Franc Pacifique

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Franc Pacifique
Unité monétaire moderne actuelle
Pays officiellement
utilisateurs
Drapeau de la France France
Banque centrale Institut d'émission d'outre-mer
Appellation locale Franc CFP
Symbole local F
Code ISO 4217 XPF
Taux de change 1000 XPF = 8,38 EUR
1 XPF = 0,00838 EUR
1 EUR ≈ 119,3317 XPF
Chronologie de la monnaie
Billet de 10 000 francs Pacifique (version 2001-2014).

Le franc Pacifique, également connu sous le nom de franc CFP, est une monnaie qui a cours dans les collectivités françaises de l’océan Pacifique : Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Wallis-et-Futuna.

Le franc CFP a été créé en décembre 1945 en même temps que le franc CFA, après les accords de Bretton Woods.

D’après une étude des services de l’Assemblée de Polynésie française, légalement, le franc CFP signifie toujours « franc des Colonies françaises du Pacifique », appellation fixée par décret le 26 décembre 1945. Bien que l’appellation CFP ait évolué en « Communauté financière du Pacifique » puis aujourd’hui en « Change Franc Pacifique », il n’existe aucun texte officiel modifiant l’appellation de 1945[1].

Il a le code ISO 4217 de monnaie : XPF. L’Institut d’émission d’outre-mer[2] (IEOM) est la banque centrale des territoires français du Pacifique.

Parité[modifier | modifier le code]

La parité officielle du franc Pacifique est fixée par l’arrêté du 31 décembre 1998[3] à :

  • 1 000 XPF = 8,38 € (exactement)
  • 1 XPF = 0,008 38 €
  • 1 € ≈ 119,3317 XPF (environ)

Ainsi tout en conservant leur monnaie, les collectivités françaises du Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et territoire des îles Wallis-et-Futuna) bénéficient des effets positifs de la monnaie unique et notamment de l’accès sans risque de change aux marchés de la zone euro.

Bien que fixe, la parité du franc CFP a évolué depuis sa création. De 1945 à 1998, la parité du franc pacifique était fixée par rapport à celle du franc français, mais depuis 1999 et l’adoption par la France de l’euro comme devise officielle, il n’y a plus de taux de conversion directe entre le franc Pacifique et le franc français, et c’est par rapport à l’euro que la parité du franc CFP est fixée.

Évolution des parités[4] :

On constate que le passage de la parité avec le franc à la parité avec l’euro a très légèrement dévalué le franc Pacifique par rapport au franc français, puisque le taux de parité avec l’euro a été arrondi. Mais cela a l’avantage de conserver un taux de conversion exact avec l’euro, et de limiter les erreurs d’arrondis qui auraient été disséminées dans l’économie franc Pacifique par la transition à l’euro. La légère différence causée par cette dévaluation a été compensée par un apport de la Banque de France au fond légal de l’IEOM garantissant la valeur du franc Pacifique auprès des banques et institutions monétaires internationales. Cette différence est également inférieure aux variations journalières de cotation de l’euro ou du franc CFP avec les autres devises sur les marchés internationaux.

Numismatique[modifier | modifier le code]

Pièces[modifier | modifier le code]

Deux jeux de pièces sont émis actuellement : le premier circule en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna, le second en Polynésie française. Ils comprennent tous deux des pièces de 1, 2, 5, 10, 20, 50 et 100 francs Pacifique.

L’avers commun représente Minerve sur les pièces de 1 à 5 XPF et Marianne sur les pièces de plus grosses valeurs.

Métal :

  • Pièces de 1, 2 et 5 F CFP : nickel et magnésium ;
  • Pièces de 10, 20 et 50 F CFP : nickel ;
  • Pièces de 100 F CFP : nickel, cuivre et aluminium.

Le revers porte le nom du territoire, la valeur faciale et une illustration :

  • Polynésie française :
    • Pièces de 1, 2 et 5 F CFP : un paysage côtier ;
    • Pièces de 10 F CFP : deux Tiki dos-à-dos (représentation d’esprits polynésiens) ;
    • Pièces de 20 F CFP : un uru, fruit de l’arbre à pain ;
    • Pièces de 50 et 100 F CFP : un paysage côtier et de relief avec maison sur pilotis et pirogue à balancier.

