Rangiroa

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Rangiroa
Image satellite de Rangiroa.
Image satellite de Rangiroa.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Tuamotu
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 15° 07′ 30″ S 147° 38′ 42″ O / -15.125, -147.64515° 07′ 30″ S 147° 38′ 42″ O / -15.125, -147.645  
Superficie 79 km2
Point culminant non nommé (12 m)
Géologie Atoll
Administration
Collectivité d'outre-mer Polynésie française
District Tuamotu
Commune Rangiroa
Démographie
Population 2 567 hab. (2012[1])
Densité 32,49 hab./km2
Autres informations
Découverte 1616
Fuseau horaire UTC-10

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Rangiroa
Rangiroa
Atolls de France

Rangiroa (Ciel immense ou Vaste ciel en paumotu) est un atoll de l'archipel des Tuamotu en Polynésie française dans le sous-groupe des Îles Palliser. Celui-ci est le chef-lieu de la commune de Rangiroa. Il est situé à environ 350 km au Nord-Est de Tahiti.

Les découvreurs de l'ile l'appelèrent l'île aux mouches ou Bonne Espérance mais son nom tahitien est Ra'i roa.

Géographie[modifier | modifier le code]

Village de Tiputa

D'un point de vue géologique, l'atoll est l'une des excroissances coralliennes (de seulement quelques mètres) du sommet du mont volcanique sous-marin homonyme, qui mesure 1 185 mètres depuis le plancher océanique, formé entre 61,4 et 64,5 millions d'années[2].

C'est le deuxième plus grand atoll au monde par la superficie de son lagon, véritable mer intérieure. Il est constitué de 240 motu séparés par plus de 100 ho'a (petits chenaux) qui forment son récif corallien, d'un peu moins de 300 mètres de large mais qui s'étend sur plus de 200 kilomètres. Dans ses dimensions maximales le lagon est long de 80 km pour une largeur de 32 km, la profondeur maximale n'est que de 35 mètres, sa superficie est de 1 446 km2. La superficie des terres émergées est de 7 900 hectares réparties en 415 groupes de motus.

Du fait de cette faible profondeur, en fonction de la houle et des échanges entre la mer et le lagon par les passes, il arrive que des tempêtes intérieures se produisent dans le lagon. Seules deux îles sur les 418 qui composent l'atoll sont habitées en permanence.

Rangiroa est connu mondialement pour sa faune sous-marine exceptionnelle. Dauphins, requins, poissons de récif et pélagiques et en saison des baleines y sont observables.

La population est de 2567 personnes en 2012. Les villages sont Tiputa (971 hab.), Avatoru (817 hab.), Ohotu (546 hab.), Taeo'o, Fenuaroa, Otepipi et Tevaro.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première mention attestée de l'atoll est faite par les explorateurs hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire le 18 avril 1616[3] qui le nomme Vlieghen Eiland[4]. Il est visité le 30 mai 1722 par leur compatriote Jakob Roggeveen[4] puis le 7 septembre 1839 par l'Américain Charles Wilkes lors de son expédition australe qui lui donne le nom de Deans Island[4],[5].

Économie[modifier | modifier le code]

Aéroport de Rangiroa

Tourisme[modifier | modifier le code]

C'est l'activité économique principale de l'île : Rangiroa est desservie quotidiennement depuis Papeete par les ATR 42 et ATR 72 d'Air Tahiti. Le lagon et les passes qui constituent des sites privilégiés de plongée sous-marine attirent un nombre régulier de touristes. Ces derniers sont hébergés dans quelques hôtels et pensions de famille. Rangiroa dispose d'une centrale thermique qui produit de l'électricité ainsi que d'une antenne satellite pour les communications téléphoniques.

Dans les nombreuses cavernes sous-marines (les cavernes, la grotte aux requins, le tombant, l'éolienne...) et à leurs abords, on rencontre des chirurgiens, rougets, napoléons, raies manta, requins gris « raira » où à pointe blanche, requins marteau, raies léopard, barracudas en bancs, tortues, requins pélagiques, dauphins...

Perliculture[modifier | modifier le code]

Perle de Tahiti à la ferme perlière de Rangiroa

L’élevage d’huîtres perlières dans le lagon permet de produire des Perle de Tahiti. Ce terme désigne en réalité les perles de culture marines produites à partir de l'espèce Pinctada margaritifera, abondante dans les atolls de Polynésie française. Les perles obtenues, dont la couleur de base peut aller de la très claire à la très foncée en passant par toute la gamme des gris, d'où l'appellation impropre de perles noires, sont les seules perles cultivées au monde présentant autant de diversité de couleurs naturelles avec un dominante verte rose dite aile de mouche ou peacock.

