Archipel des Tuamotu

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Archipel des Tuamotu
Les Tuamotu (au milieu et en violet) sur la carte de la Polynésie française
Les Tuamotu (au milieu et en violet) sur la carte de la Polynésie française
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Tuamotu
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 18° 02′ 27″ S 141° 24′ 34″ O / -18.040833, -141.40944418° 02′ 27″ S 141° 24′ 34″ O / -18.040833, -141.409444  
Superficie 850 km2
Nombre d'îles 78
Île(s) principale(s) Anaa, Fakarava, Hao, Makemo, Manihi, Rangiroa, Tikehau
Géologie Atoll
Administration
Statut Forme un district

Collectivité d'outre-mer Polynésie française
Démographie
Population 15 510 hab. (2007[1])
Densité 18,25 hab./km2
Autres informations
Fuseau horaire UTC-10

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Archipel des Tuamotu
Archipel des Tuamotu
Atolls de France

L'archipel des Tuamotu est un archipel de 76 atolls[2] qui fait partie de la Polynésie française. Il dépend administrativement de la subdivision Tuamotu-Gambier.

Tuamotu signifie en tahitien « les îles au large », l'archipel se trouvant à l'Est de Tahiti. Les habitants des Tuamotu sont les Paumotu, mot qui désigne également leur langue.

Histoire[modifier | modifier le code]

Première carte des Tuamotu publiée en 1768 par Bougainville lors de son passage mars 1768. Apparaissent Les Quatre Facardins (actuel Vahitahi), l'île des Lanciers (actuel Akiaki) et l'île de la Harpe (actuel Hao).

Le 24 janvier 1521, Fernand de Magellan découvre San Pablo, une des deux îles Infortunées qu'évoque Antonio Pigafetta, selon toute vraisemblance Puka Puka, premier atoll du Pacifique à être découvert par les Européens. John Byron y passe en 1765 et en 1768, Louis Antoine de Bougainville s’aventure au sein de l'archipel sur sa route pour Tahiti, mais il faudra encore de nombreuses années avant que les Européens ne terminent l’exploration de ce groupe d'îles : le dernier atoll découvert fut Ahe, le 6 septembre 1839 par Charles Wilkes.

Ces atolls passent sous protectorat français en 1844. Anciennement appelées sous le nom local « îles Pomotu » signifiant « îles Soumises » en raison de leur conquête historique par les Tahitiens, les députés de l'archipel à l'assemblée de Papeete font valoir entre 1850 et 1851 leur volonté de leur donner le nom de Tuamotu, signifiant « îles Lointaines », ce qui est entériné par le protectorat français en 1852[3]. Elles sont définitivement annexées par la France en 1880.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé entre le 134° et 150° de longitude ouest et 14° et 24° de latitude sud, il couvre 1 800 km de long et 600 de large. Il couvre une superficie de 800 000 km2. En 2007, l'archipel était peuplé de 15 510 habitants.

Atolls et îles[modifier | modifier le code]

Certains atolls (eux-mêmes souvent composés de plusieurs îles émergentes et ilôts, récifs ou bancs) et îles isolées sont groupés géographiquement, et forment des groupes et sous-groupes.

Les principaux atolls sont Anaa, Fakarava, Hao, Makemo, Manihi, Rangiroa, Tikehau et Mataiva.

Sauf mention contraire, les noms cités dans les listes ci-dessous désignent des atolls et donnent souvent leur nom à leur île principale (et non des îles isolées ou des îles secondaires des atolls auxquelles elles se rattachent géologiquement).

Groupe Actéon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Groupe Actéon.

Îles Deux Groupes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Îles Deux Groupes.

Îles du Désappointement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Îles du Désappointement.

Îles du Duc de Gloucester[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Îles du Duc de Gloucester.

Îles du Roi Georges[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Îles du Roi Georges.

Îles Palliser[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Îles Palliser.

Îles Raevski[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Îles Raevski.

Autres atolls et îles isolés[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Toutes les îles des Tuamotu (sauf Makatea et Tikei qui cependant se sont formées à l’origine de cette façon) sont formées d‘un étroit banc de sable (partiellement émergé) recouvrant une double barrière de corail formée sur l’atoll d’un ancien volcan, dont le cratère central s’est effondré mais dont les pentes internes et externes ont vu naître les récifs coralliens. Ces anciens volcans se sont formés au-dessus des nombreux points chauds qui bordent les fractures tout autour de la profonde mais fine plaque tectonique du Pacifique Sud[4].

Parfois, seul le massif corallien interne (de formation plus récente) a pu émerger, protégé des courants océaniques par le massif corallien externe constamment battu par les flots, alors qu’entre les deux se sont accumulés les sables, pris à ces massifs coralliens ou aux plus anciennes roches volcaniques. Progressivement, ces sables recouvrent le massif corallien interne dont le rayon va se réduire autour de la cheminée centrale de plus en plus abrupte alors que leur niveau s’élève, tandis que le massif corallien externe peut aussi voir son rayon se réduire par l’érosion des vagues amenant les sables (ou par la mort des coraux causée par l’acidification des eaux océaniques).

