Gaston Tong Sang

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Gaston Tong Sang
Image illustrative de l'article Gaston Tong Sang
Fonctions
13e président de la Polynésie française
24 novembre 20091er avril 2011
(&&&&&&&&&&&&04931 an, 4 mois et 7 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Prédécesseur Oscar Temaru
Successeur Oscar Temaru
11e président de la Polynésie française
15 avril 200811 février 2009
(&&&&&&&&&&&&03029 mois et 26 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Prédécesseur Gaston Flosse
Successeur Oscar Temaru
8e président de la Polynésie française
26 décembre 200613 septembre 2007
(&&&&&&&&&&&&02618 mois et 17 jours)
Président Jacques Chirac
Nicolas Sarkozy
Prédécesseur Oscar Temaru
Successeur Oscar Temaru
Biographie
Date de naissance 7 août 1949 (64 ans)
Lieu de naissance Bora-Bora
(Polynésie française)
Nationalité française
Parti politique Tahoeraa huiraatira
O Porinetia To Tatou Ai'a
Profession Ingénieur en génie civil

Gaston Tong Sang
Présidents de la Polynésie française

Gaston Tong Sang, né le 7 août 1949 à Bora-Bora, est un homme politique français. Il a été président de la Polynésie française du 26 décembre 2006 au 31 août 2007, puis du 15 avril 2008 au 7 février 2009, date à laquelle il démissionne, afin d'éviter une motion de défiance[1]. Il est réélu à ce poste le 24 novembre 2009 et renversé le 1er avril 2011[2], à la suite de la 10e motion de défiance adoptée depuis l'élection de l'Assemblée de la Polynésie française de 2004. Il rejoint A Ti'a Porinetia lors de l'élection des représentants à l'Assemblée de la Polynésie française de 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires au lycée-collège La Mennais de Papeete, il obtient son bac en 1968. Il poursuit alors des études supérieures dans l'Hexagone en intégrant les classes de mathématiques supérieures du Lycée Montaigne de Bordeaux. Il est ensuite admis à l'HEI de Lille, section construction civile, d'où il sort diplômé ingénieur en 1973. Il termine sa formation en se spécialisant au CHEC de Paris[3], dans la section de CHEBAP[4].

Il retourne en Polynésie française pour entrer dans le monde professionnel. Il est d'abord ingénieur du bureau d'études de génie civil au service de l'équipement (1976), puis chef du bureau des travaux maritimes (1980).

Politique territoriale[modifier | modifier le code]

Ministre de Gaston Flosse[modifier | modifier le code]

Membre du Tahoeraa huiraatira, parti polynésien lié à l'Union pour un mouvement populaire (il ne l'est plus aujourd'hui), il en est le troisième vice-président ainsi que le président de la fédération des îles Sous-le-Vent.

Au gouvernement, il est d'abord chargé de mission auprès du conseiller de gouvernement Boris Léontieff (juin 1982-juillet 1984) puis du conseiller de gouvernement Édouard Fritch (juillet-septembre 1984) avant de devenir le directeur de cabinet de ce dernier devenu ministre de l'équipement (1984-1986). Il est par ailleurs le suppléant des sénateurs Daniel Millaud (1989) et Gaston Flosse (1998).

Succédant à Édouard Fritch au gouvernement, il dirige le ministère de l'Équipement de l'Aménagement (avril 1986 - décembre 1987 ; avril 1991-mai 2001). Il détient ensuite le ministère des Affaires foncières (mai 2001-octobre 2004) et celui des petites et moyennes entreprises, de l'Industrie, du Commerce et de l'Énergie (octobre 2004-février 2005).

Il a été mis en examen, avec Gaston Flosse, en octobre 2005 pour détournements de fonds publics et prise illégale d’intérêts dans une affaire de vente d’un atoll à un milliardaire proche du sénateur[5].

Premier gouvernement : la plate-forme autonomiste (2006-2007)[modifier | modifier le code]

À la suite de la motion de censure adoptée le 13 décembre 2006 par l'Assemblée de la Polynésie française entrainant la chute d'Oscar Temaru, il est élu président de la Polynésie française le 26 décembre par 31 voix contre 26 voix à Temaru (27 contre 26 au premier tour). Son élection est permise par la constitution d'une coalition dite "plate-forme autonomiste" regroupant le Tahoeraa et plusieurs partis autonomistes (Rautahi et Ai'a Api) ainsi que des non inscrits.