Billets de banque[modifier | modifier le code]

Évolutions techniques[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1992, les billets étaient distingués par le chef-lieu du territoire d’émission (Nouméa ou Papeete). Par la suite, cette distinction a été supprimée, d'abord pour les billets de 500 F CFP puis progressivement pour l'ensemble des autres valeurs.

Jusqu'en 2001, les billets étaient imprimés en utilisant la technique de la taille-douce, d'abord sur du papier de 65 grammes au mètre carré jusqu'en 1994 puis sur du 70 grammes au mètre carré de 1994 à 2001. De 2001 à 2014, la taille-douce est toujours utilisée pour le recto (ou « face polynésienne »), mais cette technique est remplacée par celle du offset pour le verso (ou « face néo-calédonienne »).

Le 20 janvier 2014, de nouveaux billets entrent en circulation. De taille réduite, mieux sécurisés, les nouveaux billets sont aussi plus facilement reconnaissables par les malvoyants. Par leurs motifs et graphismes, conçus en concertation avec les autorités des trois collectivités françaises du Pacifique (et notamment répondant à une loi du pays néo-calédonienne de 2010 ayant adopté trois des cinq signes identitaires de cet archipel prévus par l'accord de Nouméa), ils reprennent des éléments du patrimoine culturel, artistique et naturel de Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et, dans une moindre mesure, de Wallis-et-Futuna[7].

Ancienne graphie (2001-2014)[modifier | modifier le code]

Parmi les caractéristiques graphiques générales des billets de Franc pacifique figurent principalement une multiplicité de motifs renvoyant à la faune, la flore, l'histoire, les populations et l'histoire de la Polynésie française au recto et de la Nouvelle-Calédonie au verso ; l'utilisation d'une gamme importante de couleurs vives ; la présence d'une marie-louise. Le nom de la banque d'émission (Institut d'émission d'outre-mer) est indiqué centré sur le bord supérieur des deux faces, tandis que la mention de la « République française » n'est faite que sur la face polynésienne (dans le coin gauche de la partie centrale pour tous les billets sauf celui de 5 000 F, où elle est en dessous du bord supérieur), à l'exception du billet de 10 000 F (où la mention est présente sur les deux faces, centrée dans le bord supérieur en dessous du nom de la banque d'émission pour le verso). La valeur faciale en chiffre est indiquée sur chaque face, dans les bords supérieurs droite et gauche (à quoi s'ajoute « C.F.P. » sur le seul billet de 10 000 F), et celle en lettre n'est mentionnée que sur la face polynésienne (centrée dans le bord supérieur, sauf pour le billet de 5 000 F où elle est légèrement excentrée en bas à gauche de la partie centrale, le « C.F.P. » n'est encore présent que sur le billet de 10 000 F). Les trois signatures (du président du conseil de surveillance, du directeur général et du directeur de l'Institut d'émission d'outre-mer) ne sont de même apposées que sur la face polynésienne, sur la partie centrale. Les références au Code pénal sont centrées sur le bord inférieur de la face néo-calédonienne uniquement. Le filigrane prend la forme d'une vignette circulaire apparaissant sur les deux faces légèrement excentrée horizontalement et centrée verticalement, généralement à droite pour la face polynésienne et gauche pour la face néo-calédonienne, avec une disposition inverse pour le seul billet de 500 F.