Souvent des passes maritimes se sont formées avec le lagon central, où peuvent subsister encore des bancs de sable ou îlots secondaires. Ces passes font souvent l’objet de puissants courants de marée (essentiels à la vie du lagon, d‘une part pour les oxygéner, et d’autre part pour le fragile massif corallien intérieur, très sensible aux variations d'acidité des eaux) qui ne renouvellent cependant que partiellement les eaux (souvent profondes et acides) de l’ancienne cheminée volcanique au centre des plus grands lagons (même si subsistent aussi des fractures sous-marines plus profondes traversant les flancs externes de l’ancien cratère formé de roches volcaniques accumulées et spongieuses).

Il est même possible que le massif corallien interne ne puisse jamais parvenir à se développer si ces passes marines sont insuffisantes (ou si les émissions acides dans la cheminée effondrée remontent de façon trop importante) et le lagon ne peut subsister que si l’effondrement du volcan ne se poursuit pas avant que les flancs aient été renforcés par le massif corallien externe. De tels cas se produisent avec des atolls aujourd'hui complètement submergés presque en permanence (hormis quelques récifs) et dont ne subsistent que des bancs de sable peu profonds et instables, où parviennent difficilement à se fixer les coraux (condamnant alors l’ancien atoll à une érosion rapide et un effondrement en grande profondeur si rien ne vient les soulever par une reprise de la poussée volcanique).

Toutes les îles émergées des atolls forment aussi de précieux refuges pour de nombreux oiseaux (à cause des distances importantes qui les séparent) : elles ont ainsi vu s’accumuler des dépôts parfois importants de guano, très riches en phosphates (notamment à Makatea) qui basifient et élèvent les anciens sols acides (et mêlés des squelettes d‘autres espèces marines vivant sur les sols émergés ou dans le lagon).

En raison de la très faible altitude des terres émergées, elles sont facilement submergées partiellement par l’élévation temporaire du niveau marin (lors de tempêtes, cyclones ou tsunamis d’origine tellurique), ce qui maintient une salinité importante des sols que ne submergent pas les marées, et qui peut raser certains bancs de sable ou agrandir ou déplacer les passes marines entre eux. De plus les ressources en eau douce (d’origine atmosphérique) y sont très rares car elles ne peuvent pas facilement être accumulées sur ces sols spongieux gorgés de sel.

Les anciens atolls de Makatea et Tikei (issus de volcans les plus anciens ou plus petits) ont vu leur lagon se combler (presque totalement pour Tikei) après l’élévation du corail et l’accumulation des sables puis des guanos (qui ont imperméabilisé certains sols et permis la conservation de quelques ressources en eau douce). Makatea a pu ainsi voir se développer une maigre (mais fragile) couche fertile au-dessus, couvrant presque toute l’île et propice à une vie aérienne plus dense et à l’accumulation de dépôts végétaux.

Les îles Gambier ont une origine géologique différente.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat chaud sur l’ensemble des îles. La température moyenne est d’environ 26 °C, elle est relativement constante tout au long de l’année. Il n’y a ni source, ni rivière, ni lac ; la seule façon d’avoir de l’eau douce est de recueillir l’eau de pluie. La moyenne des précipitations est d’environ 1 400 mm⋅an-1. Elles sont assez bien réparties dans l’année, les mois de septembre et octobre sont un peu plus pluvieux.

Environnement[modifier | modifier le code]

Forêts humides tropicales
des Tuamotu
Écorégion terrestre - Code OC0115[5]

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Végétation de l'atoll Pukarua.

Classification
Écozone : Océanien
Biome : Forêts de feuillus humides tropicales et subtropicales
Global 200[6] : Forêts des îles du Pacifique Sud
Écologie
Espèces végétales[7] :
140
Oiseaux[8] :
25
Mammifères[8] :
0
Squamates[8] :
18
Espèces endémiques[8] :
8
Conservation
Statut[8] :
Critique / En danger
Espèces menacées[9] :
11
Ressources web :
Site du WWF

L'archipel constitue une écorégion terrestre dans la classification du Fonds mondial pour la nature sous le nom de « forêts humides tropicales des Tuamotu ». Elle appartient au biome des forêts de feuillus humides tropicales et subtropicales de l'écozone océanienne.

Le maigre sol des îles de corail ne favorise pas la diversité végétale et ne permet généralement qu’une agriculture de subsistance. Les cocotiers, à partir desquels on extrait le coprah, ont une grande importance économique pour ces îles. Sur certaines d’entre-elles on cultive aussi la vanille.

Les principales cultures sont l’igname, le taro et l’arbre à pain ainsi que d’autres fruits tropicaux.

