François de Sales

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François de Sales
Image illustrative de l'article François de Sales
Saint François de Sales.
Saint, docteur de l'Église
Naissance 21 août 1567
château de Sales près de Thorens-Glières
Décès 28 décembre 1622  (à 55 ans)
Lyon
Nationalité Savoie flag.svg Savoisienne
Béatification 28 décembre 1661
par Alexandre VII
Canonisation 19 avril 1665
par Alexandre VII
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 24 janvier
Attributs Déclaré « Docteur de l'Amour »
Saint patron journalistes et écrivains

François de Sales (15671622), est un ecclésiastique savoyard né au château de Sales près de Thorens-Glières[1]. Évêque de Genève en résidence à Annecy, il a été proclamé saint et docteur de l'Église catholique.

Issu d’une famille noble, il choisit le chemin de la foi en consacrant sa vie à Dieu, il renonça à tous ses titres de noblesse. Il devint l'un des théologiens les plus considérés au sein du christianisme. Ce grand prêcheur accéda au siège d’évêque de Genève et fonda avec la baronne Jeanne de Chantal l’ordre religieux de la Visitation. Il exerça une influence marquante au sein de l'Église catholique mais également envers les détenteurs du pouvoir temporel que furent, entre autres, ses souverains, les ducs Charles-Emmanuel Ier et Victor-Amédée Ier de Savoie, la régente de Savoie Christine de France et les rois Henri IV et Louis XIII de France.

Homme d’écriture, il laissa une somme importante d’ouvrages, témoignage de sa vision de la vie. Il est considéré par l’Église catholique comme étant le saint patron des journalistes et des écrivains, et cela en raison de son usage précoce du progrès que constituait l’avènement de l'imprimerie. Ses publications imprimées comptent parmi les tout premiers journaux catholiques au monde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

François de Sales à 12 ans étudiant à Paris

François de Sales est né le 21 août 1567 dans une famille catholique au château de Sales près de Thorens-Glières, à une vingtaine de kilomètres au nord d'Annecy dasn le Duché de Savoie. Son père, François de Sales, seigneur de Sales, de Boisy et de Novel, et sa mère, Françoise de Sionnaz (fille unique du seigneur Melchior de Sionnaz), appartenaient à de vieilles familles aristocratiques du duché de Savoie. François de Sales père servit comme officier dans l'armée du roi de France François Ier. Le futur saint était l'aîné de six frères et sœurs.

Lors de son baptême, le 28 août 1567, il reçut le prénom de « François » en vénération pour François d'Assise[B 1]. Jusqu'en 1569 il fut éduqué par une nourrice[A 1],[B 2]. Pendant 6 ans il fut éduqué par des parents catholiques qui avaient de grandes ambitions pour lui[B 3]. Très vite il apprend le maniement de la dague et de l'épée et l'art de la chevalerie[B 4].

De 1573 à 1575 il est écolier au collège ducal du Plain-Château, à La Roche-sur-Foron[B 5].

De 1575 à 1578 il entre au Collège Chappuisien d'Annecy, où il côtoya l'aristocratie savoyarde, et apprend le français[B 6]. À 10 ans il fit sa première communion et sa confirmation[A 2],[B 7].

À onze ans, il demanda pour la première fois à devenir prêtre, ce qui lui fut refusé, ses parents le jugeant immature[2]

François est envoyé alors par son père, qui le destinait à la magistrature, à Paris vers 1578[Note 1]. Il poursuivit alors ses études au collège de Clermont (Collège jésuite, repris et remplacé aujourd'hui par le lycée Louis-le-Grand), sous la direction de son précepteur, Jean Déage, ainsi que trois de ses cousins[B 8]. Il étudia la rhétorique, mais aussi le latin, le grec, l’hébreu, la philosophie et la théologie, lui permettant ainsi d’« apprendre les exercices de la noblesse »[A 3],[B 9].

Il tira de ce séjour un grand amour pour la France, pays pourtant souvent en conflit avec le sien, la Savoie, mais dont il se sentait proche par la géographie, la manière de vivre et la langue.

Études à Paris[modifier | modifier le code]

Château de Thorens, une des propriétés de la famille de Sales et voisin du Château de Sales.

C'est à Paris qu'il partit étudier les « cours des arts » d'octobre 1584 à 1588[B 9]. Il part à Paris avec un précepteur, le père Déage et trois de ses cousins[B 8]. Il étudie alors la philosophie, les mathématiques, l'histoire et la musique ainsi que la rhétorique et la grammaire[B 9]. François montre alors un fort intérêt pour la théologie, et il obtient de son précepteur d'étudier la théologie[B 10]. Il étudie la théologie d'Augustin d'Hippone et de Thomas d'Aquin et particulièrement sur la grâce et la prédestination[B 11].

François est alors très marqué par la théologie sur la prédestination et la grâce, très discutée par les théologiens, du fait de l'apparition du protestantisme. Calvin, en s'appuyant sur les écrits d'Augustin d'Hippone et de Thomas d'Aquin, cherchait à justifier une théologie de la prédestination[B 11]. Cette connaissance conduit à une grande angoisse pour François de Sales, qui pendant 10 semaines - entre le mois de décembre 1586 et janvier 1587[B 11] - se croit prédestiné à l'enfer[B 12]. Face à ces angoisses, François prie à l'Église dominicaine de Saint-Etienne-des-Grès devant une statue de la Vierge, et est alors libéré de ces angoisses[Note 2],[B 13]. Il fit alors vœu de chasteté et se consacra à elle. Dans le même temps, il eut une vie de prière et de pénitence importante. François poursuit ses études, passe sa licence et sa maîtrise au printemps 1588[B 14].

Vitrail représentant François de Sales priant la Vierge

Études en Italie et retour en Savoie[modifier | modifier le code]

En 1588, François retourne en Savoie après six ans d'absence, afin de poursuivre ses études en Italie, accompagné du révérend Déage et de son frère Gallois[B 14],[B 15]. Il arrive à l'automne 1588 à Padoue qui est alors une des grandes universités d'Europe[B 14],[A 4].

