Jean XXIII
| Bienheureux Jean XXIII | ||||||||
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| Biographie | ||||||||
| Nom de naissance | Angelo Giuseppe Roncalli | |||||||
| Naissance | 25 novembre 1881 à Sotto il Monte, |
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| Pape de l'Église catholique | ||||||||
| Élection au pontificat | 28 octobre 1958 (76 ans) | |||||||
| Intronisation | 4 novembre 1958 | |||||||
| Fin du pontificat | 3 juin 1963 (81 ans) (4 ans, 7 mois et 5 jours) |
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| Oboedientia et pax | ||||||||
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Angelo Giuseppe Roncalli (Sotto il Monte, près de Bergame, Italie, 25 novembre 1881 – Rome, 3 juin 1963) fut élu pape le 28 octobre 1958 sous le nom de Jean XXIII (en latin Ioannes XXIII, en italien Giovanni XXIII). Il convoqua le IIe concile œcuménique du Vatican (1962-1965, appelé aussi concile Vatican II), dont il ne vit pas la fin car il mourut le 3 juin 1963, deux mois après avoir achevé l’encyclique Pacem in Terris. Béatifié par Jean-Paul II à l’occasion du Jubilé de l’an 2000, il est désormais le « bienheureux pape Jean XXIII » pour l’Église catholique romaine. Sa fête a lieu le 11 octobre, jour de l’ouverture de Vatican II.
En Italie on lui donne le surnom affectueux d’Il Papa Buono (« Le Bon Pape », ou « Le Gentil Pape »).
Sommaire |
[modifier] Une carrière de nonce peu ordinaire
[modifier] Vie familiale et prêtrise de Bergame à Rome
Angelo Giuseppe Roncalli nait à Sotto il Monte (village de la campagne de Bergame, en Lombardie) quatrième (et premier fils) dans une famille de quatorze enfants de milieu campagnard modeste. Son père Giovanni Battista Roncalli (1854–1935) et sa mère Marianna Giulia Mazzolla (1854–1939), étaient métayers de milieu pauvre quoiqu'on puisse leur trouver une ascendance de petite noblesse appauvrie. Son oncle et parrain, Zaverio, est engagé dans l'action catholique, assez proche des idées de Luigi Sturzo.
Angelo entre au petit séminaire à l’âge de douze ans grâce à l'aide financière de son oncle et de prêtres dont curé Giovanni Morlani, propriétaire des terres qu'exploitait sa famille. Elève assez brillant, il suit le cursus ecclésiastique classique, devenant boursier au séminaire dell'Apollinare de Rome. Il effectue de nombreux pèlerinages au sanctuaire marial de la Madonne du Bosco d'Imbersago. À partir de 1895, il tient un journal qu'il continue jusqu'à sa mort. Il fait son service militaire en 1901 au 73e régiment d'infanterie, dans des conditions difficiles, pour que son frère reste sur l'exploitation.
Présenté au pape Pie X qu'il apprécie pourtant moins que son prédécesseur Léon XIII, en 1904, il est ordonné prêtre. Peu après, il est nommé secrétaire de Mgr Giacomo Radini-Tedeschi, nouvel évêque de Bergame, connu pour son soutient au monde ouvrier en particuliers lors des grèves de 1909. Roncalli reste à son service jusqu’à la mort de ce dernier le 22 aout 1914. Pendant cette période, il enseigne également l'histoire de l'église au séminaire de Bergame, en étudiant particulièrement Saint Charles Borromée et le concile de Trente, (qu'il voit comme un concile réformateur plus qu'anti protestant), Saint François de Sales et Grégoire Barbarigo proclamé bienheureux sous son pontificat. Il donne des conférences à des laïcs sur l'histoire de l'église.
En 1915, il est, comme sergent de l'armée royale italienne incorporé dans le service des santés des armées, avant de devenir aumônier militaire dans les hôpitaux.