Quatre valeurs circulent :

  • Billets de 500 F CFP = 4,19 € exactement (soit environ 27,48 FRF) ;
  • Billets de 1 000 F CFP = 8,38 € exactement (soit environ 54,97 FRF) ;
  • Billets de 5 000 F CFP = 41,90 € exactement (soit environ 274,85 FRF) ;
  • Billets de 10 000 F CFP = 83,80 € exactement (soit environ 549,69 FRF).
Série « 2001 »[8]
Aperçu Valeur Dimensions,
(en millimètres)
Couleur principale Représentation Motifs du filigrane
Recto (Polynésie française) Verso (Nouvelle-Calédonie)
Billet 500 xpf.jpg 500 XPF 150 × 80 Bleu * Centre : paysage côtier des îles Marquises et pirogue à balancier
* Partie droite : buste d'un jeune pêcheur polynésien
* Partie gauche : poissons, coraux et gorgone
* Bord supérieur : un poisson, des coraux et polypes
* Centre : paysage littoral avec falaises de calcaire noir de Hienghène
* Partie droite : ornements faîtiers de case kanak et harpons
* Partie gauche : tête de profil d'un Kanak de Maré
* Bord supérieur : ornement faîtier de case kanak
* Bord inférieur : branche de palétuvier, coquillages (dont la toutoute) et poissons
Tête de profil de Marianne, dirigée vers une superposition des lettres R et F
1000-francs-cfp.jpg 1000 XPF 160 × 85 Rouge * Centre : Fare entouré de cocotiers
* Partie droite : tête de jeune femme polynésienne, portant collier de fleurs de frangipanier autour du cou et trois fleurs de tiaré à l'oreille droite
* Partie gauche : motifs de pareo tahitiens
* Bord supérieur : motifs de pareo tahitiens
*Bord inférieur : motifs de pareo tahitiens, fleurs d'hibiscus
* Centre : case de chef kanak avec végétations (pins colonaires et niaouli) et deux cerfs au premier plan
* Partie droite : sculptures kanakes et feuilles de taro
* Partie gauche : église de Vao à l'île des Pins avec deux cagous aux crêtes relevées au premier plan
* Bord supérieur : motifs de tapas wallisiens
* Bord inférieur : végétation, motifs de tapas wallisiens
5000-francs-cfp.jpg 5000 XPF 172 × 92 Vert * Centre : filet de pêche surplombant une flottille de trois bâtiments (trois-mâts et goélette)
* Partie droite : sextant et poupe d'un navire
* Partie gauche : buste du navigateur et explorateur français Louis Antoine de Bougainville (1729-1811), arrivé à Tahiti en 1768
* Bords supérieurs et inférieurs : motifs de tissus imprimés polynésiens
* Centre : pirogue à voile mélanésienne sur fonds de pins colonaires
* Partie droite : buste du contre-amiral français Auguste Febvrier Despointes (1796-1855), qui a pris possession de la Nouvelle-Calédonie pour la France en 1853
* Partie gauche : fleurs néo-calédoniennes et motifs sculptés
* Bord supérieur : dessins stylisés
* Bord inférieur : Motifs sculptés
10000 Francs Pacifique.jpg 10 000 XPF 172 × 92 Rouge orangé * Centre : armoiries de la Polynésie française sur fond de paysage côtier de Huahine avec trois farés sur pilotis entourés de cocotiers
* Partie droite : tressages stylisés de feuilles de palmiers
* Partie gauche : profil droit d'une Polynésienne à la longue chevelure ornée d'une fleure de tiaré au-dessus de l'oreille et d'une couronne de fleurs de tiaré
* Bords supérieurs et inférieurs : motifs de tapas polynésiens
* Centre : coraux et poissons des lagons de Nouvelle-Calédonie, profil gauche d'une Kanak à la chevelure ornée d'une fleur d'hibiscus au-dessus de l'oreille
* Partie droite : flèche faîtière représentant une tête sculptée, sur fond de tapas wallisiens
* Partie gauche : poissons et coraux
* Bord supérieur : dessins stylisés, case kanak entourée de pins colonaires, motifs de tapas et cocotiers
* Bord inférieur : poissons et coraux, fleurs de paradis
Profils des deux femmes représentées sur les faces du billet, opposées, séparées par une colonne florale

Graphie néo-calédonienne et nouveaux billets (depuis 2014)[modifier | modifier le code]

L'accord de Nouméa du 5 mai 1998 et la loi organique relative à la Nouvelle-Calédonie du 19 mars 1999 qui en découle définissent le graphisme des billets, au même titre que le drapeau, la devise, le nom et l'hymne de la Nouvelle-Calédonie, comme un signe identitaire devant « être recherché en commun pour exprimer l'identité kanak et le futur partagé entre tous »[9].