Mais une rupture se produit au Tahoeraa entre Gaston Flosse et Gaston Tong Sang. Pour faire chuter son ancien allié, Flosse établit des contacts avec son adversaire de toujours Oscar Temaru : le 31 août 2007, leur coalition fait voter une motion de censure qui entraîne la chute de Tong Sang huit mois après son élection[6].

Création de O Porinetia To Tatou Ai'a et victoire aux élections (2007-2008)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : O Porinetia To Tatou Ai'a.

À la suite de cela, il quitte le Tahoeraa huiraatira avec quelques fidèles de son gouvernement démissionnaire et, le 1er octobre 2007, il crée son propre parti, le O Porinetia To Tatou Ai'a (Polynésie, notre patrie). Ce parti rassemble ensuite derrière lui les principaux partis autonomistes, notamment ceux représentés à l'Assemblée de la Polynésie française où le groupe To Tatou Ai'a dispose de 13 élus sur 57. Pour les élections territoriales des 27 janvier et 10 février 2008, cette coalition de huit formations autonomistes forme une liste unique, appelée elle aussi To Tatou Ai'a. Au 1er tour, cette liste arrive en tête dans toutes les circonscriptions, devant la coalition indépendantiste de l'Union pour la démocratie (UPLD) menée par le Tavini Huiraatira d'Oscar Temaru et surtout devant le Tahoeraa de Gaston Flosse : dans les îles du Vent, de loin la circonscription la plus importante (37 sièges sur 57), la liste de Gaston Tong Sang obtient ainsi, selon les premières estimations du Haut-commissariat de la Polynésie française, 34,74 % des suffrages contre 33,87 % à l'UPLD et 21,79 % au Tahoeraa[7].

Au second tour, le 10 février 2008, les électeurs envoient 27 élus To Tatou Ai'a, 10 élus Tahoeraa et 20 élus de l'UPLD à la nouvelle Assemblée de Polynésie française. Le 23 février 2008, Gaston Tong Sang (27 voix) est cependant battu par Gaston Flosse (29 voix) pour la présidence de la Polynésie. Gaston Flosse bénéficie en effet du soutien de l'UPLD d'Oscar Temaru. Cette alliance est désavouée par les dirigeants nationaux de l'UMP et vaut à Gaston Flosse d'être exclu de ce parti[8] tandis que Gaston Tong Sang est reconnu comme le nouveau secrétaire territorial de la fédération locale du parti de la droite nationale[9].

Deuxième gouvernement (2008-2009)[modifier | modifier le code]

Le 10 avril 2008, lui et son groupe du To Tatou Ai'a déposent une motion de défiance envers le gouvernement Flosse, afin d'élire Tong Sang à la présidence en cas de succès et conformément à la réforme statutaire réalisée avant les élections. La motion est votée le 15 avril par 29 élus de l'Assemblée de Polynésie française sur 57 (les 21 élus de To Tatou Ai'a, les 6 élus du tout nouveau groupe Te Mana o te Mau Motu ou « La voix des Archipels » regroupant des « îliens » alliés à Gaston Tong Sang et 2 dissidents de la majorité Tahoeraa-UPLD)[10]. Gaston Tong Sang revient ainsi à la tête de l'exécutif local mais il dispose alors d'une majorité relative qui ne tient qu'à une voix.

