Innocent V

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Innoncent V, né sous le nom de Pierre de Tarentaise, ne doit pas être confondu avec l’archevêque du XIIe siècle du même nom ; voir Pierre de Tarentaise.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Innocent.
Innocent V
Image illustrative de l'article Innocent V
Biographie
Nom de naissance Pierre de Tarentaise
Naissance vers 1225
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat 21 janvier 1276
Intronisation 2 février 1276
Fin du pontificat 22 juin1276
Rome
Précédent Grégoire X Adrien V Suivant

Blason

Pierre de Tarentaise (v. 122522 juin 1276, Rome), élu pape le 21 janvier 1276 sous le nom d'Innocent V. « Concionator Gallus » dans la prophétie de saint Malachie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Longtemps considéré comme originaire de la vallée de la Tarentaise, dans le comté de Savoie, on pense aujourd’hui que Pierre de Tarentaise n’est pas savoyard. Il serait plutôt né à Tarentaise en Bourgogne ou alors à Tarentaise en Bas-Forez[1].

Pierre de Tarentaise rejoignit l'ordre dominicain à l'âge de 16 ans. Il étudia la théologie au collège de Sorbonne, où il devint ensuite professeur. Sa renommée était telle qu'il gagna le titre de « doctor famosissimus » (« le plus célèbre des docteurs »).

Après avoir occupé le poste de provincial, Pierre de Tarentaise fut nommé par le pape Grégoire X archevêque de Lyon et donc primat des Gaules, en 1272[1].

En 1273, Pierre de Tarentaise fut promu au rang de cardinal-évêque d'Ostie[1]. Il joua un rôle majeur au deuxième concile de Lyon et prononça l'oraison funèbre de saint Bonaventure. Il officie, en 1274, à la cérémonie de baptême des membres de l'ambassade du khan mongol (ilkhan) Abaqa[2].

Le 21 janvier 1276, après la mort de Grégoire X, Pierre de Tarentaise fut élu pape et il prit le nom d'Innocent V (Voir: Conclave de janvier 1276). Il mourut cinq mois plus tard.

Pendant son court pontificat, il avait eu le temps d'apaiser la querelle entre guelfes et gibelins en Italie, il parvint à pacifier Pise avec les autres villes toscanes et Gênes avec Charles d'Anjou. Il adopta une politique de fermeté à l'égard du roi des Romains Rodolphe de Habsbourg, qui ne tenait pas ses promesses faites à Grégoire X de partir en croisade et de ne pas s'approprier les possessions de l'Église romaine en Italie (en particulier en Romagne). Innocent V exigea le respect de ses engagements avant tout couronnement impérial à Rome.

Après sa mort, le peuple le vénéra comme saint et Léon XIII le proclama bienheureux en 1898.

Il repose à Rome en la basilique Saint-Jean-de-Latran.

Controverse sur son lieu de naissance[modifier | modifier le code]

L'abbé Besson (XVIIIe siècle) rappelle que ce Pierre de Tarentaise est aussi traditionnellement appelé Pierre de Champagnon (« Petrus de Campagniaco »), corruption du patronyme Champagny, et en déduit donc qu'il serait originaire de la paroisse de Champagny en vallée de la Tarentaise[3]. Plus précisément, il serait né dans le hameau de Friburge[4]. D'autres le font naître à Moûtiers ou dans ses environs. Ces affirmations seront reprises et diffusées par les différents érudits ou historiens qui les succèderont dans les siècles suivants, notamment Jules Philippe et son ouvrage Les Gloires de la Savoie (1863) où l'article consacré au pape réaffirme cette origine savoisienne (p.30).

D'autres documents, le font naître en Val d'Aoste, d'ailleurs une rue à Aoste porte le nom du Pape. Mais ces documents seront rejetés lors de la béatification du pontife[1],[5]. Plus tard, en 1943, en vue de sa canonisation, l'évèque de Maurienne, Auguste Grumel, revendique l'origine savoyarde du pape[1].

On pense aujourd"hui qu'Innocent V n'est pas savoyard. Le pontife serait plutôt né à Tarentaise en Bourgogne ou alors à Tarentaise en Bas-Forez[1].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Il laissa plusieurs traités de théologie et de droit canonique, parmi lesquels un Commentaire sur les Sentences de Pierre Lombard (imprimé en 1652), et quatre traités philosophiques : De unitate formæ, De materia cæli, De æternitate mundi, De intellectu et voluntate.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine Herrgott, Le silence de Pierre : Pierre de Tarentaise (1226-1276) un pape forézien dévoilé, Saint-Just-Saint-Rambert, Auteur des régions et terroirs,‎ 2011, 149 p. (ISBN 978-2-95318-611-6)
  • Bataillon (Louis-Jacques), « Une intervention maladroite de Pierre de Tarentaise en faveur des mendiants », in T. Prügl & M. Schlosser, eds, Kirchenbild und Spiritualität. Dominikanische Beiträge zur Ekklesiologie und zum kirchlichen Leben im Mittelalter. Festschrift für Ulrich Horst zum 75. Geburtstag, 2007, p. 143-177.
  • Laurent (Marie Hyacinthe), Le bienheureux Innocent V (Pierre de Tarentaise) et son temps, Cité du Vatican, Biblioteca apostolica vaticana (Studi e Testi, 129), 1947.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Jean Prieur et Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ 1999, 191 p. (ISBN 978-2-8420-6465-5), p. 87-88.
  2. (en) George E. Lane, Early Mongol Rule in Thirteenth-Century Iran : A Persian Renaissance, Routledge,‎ 2003, 344 p. (ISBN 978-1-13443-103-8), p. 50.
  3. Abbé Joseph Antoine Besson, Histoire ecclésiastique des diocèses de Genève, Tarentaise, Aoste et Maurienne, pp.240, 408. Repris dans Académie de la Val d'Isère, Recueil des Mémoires et Documents, 1889, p.309.
  4. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine,‎ 2000, 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 112.
  5. Chanoine Pierre-Joseph Béthaz, Le Pape Innocent V est-il français ou italien ? pièces du débat entre Moutiers et Aoste, Aoste, Imprimerie E. Duc, 1883, et Le Pape Innocent V est-il Français ou Italien ? Réponse à M. le professeur Borrel. Mémoire lu à l'Académie de Saint-Anselme. Aoste, Imprimerie Louis Mensio, 1888, In-8°, 62 p.