Tubuai

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec les îles Australes aussi appelées « Îles Tupua'i ».
Tubuai
Tupua'i (ty)
Tupua'i sur la carte des Australes
Tupua'i sur la carte des Australes
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Îles Australes
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 23° 22′ 21″ S 149° 28′ 49″ O / -23.372514, -149.480324 ()23° 22′ 21″ S 149° 28′ 49″ O / -23.372514, -149.480324 ()  
Superficie 45 km2
Côtes 26 km
Point culminant Mont Taita'a (422 m)
Géologie Île volcanique
Administration
Collectivité d'outre-mer Polynésie française
Commune Tupua'i
Démographie
Population 2 170 hab. (2012)
Densité 48,22 hab./km2
Plus grande ville Village de Tupua'i
Autres informations
Découverte IXe ou Xe siècle
Fuseau horaire UTC-10

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Tubuai
Tubuai
Îles de France

Tubuai (prononcé Toubouaï et Tupua'i en tahitien) est une île volcanique située dans l'archipel des Australes en Polynésie française, dont elle est le chef-lieu, ainsi que de la commune de Tubuai.

Formation de l'île[modifier | modifier le code]

Comme toutes les îles du Pacifique, Tupua'i est d'origine volcanique. Elle s'est formée à partir d'un point chaud fixe sous l'écorce terrestre, c'est-à-dire un volcan immergé qui entre en éruption après plusieurs millions d'années. Celui-ci est commun à toutes les Australes, il s'agit du point chaud du Mac-Donald, situé à 430 km de Rapa et 340 km de Marotiri. Par accumulation des laves se forme l'île lorsque le cratère atteint la surface. Cette formation est très lente : il faut entre 600 et 5000 ans pour atteindre une hauteur de 1 mètre. Le plafond océanique se trouvant, pour les Australes, à une profondeur de 4000 mètres il faut entre 2,5 et 20 millions d'années pour qu'une terre ne commence à émerger et évidemment plus encore pour que l'île entière se forme. Le point chaud se réactive de façon périodique formant ainsi une île qui va alors dériver, une fois le cratère éteint, en suivant le mouvement de la plaque océanique avec une vitesse d'environ 10 centimètres/an. Les différentes îles Australes se sont ainsi formées et se suivent selon une ligne, la plus ancienne étant la plus éloignée du point chaud. Le volcan est assez peu actif dans l'ensemble, d'où un éloignement assez important des îles.

Le point chaud du Mac-Donald est le 24 sur cette carte (cliquer pour agrandir)

L'existence du point chaud du Mac-Donald n'est cependant pas la seule. En effet l'alignement des îles est parfois décalé et a amené à l'hypothèse d'un deuxième point chaud ou même d'une zone chaude. Celle du Mac-Donald reste cependant la plus plausible car il est connu et localisé précisément. Il culmine aujourd'hui à une trentaine de mètres sous la surface de l'océan. Certaines éruptions ont même été constatées vers la fin des années 1980 par le navire océanographique Melville puis par le Suroît.

L'île de Tupua'i aurait quant à elle été formée il y a dix à douze millions d'années par le volcan du Mont Taita'a. L'autre volcan, de la montagne dite de l'homme couché se serait formé plus récemment, environ 9,5 millions d'années. Leur base réside à 4500 mètres de profondeur avec une longueur de 150 km sur 100 km de largeur. Le tout forme un cône gigantesque dont la partie émergée ne représente que 1/10 000 du volume total du cône.