Cherchant conseil et aide il se met sous la direction spirituelle du père jésuite Antoine Possevin qui lui fait faire les Exercices spirituels. Il étudie le droit pour plaire à son père et la théologie pour se faire plaisir à lui-même comme il confia un jour à un ami : « J'ai étudié le droit et la théologie pour me plaire à moi-même »[B 16]. Il étudie alors Augustin d'Hippone, Jérôme de Stridon, Jean Chrysostome et Thomas d'Aquin[B 17]. Au cours de ses études théologiques, il se penche particulièrement sur la place de la liberté humaine cherchant à donner une place « plus digne à la grâce et à la miséricorde de Dieu »[B 17]. Il va jusqu'à aller à l'encontre d'Augustin d'Hippone et Thomas d'Aquin sur la question de la prédestination[B 17]. Il refuse la vie mondaine et continue à mener une existence très austère. Il tombe gravement malade, et croyant mourir il demande même que l'on donne son corps à la science : « qu’au moins, je serviray de quelque chose au public puisque je n'ai servi de rien en ma vie »[3]. Il guérit quelque temps plus tard, et au bout de deux ans d’études à Padoue il reçoit son diplôme de doctorat des mains du fameux Pancirola en 1592. Il fait alors un voyage à travers l’Italie, à Lorette, Rome, Venise puis retourne en Savoie[A 5].

Quand il revint à Thuile, en Savoie en 1592, son père, Monsieur de Boisy, âgé de 70 ans, avait préparé le retour de son fils en qui il avait beaucoup d'espérance : il acheta des terres, et François devint Seigneur de Villaroger[B 18]. Il présente à François une fiancée qu'il avait choisi pour lui, François se montre très froid lors de leur rencontre[B 19]. François de Sales confie sa volonté d'être prêtre à des amis de ses parents[B 20]. Le 14 octobre 1592, François Empereur, prévôt du chapitre de Genève meurt[B 20]. Ce poste était le plus élevé dans la hiérarchie ecclésiale, des prêtres amis de François cherchent alors à faire nommer François comme chapelain à Rome, à l'insu de tous[B 20]. Cependant son père demande à François de s'inscrire comme avocat au barreau de Chambéry, avec pour ambition pour son fils qu'il devienne sénateur. François obéit et s'inscrit au barreau le 24 novembre 1592[B 20],[4]. François est nommé sénateur du fait de la faveur du Duc à 24 ans, au lieu des 30 ans nécessaires, mais François refuse cet honneur[B 21].

Il fait alors savoir à son père qu'il a une autre ambition, celle de devenir religieux le 9 mai 1593[B 22]. C'est alors que Claude de Granier, évêque de Genève au nouveau siège d'Annecy, à la suite de l'expulsion par les Calvinistes, dès 1536, obtient pour François, de sa propre initiative, la position de prévôt du chapitre de Genève à Annecy, un poste qui dépend du pape[B 21]. C'était l'office le plus élevé dans le diocèse, son père appuie alors le départ de François.

Il revêt la soutane le 10 mai 1593, le 11 il devient chanoine d'Annecy, le 13 il renonce à son droit d'aînesse, ainsi qu'à son titre de seigneur de Villaroget[B 23]. Il se retire alors au Château de Sales, jusqu'au 7 juin 1593, où il doit lutter contre des doutes et des tentations contre le sacerdoce[B 24]. Il reçoit les ordres du diaconat et sous-diaconat le 11 juin 1593[B 25]. Il entreprend alors la visite des malades, des prisonniers, participe aux offices, au point que certains lui reprochent de trop agir[B 25]. Le 18 décembre 1593, il devient prêtre et est alors prévôt de Genève[B 26].

Vie sacerdotale de François[modifier | modifier le code]

Début de la vie sacerdotale[modifier | modifier le code]

Depuis la Réforme protestante et l'émergence du calvinisme, le siège de l'évêché de Genève avait été exilé à Annecy[B 26]. C'est là que le nouveau prévôt fit son discours qui marqua la méthode qu'il comptait utiliser face à ceux que beaucoup appellent hérétique : François appelle à la reconquête de Genève. Dans un discours qui resta célèbre, il annonça son programme : « C'est par la Charité qu'il faut ébranler les murs de Genève, par la charité qu'il faut l'envahir, par la charité qu'il faut la recouvrer(...). Je ne vous propose ni le fer ni cette poudre dont l'odeur et la saveur rappellent la fournaise infernale (...). Nous devons vivre selon la règle chrétienne, de telle sorte que nous soyons chanoines, c'est-à-dire réguliers, et enfants de Dieu non seulement de nom, mais encore d'effet. »[B 27]. Il commença sa vie de prêtre en célébrant la messe et en faisant des prédications, ce qui était relativement rare à l'époque[B 28]. Il refuse les dons qu'on lui donne contre des services de prêtre et confesse beaucoup étant nommé « pénitencier » du diocèse par l'évêque[B 28].

La Réforme s'était répandue à la faveur d'une brève domination bernoise (1535-1564) et le Chablais avait conservé la nouvelle religion. Le duc Emmanuel-Philibert de Savoie, satisfait d'avoir repris le pays, s'était montré fort tolérant[5]. Mais son fils Charles-Emmanuel Ier voulait quant à lui faire revenir le catholicisme dans toutes les régions placées sous sa domination, dont le Chablais, « par la douceur si l'on pouvait, par la violence s'il le fallait ». Ainsi Charles-Emmanuel demanda-t-il à l'évêque Claude de Granier d’envoyer des missionnaires en 1594[B 29]. Les dernières tentatives de mission avaient échoué dans la mesure où des prêtres envoyés avaient été chassés de force par les calvinistes[B 30]. François de Sales se porta volontaire pour partir en mission dans le Chablais[B 26].

Missionnaire dans le Chablais[modifier | modifier le code]

Carte de la Savoie avec un découpage par sous région (le Blason du Chablais est représenté sur le Chablais, au Sud du Lac Léman)

François part, seul, avec très peu de choses, la Bible et « les controverses » de Robert Bellarmin[B 30]. Il quitte Annecy le 9 septembre 1594 et s'installe à la forteresse d'Allinges, afin d'éviter les possibles représailles ou tentatives de meurtre du fait de son catholicisme[B 31],[A 6],[6].

François part alors d'Allinges vers Thonon, ville calviniste où il prêche dans la seule église catholique où il fait ses premiers sermons[B 32]. Tous les soirs il revient à la forteresse d'Allinges. Cependant très vite l'hiver 1594 1595 s'avère très difficile : outre la rigueur de l'hiver, une ordonnance publique interdit aux calvinistes de venir écouter les prêches de François de Sales, et l'on calomnie François l'accusant de magie pour le discréditer[B 33]. On cherche alors à l'assassiner, mais François de Sales refuse catégoriquement toute escorte militaire, refusant d'être soutenu par les armes[B 34],[7].