Après la guerre, il revient au séminaire de Bergame comme directeur spirituel. Son activité le fait pressentir par le cardinal Willem Marinus van Rossum pour travailler au Vatican, à Rome aux œuvres pontificales missionnaires. Ne souhaitant pas forcément aller à Rome, sa réponse est caractéristique : « Je suis un homme capable de peu. J’écris très lentement. Paresseux de nature, je me laisse facilement distraire dans mon travail ». Il est néanmoins nommé par Benoit XV et, en 1921, se trouve à la curie romaine, dans la Propaganda Fide (future Congrégation pour l’évangélisation des peuples) où il travaille en particulier au motu proprio de Pie XI (Romanorum Pontificum) sur la coopération des missions. Il profite aussi de cette charge pour visiter de nombreux diocèses et ordres missionnaires italiens. Il vit à Rome, modestement, avec deux de ses soeurs et se lie avec Montini restant proche des milieux qui souhaitent une alliance de la démocratie chrétienne avec les antifascistes. Ayant fait un sermon sur le "nationalisme comme amour de la patrie" par opposition à une "militarisation de la nation", il apparait comme rétif à la ligne de dialogue avec Mussolini que suit alors Pie XI soucieux de régler la question romaine.
[modifier] Visiteur apostolique en Bulgarie
En 1925, Pie XI l'écarte de l'Italie en le promouvant évêque pour l’envoyer, contre son gré (il voulait l'Argentine), en Bulgarie, terre orthodoxe, en tant que premier visiteur, puis délégué apostolique. Élevé à la dignité d'évêque titulaire d'Aeropolis consacré à Rome par G Tacci Torcelli il choisit comme devise épiscopale Obedientia et Pax. Malgrè les encouragements de Montini, il est atterré. Il arrive dans une situation tendue: en 1924 un grave incident interreligieux avait marqué les esprits. Roncalli par une visite et un sermon contribue à faire tomber la tension (« les bons sentiments vers nos frères séparés ne sont pas suffisants, si vous les aimez vraiment, donnez-leur le bon exemple et transformez votre amour en action»). Devant affronter l'épineuse question du rite latin et du rite oriental, il marque son habituelle bonhommie par de nombreuses visites dans la petite communauté urbaine catholique ou uniate. L'hôpital catholique soigne gratuitement les malades de toutes confessions, en particulier lors de l'attentat manqué à la cathédrale orthodoxe contre le roi Boris III. Le roi l'en remercie par une entrevue privée, honneur inhabituel, puisque Roncalli n'avait pas de statut diplomatique. Il se rend aussi au centre du pays en 1928, frappé par un tremblement de terre.
Il doit surtout négocier la délicate préparation du mariage du roi Boris III (orthodoxe) avec Jeanne de Savoie, fille catholique du Roi Victor-Emmanuel III. Le pape Pie XI avait accepté la dispense à la condition qu'un rite catholique soit célébré et que les filles du couple soient éduquées dans la religion catholique. Or, en plus de la cérémonie catholique d'Assise (25 octobre 1930) une seconde, orthodoxe fut célébrée à Sofia ce qui irrita Pie XI d'autant plus que les filles du couple furent baptisées selon le rite orthodoxe en 1933. Toutefois, la fille du Roi d'Italie ne fut pas excommuniée. Divers indices indiquent que la souplesse de Roncalli ne convenait pas à Pie XI (le bruit courut, sans doute à tort, qu'il l'aurait laissé 45 minutes à genoux pour lui marquer son mécontentement que le fils de Boris, Siméon, ait été baptisé dans le rite orthodoxe).
A l'écart de l'Italie pendant la dictature fasciste, il indique : "Mon exclusion des affaires de l'Italie me parait une bénédiction. Ce que je lis dans les journaux me navre." Roncalli attend une réaffectation. Éloigné de ses sœurs (et de ses parents qu'il ne peut même pas enterrer), il s'avoue "insatisfait" de ne "pouvoir faire davantage" et de devoir "se renfermer dans une vie de parfait ermite allant contre sa tendance intime de travailler au ministère direct des âmes"[1].
[modifier] Délégué apostolique en Turquie
En 1935, il reçoit enfin une réaffectation. Mais sa promotion (avec un titre d'archevêque de Mesembria) pour le même poste à Istanbul comme délégué apostolique en Turquie et en Grèce entre 1935 et 1944, n'est guère plus aisée : dans un régime laïc (il doit se déplacer en civil, ce qui lui fait dire que l'on est prêtre aussi bien en pantalon qu'en soutane), il a tout de même un rôle diplomatique et œcuménique important. Sur le plan religieux, il indique dans un sermon en 1944, son désir d'un concile œcuménique.
