Îles Gambier

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Îles Gambier
Archipel des Gambier
Image satellite des îles Gambier.
Image satellite des îles Gambier.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Tuamotu
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 23° 07′ 04″ S 134° 58′ 13″ O / -23.117771, -134.970378 ()23° 07′ 04″ S 134° 58′ 13″ O / -23.117771, -134.970378 ()  
Superficie 31 km2
Nombre d'îles 14
Île(s) principale(s) Akamaru, Aukena, Mangareva, Taravai
Administration
Collectivité d'outre-mer Polynésie française
District Tuamotu
Démographie
Population 1 421 hab. (2012[1])
Densité 45,84 hab./km2
Autres informations
Découverte XIIe siècle[Quoi ?]
Fuseau horaire UTC-9

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Îles Gambier
Îles Gambier
Archipel de France

Les îles Gambier ou archipel des Gambier est l'un des cinq archipels de Polynésie française.

Histoire[modifier | modifier le code]

Drapeau des îles Gambier

Les îles Gambier furent peuplées à partir du XIIe siècle de notre ère. Beaucoup plus tard, le pirate anglais Edward Davis en 1687 aurait aperçu l'île de Mangareva, mais c'est finalement le 24 mai 1797 que le navigateur britannique James Wilson la découvre. Naviguant avec son équipage et quelques missionnaires de la LMS se rendant à Tahiti, il baptise l'archipel du nom de l'amiral britannique Gambier soutenant les activités de la mission. De plus, il nomma le point culminant des îles du nom de son navire le Duff.

Il faudra attendre jusqu'en 1826 pour que le premier Européen, Frederick Beechey, pose le pied sur une île. L'officier britannique y découvrit les Mangaréviens qui appartenaient à l'ethnie polynésienne, ils étaient environ 5 000, étaient végétariens[réf. nécessaire] et parlaient un dialecte, le mangarévien. À cette époque, le roi des Gambier, Maputeoa, résidait à Rikitea. La population était répartie sur les quatre îles principales. Quelque temps plus tard, les récits de Beechey attirèrent de nombreux navires de commerce, ce qui fit de Rikitea une importante escale de réapprovisionnement et un centre de commerce avec les indigènes pour sa nacre de bonne qualité, abondante dans les vastes lagons.

En 1834, fut fondée la première mission catholique de Polynésie, par la Congrégation des Sacrés-Cœurs (Picpus). Honoré Laval, le supérieur de la mission et le père François Caret y multiplièrent les constructions d'édifices à vocation religieuse (une imposante cathédrale de 48 mètres de long sur 18 de large (la cathédrale Saint-Michel de Rikitea), neuf chapelles, tours de guet, prison,...) sur toutes les îles environnantes. L'explorateur Jules Dumont d'Urville, découvreur de la Vénus de Milo, accoste sur l'île en 1838, à bord de L'Astrolabe, et loue la mission évangélique[2].

En 1844, les îles sont placées sous protectorat français, qui ne fut cependant jamais ratifié par le gouvernement français[2]. Le roi Maputeoa meurt en 1857[2], Honoré Laval, devenu chef de la mission, étant considéré comme le représentant officiel du gouvernement français[2]. Entré en conflit avec les autorités françaises, souhaitant instaurer une « théocratie missionnaire », Laval est finalement contraint de quitter l'île le 4 avril 1871, deux mois après les élections législatives françaises.

La population va décliner très rapidement, puisqu'en 1887 il n'y a plus que 463 personnes. Des bateaux négriers viennent y chercher des esclaves [2], tandis que les commerçants convoitent la nacre locale [2].

Ayant été une entité semi-indépendante depuis 1844 c'est finalement en 1881 que les Gambier sont officiellement annexées à la France. L'émigration était forte et la population du village stagnait : elle s'élevait à 580 habitants en 1956 et 560 en 1983. Depuis, elle a fortement augmenté (1 097 en 2002), le dernier recensement d'août 2007 fait état de 1 337 habitants (sources ISPF).