Le 7 février 2009, les trois élus Rautahi de Jean-Christophe Bouissou quittent la coalition To Tatou Ai'a pour s'allier à l'UDSP (l'alliance Tahoeraa-UPLD). Le même jour, devançant le dépôt d'une motion de censure par l'opposition devenue majoritaire, Gaston Tong Sang présente sa démission[11]. Le 11 février suivant, les trois conseillers Rautahi sont rejoints par trois autres dissidents de To Tatou Ai'a (les deux du Tiatau-Mouvement citoyen de Béatrice Vernaudon et Armelle Merceron) en un nouveau groupe à l'Assemblée de la Polynésie française sous le nom de Ia ora Te Fenua afin de soutenir la candidature d'Oscar Temaru à l'élection du président du gouvernement local. Au premier tour, le leader indépendantiste obtient 24 voix (les 18 UPLD et les 6 Ia ora Te Fenua), Gaston Tong Sang 20 (14 des 17 membres qui lui restent dans To Tatou Ai'a et les 6 voix de Te Mana o te Mau Motu), Édouard Fritch 12 (en plus des 9 bulletins du Tahoeraa, il obtient celle de trois de To Tatou Ai'a, à savoir les deux dissidents UPLD d'avril 2008 ainsi que l'élue de l'Ai'a Api Heifara Izal, compagne d'Émile Vernaudon) et une pour la seule non inscrite. Au second tour, opposant seulement Gaston Tong Sang à Oscar Temaru, les autres candidats se désistent tous en faveur de ce dernier qui se retrouve donc pour la quatrième fois à la tête de la collectivité, avec 37 voix contre 20[12].

Passage bref dans l'opposition puis alliance avec Temaru (février-novembre 2009)[modifier | modifier le code]

À la suite de ce scrutin, les groupes To Tatou Ai'a et Te Mana o te Mau Motu passent dans l'opposition, et le groupe Tahoeraa huiraatira est recréé, tout en restant solidaire de l'UDSP et de la nouvelle majorité soutenant Oscar Temaru, avec les 12 élus ayant voté pour Édouard Fritch au premier tour. Une autre membre de To Tatou Ai'a, Joëlle Frébault, rejoint quant-à-elle à son tour Ia ora Te Fenua, mais ce groupe perd Armelle Merceron, nommée au gouvernement et remplacée à l'Assemblée par le suivant de la liste sur laquelle elle a été élue en 2008 et donc un membre du Tahoeraa dont le groupe est donc porté à 13.

Un nouveau retournement de situation a lieu lorsque, à la suite d'une série de tensions s'accumulant tout au long du mois de mars 2009 entre Gaston Flosse et Oscar Temaru, ce dernier se rapproche de Gaston Tong Sang et du To Tatou Ai'a à partir du 3 avril 2009. Rapidement, les 10 élus Tahoeraa huiraatira rejoignent l'opposition (les deux anciens dissidents UPLD d'avril 2008, Justine Teura et Michel Yip, décident quant-à-eux le 7 avril de quitter le groupe Tahoeraa pour rejoindre leur famille politique d'origine et rester dans la majorité[13]). Toutefois, cinq des vingt élus de l'UPLD ne votent pas pour le candidat de la nouvelle majorité à la présidence de l'Assemblée, Philip Schyle (de To Tatou Ai'a. il obtient 40 voix, soit 15 UPLD, les 13 de son propre groupe, les 6 de Te Mana o te Mau Motu et les 6 Ia ora Te Fenua) : un absent, deux bulletins blancs et deux votent pour le président sortant et candidat du Tahoeraa huiraatira, Édouard Fritch.

Le 17 juin 2009, Gaston Tong Sang signe à Paris avec Xavier Bertrand une « convention de partenariat » entre O Porinetia To Tatou Ai'a et l'UMP. Cet accord consacre le soutien du principal parti de la majorité présidentielle nationale apporté à Tong Sang depuis 2008 en faisant de son parti son extension officielle dans l'archipel, statut qui avait à l'origine appartenu au Tahoeraa huiraatira jusqu'à son alliance avec les indépendantistes, alors jugée « contre nature » par Patrick Devedjian, en février 2008, et cela bien que To Tatou Ai'a soit lui-même alors associé à l'UPLD d'Oscar Temaru[14].

