Gaston Flosse

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Gaston Flosse
Parlementaire français
Naissance 24 juin 1931
Décès
Mandat Sénateur
Début du mandat 27 septembre 1998
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Circonscription Polynésie française
Groupe parlementaire RPR (1998-2002)
UMP (2002-2008)
RASNAG (2008-)
Ve République

Gaston Flosse, né le 24 juin 1931 à Rikitea, est homme politique français, président de l'Assemblée territoriale de Polynésie de 1972 à 1974 et de 1976 à 1977, puis du gouvernement de la Polynésie française de 1984 à 1987, de 1991 à mai 2004 (Oscar Temaru lui succède), d'octobre 2004 à février 2005 et de février à avril 2008. Il est franc-maçon[1].

Sommaire

[modifier] Origines, jeunesse et carrière professionnelle

Né d'un père lorrain venu exploiter la perle noire et d'une mère originaire de l'archipel des Gambier, Gaston Flosse voit le jour le 24 juin 1931 dans la commune Rikitea sur l’île de Mangareva, dans l’archipel des Gambiers. Puis en 1938, la famille Flosse descend à Tahiti et s’installe dans la commune de Pirae. Le jeune Gaston a sept ans et ne parle que le mangareva, dialecte parlé sur l’île du même nom.

Il fait sa scolarité à l’école des frères de Ploërmel de Papeete, qui est aujourd’hui le collège-lycée La Mennais. Il y exerce une carrière d’instituteur pendant treize ans avant de se diriger vers le métier d’assureur. C’est à cette occasion qu’il rencontre et noue de solides relations avec quelques riches familles des anciens établissements français d’Océanie, comme Albert Moux, co-propriétaire du quotidien Les Nouvelles de Tahiti, Robert, surnommé « l’empereur de la perle » et Louis Wan personnalité de la grande distribution, s’occupant également de brasserie, de perle et d’hôtellerie.

Il s’est marié deux fois et a eu neuf enfants, dont un qui a pour parrain l'ancien président de la République Jacques Chirac, grand ami de Gaston Flosse.

[modifier] Carrière politique

En 1958, Gaston Flosse rejoint le mouvement de Rudy Bambridge, fondateur de l'UTD-UNR, relais local du mouvement gaulliste. Il démarre sa carrière politique en 1965 en devenant le premier maire de la commune de Pirae, à Tahiti. Un poste qu’il quittera le 10 mars 2000 pour être en conformité avec la loi adoptée par le Sénat limitant le cumul des mandats.

Deux ans plus tard il est membre pour la première fois de l'Assemblée territoriale de Polynésie sous la bannière de l’Union tahitienne tetahoera’a ma’ohi UT-UDR, puis de 1977 à 1996, avec le Tahoeraa huiraatira : le Rassemblement du Peuple, qu’il fonde quatre ans plus tard. Il en devient le président en 1972 et entre peu après au comité central de l'UDR, puis du RPR. De cette époque date son amitié avec Jacques Chirac.

Député à partir de 1978, puis député européen, il devient même secrétaire d'État chargé des problèmes du Pacifique sud dans le premier gouvernement de cohabitation.

En 1984, Gaston Flosse siège au Parlement européen de Strasbourg. Il y obtient le premier statut d’autonomie interne de la Polynésie française et devient le premier président du gouvernement polynésien. Ardent défenseur de l’autonomie de la Polynésie, il obtient une autre réforme statutaire en 1996 puis en 2004. Habile négociateur, proche du président de la République française Jacques Chirac, il entretient des relations privilégiées avec Paris, qu'il use pour financer le développement du territoire et l'évolution de son statut.

En 1986, il est chargé du secrétariat du Pacifique sud par Jacques Chirac, alors Premier ministre sous Mitterrand, jusqu’en 1988.

En janvier 1996, peu après la reprise puis l'arrêt définitif des essais nucléaires dans le Pacifique, il annonce, après un entretien avec Jacques Chirac, devenu président de la République, que l'État versera 990 millions de francs (150 millions d'euros) par an pendant dix ans au territoire pour compenser la disparition des flux financiers engendrés jusque-là par le centre d'expérimentations du Pacifique. Quelques mois plus tard, il obtient un statut d'autonomie élargi pour le territoire. Sous le gouvernement Jospin, les socialistes ne se montrent pas moins généreux : les crédits d'État augmentent de 11 % à partir de 2000. Au lendemain de la réélection de Jacques Chirac, enfin, ce sont 840 millions d'euros qui sont budgétisés pour financer le développement de la Polynésie dans les dix prochaines années. Vous n'êtes pas seuls, l'État vous accompagne, fait remarquer le président de la République, en juillet 2003, lors de sa tournée dans les territoires du Pacifique sud.