Comme les protestants refusent d'assister à ses sermons, il les fait imprimer sur des feuilles volantes qu'il placarde dans la ville afin de les distribuer à la population, ce qui à l'époque était une innovation majeure dans la communication[B 35]. C'est pour cette raison que l'Église romaine fera de lui le saint patron des journalistes et des écrivains[B 35]. Une partie de ses sermons écrits seront réunis et publiés sous le titre : « Les controverses »[B 35].

François décide alors de s'installer à Thonon, principale ville du Chablais, chez une vieille dame Madame du Foug[8],[B 36]. François n'arrive à faire que très peu de conversion, à part l'avocat Pierre Poncet le 11 avril 1595[B 37]. Il écrit à son souverain Charles-Emmanuel Ier de Savoie qu'au bout d'un an : « on a commencé de prêcher ici, avec fort peu de fruit ».

Lors de la Pâque 1595, il part à Annecy afin de participer à un synode avec son évêque[B 37]. Il retourne au Chablais en juin 1595 repart à Thonon où il reprend les discussions théologiques, sur les controverses entre catholiques et protestants, il en profite aussi pour visiter les malades[B 38]. Les difficultés financières restent importantes, d'autant que les appuis se font plus rares[B 39].

Les années 1596 et 1597 marquent un changement dans le Chablais, François de Sales commence à faire ses premièrs prêches publics, ce qui conduit les calvinistes à vouloir répondre par un prêche public[A 7],[B 40]. Après un an de discussions secrètes, Antoine de Saint-Michel, seigneur d'Avully décide de se convertir le 19 février 1596[B 41]. Cette conversion conduit Antoine de la Faye, l'un des représentants du calviniste à vouloir débattre avec François[B 41]. Face à la lenteur de sa venue, François part avec Antoine de Saint-Michel à Genève pour débattre avec lui[B 41],[9].

Conversion du Chablais[modifier | modifier le code]

Charles-Emmanuel Ier, duc de Savoie

François de Sales partit voir le duc de Savoie, Charles Emmanuel, à Turin pour lui demander son appui afin de pouvoir célébrer des messes en public[B 42]. Il célèbre alors trois messes pour Noël.

En janvier 1597 il reçoit l'autorisation de Charles Emmanuel, et rétablit la messe à Thonon. Il obtient aussi la récupération des biens pris par l'ordre de Saint-Maurice qui, avec l'accord du pape, avait pris des biens afin d'éviter le pillage lors de la guerre qui entraîna la domination bernoise[A 8].

Il rencontre alors secrètement Théodore de Bèze, successeur de Calvin, que certains surnommaient le « Patriarche de la Réforme » et débat alors avec lui sur des sujets de théologie, et notamment sur l'importance des œuvres dans la vie chrétienne[B 43]. Dans ses démarches auprès de Théodore de Bèze, il aura le soutien du pape Clément VIII et aurait été troublé un temps par les arguments de François de Sales bien qu'il ne se convertit pas[10]. François de Sales reçoit aussi l'appui de quatre prêtres pour sa mission, auquel il donne des conseils face à son expérience « Je vous assure qu'oncques je ne me suis servi de répliques piquantes qu'il ne m'en soit après repenti. Les hommes font plus par amour et charité que sévérité et rigueur »[B 44].

Une grande partie des habitants du Chablais redevint progressivement catholique entre 1597 et 1598. L'évêque Claude de Granier demande à François de devenir coadjuteur (1598) malgré son refus[B 45]. François de Sales accepte mais tombe gravement malade pendant plusieurs mois[B 46],[11]. Mgr Claude de Garnier veut faire de François son successeur et envoie une demande au pape le 29 aout 1597[B 45].

Il repart à Thonon pour organiser une fête liturgique et de la ville. Il reçoit alors la visite du cardinal-légat de Médicis (futur pape Léon XI), le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier de Savoie organise une fête somptueuse dans l’église Saint-Augustin de Thonon[B 47]. Ces jours de fêtes furent l'occasion de la conversion de 2 300 personnes en onze jours[12],[B 47].

À la suite de cette fête, le Duc de Savoie décide d'appliquer le principe politique et juridique qui régissait alors la religion : « une foi, un roi, une loi », toute division étant considérée comme une division de l'unité du royaume[B 47]. Il décida alors de restaurer complètement le catholicisme dans le Chablais en employant un plan de coercition : confiscation et destruction des livres protestants, expulsion des ministres calvinistes avec interdiction d’exercer toute charge publique[13]. Il fait venir des Jésuites et des moines, dont les arguments sont renforcés par des troupes militaires, composées de vétérans des guerres indiennes au Mexique, que l'on fait loger chez les habitants réfractaires. Quant à ceux qui persistaient, Charles-Emmanuel de Savoie leur offrait l’alternative de se convertir ou de partir en exil dans les trois jours[A 9]. Cette décision se fait en présence de François de Sales, qui n'alla pas à l'encontre du Duc de Savoie, sans doute du fait de sa formation de juriste[B 48]. Néanmoins François cherche à adoucir cette peine, en donnant des sauf-conduits aux exilés, et il visita la vingtaine d'exilés du Chablais afin de poursuivre le dialogue avec eux[B 48].

Anecdote savoisienne[modifier | modifier le code]

Par effet de contraste avec les méthodes drastiques par lesquelles le duc de Savoie et les moines prêcheurs capucins entendent convertir les populations chablaises, l'abbé de Sales réussit à convaincre la foule de ses compatriotes par le calme, la douceur et une éloquente force de persuasion. À l'occasion des disputes qu'il engage avec les pasteurs protestants dans les lieux de culte de Thonon, il ne se laisse pas démonter et fait preuve d'esprit de finesse, bien propre aux traditions savoisiennes. Lors d'un débat, protestants et catholiques s'accordent sur une des paroles de l'évangile: si on vous donne une gifle sur la joue droite, tendez l'autre joue...etc.. En sortant de cette concertation, il se fait apostropher par des insolents: M. l'abbé, si on vous donne un soufflet sur la joue droite, quelle est votre réaction? . Et François répondit avec humour: Je sais bien ce que je devrais faire, mais je ne sais pas ce que je ferais ! [14].

