Marquisien

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Marquisien
èo enana / èo enata
Parlée en Polynésie française
Région îles Marquises
Nombre de locuteurs 5 069 (langue principale parlée dans le cadre familial)[1]
Typologie Morique
Classification par famille
Statut officiel
Régi par Académie marquisienne - « Tuhuna ’Eo Enata »
Codes de langue
ISO 639-3 mrq, mqm
IETF mrq, mqm

Le marquisien est une langue polynésienne de la famille des langues austronésiennes. Cette langue de Polynésie française est parlée aux îles Marquises. Elle semble être à l'origine des langues marquisiennes.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le marquisien se subdivise en « ’eo enana », parlé dans le nord-ouest de l'archipel, et en « ’eo enata » parlé dans le sud-est. Certains, comme les linguistes Stephen Wurm et Shirō Hattori, considèrent que le nord-marquisien, parlé par plus de 3 000 locuteurs (Nuku Hiva, Ua Huka et Ua Pou) constitue une langue séparée du sud-marquisien, parlé par 2 100 locuteurs à Hiva Oa, Tahuata et Fatu Hiva.

Le marquisien est parfois désigné par erreur, en raison d'une politique linguistique, comme Reo mā’ohi, terme tahitien qui désigne les diverses langues vernaculaires de Polynésie française[2]. Outre le marquisien, ce terme s'appliquerait également aux langues polynésiennes suivantes :

Le marquisien se distingue nettement du tahitien (50 % d'intercompréhension, lexique similaire entre 45 et 67 %) ou du paumotu (29 %) .

Le marquisien est une proche parente des langues polynésiennes de Polynésie orientale, dont notamment le maori des Îles Cook, le maori de Nouvelle-Zélande, le pascuan ou rapa nui (langue de l'île de Pâques), et plus particulièrement l'hawaïen dont il serait un des principaux ancêtres.

Depuis la délibération no 2000-19 APF du 27 janvier 2000 portant création de l'Académie marquisienne, il a été créé par l'Assemblée de la Polynésie française, une institution culturelle dénommée Académie marquisienne - « Tuhuna ’Eo Enata ». Sa mission est notamment de sauvegarder et d'enrichir le marquisien.

La Délégation générale à la langue française et aux langues de France considère le marquisien comme une « langue de France ».

Orthographe[modifier | modifier le code]

Contrairement à l'usage, généralisé mais parfois incertain dans sa forme, de l'okina[3], dans nombre de langues océaniennes, l'Académie marquisienne a décidé de remplacer l'apostrophe qui marque le coup de glotte par un accent grave sur la voyelle qui suit, ce qui ne favorise pas une lecture uniformisée.

Grammaire[modifier | modifier le code]

Nom[modifier | modifier le code]

Il existe deux types de noms : les noms propres tel que ó Ioane : « Jean », et les noms communs indiquant toute une espèce tel que te énata : « l'homme ».

Genre[modifier | modifier le code]

Le genre se distingue en ajoutant au substantif les mots ahana, pour le masculin, et vehine, pour le féminin, par exemple :

  • e piha ahana(e koivi) : « un bœuf »
  • e piha vehine(e toa) : « une vache »

Nombre[modifier | modifier le code]

Il y a deux nombres le singulier et le pluriel. Toutefois le pluriel en mettant les articles na, ta, tau, mou devant le nom et à l'aide de noms collectifs tels que poi : « peuple », huaa : « famille », précédés de l'article singulier te, exemple : mei hea na énata ? : « d'où viennent ces hommes ? »

Le pluriel s'exprime encore en plaçant devant le substantif ou le pronom personnel une des propositions a, o, û.

De même substantifs forment leur pluriel :

  1. en doublant leur première syllabe : te ima : « la main » ; na iima : « les mains »
  2. en doublant leurs deux premières syllabes te vae : « le pied » ; te vaevae, « les pieds »

Cas[modifier | modifier le code]

Puisque les noms ne se déclinent pas, les prépositions sont nécessaires.

Singulier
Cas Marquisien Français
Nominatif te oumati le soleil
Génitif no te oumati du soleil
Datif i te oumati au soleil
Accusatif te ou i te oumati le soleil
Vocatif e te oumati ô soleil
Ablatif na te ou ma te oumati par le soleil
Pluriel
Cas Marquisien Français
Nominatif te tau énata les hommes
Génitif no te tau énata des hommes
Datif i te tau énata aux hommes
Accusatif te ou i tau énata les hommes
Vocatif e te tau énata les hommes
Ablatif na te tau énata par les hommes

L'emploi du vocatif est toutefois à nuancer, en effet lorsqu'on va à la recherche d'une femme et qu'elle est accompagnée d'autres femmes, on l'appelle par son nom précédé du mot oua, par exemple : oua Eri : « ô Elisabeth » lorsqu'on cherche, au sein d'un groupe d'homme, le chef de la bande, on l'appelle par son nom précédé du mot ou, par exemple : ou Karoro : « ô Charles ». L'emploi du e du vocatif ne peut se faire que lorsque la personne est seule, e Eri : « ô Elisabeth ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ISPF, Recensement général de la population de 2007 : Langues [lire en ligne]
  2. Académie tahitienne, Les tresses généalogiques des langues polynésiennes [lire en ligne]
  3. L'« ʻokina » est utilisé pour marquer une consonne glottale proche du coup de glotte (API : /ʔ/).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René-Ildefonse Dordillon, Grammaire et dictionnaire de la langue des îles Marquises, Paris, Institut d'ethnologie,‎ 1999 (1re éd. 1931), 204 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]