Sur un plan diplomatique il joue un rôle important pour le sauvetage des réfugiés d'Europe centrale vers la Palestine pendant la guerre, des victimes du nazisme, juifs, surtout mais aussi membres du clergé venus de toute l'Europe et particulièrement de Hongrie et de Bulgarie. Prévenu dès septembre 1940 des persécutions nazies par l'arrivée de réfugiés polonais, il fait distribuer des permis gratuits d'émigration par la délégation apostolique en particuliers vers la Palestine sous mandat britannique, des certificats de baptêmes temporaires et des saufs conduits, ainsi que des vivres et vêtements en s'appuyant sur la croix rouge locale. Il envoie une lettre au roi Boris III de Bulgarie pour qu’il désapprouve la déportation de 25 000 Juifs de Sofia. Il aide le rabbin Herzog à alerter le Vatican pour sauver les juifs de Moldavie. Ces gestes pour ceux qu'il nomme les "cousins et compatriotes de Jésus" auraient sauvé de 24000 à 80000 juifs ce qui justifie pour la fondation internationale Raoul Wallenberg de demander son inscription comme juste entre les nations. Toutefois, en 1943, même s'il approuve le sauvetage des Juifs de Rome, il indique un "trouble spirituel" à ce que ce soit le Vatican qui les envoie en Palestine leur permettant de reconstituer une "espérance messianique" (il y avait sans doute aussi des raisons diplomatiques vis-à-vis des britanniques). Dans son témoignage écrit envoyé pour le procès de Nuremberg, Roncalli affirme par ailleurs que Von Papen (ambassadeur du Reich en Turquie) aurait permis ce sauvetage de 24000 Juifs (qu'il aurait pu dénoncer).
Il accueille avec "beaucoup de calme" la fin du pouvoir de Mussolini en 1943 : "Ce geste du Duce, je le crois un geste de sagesse, qui lui fait honneur. Non, je ne lui jetterai pas la pierre... Ainsi pour lui Sic transit Gloria mundi. Mais le grand bien qu'il a fait à l'Italie reste. Son retrait est toutefois le résultat de quelques-unes de ses erreurs. Dominus parcat illi. [Que Dieu ait pitié de lui.]"
[modifier] Nonce en France
Roncalli a été consulté par le pape Pie XII (en particulier pour avoir son avis sur la façon dont son attitude vis-à-vis des Juifs pourrait être jugée après la guerre). Il est également bien connu de l'homme de confiance pour la France du pape (Montini). Or, en 1944, le général De Gaulle souhaite voir remplacer le nonce apostolique en France Mgr Valerio Valeri qui avait soutenu le clergé favorable à Pétain. Pie XII choisit Roncalli pour cette mission, peut-être en signe d’agacement, montrant qu'il n’envoie pas à Paris un diplomate de premier rang. "Quand on ne peut utiliser un cheval, un âne peut être utile". Roncalli négocie avec succès le problème des évêques compromis avec le régime de Vichy, dont le gouvernement français demandait la substitution. Pie XII ne doit accepter seulement que les démissions de trois prélats (sur les 25 demandées) : les évêques de Mende, Aix-en-Provence et Arras et quelques autres personnalités (l'auxiliaire de Paris, et trois vicaires d'outremer). Le nonce vient porter à Toulouse la barrette de cardinal pour Mgr Jules Saliège qui avait protesté contre l’enfermement des Juifs et que le gouvernement français issu de la résistance souhaitait voir promu malgré la réticence du pape. Il entretient, semble-t-il, de bonnes relations avec le cardinal Suhard mais agace à la fois le pape et la diplomatie française par ses visites non protocolaires et chaleureuses en province, déroutant ses interlocuteurs par sa conversation volubile peu diplomatique. Ce comportement en apparence superficiel lui permet, en fait, d'éviter les conflits dans une période de tension pour l'État (la question de la laïcité de l'école est relancée) et surtout pour l'Église française troublée par la question des prêtres ouvriers et une certaine contestation moderniste (nouvelle théologie ou ressourcement) que sanctionne Pie XII en 1950. Premier observateur du Saint-Siège à l'UNESCO, il est créé cardinal en 1953, au moment de son départ. Côté français, il avait fait une certaine unanimité : Auriol socialiste, comme Schuman et De Gaulle le tiennent en haute estime pour sa francophilie, sa compréhension tolérante et sa bonhommie teintée d'humour (attribuant par exemple à la pluie le rétrécissement de la jupe d'une interlocutrice!). Signe de cette réussite, il reçoit la barrette de cardinal du président Vincent Auriol qui en avait fait la demande, au titre d'un ancien privilège des souverains français. Pour le Saint Siège, il a été "un observateur attentiste, prudent et plein de confiance envers les nouvelles initiatives pastorales" du clergé français.
