Nicolas Ier (pape)

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Nicolas Ier
Image illustrative de l'article Nicolas Ier (pape)
Biographie
Naissance v.800, à Rome
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat
Fin du pontificat
Précédent Benoît III Adrien II Suivant

Nicolas Ier dit le Grand, né vers 800, 105e pape du à sa mort, à Rome, le .

Issu d'une famille modeste, il commence sa carrière au palais du Latran, au service du pape. Sous le pontificat de Léon IV (847-855), il est ordonné sous-diacre. À la mort de Benoît III (855-858), il est élu pape grâce à l'appui de l'empereur Louis II.

Pendant son pontificat, il s'impose comme patriarche d'Occident. Il interdit aux princes bretons de transformer Dol en archevêché, rappelle aux métropolites son autorité sur eux et excommunie en 861 l’archevêque Jean VIII de Ravenne, coupable d'avoir empiété sur les prérogatives spirituelles et temporelles du pape[1]. En Orient, il s’immisce dans le conflit entre les partisans du nouveau patriarche de Constantinople, Photios Ier et les partisans de l'ancien, Ignace, déposé par Michel III et le césar Bardas. Quand Boris, prince des Bulgares, se convertit au christianisme, Nicolas Ier, prenant le contre-pied de la politique de Photios, envoie des évêques pour l'aider à constituer son Église. Dans sa Lettre aux Bulgares, il explicite les principales divergences entre les deux Églises. En réaction, Photios convoque en 867 un synode qui excommunie Nicolas Ier.

Il fait figure d’autorité morale : à ce titre, Charles le Chauve requiert son arbitrage quand son frère Louis le Germanique envahit la France, de même que lors de la révolte de ses fils Louis et Charles. Nicolas Ier intervient également dans le divorce de Lothaire II, roi de Lotharingie : celui-ci, n'ayant pu avoir de descendance de sa femme Theutberge, l'avait répudiée au profit de sa maîtresse, Waldrade. Le pape excommunie les archevêques de Trèves et de Cologne, qui avaient annulé le premier mariage et résiste même aux assauts armés de Louis II, frère de Lothaire.

Dès sa mort, Nicolas Ier est considéré comme l'un des grands papes de l’époque. Réginon de Prüm, au XIe siècle, écrit à son sujet dans sa Chronique de l'année 868 : « Depuis le bienheureux Grégoire, nul évêque élevé dans la ville de Rome sur le siège pontifical ne peut lui être comparé. ». Il est inscrit au martyrologe romain et son culte est attesté depuis le XIVe siècle.

Il est considéré comme le premier pape à avoir revendiqué la supériorité du pouvoir pontifical sur le pouvoir impérial. Le chef de l'Église, en vertu de l'origine divine de son pouvoir, se considère désormais comme l'arbitre et le directeur des détenteurs du pouvoir temporel, rois ou empereurs. Relevant de lui comme chrétiens, passibles de sa juridiction morale comme pécheurs, ils peuvent être soumis à une sanction qui garantisse leur obéissance. Dès lors, le pape peut et doit, s'il le juge nécessaire au service de Dieu et de l'Église, intervenir dans les affaires des princes et Nicolas Ier s'est engagé sans hésiter dans cette voie que suivront après lui Grégoire VII et Alexandre II et qui conduira Innocent III et Innocent IV à cette hégémonie théocratique qui prendra fin sous Boniface VIII[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. R. J. Belletzkie, « Pope Nicholas I and John of Ravenna: The Struggle for Ecclesiastical Rights in the Ninth Century », Church History, Chicago, Ill., vol. 49, no 3,‎ 1980, p. 262-272
  2. Henri Pirenne, Histoire de l'Europe des invasions au XVIe siècle, Paris-Bruxelles, Alcan-N.S.E.,‎ 1939, 15e éd. (lire en ligne), p. 77

Lien externe[modifier | modifier le code]

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