François coadjuteur[modifier | modifier le code]

François de Sales recevant les félicitations du pape Clément VIII à la suite de son examen

Le 12 novembre 1598, l'évêque Claude de Granier envoie François de Sales auprès du pape afin de lui présenter des requêtes et postuler les bulles de coadjuteur[B 49]. Ayant entendu parler de François de Sales par le cardinal-légat de Médicis, le pape Clément VIII, assisté de trois théologiens, décide de « l'examiner » avant de le confirmer comme coadjuteur de l'évêque de Genève le 15 mars 1599[B 50]. Cet examen est couronné de succès et Clément VIII décide de nommer François évêque de Nicopolis, et coadjuteur de Genève[B 51]. Après avoir attendu trois mois les bulles du pape, sur le chemin du retour, il passe à Turin afin de récupérer les biens détenus par l'ordre de Saint-Maurice et de les restituer aux paroisses du Chablais[B 52]. Au cours des deux années suivantes François de Sales réorganise son nouveau diocèse (administration, problèmes d’économie, lutte avec l’Ordre de saint Maurice). Il cherche à installer les jésuites mais aussi la nouvelle congrégation de l'Oratoire dans le Chablais qu'il a rencontré à Rome[B 53]. Il cherche aussi à développer la culture dans son diocèse, soutenant la fondation d'un centre regroupant des artistes, des scientifiques, pour y enseigner « tous les arts et toutes les sciences, les lettres et les langues ». Ce nouveau centre nommé « Alberge » se réalise avec difficulté du fait des faibles moyens financiers de François, malgré l'appui du pape Clément VIII[B 53].

En 1600, le duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie entre en conflit avec le roi de France Henri IV ; pendant cette période de guerre qui se termine par le Traité de Lyon, une partie des biens régionaux sont pris par les calvinistes. Lors de sa visite en 1600, Henri IV se rend à Annecy, (ville alliée du roi de France et siège de l'évêché du Chablais)[A 10] et rencontre l'évêque Claude de Granier ainsi que François de Sales à qui il promet de protéger tout ce qu'il fait dans cette région[15].

En 1602, Claude de Granier envoie François de Sales en mission diplomatique à Paris, auprès du roi Henri IV, afin d'obtenir de lui que les biens confisqués lors de la guerre de Savoie soient rendus au clergé. Au cours de ce voyage, il commence à connaître une réelle renommée à la suite des sermons qu'il prononce à la cour. Il a même des entretiens avec le roi de France qui lui demande de devenir évêque de Paris, ce qu'il refuse. Au cours de ces neuf mois passés à Paris, il rencontre la mystique Barbe Acarie (future bienheureuse Marie de l'incarnation), et l'aide dans la mission qu'elle s'est donnée d'introduire pour la première fois en France l'Ordre du Carmel. Lorsqu'il rentre en Savoie, il apprend la mort de l'évêque de Genève, Claude de Granier[A 11].

Évêque[modifier | modifier le code]

Blason de Francois de Sales - Sa devise complète est Nunquam excidet

Le 8 décembre 1602, François de Sales est ordonné évêque de Genève à Thorens par Mgr Vespasien Gribaldi, archevêque émérite de Vienne, et métropolitain de Genève (les coconsécrateurs : Mgr Th. Pobel, évêque de Saint-Pol-les-trois-châteaux et de Mgr J. Maistret évêque in partibus de Damas). Il accède au siège épiscopal de Genève en exil à Annecy, Genève étant protestante. Nouvel évêque, il décide d'instituer le catéchisme afin de diffuser, de faire connaître et comprendre la foi catholique aux croyants de son diocèse. Ses fidèles l’appellent « l'aimable Christ de Genève »[16].

En mars 1604, on demande à François de Sales de faire les sermons du carême à Dijon, ce qu’il accepte. Il y rencontre deux de ses plus grandes disciples, Jacqueline Coste, ancienne servante de Genève, mais aussi la baronne Jeanne de Chantal. En voyant cette dernière, il croit reconnaître la personne qui, lui étant apparue lors d’une vision, devait fonder un nouvel ordre religieux[17],[18],[19]. À ce moment il commence une correspondance avec plusieurs personnes où il pousse à la prière (vie dévote), mais aussi à la charité. Cette correspondance est à l'origine de son ouvrage Introduction à la vie dévote.

Quelque temps plus tard, il devint le directeur spirituel de Jeanne de Chantal, lui ordonnant : « Il faut tout faire par Amour, et rien par force, il faut plus aymer l'obéissance que craindre la désobéissance »[20]. François de Sales est aussi un écrivain remarquable, et est l'un des premiers à utiliser le français contemporain dans ses écrits afin de se rapprocher de ses lecteurs. En 1607 avec le juriste Antoine Favre, président du Sénat de Savoie, il fonde l’Académie florimontane qui regroupe ses membres parmi l’élite intellectuelle et artistique de la région. Cette fondation, voulue pour éduquer et instruire, inspire peut-être, 28 ans plus tard, la création de l'Académie française par Richelieu[A 12].

En 1609, François de Sales reçut l'ordre de rétablir l’ordre de Saint-Benoît dans l’abbaye de Talloires, ce qu’il fit. Il se lia d’amitié avec Jean-Pierre Camus, l’évêque de Belley qu'il ordonna évêque le 30 août 1609 (les coconsécrateurs furent Mgr Jean Lefebvre, évêque in partibus de Tarse et Mgr Robert Berthelot évêque in partibus de Damas), et qui plus tard écrira l'une de ses premières biographies, Esprit du Bienheureux François de Sales.

Quelque temps plus tard, le pape Paul V l’envoya en mission diplomatique en Franche-Comté, possession espagnole, afin de régler le litige sur la propriété des sources de Salins qui opposait le clergé à la Maison de Habsbourg[A 13].

Introduction à la vie dévote[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Introduction à la vie dévote.

C'est au cours de l'année 1608 qu'il écrivit son œuvre la plus connue, Introduction à la vie dévote[21]. Au début, François de Sales écrit des conseils à sa cousine Madame de Charmoisy qui veut apprendre à être dévote, et connaître une vie de prière. Pendant deux années, François de Sales entreprend donc une correspondance avec sa cousine, lui prodiguant des conseils spirituels. Elle fait lire ses lettres de François de Sales autour d'elle, jusqu'à ce qu'un jésuite lui demande de les publier. François de Sales accepte donc de reprendre les lettres et de les publier après quelques retouches, sous le titre d'Introduction à la vie dévote. Le langage et le style utilisé pour cet ouvrage est très simple pour l'époque, sans citations latines ni grecques ; proposant des conseils de prières aux hommes et aux femmes, il permet une lecture beaucoup large que les traités spirituels de l'époque.

Il se divise en cinq parties, la première partie enseigne comment passer du désir de Dieu à sa réalisation ; la deuxième partie cherche à apprendre la perfection ; la troisième partie est consacrée à la pratique des vertus ; la quatrième partie indique les obstacles à la prière ; et la dernière considère la façon de renouveler la ferveur du dévot.

Ce livre a très vite un énorme succès, il est réimprimé plus de quarante fois du vivant de François de Sales. Le roi Henri IV lui-même le lit et sa femme offre un exemplaire orné de diamants, au roi d'Angleterre[A 14].

