Libère

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Libère
Image illustrative de l'article Libère
Le pape Libère
Biographie
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat
Fin du pontificat
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Blason

Libère (Liberius) est évêque de Rome (pape) de 352 à sa mort en 366. Il succède à Jules Ier et est élu le . Il est le premier à désigner Rome comme le siège apostolique.

La Vierge Marie lui apparaît dans un songe dans la nuit du 4 et du 5 août, lui demandant de construire une chapelle. La même nuit, selon l'histoire ecclésiastique, il y a une chute de neige miraculeuse sur les sept collines de Rome. Il achève la construction de la basilique Sainte-Marie-Majeure deux années plus tard. Cette basilique majeure de Rome est appelée basilique libérienne.

Il combat l'arianisme de l'empereur Constance qui l'exile de 355 à 358 à Beroia en Macédoine. Il doit négocier son retour à Rome et partager l'administration de l'Église avec l'antipape Félix II. Mais le peuple de Rome prend rapidement parti pour Libère et chasse Félix.

À sa mort en 366, son trône est réclamé par Damase Ier et Ursin.

Selon la tradition, ce serait Libère qui, en 354, fixe la fête de la naissance du Christ au 25 décembre.

Il est à l'origine, inhumé dans la Catacombe de Priscille à Rome. Il est le premier pape à ne pas avoir été fait saint de l'Eglise Catholique.

Libère et l'arianisme[modifier | modifier le code]

Le pontificat de Libère se situe dans une période au cours de laquelle le dogme de l'Église, défini par le concile de Nicée, est fortement contesté par les ariens. L'empereur Constance II soutient l'arianisme et exile le patriarche d'Alexandrie Athanase d'Alexandrie, vigoureux défenseur du concile de Nicée. Constance obtient aux conciles d'Arles et de Milan le soutien de la majorité des évêques occidentaux. Certains toutefois s'en indignent. C'est le cas du pape Libère que Constance fait exiler.

Constance lève cette mesure trois ans plus tard et Libère revient à Rome. La controverse porte sur les raisons qui ont motivé le revirement de Constance.

Nombre d'historiens anciens et modernes prétendent que Libère aurait signé une des formules de Sirmium, condamnant saint Athanase et donnant en partie satisfaction aux ariens. Ils considèrent que Libère a agi par faiblesse et non par conviction[1]. Par ailleurs, la formule de Sirmium signée par le pape Libère pouvait être interprétée dans un sens catholique. Toujours est-il qu'à peine libéré, il la désavoua et proclama que la seule formule à recevoir est celle du Concile de Nicée

Pour la thèse inverse, Constance aurait libéré le pape sous la pression du peuple romain[2].

Un autre argument en faveur de la sainteté du pape Libère est le jugement du pape Benoît XV : « Et ces Pontifes, qui osera dire qu’ils aient failli, même sur un point, à la mission, qu’ils tenaient du Christ, de confirmer leurs frères ? Loin de là ; pour rester fidèles à ce devoir, les uns prennent sans faiblir le chemin de l’exil, tels les Libère, les Silvère, les Martin ; d’autres prennent courageusement en main la cause de la foi orthodoxe et de ses défenseurs qui en avaient appelé au Pape, et vengent la mémoire de ceux-ci même après leur mort. »[3].

Voici une liste non-exhaustive des défenseurs de la sainteté du Pape Libère :

  • Benoît XV.
  • Cardinal Dechamps, archevêque de Malines, Primat de Belgique (lien)
  • Monseigneur Barbier de Montault (lien).
  • Monseigneur Baunard, recteur de l'Université Catholique de Lille (lien).
  • Monseigneur Fèvre (lien).
  • L'abbé Darras.
  • L'abbé Rohrbacher.
  • Les petits Bollandistes.

Une ville nommée d'après saint Libère[modifier | modifier le code]

Il existe en Suisse une petite ville appelée Saint-Livres. Ce nom est une déformation de Saint-Libère. La première église de Saint-Livres a été dédiée à saint Libère, au Moyen Âge (site de Saint-Livres).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette thèse qui repose sur les écrits contemporains, notamment ceux de saint Anathase lui-même, est celle de Gibbon
  2. Au sujet de la controverse sur la « chute » de Libère, qui aurait signé une profession de foi douteuse, on peut consulter la Revue des questions historiques ainsi que les Petits Bollandistes, dont le texte est disponible en PDF sur ce site. En son temps, l'abbé Darras a plaidé dans le même sens, sur la prétendue chute du Pape Libère
  3. (Benoît XV, Encyclique Principi Apostolorum, 5 octobre 1920)

Bibliographie[modifier | modifier le code]


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