Moruroa

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Moruroa
Mururoa
Carte de Mururoa
Carte de Mururoa
Géographie
Pays Drapeau de France France
Archipel Tuamotu
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 21° 50′ 00″ S 138° 50′ 00″ W / -21.83333, -138.83333321° 50′ 00″ S 138° 50′ 00″ W / -21.83333, -138.833333  
Superficie 15 km2
Géologie Atoll
Administration
Drapeau de France France
Collectivité d'outre-mer Polynésie française
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Fuseau horaire UTC-10

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Moruroa
Moruroa
Atolls de France

Moruroa, aussi transcrit en Mururoa[1],[2] et historiquement appelé Aopuni[3], est un atoll de l'archipel des Tuamotu, situé en Polynésie française. Celui-ci a servi, comme un autre site de l'océan Pacifique, l'atoll de Fangataufa distant de 45 kilomètres, de lieu d'expérimentation à 138 essais nucléaires français.

Sommaire

Géographie [modifier]

Moruroa est un atoll de 28 km de longueur et 11 km de largeur maximales pour une superficie de terres émergées d'environ 15 km2 situé à 1 250 km au sud-est de Tahiti. L'atoll est composé de plusieurs motus de tailles variées. Il est rattaché à la commune de Tureia.

Histoire [modifier]

La première mention de l'atoll par un Européen est faite par Philip Carteret en 1767 quelques jours après sa découverte de l'île Pitcairn. Il baptise l'atoll du nom de Bishop of Osnaburgh Island (île de l'évêque d'Osnaburgh)[réf. nécessaire]. Le 25 février 1792, la baleinière britannique Matilda fait naufrage à proximité de Moruroa où les rescapés, commandés par le capitaine Weatherhead[4], trouveront refuge et à partir de laquelle ils rejoindront Tahiti en canots de fortune. En avril 1823, c'est le navigateur français Louis Isidore Duperrey qui visite Moruroa, à bord du navire La Coquille, puis c'est au tour du Britannique Frederick William Beechey de l'aborder le 26 janvier 1826[4].

Essais nucléaires [modifier]

Vue de l'atoll de Moruroa et de ses installations militaires par un satellite espion américain KH-7 (26 mai 1967)

Le premier des 138 essais effectués au total à Moruroa est réalisé le 2 juillet 1966[5].

Les essais nucléaires français suscitent des oppositions locales et internationales et le 10 juillet 1985, le Rainbow Warrior, un bateau de l'organisation écologiste Greenpeace en route vers l'atoll est coulé à Auckland en Nouvelle-Zélande par des agents de la DGSE (services secrets français), causant la mort du photographe portugais Fernando Pereira et provoquant le scandale de l'affaire du Rainbow Warrior.

Alors que la France observe depuis plusieurs années un moratoire sur les essais nucléaires, le nouveau président français Jacques Chirac autorise dès 1995, une dernière campagne d'essais, avant la ratification du traité d'interdiction complète des essais nucléaires. Ces essais ont pour objectifs de valider différents modèles permettant des simulations en laboratoire. Ils provoquent une vive campagne internationale de protestations allant jusqu'au boycott, avec en pointe les pays d'Océanie et des organisations internationales, dont Greenpeace.

Cette campagne d'essais nucléaires prend fin l'année suivante. L'évolution de la géologie et de la radioactivité de l'atoll est depuis surveillée attentivement par l'armée française.

Notes et références [modifier]

  1. L'appellation « Mururoa » est plus courante en français, et figure comme première entrée dans des dictionnaires d'usage courant, mais le nom polynésien de l'atoll est bel et bien Moruroa, ce qui signifie « grand îlot »[réf. nécessaire] en tahitien.
  2. Le Petit Larousse 2008, éd. Larousse, Paris (ISBN 978-2-03-582503-2) p. 1542
  3. Names of the Paumotu Islands, with the Old Names So Far As They Are Known par J.L. Young dans The Journal of the Polynesian Society, Volume 8, No. 4, December 1899, p.264-8
  4. a et b Les Atolls des Tuamotu par Jacques Bonvallot, éditions de l'IRD, 1994, (ISBN 9782709911757), pp.275-282.
  5. Les atolls de Moruroa et Fangataufa sont cédés par délibération du Territoire de Polynésie no 64-27 du 6 février 1964, rendue exécutoire par arrêté no 290/AA/DOM du 8 février 1964

Annexes [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Marie-Thérèse et Bengt Danielsson, Moruroa, notre bombe coloniale. Histoire de la colonisation nucléaire de la Polynésie française, Paris, Ed. L'Harmattan, 1993, 656p.
  • Jean-Marc Regnault, La France à l'opposé d'elle-même, Les Editions de Tahiti, 2006, 228 p.
  • Jean-Marc Regnault, La bombe française dans le Pacifique, Polymages-Scoop, 1993, 186 p.

Liens externes [modifier]