Il a été élu sénateur le 27 septembre 1998 et réélu le 21 septembre 2008 avec 53,45 % des voix au 1er tour[2].

Pendant sa longue carrière politique, il a été également élu six fois maire de la commune de Pirae, trois fois président de l’Assemblée territoriale et à quatre reprises député à l’Assemblée nationale.

Il est décoré chevalier de l’ordre national du Mérite en mai 1970 et de la Légion d'honneur en juillet 1975. En juin 1996, il reçoit le Grand croix de l’Ordre de Tahiti Nui, qu’il a créé la même année.

[modifier] Contre l'UPLD

Aux élections suivantes, du 23 mai 2004 pour le renouvellement de l’Assemblée de Polynésie, la quasi-totalité de ses opposants s'allient dans un parti créé pour la circonstance : l'Union pour la démocratie (UPLD). Sa pratique autoritaire du gouvernement, ses nombreuses mises en examens, une reforme de statut qui a du mal à être acceptée par l'opinion publique, l'union de tous ses opposants, et un système électoral assurant une « prime » aux listes arrivant en tête dans les circonscriptions, provoquent sa défaite. L'indépendantiste Oscar Temaru devient le nouveau président de la Polynésie française.

[modifier] Avec l'UPLD

Lors des éléctions territoriales de janvier-février 2008, le To Tatou Ai'a remporte le plus grand nombre de sièges a l'assemblée territoriale. Un accord entre To Tatou Ai'a et l'autre parti autonomiste, le Tahoera'a, de Flosse semble se dessiner. Cependant Flosse est élu à la présidence de la Polynésie française avec les voix de l'UPLD (indépendantistes), la coalition avec To Tatou Ai'a s'effondre et Oscar Temaru est élu à la présidence de l'assemblée territoriale avec les voix du Tahoera'a. Flosse est ensuite exclu de l'UMP[3]. Le 15 avril 2008, une nouvelle motion de défiance, déposée par Gaston Tong Sang, est votée par 29 voix sur 57 (les 21 membres du groupe autonomiste et anti-indépendantiste du To Tatou Ai'a, les 6 élus du tout nouveau groupe Te Mana no te mau Motu ou « La voix des Archipels » regroupant des « îliens » alliés à Gaston Tong Sang et enfin 2 dissidents de la majorité Tahoera'a-UPLD). Comme le veut la réforme statutaire décidée avant les élections territoriales, celle-ci entraîne alors la chute du gouvernement Flosse et l'élection immédiatement de Gaston Tong Sang pour lui succéder[4].

[modifier] Bilan politique

[modifier] Développer la Polynésie française

Malgré ses mésaventures judiciaires, Gaston Flosse a également contribué à la croissance économique de la Polynésie française. Il est toujours parvenu à obtenir d’abondantes aides financières des gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche. En 1996, par exemple, afin de compenser le manque à gagner à la suite de l’arrêt des essais nucléaires, Gaston Flosse obtient qu’une aide globale de 150 millions d’euros soit versée pendant dix ans à la Polynésie française. Une aide qui vient s’ajouter aux sommes contenues dans la loi d’orientation.

Les actions favorables au territoire et mises en place sous le gouvernement de Gaston Flosse restent nombreuses. C’est lui qui, en 1995, par exemple, instaure une protection sociale généralisée, devançant l’État français. Ainsi, toute personne résidant en Polynésie française bénéficie d’une couverture sociale qu’elle soit salariée, non salariée, à faibles revenus voire sans ressource.

Afin de promouvoir le tourisme en Polynésie française, il crée, en 1996 avec des investisseurs, la compagnie aérienne Air Tahiti Nui. Aujourd’hui, la flotte compte 5 Airbus A340-300 qui desservent les États-Unis, l’Europe, le Japon, la Nouvelle Zélande et l’Australie.