Troisième gouvernement (2009 - 2011)[modifier | modifier le code]

Signe de l'instabilité persistante de la situation politique en Polynésie française, une nouvelle motion de défiance contre le gouvernement d'Oscar Temaru, couplée à la candidature pour lui succéder de Gaston Tong Sang, est votée le 24 novembre 2009 par 29 voix sur 56 votants (l'absent étant Gaston Flosse, en détention provisoire au centre pénitentiaire de Nuutania), soit les 13 de To Tatou Ai'a, les 6 îliens de Te Mana o te Mau Motu et 10 sur les 11 du Tahoeraa huiraatira[15]. Gaston Tong Sang a notamment critiqué les jours précédents le projet de budget pour 2010 d'Oscar Temaru (notamment sa volonté de créer une Taxe intérieure de solidarité, farouchement combattue par Tong Sang)[16]. L'alliance renouée avec son ancien parti, le Tahoeraa huiraatira, semble également favorisée par la mise à l'écart relative de Gaston Flosse due à ses ennuis judiciaires et sa succession à la tête du parti orange d'Édouard Fritch avec qui Gaston Tong Sang entretient des relations moins conflictuelles[17]. Il dispose, quoi qu'il en soit, d'une majorité particulièrement faible de 30 élus (en comptant Flosse) sur 57.

Politique nationale[modifier | modifier le code]

Le 23 août 2008, il est désigné comme candidat aux élections sénatoriales du 21 septembre 2008 pour son parti To Tatou Ai'a aux côtés de Béatrice Vernaudon. Ayant reçu l'étiquette officielle « majorité présidentielle », ils sont tous deux battus par les candidats de l'UDSP : Gaston Flosse (se présentant comme « divers droite », il adhère ensuite à la réunion administrative des sénateurs ne figurant sur la liste d'aucun groupe) et l'indépendantiste Richard Tuheiava (qui s'apparente au groupe socialiste), par 318 voix de grands électeurs pour Tong Sang et 308 pour Béatrice Vernaudon contre 361 à Richard Tuheiava et 372 à Gaston Flosse[18].

Politique locale[modifier | modifier le code]

Il est maire de la commune de Bora-Bora depuis le 9 juillet 1989. Il est élu conseiller territorial des îles Sous-le-Vent en mars 1991 et réélu à chaque renouvellement de l'Assemblée de la Polynésie française. Il est président du Syndicat pour la promotion des communes depuis le 25 septembre 1989. Il perd les élections du Syndicat des communes en mai 2008.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le président de la Polynésie, Gaston Tong Sang, a démissionné », dépêche AFP, 7 février 2009.
  2. Temaru reprend la Polynésie française
  3. Centre des hautes études de la construction de Paris
  4. Centre des hautes études du béton armé et précontraint
  5. Libération
  6. Le gouvernement Tong Sang renversé par des élus de son propre parti, Gilles Marsauche, Le Monde, 2-3 septembre 2007, page 9.
  7. Résultats dans les Îles du Vent selon le site du Haut-commissariat de la Polynésie française
  8. Gaston Flosse n'est plus membre de l'UMP, Tahitipresse, 29 février 2008.
  9. Fiche de présentation de la fédération de Polynésie française sur le site de l'UMP
  10. « Polynésie : Flosse renversé, Tong Sang élu président », Le Nouvel Observateur, 16/04/2008
  11. « Politique : Imbroglio après la démission de Gaston Tong Sang », RFO Polynésie, 09/02/2009
  12. SD, « Oscar Temaru élu président de la Polynésie française avec 37 voix », Tahiti Presse, 11/02/2009
  13. Y.R., « MAJORITÉ - En fin de journée, Temaru a reçu Gaston Tong Sang avant Édouard Fritch », Les Nouvelles de Tahiti, 07/04/2009
  14. ATP, « Alliance officielle entre Gaston Tong Sang et l'UMP », Tahiti Presse, 18/06/2009
  15. Y.R., « Le retour de la majorité à 29 voix… : POLITIQUE - Temaru renversé par une très courte majorité », La Dépêche de Tahiti, 25/11/2009
  16. Y. F., « FISCALITE - Il modifie son budget et isole Tong Sang », La Dépêche de Tahiti, 17/11/2009
  17. AFP, « En Polynésie, Gaston Tong Sang reprend le pouvoir à Oscar Temaru », L'Express, 25/11/2009
  18. O. GUILLEMAIN, « Camouflet pour l'UMP en Polynésie française aux sénatoriales », Le Point, 22/09/2008

Chronologies[modifier | modifier le code]