La feuille du pandanus est traditionnellement utilisée pour faire des chapeaux et couvrir les toits des habitations (mais elle est de plus en plus remplacée par la tôle ondulée.)

La faune est essentiellement composée d’oiseaux, d’insectes et de quelques reptiles. Il n’y a que 57 espèces d’oiseaux dont 10 sont endémiques et 13 sont menacées. En revanche les fonds marins sont d'une exceptionnelle richesse. Les lagons grouillent de vie; plus de 400 espèces de poissons peuplent ces lieux magiques. Cette variété a fait des Tuamotu une des plus belles destinations du monde pour la plongée sous-marine. Les eaux cristallines permettent d'y cultiver les célèbres perles noires, rares et uniques au monde.

Démographie[modifier | modifier le code]

Au recensement de 2007, il y avait 15 510 habitants aux îles Tuamotu[1] soit une densité de 18 hab/km². La population était de 14 876 en 2002 et 8 100 en 1983. En 2002, 769 habitants vivaient à moins de 400 kilomètres des îles Moruroa et Fangataufa (ancienne base d’essais nucléaires). La langue des Tuamotu, le paumotu, est reconnue comme langue régionale de la République française. Aux Gambier, on parle la langue mangarévienne ainsi qu’un dialecte marquisien à Puka-Puka.

Administration[modifier | modifier le code]

Drapeau des Tuamotu

Communes[modifier | modifier le code]

La division des Tuamotu-Gambier (au sein de la Polynésie française) se compose de 16 communes dans l‘Archipel des Tuamotu et 1 commune couvrant les Îles Gambier. Ces communes prennent souvent leur nom de l’île principale des atolls qu’elles administrent, alors que de nombreux petits atolls sont aujourd’hui inhabités de façon permanente mais convertis en espaces naturels protégés :

à l’ouest
au centre
à l’est
au sud

Divisions électorales[modifier | modifier le code]

L’archipel des Tuamotu forme deux des six circonscriptions électorales de l’Assemblée de la Polynésie française.

À l’est de l’archipel, la circonscription électorale des « îles Gambier et Tuamotu » compte la commune de Gambier et 11 autres communes : Anaa, Fangatau, Hao, Hikueru, Makemo, Napuka, Nukutavake, Pukapuka, Reao, Tatakoto et Tureia.

À l’ouest, la circonscription électorale des « îles Tuamotu ouest » compte 5 communes : Arutua, Fakarava, Manihi, Rangiroa et Takaroa.

Économie[modifier | modifier le code]

Vue du lagon intérieur de Fakarava depuis un ponton proche du village de Rotoava

L'économie des Tuamotu repose sur le tourisme, la perliculture, la pêche et la culture du coprah.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Population des subdivisions administratives de Polynésie française, 16 847 habitants pour le district des Îles Tuamotu-Gambier, dont 1 337 habitants pour Gambier
  2. http://www.larousse.fr/encyclopedie/autre-region/Tuamotu/147613
  3. Étienne Avalle, Notices sur les colonies françaises, éditions Challamel aîné, Paris, 1866, [lire en ligne], p. 632-633.
  4. (en) Liste des sommets sous-marins sur le Seamount Catalog.
  5. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, E. D. Wikramanayake, N. D. Burgess, G. V. N. Powell, E. C. Underwood, J. A. D'Amico, I. Itoua, H. E. Strand, J. C. Morrison, C. J. Loucks, T. F. Allnutt, T. H. Ricketts, Y. Kura, J. F. Lamoreux, W. W. Wettengel, P. Hedao et K. R. Kassem, « Terrestrial Ecoregions of the World: A New Map of Life on Earth », BioScience, vol. 51, no 11,‎ 2001, p. 935-938.
  6. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, R. Abell, T. Allnutt, C. Carpenter, L. McClenachan, J. D’Amico, P. Hurley, K. Kassem, H. Strand, M. Taye et M. Thieme, The Global 200 : A representation approach to conserving the earth's distinctive ecoregions, Washington DC, Conservation Science Program, World Wildlife Fund-US,‎ 2000 (lire en ligne)
  7. (en) G. Kier, J. Mutke, E. Dinerstein, T. H. Ricketts, W. Küper, H. Kreft et W. Barthlott, « Global patterns of plant diversity and floristic knowledge », Journal of Biogeography, vol. 32,‎ 2005, p. 1107–1116 (DOI 10.1111/j.1365-2699.2005.01272.x, lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  8. a, b, c, d et e (en)World Wildlife Fund, « WildFinder: Online database of species distributions »,‎ janvier 2006, données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  9. (en) J. M. Hoekstra, J. L.  Molnar, M. Jennings, C. Revenga, M. D. Spalding, T. M. Boucher, J. C. Robertson, T. J. Heibel et K. Ellison, The Atlas of Global Conservation : Changes, Challenges, and Opportunities to Make a Difference, Berkeley, University of California Press,‎ 2010 (lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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