Fondation de l'Ordre de la Visitation[modifier | modifier le code]

1610 : François Sales remet les règles aux sœurs de l'Ordre de la Visitation

Les premiers projets de l'Ordre de la Visitation apparaissent vers les années 1608-1610. François de Sales entretient alors une correspondance avec Jeanne de Chantal. Jeanne de Chantal veuve veut alors devenir religieuse. Cependant François de Sales ne veut pas créer de nouvel ordre religieux tant que l'éducation des enfants de Jeanne de Chantal n'est pas finie. Il attend donc le moment propice, mais les correspondances et les écrits des deux fondateurs montrent que le projet est déjà en place. Pendant cette période Jeanne de Chantal est en Bourgogne, et ne correspond avec François de Sales que par courrier. Jeanne de Chantal revoit pour la première fois François de Sales qu'en 1609 à Annecy durant un mois. Elle repart en Bourgogne, projetant de fonder l'ordre religieux.

À la suite de la mort de sa mère, François de Sales renonce à tous ses titres de noblesse. Quelque temps plus tard, le dimanche 6 juin 1610, il fonde l’Ordre de la Visitation avec la baronne Jeanne de Chantal et Charlotte de Bréchard. Pour créer son ordre, il choisit une minuscule maison édifiée sur le premier contrefort du Semnoz. La cave, conservée, a été aménagée en oratoire, et des pèlerins du monde entier viennent aujourd'hui encore visiter le berceau de l’ordre.

Pour ce nouvel ordre, François de Sales choisit le nom de « filles de la Visitation » « parce qu'en visitant les pauvres, elles devraient imiter Marie, quand elle visita Élisabeth portant la grande joie qui - en son fils - était en elle ». Pour cet ordre devant se consacrer à la contemplation, mais aussi à l'aide des pauvres et au travail ménager, François de Sales recommanda l'une de ses maximes les plus connues : « traités des affaires de la terre avec les yeux fichés au ciel... Tout ce qui se fait pour l'amour est amour... »[22]. L'Ordre de la Visitation comportera à son apogée 87 monastères dans toute l'Europe.

De 1610 à 1615, François de Sales connait des périodes difficiles. Tout d'abord, entre 1610 et 1613, le duc de Savoie refuse qu'il sorte de Savoie malgré les invitations d'évêques français. Le Duc de Savoie, en conflit avec le Roi de France, craint que François de Sales puisse conspirer contre lui. François de Sales doit à plusieurs reprises montrer sa fidélité et son innocence au Duc de Savoie.

Plus tard, plusieurs personnes cherchent à salir sa réputation : ainsi un faussaire imite son écriture et écrit un billet doux, faisant naître des rumeurs sur la vie de François de Sales notamment auprès du duc de Nemours[A 15]. Il ne tarde cependant pas à être innocenté.

Durant cette période François de Sales commence à jouir d'une réputation de sainteté, et de nombreuses personnes malades viennent le voir dans l'espoir d'une guérison, François de Sales guérissant miraculeusement des personnes. François de Sales leur affirme qu'il ne guérissait pas mais que Dieu seul pouvait faire des miracles pour ceux qui le prient avec foi[23].

Traité de l'amour de Dieu[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Traité de l'amour de Dieu.

En 1615, François de Sales entreprit d'écrire un deuxième traité sur la prière, après Introduction à la vie dévote, il écrivit Traité de l'amour de Dieu, qui est l'un de ses principaux ouvrages. Différent par le style d'Introduction à la vie dévote, ce livre est écrit en partie pour les sœurs de la Visitation, et traite de la vie spirituelle. François de Sales affirmant « on parle d'une façon aux jeunes apprentis et d'une autre sorte aux vieux compagnons ».

François de Sales obtint quelque temps plus tard la possibilité de réformer l'abbaye d'Abondance, en pleine décadence. François de Sales prit son temps avant de réformer afin de pouvoir avec calme assurer sa légitimité et réformer l'abbaye. Ainsi il remplaça les Chanoines par les Feuillants.

En 1619, il accompagne à Paris le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier qui marie son fils, Victor-Amédée Ier de Savoie, avec Christine de France, fille du roi Henri IV de France. C'est la première fois que François de Sales peut de prêcher à Paris en dix ans. Sa réputation à Paris est de plus en plus grande, il donne aussi des conférences et des conseils spirituels. Il devint pour un temps le père spirituel d'Angélique Arnauld, abbesse de Port-Royal des Champs. Dans la même période il connait le futur saint Vincent de Paul, qui dit de lui que « la ferveur de ce serviteur de Dieu brillait dans ses entretiens familiers ; ceux qui y participaient demeuraient suspendus à ses lèvres. »[24]. Il rencontre le cardinal de Retz qui lui propose même de devenir son coadjuteur et ainsi de lui succéder plus tard. De Paris il demande l'édification d'un sanctuaire à La Bénite Fontaine, reconnaissant ainsi ce lieu comme sacré, et qui devient la petite Lourdes savoyarde. Il revient à Annecy en 1620 où son frère est nommé évêque coadjuteur. François de Sales lui enseigne alors la charge d'évêque[25]. François de Sales contribue à la réforme de l'ordre des Bernardins, grâce à ses nombreuses visites à l'abbaye Sainte-Catherine de Vovray près d'Annecy.

François de Sales et Jeanne de Chantal réunis sur une médaille du XIXe Siècle

Un peu plus tard il reçoit l'ordre du pape de présider à Pignerol le chapitre de l'ordre des Feuillants, ce qu'il fait. Il part pour Turin, convoqué par la duchesse de Mantoue, Marguerite de Savoie (1589-1655), fille de Charles-Emmanuel Ier. Cependant sa santé se fait de plus en plus fragile.

Le duc de Savoie demande encore une fois à François de Sales de l'accompagner pour une mission diplomatique à Paris, et malgré sa fatigue, il l'accompagne. Croyant sans doute qu'il va mourir, François de Sales fait son testament et ses adieux aux religieux d'Annecy. Lors de son parcours, il visite les différents ordres de la Visitation sur son chemin et fait une halte à Lyon où il voit pour la dernière fois Jeanne de Chantal, le 12 décembre 1622. Quelques jours plus tard, il tombe malade et meurt le 28 décembre 1622.