Comme pour la plupart des îles tropicales, une barrière de corail s'est formée dès que les conditions nécessaires ont été réunies (surface suffisante, eaux chaudes et faible profondeur). Celle-ci entoure toute l'île en laissant cependant quelques passes et, contrairement à Rūrutu, de nombreuses plages sans corail, rendant ainsi la baignade possible. La ceinture ainsi formée a alors accueilli des îlots ("motu"), pas uniquement formés de corail ou de sable mais aussi, pour le motu 'Ōfa'i par exemple, de phonolithes, des roches venues des dernières explosions. La barrière de corail forme un grand lagon dont la surface est de 85 km2, soit le double de l'île. Par ailleurs, aucune plage ne présente de sable noir d'origine volcanique comme à Tahiti, leur palette de couleur s'étend de l'ocre au blanc.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plusieurs fouilles archéologiques successives ont été effectuées sur la côte nord de Tubuai. Elles ont été dirigées par Mark Eddowes (CPSH), Eric Conte (Université de Polynésie française), et plus récemment par Robert Bollt (Université de Hawaii a Manoa). Des datations C14 effectuées à partir de charbons recueillis dans les niveaux les plus anciens du site donnent un âge de 686-921 et 678-769 avant le présent (Worthy et Bollt, 2011: 73), soit 1146 +/- 117 ans, et 1226 +/- 45 ans. Ce sont les dates les plus anciennes obtenues à ce jour (novembre 2012) pour l'archipel, néanmoins, il est à prévoir que d'avantage de recherche dans la région permettrait de trouver des traces d'occupations humaines plus anciennes.

La première mention de l'atoll a été faite par le marin anglais Samuel Wallis en 1767[1]. C'est en 1777 que James Cook débarque sur l'île et lui donne le nom de Toubouaï. À son arrivée, plusieurs pirogues approchent du navire (le Resolution), le capitaine reconnait alors des similarités dans leur langage avec le tahitien. Cook ne s'attardera pas sur l'île, il reconnaitra juste quelques avantages pour des navigateurs de passage en raison d'une végétation luxuriante mais précise qu'elle est inapte au mouillage en raison d'une grande barrière de corail.

C'est pour ces raisons que les mutins du Bounty s'y réfugièrent, ils évitaient ainsi d'être découverts. James Morrisson, second maître à bord du Bounty, a transmis le plus de détails sur l'île dans son journal[2]. Il y raconte leur arrivée dans l'après-midi du dans la baie de la plage du Tāvana qui sera par la suite des événements surnommée la Baie Sanglante (Bloody Bay). Il décrit tout ce qui s'est passé dans les deux jours suivants alors que l'équipage était resté sur le bateau. D'abord celui qu'il décrit comme un chef monta à bord, le capitaine Fletcher Christian lui fit quelques cadeaux puis le chef retourna à terre. Le lendemain, ceux qu'il appelle "indigènes" firent embarquer sur une pirogue plusieurs femmes qui montèrent ensuite à bord du Bounty, sans doute pour détourner l'attention des matelots, tandis que 50 pirogues chargées d'hommes commençaient à entourer le navire. Les mutins le remarquèrent et comprirent le piège, les Tahitiens comprenant que les matelots étaient sur leurs gardes ne firent aucune tentative. L'équipage du Bounty fit alors quelques offrandes aux femmes mais les hommes qui les avaient suivies à bord tentèrent de voler tout ce qui leur passait sous la main. Lorsque ceux-ci revinrent à leur pirogue, les hommes sur les autres pirogues brandirent leurs armes. Se sentant menacé, l'équipage tira un coup de mousquet et un coup de canon. Les Tahitiens s'enfuirent alors. Les marins voulurent rejoindre la côte avec des embarcations mais ils reçurent des jets de pierre. Ils ripostèrent alors avec leurs mousquets et 12 Tahitiens furent tués. C'est depuis ce massacre que la baie a été surnommée la Baie Sanglante (Bloody Bay).

Les mutins du Bounty

Le Bounty retourna alors à Tahiti pour un approvisionnement puis revint à Tupua'i le . Ils y amenèrent plusieurs animaux et furent accueillis par Tamatoa, le chef de To'erauetoru (aujourd'hui Mata'ura), cette fois-ci l'accueil fut parfait. Mais quelques désaccords régnaient quant à l'installation des mutins, Fletcher Christian voulant s'installer à Nati'eva (aujourd'hui Ta'ahueia). Finalement, ils s'y installèrent et les mutins y construisirent le Fort George, aujourd'hui disparu, nommé en l'honneur du roi d'Angleterre. La parcelle fut troquée contre de longues plumes rouges d'oiseaux ramenées de Tahiti. L'équipage fit débarquer une partie du bétail qui terrifia les habitants, le reste fut débarqué sur les îlots (les "motu" en tahitien). Le fort était gigantesque pour l'île, d'environ cent mètres de longueur sur autant de largeur, doté d'un pont-levis et d'un fossé.