Le président Gaston Flosse est originaire de Rikitea.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ces îles constituent les zones de peuplement les plus orientales de la Polynésie française, situées à 1 700 km de Tahiti. En fait, c'est l'atoll Temoe, rattaché administrativement aux îles Gambier, et situé à 50 km à l'est, qui est réellement l'île la plus orientale de Polynésie française.

L'ensemble est composé de 14 îles hautes, dont 4 de très petite taille, ainsi que de plusieurs îlots coralliens ancrés sur le récif qui enserre un lagon profond dans lequel les îles hautes sont disposées. La plus grande île et la seule habitée de façon permanente, à l'exception de quelques foyers isolés, est Mangareva avec Rikitea comme chef-lieu. Les trois autres grandes îles sont Aukena, Akamaru et Taravai. Celles-ci font partie de la commune des Gambier dont l'île de Mangareva est le chef-lieu. Un aérodrome existe sur le motu Totegegie. On y parle le mangarévien et le français. À plus de 500 km à l'est des îles Gambier, se trouve l'île de Pitcairn, célèbre pour avoir abrité les mutinés de la Bounty à la fin du XVIIIe siècle.

Principales îles[modifier | modifier le code]

Carte des îles Gambier

Mangareva - Taravai - Akamaru - Aukena

Îlots et motus[modifier | modifier le code]

Atoll[modifier | modifier le code]

Bancs et Récifs[modifier | modifier le code]

  • Banc Portland
  • Récif de la Minerve (Ebril)
  • Récif Bertero

Montagnes[modifier | modifier le code]

Mont Duff - Mont Mokoto - Mont Mukotaka

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Les îles Gambier jouissent d'un climat maritime typique, de nature tropicale mais relativement frais. Les pluies sont relativement constantes dans l'année. Les températures sont similaires aux îles Australes, il y a la saison chaude de novembre à avril et la saison fraîche de mai à octobre. La température minimale que les Gambier ont connue fut de 13,2°C le 27 août 1992 et maximale de 31,2°C le 23 janvier 1989, celles-ci furent enregistrées à la station météorologique de Rikitea.

Pour ce qui est de la végétation aux îles Gambier, on retrouve des cocotiers, palmiers, pandanus, pins, aito, miro, tiare, arbre à pain, orangers, bananiers, caféiers, pamplemoussiers et litchis.

Économie[modifier | modifier le code]

Les gens pratiquent de nos jours la perliculture dans les nombreuses fermes perlières occupant les lagons des Gambier, dont les eaux relativement fraîches autorisent la production de perles de qualité. On compte 129 exploitations dont 14 sociétés. Au cours des dernières années, bien que très éloigné des foyers majeurs de peuplement de la Polynésie française, l'archipel a vu sa population augmenter grâce à l'activité perlière et à l'exploitation de la nacre.

Concernant le tourisme, cet archipel est l'un des moins visité de la Polynésie française. L'éloignement de Tahiti et le prix du billet d'avion pour s'y rendre en est en grande partie responsable, pourtant les Gambier possèdent un potentiel dû à son climat, son environnement et son passé historique unique. Quelques voiliers font escale dans la baie de Rikitea et les touristes désirant se rendre à Pitcairn passent par Mangareva qui leur sert de base de départ.

Aux îles Gambier, la production locale est limitée à quelques secteurs de production, comme l'agriculture vivrière et la pêche, et la majorité des biens de consommation sont acheminés par un service de fret assuré par deux goélettes, effectuant une rotation toutes les trois semaines.

Vue sur Aukena, Akamaru et Mangareva depuis Tepapuri

Références[modifier | modifier le code]

  1. Population des communes de Polynésie française en 2012 sur le site de l'Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF).
  2. a, b, c, d, e et f Notice du Père Honoré Laval sur le site de la Congrégation des Sacrés-Cœurs (Picpus)

Liens externes[modifier | modifier le code]