La technique de production des perles de culture marine a été originalement mise au point au Japon et excepté quelques détails, les protocoles utilisés en Polynésie française sont similaires. Le processus consiste à introduire dans l'animal, un nucléus, bille en nacre et un greffon, morceau du manteau d'une autre huître. Le greffon va alors rapidement reconstituer un épithélium autour du nucleus puis déposer des cristaux de nacres dans le cas d'une greffe réussie. Néanmoins, les cas de rejets du nucléus sont importants et peuvent atteindre 30 à 40 %, la raison principale étant un mauvais placement du greffon qui doit absolument être accolé au nucleus lors de l'opération initiale. Malgré un support original parfaitement sphérique, seules 20 % des perles seront rondes à la récolte, soit environ deux ans après la greffe.

La perliculture est présente dans plus de trente atolls de Polynésie française et fait vivre de nombreuses familles autochtones. A Rangiroa, dont la surface du lagon est énorme, plusieurs fermes occupent une superficie de plus de 500 hectares de concessions maritime octroyées par le gouvernement de la Polynésie française. La ferme la plus importante, Gauguin's pearl, emploie plus de 50 personnes originaires de l'atoll et joue ainsi un rôle important dans l'économie de l'ile dont la population totale avoisine les 2000 habitants.

Une école dédiée aux techniques de la perliculture est d'autre part implantée sur l'atoll de Rangiroa ainsi qu'un centre de recherches sur les huîtres perlières qui font de ce lieu une plateforme importante pour la perliculture.

Pêche[modifier | modifier le code]

Essentiellement vivrière une partie de la production est cependant exportée vers l'ile de Tahiti.

Viticulture[modifier | modifier le code]

L'atoll de Rangiroa est également connu pour son vignoble, unique au monde. Les vignes y poussent au bord d’un lagon à côté d’une cocoteraie, et produisent deux récoltes par an. Le chai est situé près du village d'Avatoru. Les raisins sont ramenés au chai par bateau.

La création de ce vignoble a demandé de longues analyses préalables, pour trouver le meilleur site capable d’accueillir les vignes. Les premiers ceps ont été importés en 1992 et ont subi des tests d'acclimatation et de sélection dans les principaux archipels de Polynésie, avec l’incertitude de leur adaptation au climat. Une trentaine de cépages a été importée de diverses régions d'Europe.

Les essais ont eu lieu :

Finalement, l’atoll de Rangiroa a été retenu, notamment son absence de maladie cryptogamique, l’absence d'insectes défoliateurs, et sa relative proximité de Tahiti. Les cépages retenus et actuellement en production sont : l’italia B, le carignan N et le muscat de Hambourg N.

Problème de l'eau[modifier | modifier le code]

Comme pour beaucoup d'atolls, il n'y a pas d'eau courante à Rangiroa. Chaque foyer doit récupérer et stocker l'eau de pluie dans des citernes. Les lentilles d'eau douce qui se forment dans les récifs coralliens sont pour la majorité d'entre elles désormais constituées d'eau saumâtre du fait d'un pompage excessif. Certaines sont aussi polluées à cause de l'enfouissement des déchets.

Particularités[modifier | modifier le code]

  • Des dauphins sédentaires (Tursiops Truncatus) viennent régulièrement jouer en groupe dans la passe de Tiputa. On peut les observer depuis la terre ferme mais c'est aussi un des rares endroits où ils se laissent approcher en plongée sous-marine.
  • Lorsque le courant est rentrant, un mur de requins d'environ 100 spécimens se forme à l'entrée de la passe de Tiputa à une cinquantaine de mètres de profondeur. Portés par ce fort courant les requins peuvent ainsi rester immobiles et permettre aux plongeurs de les observer sans difficultés, ainsi que de grandes raies manta (manta birostris)

Sites exceptionnels[modifier | modifier le code]

  • Le lagon Bleu est un lagon à l'intérieur du lagon, sa très faible profondeur contribue à enrichir la palette unique de bleu qui s'offre au visiteur.
  • L'île aux récifs est très particulière et montre des formations coralliennes fossiles, appelées 'feo', qui semblent avoir été créés lors du "cataclysme" que provoqua la sortie de Tahiti (beaucoup plus jeune géologiquement) du fond des océans.
  • Les sables roses sont des bancs de sable situés à l'extrême sud de l'atoll. L'endroit est superbe mais son éloignement le réserve aux journées très calmes.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Population des communes de Polynésie française en 2012 sur le site de l'Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF).
  2. (en) Rangiroa Seamount sur le catalogue Seamount de earthref.org
  3. Tahiti et ses archipels par Pierre-Yves Toullelan, éditions Karthala, 1991, (ISBN 2-86537-291-X), p.61.
  4. a, b et c Les Atolls des Tuamotu par Jacques Bonvallot, éditions de l'IRD, 1994, (ISBN 9782709911757), pp.275-282.
  5. (en) Names of the Paumotu Islands, with the Old Names So Far As They Are Known par J.L. Young dans The Journal of the Polynesian Society, Volume 8, No. 4, December 1899, p.264-8

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]