Mais des tensions régnaient avec les insulaires et une violente bataille éclata dans laquelle 66 d'entre eux laissèrent la vie. Suite à ces événements, les mutins quittèrent l'île le pour revenir à Tahiti. Ils y laissèrent les animaux qu'ils avaient amenés. Seize des mutins dont James Morrisson (qui refera une description plus détaillée de l'île) restèrent à Tahiti, les autres se rendirent sur l'île de Pitcairn où ils restèrent définitivement.

Après le Bounty, ce n'est qu'en 1820 qu'arriveront d'autres Européens, les missionnaires de la L.M.S., en 1844, les Mormons et en 1873, l'église Sanito. Les premières conversions au protestantisme se feront autour de 1824, l'église mormone rassemblera quant à elle près de 600 adhérents en moins de 4 mois. En revanche les premiers missionnaires catholiques n'arriveront qu'en 1909 d'où un faible impact de cette religion dans l'île.

L'annexion de l'île par la France se fera en 1842 alors que l'île appartenait au roi Pōmare II depuis 1819 suite à un voyage dans les Australes. Tupua'i fut alors incluse dans le protectorat français de Tahiti. S'ensuivit la même évolution politique que pour le reste de la Polynésie française. Ainsi l'état-civil fut instauré en 1874 et la citoyenneté française fut accordée en 1880.

Jacques-Antoine Moerenhout s'y arrête du 2 au et en fait un constat de désolation. Le lieutenant du vaisseau Rey s'y rend en 1892 pour une mission et entend dire par le gendarme de l'île que la fête du 14 juillet n'est pas bien respectée et accuse le pasteur Sanito. Durant son escale, il assiste à une fête et ne remarque que les chants en reo tupua'i, la langue polynésienne locale, qui lui font déplorer "le peu de progrès de la langue française". En 1895, le gendarme Muller fait un constat démographique, la population était de 430 habitants avec une centaine de chevaux pour le déplacement. Enfin, dernière personne à s'y être vraiment intéressée, Noël Ilari décrivit les mœurs de l'île de 1935 à 1963 dans son livre Journal d'un Popa'a farani. Il relate en particulier le changement de la vie locale avec l'arrivée de la monnaie ou le changement de la mode vestimentaire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Tupua'i est située à 23°22'42.91"S de latitude sud et 149°29'33.16"O de longitude ouest, un peu au-dessus du tropique du Capricorne. L'île est au centre des Australes, située à 195 km de Ra'ivāvae, 210 km de Rūrutu, 700 km de Rapa et 640 km au sud de Tahiti.

Elle est constituée de deux anciens ensembles volcaniques culminant au mont Taita'a à 422 m et séparés par le col de Huahine (35 mètres). Sa surface est de 45 km², entourée d'un important lagon (le plus étendu des Australes).

Vue satellite de Tupua'i

La barrière de corail qui l'entoure crée en effet un lagon de 85 km2 de surface soit le double de l'île. Il atteint parfois 5 km de large. Sa profondeur est faible, d'où une couleur caractéristique bleu turquoise voire jade. Pour une grande partie, elle avoisine les 6 mètres mais peut atteindre 25 mètres pour certains endroits du Sud-Sud-Est. Les eaux se renouvellent constamment grâce à un courant marin plutôt fort et assez constant. Cela contribue entre autres à la préservation des fonds océaniques et à la santé du corail qui ne souffre pas de blanchiment comme dans d'autres îles. La fraîcheur des eaux et la très faible pollution explique aussi cet effet ; l'île est en effet restée très préservée jusqu'à maintenant. La faune sous-marine n'en est que plus riche.

