Grégoire IX

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hugolin.
Grégoire IX
Image illustrative de l'article Grégoire IX
Biographie
Nom de naissance Ugolino di Conti
Naissance vers 1145
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat 19 mars 1227
Intronisation 21 mars 1227
Fin du pontificat 22 août 1241
Précédent Honorius III Célestin IV Suivant

Blason

Grégoire IX, né Ugolino de Anagni ou Hugolin d'Anagni (v. 1145 - 22 août 1241) –, est pape de 1227 à 1241. Successeur d'Honorius III, il hérite des traditions de Grégoire VII et de son cousin Innocent III. Son pontificat est marqué par un intense travail de codification, la création de l'Inquisition, ainsi que par des conflits avec l'empereur du Saint-Empire et avec les rois de France et d'Angleterre, mais aussi avec la population de Rome.

Histoire et tradition[modifier | modifier le code]

Grégoire IX puis Innocent IV reprennent les théories théocratiques d’Innocent III, son cousin, justifiant la souveraineté absolue du pape par la fausse donation de Constantin, le transfert du pouvoir impérial d’Orient vers l’Occident, la consécration par laquelle seul le pape fait l’empereur, ou encore la théorie des deux glaives.

L'un des premiers actes du pape Grégoire IX fut de suspendre l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, pour son retard à entreprendre la sixième croisade. La suspension fut suivie par la première excommunication prononcée en 1227 en la cathédrale d'Anagni[1] et des menaces de déposition après que Frédéric II se fut plaint de ce traitement auprès des autres souverains. L'empereur tenta une invasion des États pontificaux en 1228 mais elle échoua et il fut contraint d'implorer l'absolution et la levée de l'excommunication.

Le 13 avril 1231, Grégoire IX publia la bulle Parens Scientiarum Universitas, qui traite des privilèges et des interdits concernant les universitaires.

Les Romains se soulevèrent contre le pape après cette période et il dut s'exiler à Anagni et demander l'aide de Frédéric II contre les citoyens de la Ville éternelle en 1232.

Les hostilités entre l'Empereur et le pape reprirent ensuite et le Pape renouvela une excommunication en 1239, ce qui déclencha une nouvelle guerre dont Grégoire IX ne vit pas la fin puisqu'il mourut le 22 août 1241.

Le pape, qui avait été un avocat érudit, fit réunir en 1234 la Nova Compilatio Decretalium (Nouvelle compilation des décrétales). C'est également lui qui organisa la canonisation de Sainte Élisabeth de Hongrie, Dominique de Guzmán, Antoine de Padoue, et François d'Assise, qu'il avait personnellement connus. Enfin, il institua l'Inquisition en 1231, et en confia l'exécution aux frères prêcheurs (Franciscains et Dominicains). Ainsi, il enleva au pouvoir laïque le pouvoir doctrinal de juger, mais faute d'effectifs suffisant, l'Inquisition devra s'appuyer sur les princes locaux, qui trouveront les moyens de renforcer leurs pouvoirs[2]. A le demande de son inquisiteur exerçant en Allemagne Conrad de Marbourg, il édicta en 1233 la première bulle de l’histoire contre les sorcières, la Vox in Rama (en) en décrivant le sabbat des sorciers et leur culte du diable[3]. Parmi ses nombreuses particularités, cette bulle considère le chat, comme le crapaud, comme une incarnation du Diable [4] et déclare que toute personne abritant un chat noir risque le bucher.

Il condamna, en 1236, les excès de la Cinquième croisade contre les Juifs[réf. nécessaire].

Bulles[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

  • 1227 - Bulle du 15 octobre 1227, signée de treize cardinaux, et faisant défense à quiconque de troubler la paix des moines de la Chartreuse Notre-Dame d'Apponay, sous peine d'excommunication et d'être déchus de toutes charges, dignités, etc[5].
  • 1231 - Parens Scientiarum Universitas, privilèges et interdits concernant les universitaires.
  • 1233 - Vox in Rama, première bulle contre les sorcières
  • 1234 - Rex pacificus
  • 1234 - Corpus Juris Canonici
  • 1236 - Bulle avec sceau accordant dérogation concernant les offices à l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, (Archives Municipales d'Autun)[6]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Il est identifié à Avis Ostiensis dans la prophétie de saint Malachie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Entre gloire curiale et vie commune : le chapitre cathédral d'Anagni au XIIIe siècle, Pascal Montaubin, Mélanges de l'École française de Rome, no 109-2, 1997, pp.303-442.
  2. référence, citation ou lien
  3. Colette Arnould, Histoire de la sorcellerie, Tallandier,‎ 19 mars 2009, 494 p. (ISBN 2847345655), p. 27
  4. Colette Arnould, Histoire de la sorcellerie en Occident, Tallandier,‎ 1992, p. 170
  5. Abbé Jacques-François Baudiau, Le Morvand, Nevers, 1865; 3e éd. Guénégaud, Paris, 1965, 3 vol., t.I, p.466.
  6. citée dans les notes de la Charte 87 du Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun.

MUZELLE Stéphane,100 fiches d'histoire du Moyen Âge. Paris : Bréal, 2004, p.138

Sur les autres projets Wikimedia :