Héritage[modifier | modifier le code]

Spiritualité[modifier | modifier le code]

L'esprit de François de Sales et l'esprit salésien[modifier | modifier le code]

François de Sales en sa gloire, Anonyme, 1677

Maurice d'Agaune est le saint patron de la Savoie, et Bernard de Menthon le patron des Alpes. François de Sales, quant à lui, est le patron du diocèse d'Annecy, mais aussi des journalistes et des écrivains. Il enseigna une piété de la vie quotidienne qui savait conquérir la bonne société du XVIIe siècle. Par la rénovation spirituelle qu'il provoqua à l'époque des guerres de religion et par la richesse de sa personnalité, François de Sales fut l'une des figures majeures de la renaissance catholique au début du XVIIe siècle.

Parmi l'invasion mystique qui se produisit alors, nul mieux que lui ne savait concilier l'humanisme et la pensée chrétienne. François de Sales se montra autant attentif au perfectionnement du clergé qu'à l'enseignement des laïcs de toutes conditions sociales, proposant de nouvelles voies de sainteté ouvertes à tous. À cet égard, il annonça Pascal et les moralistes du Grand Siècle. Ce souci d'éducation lui fit appeler au collège Chapuisien d'Annecy le père Redente Baranzano qui enseigna les nouvelles théories de Copernic et Galilée, alors que Rome ne tarda pas à les condamner.

Néanmoins, là où François de Sales se démarqua de ses contemporains, c'est dans son attitude vis-à-vis du protestantisme. C'est par elle qu'il reçut le qualificatif d'œcuménique. Voici ce qu'il disait au chapitre de la cathédrale :

« C'est par la charité qu'il faut ébranler les murs de Genève, par la charité qu'il faut l'envahir, par la charité qu'il faut la recouvrer [...]. Je ne vous propose ni le fer, ni cette poudre dont l'odeur et la saveur rappellent la fournaise infernale [...]. C'est par nous-mêmes que nous devons repousser l'ennemi [...], par l'exemple et la sainteté de notre vie [...]. Il faut renverser les murs de Genève par des prières ardentes et livrer l'assaut par la charité fraternelle.[26] »

Les armes de François de Sales ne furent pas les foudres de l'excommunication, ni la conversion par la force, mais uniquement les instruments de l'amour. C'est d'ailleurs l'une de ses devises : « Rien par force, tout par amour ». François de Sales incarna de façon exemplaire, au cours d'une existence souvent harassante, les plus hautes vertus évangéliques au point d'être appelé le Docteur de l'amour.

Prince-évêque de Genève, résidant à Annecy et membre d'une famille aristocratique, il fut reçu et apprécié par les grands personnages de son temps, tels les rois Henri IV et Louis XIII, le pape Clément VIII, Richelieu, Vincent de Paul, la mère Angélique Arnaud, Pierre de Bérulle, Lesdiguières, etc. Une amitié probante fut établie entre l'évêque et certains d'entre eux.

Figure marquante de la Réforme catholique, dans la lignée de Charles Borromée qu'il prit pour modèle, François de Sales sut allier d'une façon originale l'action et la contemplation. Par ses traités spirituels renommés, il voulut amener le plus grand nombre de ses lecteurs à mettre en œuvre l'esprit de vie et de liberté qui, selon lui, informe la vie dévote.

L'influence qu'il exerça de son vivant se propagea après sa mort, sur de nombreux auteurs spirituels, aussi bien catholiques que protestants.

Avec son œuvre caractéristique de la prose française pré-classique, François de Sales est l'un des derniers grands auteurs spirituels de la langue française. Il est l'auteur catholique le plus publié dans le monde entier, après la Bible.

Tous les autres religieux postérieurs ont subi, et en général profondément, son action. Tous ont été unanimes à le recommander comme un maître : il a réellement modelé la piété catholique à partir du premier tiers du XVIIe siècle. Son influence s'est même étendue au monde protestant ; on trouve en effet des textes de François de Sales dans des anthologies de certains pasteurs de grand renom.

À tous ces titres, François de Sales demeure l'une des hautes figures du catholicisme européen de la période moderne. L'esprit salésien continue d'animer aujourd'hui de nombreuses institutions religieuses.

Reconnaissance de l'Église catholique[modifier | modifier le code]

La basilique de la Visitation d'Annecy, où se trouvent les reliques de saint François de Sales

Le procès en béatification de François de Sales fut ouvert par le Saint-Siège dès 1626. Il fut déclaré bienheureux en 1661, puis saint en 1665. Il est fêté le 24 janvier.

Jean Bosco fonda en 1854 un ordre religieux qui eut pour saint patron François de Sales, dont les membres portent son nom : les Salésiens.

En 1877, François de Sales fut élevé à la dignité de Docteur de l'Église par le pape Pie IX.

En 1923, le pape Pie XI adressa une encyclique à tous les évêques pour commémorer le troisième centenaire de sa mort : Rerum Omnium Perturbationem, le faisant saint patron des journalistes[27],[28].

Le pape Paul VI, qui ferma le Concile Vatican II, affirma, lors du 300e anniversaire de sa canonisation la publication de sa lettre Sabaudiae Gemma :

« Vous connaissez certainement ce saint. C'est l'une des plus grandes figures de l'Église et de l'Histoire. Il est le protecteur des journalistes et des publicistes parce qu'il rédigea lui-même une première publication périodique. Nous pouvons qualifier d'« œcuménique » ce saint qui écrivit les controverses afin de raisonner clairement et aimablement avec les calvinistes de son temps. Il fut un maître de spiritualité qui enseigna la perfection chrétienne pour tous les états de vie. Il fut sous ces aspects un précurseur du IIe concile œcuménique du Vatican. Ses grands idéaux sont toujours d'actualité. »

Dévotion[modifier | modifier le code]

Chasuble de Saint-François de Sales au palais de justice de Chambéry.

Très vite ses reliques sont transférées à Annecy, et l'on raconte que des guérisons miraculeuses eurent lieu[A 16]. Quant au cœur reliquaire il serait à l'Église paroissiale de Massangis[29].

Sa dépouille funéraire est aujourd'hui conservée dans la basilique de la Visitation à Annecy, près de celle de Jeanne de Chantal, avec laquelle il eut une véritable union spirituelle, comme ses prédécesseurs François et Claire d'Assise ainsi que Jourdain de Saxe et Diane d'Andaloen Italie, Thérèse d'Avila et Jean de La Croix en Espagne ou ses contemporains Pierre Fourier et Alix Le Clerc en Lorraine, Vincent de Paul et Louise de Marillac en France.

Une chasuble de Saint-François-de-Sales brodée par les religieuses de la Visitation[30] est également exposée dans les salons du 1er étage du palais de justice de Chambéry.

