espèce en danger de disparition dans un avenir plus ou moins proche si les pressions s'exerçant sur elle (facteurs limitants), comme la disparition de l'habitat, ne sont pas supprimées. Ce terme désigne le statut donné à l'espèce quand le deuxième niveau de risque d'extinction est atteint.

Québec[2] :

Avec la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, le gouvernement québécois s'est engagé à garantir la sauvegarde de l'ensemble de la diversité génétique du Québec.

À ce jour, 59 espèces de la flore sauvage et douze de la faune ont été légalement désignées menacées ou vulnérables au Québec.

Pour chaque espèce floristique légalement protégée au Québec, des plans de conservation seront élaborés afin d’identifier les actions à mettre en œuvre pour assurer leur survie à long terme. Les plans de conservation pour le Carex faux-lupulina et la Sagittaire à sépales dressés sous-espèce des estuaires sont maintenant disponibles.

Europe[modifier | modifier le code]

L'UICN estime qu'en Europe, rien que pour les mammifères ;

  • 27 % au moins des populations de mammifères sont en baisse (et on manque de données pour 30 % environ des espèces de mammifères).

Les causes principales sont la perte, la dégradation et la fragmentation des habitats, les changements climatiques, la mortalité accidentelle (roadkill), la pollution et l’homme (chasse, poison, pièges, introduction volontaire ou non d'espèces invasives et concurrentielles des espèces autochtones). L'UICN note que certains plans de conservation ont efficacement sauvé quelques espèces (mais ils ne concernent que 8 % des mammifères européens, et pas dans tous les pays). Une évaluation de l'état des populations de mammifères est en cours.

La commission a plusieurs fois alerté aussi sur l'importance de restaurer un réseau écologique européen, et de ne pas oublier les invertébrés et en particulier les invertébrés xylophages, souvent menacés par la manque de ressource en bois-morts ou sénescents dans les forêts européennes trop exploitées. De nombreuses espèces d'eau douce autrefois communes sont également en très forte régression (ex : reptiles ou amphibiens) ou menacées, dont l'anguille européenne (Anguilla anguilla). Plusieurs études observent également un déclin important chez les lichens et les champignons.

France[modifier | modifier le code]

Il existe des listes rouges (nationales et régionales) d'espèces menacées[3],[4].

La France se classe parmi les dix pays hébergeant le plus d'espèces menacées sur la planète. Elle jouit d'une position unique au monde en termes de richesses naturelles. Via ses départements (La Réunion, Guyane, Martinique, Guadeloupe, Mayotte) et ses territoires et collectivités d'Outre-Mer, elle est présente dans cinq des trente-quatre points chauds du globe, ces zones où la diversité biologique s'avère la plus grande mais la plus en danger et où les espèces endémiques sont très nombreuses.

La loi du 10 juillet 1976 protège déjà certaines espèces menacées en France. Elle en interdit la capture, la vente et l'achat et même la perturbation intentionnelle. En 2005, la loi concernait en métropole plus de 700 espèces animales sauvages (soit 52 % des vertébrés, 4 % des mollusques et 0,5 % des insectes, crustacés et échinodermes) et 450 espèces végétales (plus de 7 % des plantes, sans compter les mousses). Mais l'Outre-Mer concentre 80 % de la biodiversité or, la loi française ne s'exerce que sur ses départements, la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie, Mayotte et Wallis-et-Futuna possédant leur propre réglementation.

Russie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Livre rouge de Russie.

Costa Rica[modifier | modifier le code]

Le Costa Rica a mis en œuvre une politique exemplaire de protection de la biodiversité : 25 % de son territoire est classé en parc national, réserve ou zone protégée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les plans de restauration de la faune sauvage - Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, 2 août 2007 {voir archive)
  2. Espèces menacées ou vulnérables au Québec - Gouvernement du Québec
  3. La Liste rouge des espèces menacées en France - Comité français de l'UICN
  4. Liste rouge 1996 des espèces existantes en France - Ancienne version

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Keith, Jean Allardi, et Bernard Moutou, Livre rouge des espèces menacées de poissons d'eau douce de France et bilan des introductions, Collection Patrimoines Naturels 10, Muséum National d'Histoire Naturelle, 1992 (ISBN 2-8651-5078-X), 111 pages

Liens externes[modifier | modifier le code]