De nombreux petits cours d'eau parsèment l'île bien que très peu d'entre eux ne rejoignent la mer. Ils s'arrêtent bien souvent dans des marécages. Seule la rivière de Vaiohuru a un réel écoulement. En revanche, ces rivières ont une pollution bien plus importante, qu'elle soit naturelle ou artificielle. En effet, la stagnation des eaux provoque souvent une pollution par la terre de l'eau rendant difficile voire impossible le développement animal. Seules les anguilles et quelques rares poissons d'eau douce s'y adaptent. Cette stagnation accentue la pollution humaine diverse qui ne s'évacue donc pas et provoque une pollution à longue durée. Surtout l'unique dépotoir est relié à une rivière importante et provoque ainsi la pollution la plus visible. Par ailleurs, l'encombrement des déchets risque à terme d'atteindre les nappes phréatiques. Ce sont là les deux seules véritables préoccupations vis-à-vis de la pollution sur l'île. Toutes les rivières ne sont cependant pas polluées malgré leur stagnation. On en trouve quelques-unes très limpides dans lesquelles se développent des crevettes d'eau douce ("chevrettes"). Celles-ci sont généralement plus en altitude.

Les marécages, alimentés par les rivières qui ne rejoignent pas la mer, représentent une assez grande partie de l'île. On en compte deux principaux dont la profondeur ne dépasse pas un mètre et qui sont en très grande partie recouverts d'herbes hautes et de petits morceaux de terre propice au développement d'un certain type de flore aimant l'humidité. Le reste des terres est très fertile, donc favorable à la production agricole. L'île est d'ailleurs parfois appelée l'"île verte".

Huit îlots, motu en tahitien, entourent l'île :

  • Motu One (aussi appelé îlot de sable, au Nord)
  • Motu Rautaro
  • Motu Toena
  • Motu Roa (aussi appelé Motu Tāpapatava'e)
  • Motu Mitihā (Motiha'a à l'origine)
  • Motu 'Ōfa'i (aussi appelé îlot caillou)
  • 'Iri'iriroa
  • Îlot plat

Les îlots sont listés dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du Nord de l'île. Les noms de chacune peuvent différer dans l'écriture, celle-ci étant généralement phonétique. Les deux dernières îles sont très souvent invisibles car recouvertes par l'eau en fonction des marées, ce qui justifie le fait que l'îlot de sable n'ait pas de véritable nom.

Le motu 'Ōfa'i est quant à lui le seul îlot qui ne se soit pas formé grâce au corail puisqu'il est uniquement composé de basalte, d'où son nom. Il est par ailleurs le seul affleurement de terres volcaniques autres que l'île principale.

Climat[modifier | modifier le code]

Son climat est plus frais que celui de Tahiti, inférieur de 2 à 5°C, comme pour l'ensemble des îles Australes, ce qui fait des températures entre 20 et 25 °C en moyenne par année[3]. Le climat est donc plutôt tempéré même s'il se rapproche une large partie de l'année d'un climat tropical. C'est d'ailleurs l'archipel avec les conditions météorologiques les moins favorables de Polynésie française[4]. Cela en fait néanmoins un lieu intéressant pour la culture maraîchère qui est par ailleurs la principale activité économique de l'île. La température la plus basse mesurée sur l'île est de 9,2 °C. La mesure date du . La plus haute fut quant à elle relevée le et était de 32,7 °C[4]. Les eaux du lagon atteignent 26 °C en été mais ne baissent que de quelques degrés en hiver.

Les précipitations sont de l'ordre de 2000 mm par an avec à peu près 1700 mm/an pour les années 2006 et 2007[5]. Les records de précipitations sont pour le plus haut de 2839 mm, mesuré en 1962 et pour le plus bas 1186 mm en 1952. Le record de précipitation en un jour est quant à lui de 191 mm le [4].

L'insolation est dans la moyenne des Australes et se situe autour de 1970 heures par an[6], un des ensoleillements les plus faibles de Polynésie[4]. L'humidité y est en revanche plus faible qu'à Tahiti de l'ordre de quelques pourcents, principalement du fait de sa latitude plus élevée et de sa moindre altitude, retenant ainsi moins les nuages.

Les alizés venant d'Est-Sud-Est sont les vents dominants. Ceux qui viennent du Nord ou Nord-Ouest sont synonymes d'un changement de temps vers des jours plus ensoleillés[7]. Les vitesses maximales de vent constatées n'ont cependant jamais dépassé 45 m/s[4].