Plusieurs églises et paroisses lui sont dédiées : la cathédrale Saint-François-de-Sales de Chambéry et la Paroisse Saint-François-de-Sales des Hauts-de-Chambéry, en Savoie, la basilique Saint-François-de-Sales de Thonon-les-Bains en Haute-Savoie, l'église et paroisse Saint-François-de-Sales dans le XVIIe arrondissement de Paris, ainsi qu'une église et paroisse à Genève, une église à Annecy, une autre à Lyon, une église et une paroisse à Nice, des églises à Grenoble, à Nantes, à Bandol, à Nîmes, à Auriac, à Bozel en Savoie, une paroisse à Caen, une église et paroisse à Gatineau au Québec, l'église Saint-François-de-Sales de Buffalo aux États-Unis, des églises à Rouyn-Noranda, à Saint-François-de-Sales, à L'Île-d'Orléans à Odanak et à Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud au Québec, une église au Tampon sur l'île de La Réunion, une église et paroisse à Thio en Nouvelle-Calédonie.

Autres hommages[modifier | modifier le code]

Plusieurs lieux de cultes lui étant dédiés ont donné leur nom à des municipalités, notamment la commune française Saint-François-de-Sales en Savoie ainsi que les municipalités canadiennes Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, Saint-François-de-l'Île-d'Orléans et Saint-François-de-Sales au Québec.

Dans l'enseignement, le collège et lycée Saint-François-de-Sales à Évreux porte son nom, ainsi qu'un collège et lycée à Troyes et à Alençon.

Le saint patron des journalistes et des écrivains[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de saints patrons.

Dans l'exercice de ses fonctions ecclésiastiques, François de Sales entreprit d'écrire des lettres personnelles aux gens qu'il ne pouvait atteindre. Il innova également dans la diffusion de la religion catholique en faisant appel à l'imprimerie pour éditer des textes. Il les placarda dans de nombreux endroits publics. Il en distribua aussi sous les portes des habitations. Ces publications imprimées de façon périodique sont considérées aujourd'hui comme formant l'un des premiers journaux catholiques au monde[31]. François de Sales est par conséquent devenu le saint patron des journalistes et des écrivains.

Dans la sacristie de l'église Notre-Dame des Malades, située dans le vieux Vichy, il est mentionné sous sa statue, qui fait face à celle du curé d'Ars, qu'il est certes le patron des écrivains et des journalistes, mais également des sourds-muets.

En 1935, le clocher de Sainte-Marie d’en-Haut à Grenoble qui menace de s'effondrer est démonté. Il arborait une imposante statue de la Vierge et supportait sur ses flancs les sculptures des saints protecteurs de Grenoble: Saint-Bruno, Saint-Hugues, Saint-Ferjus et Saint-François-de-Sales. Mais, ces quatre sculptures disparurent, seule celle de François de Sales a été retrouvée en 2007 rue Thiers, dans le jardin de la clinique des Bains qui fermait ses portes[32].

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Écrits[modifier | modifier le code]

Voici une liste non exhaustive des œuvres écrites de François de Sales :

  • L'Introduction à la vie dévote - Philothée
  • Traité de l'amour de Dieu
  • Lettre Ouverte aux Protestants (les Controverses)
  • Les Entretiens
  • Avis spirituels - 1
  • Avis spirituels - 2
  • Petit Traité sur la Communion
  • Bien faire sa confession
  • L'amour du prochain 1
  • L'amour du prochain 2
  • Méditations des Mystères Joyeux
  • Méditations des Mystères Douloureux
  • Traité de la Prédication
  • Conseils aux supérieurs
  • Sermon sur le Notre Père
  • Sermon sur la paille et la poutre
  • Sermon sur la Transfiguration
  • Lettre à Sainte Jeanne de Chantal
  • Méditation sur la passion
  • Sermon pour la Saint Blaise
  • Sermon pour Noël
  • Sermon pour la Sexagésime 13 février 1594
  • Sermon commentaire de Jean XX, 11-18 en date du 26 juillet 1618
  • Sermon pour le Vendredi Saint 17 avril 1620
  • Sermon pour l'Annonciation 25 mars 1621
  • Sermon 2 juillet 1621
  • Sermon 1er novembre 1621
  • Sermon de saint François de Sales pour le mercredi des cendres 9 février 1622
  • Sermon pour le premier dimanche de Carême 13 février 1622
  • Sermon 20 février 1622

Citation[modifier | modifier le code]

  • "Le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien."

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La date de son départ à Paris a été l'objet de conjecture entre 1578 ou 1580 ou 1582, cependant d'après André Ravier, tout porte à croire que la date de 1578 soit la plus réaliste
  2. L'interprétation de cette angoisse a trouvé différentes interprétations par ses biographes, outre l'interprétation spirituelle, certains ont mis en cause le surmenage de François, d'autres ont mis en avant sa nature anxieuse, ou l'ambiance très passionnée du milieu étudiant

Références[modifier | modifier le code]