Il est aussi à l’initiative du programme de promotion de la pêche hauturière et de la création de la société Tahiti Nui Rava’ai[5] en 2000. Objectif : construire 56 thoniers d’ici 2006. Dernière initiatives du président de la Polynésie française : la réforme du statut d’autonomie interne de 1996. Mais cette réforme passe mal dans l'opinion publique.

[modifier] Un bilan contrasté

Malgré des initiatives assez audacieuses visant à structurer le tourisme, comme la mise en place d'une compagnie aérienne polynésienne de long-courriers, le bilan économique et politique de Gaston Flosse semble contrasté. Ses initiatives se sont soldées par de maigres résultats ou des échecs (stagnation à un niveau très bas du nombre de touristes, dans un marché mondial en expansion; rétraction de la part de marché du tourisme nautique via les paquebots de croisière).

L'industrie perlière a été médiocrement orientée et se remet péniblement d'une surproduction qui a affecté les niveaux des prix de vente. Cette surproduction n'a pas non plus été accompagnée par une exigence accrue et systématique au niveau de l'application de critères de qualité, ce qui a conduit les producteurs à se confronter à la concurrence asiatique, notamment chinoise.

La pêche est en mauvais état : les moyens augmentent, mais les prises diminuent. Les critères de distribution des subventions visant à soutenir l'initiative locale restent opaques, ou à tout le moins restent trop indépendants des mesures d'accompagnement qui permettraient de suivre un projet et de l'accompagner en assurant sa montée en puissance. L'absence de suivi réel des investissements, le faible nombre d'entrepreneurs formés à la gestion et à la comptabilité, les études de marché peu réalistes, forment un ensemble de points faibles qui, mis bout à bout, forment une chaîne qui pèse sur les projets. Par ailleurs, nombre de projets fantaisistes permettent de capter certains flux financiers publics. Le "capitalisme des mers du Sud" ressemble trop souvent à un enrichissement artificiel, sans véritable enracinement économique viable.

Dans un contexte socio-culturel singulier et au demeurant assez artificiellement perçu de l'intérieur comme de l'extérieur, le tableau reste sombre s'agissant de la vie politico-économique de l'archipel. Les forts taux de rémunération des postes de la fonction publique entraînent un certain nombre d'effets pervers, influant en partie sur le niveau des prix marchands considérablement élevé et par voie de conséquence, maintenant un niveau de vie artificiel.

Le revers de la médaille de la croissance polynésienne, impulsée uniquement par une politique de dépenses publiques souvent orientées vers une oligarchie locale, est une dépendance toujours accrue envers les crédits de la métropole, induisant un type d'économie assistée où le développement durable est oublié, voire impossible en l'état. La chute de la couverture des importations par les exportations est spectaculaire, puisqu'elle est passée depuis 1999 de 24 % à 8 %.

Les largesses de la dépense publique, qui à vrai dire ont bénéficié à des titres divers à l'ensemble de la population, semblent avoir lassé les Polynésiens qui, bien que profitant de revenus pour une part créés artificiellement, semblent frappés par les antagonismes sociaux et le clientélisme du système.

L'insertion sociale en Polynésie française passe par des emplois salariés, où les activités de service et la fonction publique dominent. Même les secteurs privés dépendent largement des marchés publique. Les initiatives créatives ont été passablement stérilisées par les excès de cette politique, dont le clientélisme paraît être l'axe majeur dans la gestion du Territoire. Les effets négatifs à long terme de ce type de gestion ont fortement contribué à écarter Gaston Flosse des responsabilités politiques.

En 2007 dans un rapport de la Cour des comptes au chapitre des collectivités territoriales, la gestion des fonds publics par la Polynésie française fait l'objet d'un réquisitoire implacable visant les dernières années de Gaston Flosse à la tête du territoire, marquées par une « administration parallèle » et des « dérives » financières[6].

Aujourd'hui l'ex-président de la Polynésie française est un homme politique controversé et si les prochaines années diront ce que les Polynésiens vont retenir de l'action de Gaston Flosse.

[modifier] Gaston Flosse et la justice

Gaston Flosse a été, à plusieurs reprises, mis en examen par la justice française aux motifs de : « trafic d’influence », « faux et usage de faux », « prise illégale d’intérêts » et « complicité de tenue illicite d’une maison de jeu de hasard ».