L'île a par ailleurs été le théâtre de plusieurs cyclones bien qu'ils n'y soient pas très fréquents car en grande partie affaiblis, comme avec le cyclone Meena de 2004 qui s'était beaucoup amoindri avant d'atteindre l'archipel. Il arrive cependant que de bien plus gros cyclones frappent l'île et y produisent de nombreux dégâts. Ainsi, le , Tupua'i s'est trouvée sur le passage du cyclone Oli, cyclone avec des vents en moyenne à 160 km/h (pointes à près de 220 km/h), qui a fait une victime[8]. Il est même arrivé que l'îlot de sable disparaisse avant de se reformer par la suite.

Moyenne des relevés météorologiques sur Tupua'i[3] :

Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 27,8 28,3 28,5 27,5 25,8 24,4 23,7 23,5 23,9 24,5 25,7 26,8 25,87
Températures minimales moyennes (°C) 22,8 23,3 23,0 22,1 20,4 18,5 18,1 18,0 18,0 18,9 20,3 21,5 20,41
Températures moyennes (°C) 25,3 25,8 25,75 24,8 23,1 21,45 20,9 20,75 20,95 21,7 23,0 24,05 23,14
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 199,2 175,3 176,3 174,2 137,5 107,8 144,9 148,7 98,7 120,1 121,8 187,7 149,35

Démographie[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants sur l'île à sa découverte en 1777 était d'environ 3000 habitants pour finir à l'arrivée des mormons en 1820 autour de 300. Ce phénomène, commun à la plupart des îles océaniques est dû à l'arrivée de nouvelles maladies et de changements radicaux dans les mœurs. L'arrivée successive de nouveaux européens n'enraya pas le phénomène qui perdura jusqu'à atteindre un niveau déploré par diverses personnalités comme Jacques-Antoine Moerenhout. L'alcool, les maladies, en particulier le diabète, les émigrations, forcées comme pour l'exploitation du guano au Pérou, ou volontaires pour aller travailler à l'exploitation du phosphate sur Makatea.

Plus récemment la population a fortement augmenté grâce aux progrès sociaux et à un isolement toujours amoindri par les liaisons régulières maritimes et aériennes. Ainsi, depuis les années 1990, on assiste à une stabilisation de la population autour de 2000 habitants.

Évolution de la population de Tupua'i[9],[10] depuis sa découverte :

Communes 1777 (découverte) 1820 1895 1977 1983 1988 1996 2007
Tupua'i environ 3000 environ 300 430 1419 1741 1846 2049 2050
Mata'ura 868 954
Ta'ahueia 558 552
Māhū 420 544

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Flore[modifier | modifier le code]

La flore de l'île est abondante mais pauvre sur la variété[7]. On retrouve en premier lieu la flore typique tropicale avec des cocotiers, des bananiers, des "aitos" ou des pandanus, servant pour l'artisanat.

Les fleurs sont elles aussi typiques de la Polynésie : tiaré Tahiti, hibiscus, anthuriums ou même lys qui sont d'ailleurs cultivés pour être revendus.

Le premier végétal à être apparu sur l'île serait vraisemblablement du lichen. On trouve par ailleurs beaucoup de plantes rampantes, notamment le pourpier ou des plantes grasses comme la fougère arborescente[7]. Une grande partie de la flore est utilisée pour l'agriculture : pomme de terre, carottes et produits apparus plus tôt comme le taro, la patate douce, l'uru, la noix de coco ou le manioc.

Faune[modifier | modifier le code]

Faune terrestre[modifier | modifier le code]

La faune terrestre est pauvre[7] dans l'ensemble hormis pour les oiseaux. On ne trouve en effet que des animaux domestiques amenés par les étrangers, souvent en réserve pour les goélettes de passage[7]. On trouve ainsi essentiellement des chevaux, bovins, poules, chèvres ou chiens.

Les oiseaux sont en revanche bien plus nombreux ; on trouve ainsi des pétrels, tourterelles, aigrettes des récifs, frégates mais aussi des sternes blanches un peu plus rare. On peut aussi observer des goélands ou des albatros. Ce phénomène de grand développement des oiseaux est assez fréquent dans les îles préservées. Les îles Maria ou Marotiri sont connues pour cela, du fait qu'elles sont totalement inhabitées.

