Pierre Petit de Julleville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pierre Petit de Julleville
Image illustrative de l'article Pierre Petit de Julleville
Réunion de famille : Jean Guiraud (1866-1953) et Mgr Pierre Petit de Julleville, alors évêque de Dijon, 18 juin 1931
Biographie
Naissance 22 novembre 1876
Dijon (France)
Ordination sacerdotale 4 juillet 1903 par Félix-Jules-Xavier Jourdan de La Passardière, évêque de Rosea
Décès 10 décembre 1947
Rouen (France)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
18 février 1946 par le pape Pie XII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de S. Maria in Aquiro
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 29 septembre 1927 par le card. Louis-Ernest Dubois
Archevêque de Rouen
19361947
Précédent André du Bois de La Villerabel Joseph-Marie Martin Suivant
Évêque de Dijon
19271936
Précédent Maurice Landrieux Guillaume Sembel Suivant

Blason
In pax et caritate Christi
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Pierre André Charles Petit de Julleville, né le 22 novembre 1876 à Dijon et mort le 10 décembre 1947, est un cardinal français, évêque de Dijon de 1927 à 1936, puis archevêque de Rouen du 10 octobre 1936 au 10 décembre 1947. Son hérédité, le climat familial, sa première formation, ses goûts le portaient naturellement vers l'étude et l'enseignement. S'il peut être qualifié d'humaniste, il le doit sans doute à sa curiosité et à sa vivacité d'esprit, à son goût pour la lecture et l'écriture, à l'équilibre de ses facultés. Mais il met en permanence ses dons intellectuels au service de l'action quotidienne et de l'innovation avec simplicité, bonté et volonté ; une volonté exacerbée à la poursuite d'un idéal élevé, d'une grande Espérance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Quatrième, et seul garçon, d'une famille de cinq enfants, Pierre André Charles Petit de Julleville est né à Dijon - 24 bis, rue Saint Lazare au domicile de ses parents le 22[1]. C'est le fils de Louis Eugène Casimir Petit de Julleville professeur à la faculté de lettres de Dijon[1] et de Marie Rose Marty. Ses parents ont contracté mariage à la mairie de Charenton-le-Pont (Val de Marne) le 22 septembre 1868. Il est le beau-frère de l'historien Jean Guiraud (1866-1953).

Il suit des études au Lycée Janson-de-Sailly de Paris puis à l'université de la Sorbonne (1893-1896) où il obtient une Licence d'histoire[1]. Il effectue son service militaire de novembre 1897 à novembre 1898. au 28e Régiment d'infanterie d'Évreux. Il poursuit ensuite au séminaire Saint-Sulpice du 13 octobre 1899 à 1903 et reçoit la tonsure ecclésiastique[1].

C'est au contact de l'abbé Esquerré, au patronage paroissial du Bon Conseil affilié plus tard à la FGSPF, où, dès juillet 1895 il commença à rendre de précieux services, que s'éveilla sa vocation et qu'il décida d'abandonner la carrière universitaire, qui s'ouvrait à lui dans la lignée de son père, professeur à l'École Normale Supérieure, puis à la Faculté des Lettres de Paris. Il est ordonné sous-diacre et diacre par Félix-Jules-Xavier Jourdan de La Passardière, évêque de Rosea[1]. Celui-ci l'ordonne prêtre le 4 juillet 1903 à Paris et célèbre sa première messe à l'église de l'université de la Sorbonne[1].

Il se rend à Rome, de 1903 à 1905, pour préparer une thèse de doctorat. À son retour à Paris, les lois laïques ne manquaient pas de menacer les communautés religieuses. La Compagnie de Saint-Sulpice n'échappait pas à cette inquiétude. C'est pour cette raison que ses supérieurs décidèrent de faire appel à des prêtres séculiers. Il fut ainsi choisi pour enseigner la théologie dogmatique au Grand séminaire d'Issy (1905-1910)[1].

Il devient ensuite supérieur de l'École Sainte-Croix de Neuilly (1910-1914, 1918-1927)[1] à l'appel du cardinal Amette, archevêque de Paris, suite au départ des pères de Sainte-Croix qui avaient du quitter les lieux en 1901. Il est pendant la première guerre mondiale aumônier militaire[1]. C'est avec passion, dévouement, talent et abnégation qu'il contribue à redonner une réputation à cet établissement, où quelque 1 200 élèves étaient accueillis à partir de 1923, et à en faire une place forte des écoles diocésaines de Paris. Il s'inspira profondément des leçons et des expériences de l'abbé Esquerré pour construire l'œuvre éducatrice qui lui avait été confiée. L'essentiel de ses vues a été publié dans un volume intitulé : Le Ministère sacerdotal dans un collège secondaire.

