Congrégation pour les causes des saints

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La Congrégation pour les causes des saints (latin : Congregatio de Causis Sanctorum) est une des neuf congrégations de la Curie romaine. Elle administre l'ensemble des processus de béatification et canonisation des saints. À sa tête se trouvent un cardinal préfet (Mgr Angelo Amato y a remplacé le 9 juillet 2008 le cardinal José Saraiva Martins) aidé d'un secrétaire (l'archevêque Marcello Bartolucci). La congrégation compte en tout trente-quatre membres, un promoteur de la foi, cinq rapporteurs et quatre-vingt-trois consulteurs.

Rôle[modifier | modifier le code]

D'après la constitution apostolique Pastor Bonus, la congrégation est chargée de « traiter tout ce qui, selon la procédure établie, conduit à la canonisation des serviteurs de Dieu ».
Son rôle est donc d'instruire les cas potentiels de canonisation, d'examiner les propositions, de déterminer avec certitude qu’un fidèle défunt a vécu à un tel degré de sainteté (union à Dieu qui se réalise par la grâce « sanctifiante » divine qui apporte des vertus « infuses » au degré « héroïque ») que la cause du serviteur de Dieu (candidat à la béatification ou à la canonisation) peut être soumise au souverain pontife et qu'il peut être proposé à la vénération et à l'imitation des chrétiens[1].

Elle se prononce aussi sur le statut de docteur de l'Église attribué ou non aux saints. Enfin, la congrégation décide de l'authenticité chrétienne des reliques sacrées, est chargée de leur conservation et d'autoriser leur exposition et leur translation.
Un Collège de rapporteurs présidé par un rapporteur général et aidé de consulteurs est chargé d'étudier les causes proposées (miracles, martyre, etc.). La congrégation dispose de ses propres médecins pour l'analyse des guérisons et miracles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 22 janvier 1588 une « Congrégation des rites » est créée par Sixte Quint dans la constitution « Immensa Aeterni Dei » afin de contrôler le culte et traiter la canonisation des saints.

Cette Congrégation des Rites élabore des procédures de canonisation dès ses origines, mais elles ont beaucoup varié depuis, notamment après Vatican II. Inversement, les maximes qui président à ces procédures sont codifiées de manière définitive par le traité De servorum Dei beatificatione et de beatorum canonizatione (Sur la béatification des servants de Dieu et sur la canonisation des bienheureux) écrit par Prospero Lambertini, futur pape Benoît XIV, alors avocat du diable à la Congrégation des Rites. Son traité De servorum, édité de 1534 et 1538 à Bologne, ville dont il est l'archevêque, met en place des procédures inspirées de la théologie de Saint Thomas d'Aquin ainsi que de la scolastique postérieure[2].

Paul VI, dans la constitution « Sacra Rituum Congregatio » du 8 mai 1969, divise celle-ci en deux congrégations distinctes : la Congrégation des sacrements et du culte divin et la Congrégation pour les causes des saints.
Enfin, dans la seconde partie de la constitution « Pastor Bonus » (CCR) du 28 juin 1988 qui réforme la Curie romaine, Jean-Paul II redéfinit le fonctionnement et le rôle de la congrégation.

Procédure[modifier | modifier le code]

Le traité De servorum distingue la Gratia gratis faciens (grâce sanctifiante qui fait la sainteté) de la Gratia gratis data (grâce donnée gratuitement, nommée charisme par les théologiens modernes) qui se manifeste dans le don de prophéties, de miracles, l'extase, les visions ou les révélations[1].

Une canonisation n'aboutit qu'après une longue procédure (ou procès) préparatoire instruite préalablement par un postulateur de la cause (prêtre ou religieux) qui adresse une requête écrite à l'évêque du diocèse où est mort le candidat à la sainteté. Si la requête est acceptée, c'est ensuite l'évêque, ou un délégué, qui est chargé d'instruire le dossier et peut le transmettre à la Congrégation pour les causes des saints, qui mène l'instruction finale[3].

Les étapes de la reconnaissance du miracle obtenu par l'intercession céleste de la personne concernée suivent la nouvelle réglementation fixée en 1983 par la constitution apostolique Divinus Perfectionis Magister qui distingue trois degrés de miracles : quoad substantiam (quant à la substance : résurrection des morts), quoad subjectum (quant au sujet : guérison progressive d'une maladie jugée inguérissable), quoad modum (quant au mode : guérison instantanée)[4]. L’Assemblée médicale (instituée en 1948 par Pie XII) de la Congrégation prépare et rédige, avec les postulateurs, la Positio super miro, c’est-à-dire l’ensemble des acta causae et des acta processus qui, s'ils se révèlent positifs aboutissent au décret juridique de la Congrégation des Causes des Saints, sanctionné par le pape, par lequel un fait prodigieux est reconnu comme un véritable miracle[5].

Préfets[modifier | modifier le code]

Secrétaires[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Père Daniel Ols (membre de la congrégation pour la cause des saints), « L’état de sainteté génère-t-il un état modifié de conscience ? », émission Canal Académie, 16 septembre 2012
  2. M. Rosa, « Benedetto XIV », dans Enciclopedia dei Papi, Rome, 2000, p. 3
  3. Congregatio de causis sanctorum
  4. Divinus Perfectionis Magister
  5. La nécessité des miracles, « Stefania Falasca », sur 30giorni.it,‎ 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]