Faune marine[modifier | modifier le code]

Contrairement à la faune terrestre, la faune sous-marine est bien plus riche. La limpidité et la préservation du lagon y sont pour une grande partie. Le récif corallien, non touché par le blanchiment, abrite de nombreuses espèces, les plus visibles étant certainement les bénitiers.

Les poissons sont très nombreux, se réfugiant dans le récif où les anémones de mer existent en grande variété : poissons perroquet, mérous (oualioua), Acanthuridae (poissons chirurgien), poissons chat, poissons volant, poissons globe, mais aussi murènes, raies ou en haute mer thons, thazards, mahi-mahi. Plus rarement, on trouve des rascasses volantes ou des poissons trompette.

Quelques baleines à bosse passent même périodiquement par l'île pour se reproduire.

Mais aussi, plus dangereux, des poissons pierre ou des requins, même si ces derniers ne sont généralement pas réellement dangereux (comme le requin citron).

On trouve également diverses autres espèces marines comme les concombres de mer (de type Holothuria leucospilota] ou des poulpes. Les crustacés sont eux aussi abondants avec des langoustes, crabes et cigales de mer.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de l'île est très peu développée, essentiellement locale, et principalement portée sur l'agriculture. Le climat est en effet plus favorable aux îles Australes car plus tempéré, la terre fertile et les terrains plats, les précipitations abondantes avec un bon ensoleillement. La production est donc importante voire excédentaire certaines années. Mais l'île souffre d'un éloignement qui rend difficile la concurrence avec la production agricole de Tahiti. L'île produit principalement de la pomme de terre, qui est d'ailleurs assez réputée, des carottes mais aussi des produits plus locaux comme le taro, la patate douce, la noix de coco ou le manioc. Cette production est gérée par diverses sociétés dont la SDAP qui est une des plus grosses. Celle-ci s'occupe aussi de la pêche, autre activité économique mais cette fois-ci sans exportations du fait d'une rentabilité bien trop faible face à la concurrence de la Polynésie française dans sa globalité. D'autres types de culture sont pratiqués, notamment le lys qui a un certain succès.

L'artisanat des îles Australes est aussi particulièrement apprécié, notamment le tressage qui est le plus réputé de Polynésie pour sa finesse exceptionnelle et l'attention apportée à chaque réalisation. Des tifaifais, sortes de couvertures et draps aux motifs polynésiens, sont aussi cousus et vendus[12]. Mais là-aussi les limites sont vite senties car la demande pour ce genre d'article est plutôt faible. La plupart des ventes se font ainsi sur l'île avec le passage des touristes.

Le tourisme n'est pas non plus très important sur l'île, et seules quelques pensions y sont consacrées. Les principaux centres d'intérêts se trouvent en mer avec les fonds marins, les plages et les îlots ou sur l'île avec les diverses randonnées possibles.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Vue de Tupua'i depuis un motu

Tupua'i est desservie par un avion (Air Tahiti de type ATR 72) de manière régulière au moins deux fois par semaine. Un petit navire cargo à fond plat, le Tuha'a Pae II, fait la jonction entre Tupua'i, les autres îles Australes et Tahiti une fois par mois.

Tupua'i, comme l'île de Rūrutu, voit passer des baleines de juillet à octobre mais en plus faible quantité. Elle est de ce fait moins connue pour cela que "l'île aux baleines". Par ailleurs, on y trouve des fonds sous-marins coralliens sur lesquels on peut faire de la plongée sous-marine. Ceux-ci sont riches et variés grâce à une large barrière de corail qui abrite une faune et une flore sous-marine tropicale très diverse car très préservée de la pollution.

La pratique du surf est cependant très limitée par les récifs qui ne forment pas de grosses vagues mais qui, surtout, représentent un très grand danger par leur quasi-émergence à la surface de l'eau. De plus aucun endroit de l'île ne propose de vagues suffisamment grosses mis à part les récifs du large, ce qui représente un danger vis-à-vis du courant parfois très fort et de la proximité, pour les bateaux, du récif.