Cependant, malgré tout ces chefs d’accusation, largement commentés par la presse, il a pratiquement toujours bénéficié d’un non lieu. Radié des listes électorales à la veille des élections de mai 2001, la Cour de cassation, réunie en urgence, lui rétablit ses droits. Puis, en juin 2001, il est également relaxé en appel du délit de : « corruption passive ». En novembre 2002, il est, encore une fois, amnistié dans une affaire de déclaration de patrimoine dans laquelle il était poursuivi pour « faux et usage de faux ».

[modifier] L'hôtel de Reginald Flosse

En juillet 2000, le président de la Polynésie française, Gaston Flosse, fait prendre quatre arrêtés lors du conseil des ministres. Ces arrêtés auraient permis au Territoire d'acquérir un hôtel appartenant à son fils Reginald Flosse, à des conditions favorables pour ce dernier. L'hôtel aurait ainsi pu être acquis à son prix d'achat, soit 1,95 milliard de Fcfp (16,34 millions d'euros), alors qu'il était fermé depuis 1998. Finalement, face à la polémique qui enfle, les arrêtés sont retirés en novembre 2000.

Le tribunal correctionnel de Papeete condamne, le 22 juin 2006, Gaston Flosse à trois mois de prison avec sursis pour prise illégale d'intérêt. Aucune peine d'inéligibilité n'est néanmoins prononcée à son encontre[7].

[modifier] L'affaire JPK et le GIP

Parmi les nombreuses libertés que Gaston Flosse a pu prendre vis-à-vis de la définition républicaine de la démocratie, l'existence de sa milice privée, le GIP (Groupement d'Intervention de la Polynésie, détournée de sa mission initiale d'aide et de secours à la population civile de la Polynésie française), est sans nul doute l'une des plus emblématiques, car ce GIP s'est attaqué à la liberté d'opinion par des actes de violence répétés vis-à-vis de ses opposants politiques.

L'affaire JPK, du nom du journaliste Jean-Pascal Couraud, démontre les dérives du système Gaston Flosse et de ces réseaux parallèles. Ce journaliste, pour s'être opposé directement à Gaston Flosse et avoir communiqué à de nombreuses reprises dans la presse les abus de pouvoir de ce dernier, est devenu la cible du pouvoir, en particulier de son bras policier officieux, le sinistre GIP. La disparition du journaliste, fin 1997, a déclenché une bataille judiciaire où le système Flosse a joué à plein pour étouffer l'affaire. Plusieurs témoins, après avoir accusé le GIP de la mort par noyade du journaliste, sont finalement revenus sur leurs déclarations. Selon des proches de Couraud, l'affaire serait liée à celle du compte japonais de Chirac[8]. Lors de cette affaire, la mainmise de Gaston Flosse sur les ressorts fondamentaux de la démocratie à Tahiti est apparue de façon éloquente : pression du parquet pour l'abandon des poursuites judiciaires, mise en garde à vue des témoins afin de les faire revenir sur leurs déclarations.[non neutre]

[modifier] 2009

Le parquet de Papeete demande, le 6 juillet 2009, la levée de l'immunité parlementaire de Gaston Flosse, poursuivi pour détournement de biens sociaux et corruption active[9]. Quelques jours auparavant, le siège de son parti, Tahoeraa huiraatira, était perquisitionné et la secrétaire particulière de Gaston Flosse placée en détention provisoire[10].

Le 8 juillet 2009, son hôtel particulier, à Paris, est également perquisitionné, cette fois-ci dans le cadre de l'affaire de « l'annuaire OPT[11] ».

[modifier] Notes et références

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • Oscar Temaru - Gaston Flosse : le pouvoir confisqué, Jean-Marc Régnault. - Papeete : Les Éd. de Tahiti, 2004. - 186 p. ; 21 cm.
  • Le paradis sur mesure de Gaston Flosse - Article publié le 31 Mars 2006 - Par Patrick Roger - Le Monde
  • Polynésie «Gaston», roi déchu - par Eric Conan - L'Express du 28/06/2004
  • Détournement de fonds publics - Polynésie : Le “système” de Gaston Flosse se dévoile - Témoignages - 21 octobre 2004
  • Polynésie, le système Flosse - Le Monde, 22 mai 2004
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-
Alexandre Léontieff
Oscar Temaru
Oscar Temaru
Président de la Polynésie française
1984 - 1987
1991 - 2004
2004 - 2005
2008 - 2008

Jacky Teuira
Oscar Temaru
Oscar Temaru
Gaston Tong Sang
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