En avril 2007, un comité de pilotage chargé de réfléchir sur la question des signes identitaires a été formé, étant présidé par la vice-présidente indépendantiste du gouvernement local Déwé Gorodey et comprenant des personnalités des différentes tendances politiques, de la société civile, du monde associatif et religieux. Plusieurs propositions de billets de banque ont été présentées au gouvernement et au public, en même temps qu'un hymne et une devise, le 26 juin 2008[10]. Le 29 août 2008, les projets d'hymne et de devise sont approuvés par le Conseil économique et social local, mais pas la graphie des billets, changement jugé prématuré et couteux[11],[12]. Malgré cette réserve, le projet de loi du pays portant sur les trois premiers signes identitaires (hymne, devise et graphie des billets) est finalement adopté le 18 août 2010 en séance plénière du Congrès, par 49 voix sur 54 tandis que 5 s'abstiennent (les 4 du Parti travailliste et Jean-Luc Régent du Rassemblement pour la Calédonie)[13].

Les premières propositions de billets ont ensuite été remaniées, en fonction de leurs faisabilité et des règles de sécurité à appliquer, par l'Institut d'émission d'outre-mer, et les maquettes définitives ont été validées par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie le 24 avril 2012[14].

Les nouveaux billets, offrant également une nouvelle graphie pour la « face polynésienne » et des règles de sécurité répondant aux normes modernes, entrent en circulation à partir du 20 janvier 2014. Une période de « double circulation » avec les anciens billets est alors mise en place jusqu'au 30 septembre 2014, date définitive du retrait des anciens billets[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article "Passage à l’euro : une année décisive pour la Calédonie", encadré "Pourquoi la Polynésie a dit oui à l’euro" paru dans Les Nouvelles Calédoniennes du 3 février 2006, page 3 et consultable dans les archives du journal
  2. À ne pas confondre avec l’IEDOM qui est l’Institut d’émission des départements d’outre-mer, une division de la Banque de France intégrée dans la zone euro
  3. NOR:ECOT9820119A, JORF du 3 janvier 1999, page 154
  4. Source de 1945 à 1960 à la page http://ieom.fr/presentation_historique.asp du site de l'IEOM
  5. Lors du passage à l’euro et du gel de la parité FRF/€ à 1 € = 6,55957 FRF, le décret n° 98-1152 du 16 décembre 1998, publié au JORF du 18 décembre 1998, page 19123, a fixé les règles qui ont conduit à cette parité fixe entre F CFP et €
  6. Le site officiel de l’IEOM a été corrigé tardivement pour fixer la parité exacte du franc CFP par rapport à l’euro et non par rapport au franc CFP
  7. F.A.Q des nouveaux billets, site officiel de l'IEOM
  8. Mise en circulation et entretien de la monnaie fiduciaire, site officiel de l'IEOM, consulté le 26 février 2013
  9. Art. 1.5. de l'Accord de Nouméa sur le site www.legifrance.gouv.fr
  10. « Où en sommes-nous ? », Les Nouvelles Calédoniennes, 26/06/2008
  11. [PDF] Rapport n° 07/2008 du 29 août 2008 concernant le projet de loi du pays relatif à trois signes identitaires de la Nouvelle-Calédonie et Avis n° 07/2008 du 29 août 2008 concernant le projet de loi du pays relatif à trois signes identitaires de la Nouvelle-Calédonie, JONC n°8234, p. 6140, 11/09/2008
  12. « Un signe identitaire recalé par le CES », Les Nouvelles Calédoniennes, 30/08/2008
  13. Y. MAINGUET, « Le plus dur commence », Les Nouvelles Calédoniennes, 19/08/2010
  14. F. THÉRIAUX, « Voici à quoi ressembleront vos futurs billets », Calédosphère, 24/04/2012
  15. Calendrier de mise en circulation des nouveaux billets de Franc CFP, site officiel de l'IEOM

Annexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]