[modifier] Partriarche de Venise
En 1953, il est enfin renommé en Italie, conformément à sa première vocation pastorale : il est nommé à 72 ans patriarche de Venise et créé cardinal. Il y organise un synode diocésain, utilisant les transports en commun, les gondoles, multipliant les signes de présence joviale et d'ouverture en direction des paroissiens (« Je veux être votre frère, aimable et compréhensif ») et des Italiens, comme ce message de bienvenue lors du congrès des socialistes en 1957. Mais il ne prend pas de position divergente par rapport à Pie XII (il condamne ainsi, en 1957, "les cinq plaies crucifiant aujourd'hui : l'impérialisme, le marxisme, la démocratie progressiste, la franc-maçonnerie et la laïcité").
[modifier] Un pape que l’on disait « de transition »
[modifier] Le conclave de 1958
Le pontificat de Pie XII avait été très long (19 ans), et marqué par une centralisation progressive et un exercice solitaire du pouvoir. Lorsque Roncalli arrive au conclave, les cardinaux souhaitent à la fois un changement de style gouvernemental et marquer un temps de réflexion face à un monde moderne en rapide évolution. Le pontificat monarchique de Pie XII avait éclipsé la présence de personnalités fortes au sein du Sacré Collège. Après trois jours de conclave et dix tours de scrutin infructueux, le cardinal Roncalli apparait comme un « pape de transition » idéal au terme d’un conclave cherchant à assurer un changement sans rupture[2]. De tempérament bonhomme mais habile diplomate, francophile, le patriarche de Venise était d’origine modeste et, marqué par le catholicisme social, il était à l’aise dans le travail pastoral exercé dans une Italie du Nord en plein essor industriel. Il est élu pape le 28 octobre 1958.
Il crée une première surprise en choisissant de s’appeler « Jean XXIII » (Ioannes XXIII), reprenant un nom abandonné depuis le XIVe siècle (Jean XXII fut pape de 1316 à 1334), lui aussi à l’issue d’une élection mouvementée et chez qui on avait également vu un « pape de transition » en raison de son âge (72 ans), mais qui régna 18 ans[3]. Le choix d’un nom qui n’avait plus été utilisé depuis plus de cinq cents ans devait également marquer le changement de style de gouvernement[2]. Jean XXIII est couronné le 4 novembre.
[modifier] Un pape réformateur
Dès le début de son pontificat, il met l’accent sur l’aspect pastoral de sa charge ; c’est ainsi qu’il est le premier, depuis Pie IX, à sortir de l’enceinte du Vatican après son élection, ce qui lui permet d’assumer pleinement son rôle d’évêque de Rome, souvent négligé par ses prédécesseurs. Il prend solennellement possession de la basilique Saint-Jean du Latran et visite les paroisses romaines. Sa visite en prison marque les esprits. Symboliquement, il rompt avec la tradition des repas solitaires et recommande à la direction de l’Osservatore Romano de cesser l’usage des superlatifs d’usage pour qualifier le souverain pontife. Il désigne Domenico Tardini, un prélat d’expérience, à la secrétairie d’État et rétablit le travail en coordination avec les dicastères[2]. Le 25 janvier 1959, Jean XXIII convoque le deuxième concile du Vatican, vecteur d’une importante modernisation de l’Église catholique romaine. Il engage également la réforme du Code de droit canonique, datant de 1917, qui s’achève en 1983. La préparation du concile est confiée à la secrétairerie d’État. Un Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens est créé, et a pour résultat la présence de plusieurs dizaines d’observateurs d’Églises chrétiennes non catholiques.
Il œuvre également à mettre fin aux troubles qui agitaient l’Église melkite à la suite de changements liturgiques effectués au sein de cette branche du catholicisme. Acceptant la requête du patriarche Maxime IV Sayegh, il déclare autorisée l’utilisation de la langue vernaculaire lors de chaque célébration de la liturgie byzantine. Jean XXIII consacre aussi évêque un prêtre melkite, le Père Gabriele Acacio Coussa. Pour cela, Jean XXIII use du rite byzantin, fait rare pour un pape, et utilise sa tiare en guise de couronne.