Principales sources utilisées
  • Maurice Henry-Coüannier, Saint François de Sales et ses amitiés, Paris, Monastère de la visitation,‎ 1921 (réimpr. 1954, 1979), 390 p.
  1. p.11 à 14
  2. p.17
  3. p.21
  4. p.30
  5. p.34
  6. p.54
  7. p.69 à p.77
  8. p.84 à p.90
  9. p.101
  10. p.107
  11. p.114 à p.130
  12. p.75 à p.180
  13. p.215 à p.223
  14. p.200 à p.210
  15. p.263 à p.271
  16. p.350 à p.381
  • André Ravier, François de Sales, Un sage et un saint, Nouvelle Cité,‎ mars 1995 (réimpr. 2009), 317 p. (ISBN 2-85313-095-9)
  1. p.15
  2. p.16
  3. p.17
  4. p.18
  5. p.19
  6. p.21
  7. p.22
  8. a et b p.24
  9. a, b et c p.29
  10. p.31
  11. a, b et c p.32
  12. p.33
  13. p.35
  14. a, b et c p.36
  15. p.37
  16. p.39
  17. a, b et c p.40
  18. p.53
  19. p.54
  20. a, b, c et d p.55
  21. a et b p.57
  22. p.58
  23. p.59
  24. p.60
  25. a et b p.62
  26. a, b et c p.63
  27. p.64
  28. a et b p.65
  29. p.71
  30. a et b p.73
  31. p.74
  32. p.76
  33. p.77
  34. p.78
  35. a, b et c p.80
  36. p.81
  37. a et b p.82
  38. p.86
  39. p.87
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  41. a, b et c p.89
  42. p.91
  43. p.93
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  45. a et b p.100
  46. p.101
  47. a, b et c p.104
  48. a et b p.106
  49. p.111
  50. p.112
  51. p.113
  52. p.114
  53. a et b p.115
  • Michon, Hélène, Saint François de Sales une nouvelle mystique, Paris, Cerf, coll. « Patrimoines »,‎ mars 2008, 353 p. (ISBN 978-2-204-08409-3)
Autres sources
  1. ville du duché de Savoie, et aujourd’hui commune du département de Haute-Savoie)
  2. Le chanoine Eustache Chappuis, ancien conseiller du duc Charles III et ancien ambassadeur de l'empetreur Charles Quint auprès du roi Henry VIII d'Angleterre, fonde le Collège Chappuisien à Annecy en 1549. Pour cet adepte de la Contre-Réforme, cette nouvelle école est destinée à concurrencer la Réforme protestante voisine de Genève dont l'influence est grandissante en pays de Savoie, en forgeant des esprits capables de résister aux argumentations des pasteurs protestants
  3. Histoire du Bienheureux François de Sales, par son neveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.), Chapitre I p 37
  4. Histoire du Bienheureux François de Sales, par son neveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.) Chapitre I p50
  5. d'après l'Encyclopædia Britannica
  6. l'Encyclopedia Catholica
  7. La vie du vénérable serviteur de Dieu, François de Sales, par Messire Henry de Maupas de Tour, 1869, p. 81
  8. Rue de Vallon à Thonon-les-Bains
  9. Histoire du Bienheureux François de Sales, par son nepveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.) Vol I, p. 128-129
  10. C'est au moins ce que raconte la Catholic Encyclopedia ; on ne lira bien sûr rien de tel dans la protestante Schaff-Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge (accessible seulement sur inscription)
  11. On ne sait pas grand chose de sa maladie, elle est décrite comme une fièvre, ce qui nous donne peu d'indications ; pour l'anecdote il aurait été guéri par un bouillon d'or potable, Saint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1921, rééd. 1979), p. 97
  12. la Liste serait visible aux archives du Vatican
  13. Histoire du Bienheureux François de Sales, par son neveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.) Vol I, p. 214 à 217
  14. D'après Charles Auguste de Sales, Histoire du Bien-Heureux François de Sales, évêque et prince de Genève, Paris, chez Louis Vivès, 5° édition, 1870
  15. Histoire du Bienheureux François de Sales, par son neveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.) Vol I, p. 293
  16. Marguerite & Roger Isnard, Nouvel almanach du Comté de Nice, Serre Éditeur,‎ 2006 (lire en ligne), p. 31
  17. Sainte Jeanne-Françoise de Chantal. Mémoire sur sa vie et ses vertus, par Mère F.-M de Chaugy (Plon 1893) p 42
  18. La vie du bienheureux Mre François de Sales, par le R. P. Dom Jean de Saint-François p. 225
  19. Histoire du Bienheureux François de Sales, par son nepveu Charles Auguste de Sales (réédité en 1879), p337
  20. Sainte Jeanne-Françoise de Chantal. Mémoire sur sa vie et ses vertus, par Mère F.-M de Chaugy (Plon 1893) p. 65 à 80
  21. publié la première fois à Lyon, chez Pierre Rigaud, décembre 1608
  22. Lettre de François de Sales à Jeanne de Chantal lors du début de l'ordre de la Visitation, Œuvre de saint François de Sales, édition complète (imp. Niérat 1892-1919, volume XV p 101
  23. Plusieurs histoires sont racontées dans le livre, reprenant les récit en vieux français ; Saint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1921, rééd. 1979), p270 à 288
  24. Saint François de Sales et sa famille, Mgr Piccard p 268
  25. Saint François de Sales peint par les Dames de la Visitation, ses contemporaines, Delorme, Lyon 1840
  26. Par le nom « Genève », il faut comprendre bien sûr le siège épiscopal de François de Sales, mais lorsqu'il s'exprimait ainsi, il sous-entendait également le monde protestant dans sa globalité, dont Genève était la figure de proue.
  27. « (en) Texte de l'encyclique sur le site du Vatican », sur http://www.vatican.va/index.htm (consulté le 21 février 2011)
  28. « Version traduite de l'Encyclique (traduction incomplète) », sur http://moulins.visitation.free.fr/index.htm (consulté le 21 février 2011)
  29. « D'après le service régional de l'inventaire de Bourgogne »
  30. « Visite en images du Palais de Justice de Chambéry », sur ca-chambery.justice.fr (consulté le 15 septembre 2013)
  31. Informations issues du site internet salesien.com
  32. Musée dauphinois: nouvelles acquisitions.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Académie salésienne, Saint François de Sales, portraits croisés, 2010.
  • Gilles Jeanguenin, Saint François de Sales, son combat contre le démon, Éditions de l'Emmanuel, 2009.
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  • Bernard Sésé, Petite vie de François de Sales, Desclée de Brouwer, 2005, (ISBN 2-22005-600-7)
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  • Hyacinthe Vulliez, Saint François de Sales, l'amour au cœur, Éd. Le Vieil Annecy, 2002 -
  • Joseph Tissot, L'art d'utiliser ses fautes: d'après saint François de Sales, Le Laurier, 2002, (ISBN 2-86945-237-3)
  • Angelier François, Saint François de Sales ou monsieur des abeilles, Pygmalion, 1997, (ISBN 2-85704-512-3)
  • André Ravier, Un sage et un saint, François de Sales, Nouvelle Cité, 1995, (ISBN 2-85313-095-9)
  • André Ravier, Prier à Annecy avec François de Sales, Desclée de Brouwer, 1993, (ISBN 2-22003-435-6)
  • André Dodin, François de Sales, Vincent de Paul, les deux amis, Œil, 1990, (ISBN 2-86839-012-9)
  • Geneviève Pochat, François de Sales et la pauvreté, Sos, 1988, (ISBN 2-71850-987-2)
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  • André Ravier & Roger Devos, Saint François de Sales - Œuvres, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1969 -
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  • Julien Monseigneur, Saint François de Sales, Flammarion, 1934, (ASIN B0000DONXF)
  • Henry Bordeaux, Le mariage d'amour selon saint François de Sales, Flammarion, 1933, (ASIN B0000DX0XN)
  • Julien Monseigneur, Saint françois de Sales, Flammarion, 1933, (ASIN B0000DPGKK)
  • Henry Bordeaux, Saint François de Sales introduction a la vie devote, Cite des Livres, 1930, (ASIN B0000DXQW5)
  • Vincent Francis, Saint François de Sales, directeur d'âmes, Beauchesne, 1923, (ASIN B0000DU8S4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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