Accès à l'épiscopat[modifier | modifier le code]

Pierre Petit de Julleville est nommé évêque de Dijon le 23 juin 1927 et consacré le 29 septembre dans la cathédrale de Paris par le cardinal Louis-Ernest Dubois, archevêque de Paris, assisté de Louis-Joseph Gaillard, évêque de Meaux et Georges Audollent, évêque de Blois[1]. La formule de l'Action catholique voulue par le Pape peut être considérée comme la pensée maîtresse de son épiscopat à Dijon. Là, comme à Rouen, où il fut ensuite nommé archevêque le 7 août 1936[1], il vise un double but : propager les mouvements d'Action Catholique nationaux en développant le relais diocésain et surtout redonner force et dynamisme à toutes les initiatives prises localement dans son diocèse[2].

Pierre Petit de Julleville contribue aussi à la mise en œuvre de rouages institutionnels au sein de l'enseignement catholique ; ainsi il fonde, en 1925, le Syndicat des chefs d'établissements d'enseignement libre et en 1942, il impulse la création d'un poste de Directeur diocésain de l'enseignement religieux, à côté de ceux, déjà créés, de Directeur de l'enseignement libre et de Directeur des Œuvres.

Il est durant la période du 18 septembre 1936 à 15 mai 1937 administrateur apostolique de l'évêché de Dijon, avant la nomination de Guillaume Sembel[1].

Le cardinalat[modifier | modifier le code]

Il est créé cardinal par Pie XII lors du consistoire du 18 février 1946[1]. Il reçoit le chapeau rouge et le titre de cardinal-prêtre de Santa Maria in Aquiro le 22 février[1].

Il est membre du Centre national de catéchisme créé le 14 mai 1946[3]. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur la même année.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Il meurt le 10 décembre 1947 à Rouen, des suites des complications d'un rhume. Ses obsèques ont lieu le 18 décembre en présence des cardinaux Achille Liénart, Emmanuel Suhard, Pierre-Marie Gerlier et Clément Roques, nonce apostolique, ainsi que des évêques de la province ecclésiastique et des autorités civiles[1]. Il est enterré dans la cathédrale de Rouen[1]. Son épitaphe est gravée dans la chapelle de la Vierge:

« PETRVS
PETIT DE JVLLEVILLE
ARCHIEPISC ROTOMAGEN NORMANN PRIMAS
S.R.E. PRESBYTER CARDINALIS
E DIVIONEN AD HANC SEDEM PROMOTVS
AN M.CM.XXXVI
OVIVM PASTOR INDEFESSVS ET AGNORVM
CLERI DVM SE PRAEBET FORNAM
GNANVM LAICORVM GREGEM AD AGENDVM
AVSPICE PIO XI PONT MAX
PRO CONSORTIBVS VERA FIDE INLUMINANDIS
STRENVE PROVOCAVIT
INFAVSTO PATRIA CASV INTER ARMA COMMINVTA
ALIENIGENAM ADVORSVM MILITEM
IN RVINA CIVITATIS
ILLO CVM TEMPLO METROPOLIT
FERRO VASTATAE ET IGNI
INTREPIDVS ERECTO STETIT CAPITE
SACRA TVM DONATVS PVRPVRA
AT LABORE VIGILIIS MORBO CONFECTVS
IN PACE ET CARITATE CHRISTI
VTI VITAM GESSERAT
OBIIT IV ID DECEMBRES AN M.CM.XLVII
AETATIS SVAE LXXI
CVIVS ANIMA LVCE FRVATVR AEVI SEMPITERNI.
 »

Une rue porte son nom ainsi qu'un square du 17e arrondissement de Paris (à proximité de Neuilly, à l'angle du boulevard d'Aurelle-de-Paladines et de la rue Gustave-Charpentier) à l'emplacement des anciennes cours de récréation de l'École Sainte-Croix de Neuilly.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Il était le beau-frère de Jean Guiraud et d'Auguste Audollent (le frère de Georges Audollent, évêque de Blois)

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p The Cardinals of the Holy Roman Church: Consistory of February 18, 1946
  2. Limore Yagil (préf. Yehuda Bauer), Chrétiens et Juifs sous Vichy, 1940-1944 : Sauvetage et désobéissance civile, Cerf,‎ 2005, 765 p. (ISBN 220407585X), p. 575
  3. Gilbert Adler et Gérard Vogeleisen, Un siècle de catéchèse en France, 1893-1980, Beauchesne, 1981 (ISBN 2701010233)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Brain, Le Cardinal Petit de Julleville, Centre de documentation sacerdotale, 1948,
  • René de La Serre, Le Cardinal Petit de Julleville, Plon,‎ 1955, 339 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]