Pandanus

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Pandanus est un genre de plantes tropicales appartenant à la famille des Pandanaceae. Ce genre comprend plus de 600 espèces réparties autour de la ceinture tropicale, de l'Afrique à l'Océanie dans des habitats variés (subaquatique à sec).

Avec le cocotier, les nombreuses espèces de Pandanus, aussi appelées baquois[1], sont sans doute les « arbres » les plus utiles du Pacifique et de l'océan indien. Leur aspect étrange a toujours frappé les voyageurs européens. Comme toute plante monocotylédone, ce ne sont pas de vrais arbres et leur tige n'est pas un vrai tronc. Cette tige ou faux-tronc, d’un diamètre sensiblement égal du sommet à la base, est recouvert d’une écorce lisse et marbrée. De nombreuses racines adventives semblables aux rameaux mais terminées par un germe vert, s’en détachent en des points variables et se dirigent vers le sol qu’elles n’atteignent souvent qu’après un long trajet ; leur ensemble forme alors un faisceau pyramidal qui semble soutenir la tige.

Bien que les Pandanus soient répandus dans toutes les îles du Pacifique tropical, les îles basses de la Polynésie et de la Micronésie constituent leur terrain de prédilection : le fara en langues polynésiennes, couvre les atolls les plus déshérités. Certaines espèces sont cultivées, propagées facilement au moyen des bourgeons qui se forment spontanément aux aisselles des feuilles inférieures ; le fruit peut également flotter et se répandre sans l'aide de l'homme.

Caractéristique[modifier | modifier le code]

Les pandanus (ici à Hawaï) se caractérisent par des racines en faisceau pyramidal, jouant le rôle de contreforts

Les utilisations[modifier | modifier le code]

Travaux de vannerie des femmes aborigènes australiennes
Pandanus heterocarpus en vannerie
Infrutescence et drupes (Pandanus montanus) qui peut servir de perles d'un collier de bienvenue dans le Pacifique Sud
Habitat traditionnel en pandanus, reconstitution de la Maison du Jouir de Gauguin à Atuona, Hiva Hoa, Marquises

Les utilisations de la feuille et du fruit concernent dans de nombreuses régions, les objets de vannerie, des vêtements et des colliers, les toitures) et des usages alimentaires ou cosmétiques.

La vannerie[modifier | modifier le code]

Les femmes aborigènes australiens des régions non désertiques réalisent des travaux de vannerie très élaborés à partir de fibres de pandanus, en particulier des étuis et des sacs (dilly bags, dilly pour "pandanus" et "sac" en langue Yagara[2]) pour les chasseurs-collecteurs nus. Certains sacs tressés "serrés" sont même étanches : ils peuvent ainsi servir pour rapporter de l'eau, du miel de brousse, etc. À l'occasion du tournage du film australien Ten canoes (titre français : Dix canoës, 150 lances et trois épouses) de Rolf de Heer (2006), les actrices et les femmes de leurs familles tinrent à reprendre les techniques ancestrales de tissage d'objets usuels en fibres de pandanus, pour les faire figurer dans le film.

En Polynésie française, les feuilles de pandanus sont tressées pour former des rouleaux de pae’ore qui serviront de support aux ceintures des costumes de danse tahitienne.

L'habitat[modifier | modifier le code]

Les parures[modifier | modifier le code]

Les drupes (éléments du fruit) parfumées servent à faire des colliers ou des couronnes lors des fêtes.

Les usages alimentaires[modifier | modifier le code]

Les fruits, nommés galipes, se conservaient facilement et étaient mangés cuits en cas de disette. Si de nos jours, plus personne ne consomme du pandanus en Polynésie française, en revanche, le fruit est encore mangé aux Kiribati où le nombre d'espèces et de variétés est bien plus grand. Les vacoas retrouvent la même utilisation à la Réunion. Les feuilles de pandanus sont également utilisées en Asie du Sud-Est pour parfumer des préparations sucrées comme le riz, la nata de coco ou d'autres préparations comme les crêpes au pandanus réputées dans toute l'Indonésie. Elle sert aussi en additif alimentaire appelé : essence de pandan.

les usages cosmétiques[modifier | modifier le code]

Neuf espèces en Polynésie française présentent des feuilles plus utilisées (toitures, vannerie) que les fruits. Les paysannes indonésiennes utilisent également le pandanus comme savon pour les pieds[réf. nécessaire]. Les hommes parfument leur sexe avec du pandanus flétri et bouilli[citation nécessaire]. Les femmes mahoraises (de Mayotte) utilisent la fleur très parfumée, appelée mgu, comme invitation intime à l'amour[3]. Soit comme composante d'un onguent pour le corps, soit seule pour parfumer les draps de la séductrice. Cependant, si le mâle reste rétif à l'acte d'amour, la femme n'hésite pas à frotter le pandanus sur l'ensemble des murs et de la façade de la hutte en bambou[réf. nécessaire].

Les représentation artistiques[modifier | modifier le code]

Paul Gauguin I raro te Oviri - Sous les pandanus I

En 1891, Paul Gauguin a peint I raro te Oviri - Sous les pandanus I.

Quelques espèces (liste non exhaustive)[modifier | modifier le code]

Pandanus candelabrum, Habitus

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [http://books.google.fr/books?id=6e0TAAAAQAAJ&printsec=titlepage#PPA29,M1 Dictionnaire des sciences naturelles - Frédéric Cuvier, 1816
  2. voir article de Wp:en
  3. Le m'zindzano masque de beauté mahorais - Luc Ollivier (IFM de Dembéni)- Bull. Nat., Hist. & Géo. Mayotte, n*5 - Décembre 2001

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]