D'autre part, l'île est entouré de quatre principaux îlots, motu en tahitien : Motu One, Motu Toena, Motu Tāpapatava'e et Motu Mitihā reposant sur la barrière de corail. Ils sont tous boisés sauf un qui est uniquement constitué de sable. Ce dernier a déjà disparu au cours du temps suite aux cyclones mais est réapparu. L'île est aussi bordée de toutes parts par la plage même s'il n'est pas possible de se baigner partout en raison du corail, la plage la plus connue restant celle du Tāvana (Bloody Bay).

La randonnée peut aussi se pratiquer sur l'île avec deux principaux centres d'intérêts, le mont Taita'a qui domine l'île et l'ensemble de montagnes surnommées l'homme couché, en raison de sa forme de moai visible sur certains points de l'île et sur les îlots. Sur ces deux points peut s'observer une vue dégagée sur le lagon. Leur montée s'effectue généralement en véhicules tous-terrains, puis l'excursion se poursuit à pied par de petits sentiers entourés d'une végétation luxuriante.

Une route traversière depuis Mata'ura, chef-lieu au nord jusqu'à Māhū au sud, permet de découvrir les paysages champêtres près de l'intérieur de l'île. La route côtière épousant les courbes régulières du littoral offre une vue sur les petits motu du lagon oriental peu profond, tandis qu'elle longe les plus belles plages côté occidental. Elle mesure 27 km.

Un des faits les moins connus : Tupua'i possède un grand nombre de marae (lieux de culte polynésien). La plupart sont laissés à l'abandon. D'autres, à l'instar du "marae tatouage", sont entretenus et peuvent être visités.

Près du village de Māhū se trouve également l'ermitage Sainte-Hélène, flanqué du monument funéraire d'un ancien président de l'assemblée territoriale polynésienne, Noël Ilari, qui fonda la résidence.

Le Fort George, dressé sur la côte nord-est de l'île, a quant à lui totalement disparu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tahiti et ses archipels par Pierre-Yves Toullelan, éditions Karthala, 1991, (ISBN 2-86537-291-X), p.61.
  2. (en) James Morrisson Journal, On Tubuai and the Tubuaians, 17 septembre 1789, consulté le 24 mars 2009
  3. a et b (en) « Relevés climatiques moyens de l'île en 2008 », sur climate-charts.com (consulté le 20 janvier 2009)
  4. a, b, c, d et e « Climat polynésien », sur meteo.pf, Météo-France (consulté le 20 janvier 2009)
  5. « Géographie physique et humaine », sur ispf.pf (consulté le 20 janvier 2009) (rubrique Insolations et précipitations)
  6. « Présentation de la Polynésie française », sur scribd.com (consulté le 20 janvier 2009), p. 10
  7. a, b, c, d et e « Les Îles Australes Tubuaï et îles Bass », sur cosmovisions.com (consulté le 24 avril 2008)
  8. Après avoir balayé Tahiti , le cyclone Oli gagne en puissance dans Libération du 5 février 2010
  9. « Population des communes et des communes associées de Polynésie française », sur insee.fr, INSEE,‎ 2007 (consulté le 25 juillet 2009)
  10. « Décret n°89-41 du 26 janvier 1989 authentifiant les résultats du recensement de la population effectué en Polynésie française du 6 septembre au 15 octobre 1988 », sur legifrance.gouv.fr,‎ 27 janvier 1989 (consulté le 4 août 2009)
  11. Ensemble des espèces végétales présentes à Tupua'i consulté le
  12. « Tubuai L'île de l'abondance », sur tahiti-tourisme.fr (consulté le 24 avril 2009)

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Jean Guillin, L'Archipel des Australes, Éditions A. Barthélémy & Éditions Le Motu, Avignon, 2001, (ISBN 2-87923-138-8)
  • Paul de Deckker, Jacques-Antoine Moerenhout, 1797-1879, ethnologue et consul, Au vent des îles, 1997, Papeete, (ISBN 2-909790-61-4)
  • (en) Robert, T. Aitken, Ethnology of Tubuai, Bishop Museum Press, 1930, Honolulu
  • James Morrison, Journal, On Tubuai and the Tubuaians, 1789 (contenu disponible ici)
  • Worthy T.H. et Bollt R., 2011, Prehistoric Birds and Bats from the Atiahara site, Pacific Science, 65(1): 69-85.

Liens externes[modifier | modifier le code]