[modifier] Le lancement du concile
Le 11 octobre 1962, le concile, couramment désigné depuis lors sous le nom de « Vatican II », est ouvert. Jean XXIII y prononce un important discours, rédigé personnellement pour sa plus grande partie :
« L’humble successeur du Prince des apôtres qui vous parle, le dernier en date, a voulu en convoquant ces importantes assises donner une nouvelle affirmation du magistère ecclésiastique toujours vivant et qui continuera jusqu’à la fin des temps. Par le Concile, en tenant compte des erreurs, des besoins et des possibilités de notre époque, ce magistère sera présenté aujourd’hui d’une façon extraordinaire à tous les hommes qui vivent sur la Terre. (…) Ce qui est très important pour le Concile œcuménique, c’est que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit conservé et présenté d’une façon plus efficace. »
Jean XXIII demande que la question des relations de l’Église catholique avec les Juifs soit abordée au concile. Plus généralement, les conclusions très substantielles de ce concile aboutissent à inviter les catholiques, tout en rappelant leur devoir de fidélité à leur foi, à faire preuve de tolérance envers les fidèles des autres religions. Elles affirment, dans la déclaration Nostra Ætate, et ce d’ailleurs dans la lignée du concile de Trente, que ni les Juifs du temps du Christ, ni les Juifs d’aujourd’hui ne peuvent être considérés comme plus responsables de la mort de Jésus que les chrétiens eux-mêmes.
En septembre 1962, un cancer de l’estomac est diagnostiqué. Jean XXIII s’efforce cependant de permettre au concile de continuer son travail. Le 11 avril 1963, il promulgue une encyclique qui est perçue comme étant son testament spirituel : Pacem in terris[4]. Au-delà du monde catholique elle est adressée « à tous les hommes de bonne volonté », fait l’apologie de la démocratie, affirme que la guerre ne peut être un instrument de justice et préconise que ce soit désormais la « loi morale » qui régisse la relation entre les états, prônant la solidarité, la justice et la liberté[2]. Le 11 mai, il reçoit le prix Balzan pour son engagement en faveur de la paix. C’est là sa dernière apparition publique ; il meurt en effet le 3 juin 1963, jour du lundi de Pentecôte.
[modifier] Mort, béatification et postérité
Les premières rumeurs sur la mauvaise santé du pape circulent en novembre 1962. À partir de cette date son état de santé retient l’attention des médias car il est régulièrement victime de « crises » qui l’affaiblissent jour après jour.
Atteint d’un cancer de l'estomac et de la prostate, il est victime d’une hémorragie le 28 mai 1963. À partir de ce jour, Radio Vatican transmet quotidiennement un bulletin de santé du pape, l'entourage indiquant que, entre lucidité et inconscience, il continue de tenir son rôle jusqu’aux derniers moments. À l’issue d’une longue agonie, il meurt le 3 juin 1963.
Le pape laisse une image d'humanité et de simplicité dans les comptes rendus des médias de l'époque. Son rôle pour l'ouverture du concile est en général tenu comme majeur. Une partie des courants intégristes lui reprochent toutefois, ainsi qu'à son successeur Paul VI, d'avoir été victime d'une influence moderniste, allant pour certains groupes sedecaveristes jusqu'à contester la validité de son élection (soit qu'un autre pape ait été élu pendant le conclave de 1958, soit qu'il ait été franc-maçon, rumeurs sans appuis documentés).
Il est béatifié le 3 septembre 2000 par Jean-Paul II. Depuis lors, son corps repose dans une chapelle de la basilique Saint-Pierre[5].
[modifier] Encycliques
- Pacem in terris, 11 avril 1963, sur la paix ;
- Pænitentiam agere, 1er juillet 1962, sur le futur concile ;
- Aeterna Dei Sapientia, 11 novembre 1961 ;
- Mater et Magistra, 15 mai 1961, commémoration de Rerum novarum ;
- Princeps Pastorum, 28 novembre 1959 sur les missions ;
- Gratia Recordatio, 26 septembre 1959, sur le Rosaire ;
- Sacerdotii nostri primordia, 31 juillet 1959, sur Jean-Marie Vianney, curé d’Ars ;
- Ad Petri Cathedram, (29 juin 1959), inauguration du pontificat.
[modifier] Lieux qui portent son nom
- Le parvis Jean XIII à Mons en Baroeul
- La rue Jean XXIII à Dijon
- Eglise Sainte-Trinité Jean XXIII à Sarcelles
- La salle Jean XXIII à l’Institut Notre-Dame et séminaire de Bastogne
- La rue Jean XXIII à Sainte Marie de la Réunion
- La rue Jean XXIII à Achères dans les Yvelines
- L’avenue Jean XXIII à Metz
- L’avenue Jean XXIII à Lisieux
- L'avenue Jean XXIII à Grasse
- Le boulevard Jean-XXIII à Trois-Rivières au Canada
- Le boulevard Jean-XXIII à Lyon
- Le boulevard du Pape-Jean-XXIII à Nice
- Le centre Jean-XXIII au Chesnay dans les Yvelines
- Le centre Jean-XXIII aux Ulis dans l’Essonne
- Le centre Jean XXIII de Mvolyé à Yaoundé Cameroun
- Le collège Jean XXIII à Braine l'Alleud, (Belgique)
- Le collège Jean-XXIII à La Barre à Angers
- Le collège Jean-XXIII à Mulhouse
- Le collège Jean-XXIII à Pamiers
- Le collège-lycée Jean XXIII à Quintin
- La maternelle-école primaire-collège-lycée-prépa économique Jean-XXIII à Montigny-lès-Metz en Moselle
- L’école primaire Jean XXIII à Québec
- L’école primaire Jean XXIII à Sherbrooke
- L’école primaire Jean XXIII à Nantes
- L’école maternelle et primaire Jean XXIII à Toulon
- La Maison Jean XXIII de la Fondation d'Auteuil à Orly (Val-de-Marne)
- Le grand séminaire Jean XXIII à Kinshasa
- L’institut Jean XXIII à Rochefort (Belgique)
- Le lycée Jean-XXIII aux Herbiers en Vendée
- Le lycée Jean XXIII à Yvetot
- Le lycée Jean XXIII à Reims
- La place Jean-XXIII à Mantes-la-Jolie
- Le quartier Jean-XXIII à Reims
- Le relais Jean XXIII à Fontenay-sous-Bois
- La rue Papa Roncalli à Istanbul
- Le square Jean-XXIII à Paris, à côté de Notre Dame
- Le centre Jean XXIII à Agen
- Le collège Jean XXIII à Woluwe-Saint-Pierre (Belgique)
- L’école secondaire Jean XXIII à Dorval (Canada)
- L’avenue Juan XXIII, à Madrid
- L'ancienne école primaire Jean XXIII à Saguenay
- Le Foyer Jean XXIII (CRAL) à Volgelsheim (Haut-Rhin, France)
- L'avenue Juan XXIII (et le quartier), à Séville (Espagne)
[modifier] Notes et références
- Jean XXIII , p 164 par Thomas Cahill,Dominique Bouchard
- Yves-Marie Hilaire, Histoire de la papauté : 2000 ans de mission et de tribulations, éd. Tallandier, 2003, p. 465–468
- Les médias de l’époque ont rapporté que Jean XXIII se plaisait à établir un parallèle entre lui-même et Jean XXII. Il y eut un instant de flottement pour la numération, un « pape de Pise » ayant porté le nom de « Jean XXIII » au moment du Grand Schisme. En se nommant Jean XXIII, l'ex professeur d'histoire de l'église confirmait la non-reconnaissance du règne de cet antipape, alors que l’autre « pape de Pise », « Alexandre V », avait été pris en compte par le pape « Alexandre » suivant, qui choisit le nom d’Alexandre VI.
- Pacem in terris
- Homélie du 3 septembre 2000, béatification de 5 serviteurs de Dieu
[modifier] Annexes
[modifier] Articles connexes
[modifier] Bibliographie
- Giuseppe Alberigo, « Jean XXIII », in Dictionnaire de la papauté, Philippe Levillain, Fayard, 1994.
- Giuseppe Alberigo, Jean XXIII devant l’histoire, Seuil, 1989
- Peter Hebblethwaite, Jean XXIII : Le pape du concile, Bayard, 1988
- Yves-Marie Hilaire, Histoire de la papauté : 2000 ans de missions et de tribulations, Tallandier, 1996
- Mgr Yves Marchasson, Les papes au XXe siècle, Desclée de Brouwer, 1991
- Xavier Lecoeur, Petite Vie de Jean XXIII, Desclée de Brouwer, 2008
[modifier] Liens externes
| Titre de l'Église catholique | ||
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| Précédé par Pie XII |
Pape de l'Église catholique | Suivi par Paul VI |
- Naissance dans la province de Bergame
- Cardinal italien du XXe siècle
- Cardinal créé par Pie XII
- Nonce apostolique en France
- Patriarche de Venise
- Pape italien
- Bienheureux catholique
- Médaille présidentielle de la liberté
- Personnalité de l'année selon Time Magazine
- Jean XXIII
- Naissance en 1881
- Décès en 1963
- Mort d'un cancer