Nouvelle Théologie

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La Nouvelle Théologie est un courant de pensée catholique apparu avant les années 1950 et jusqu'à la veille du concile Vatican II, en particulier parmi les théologiens allemands et français. Il prône un retour aux sources du christianisme, notamment à travers les Pères de l'Église, et prend ses distances avec l'hégémonie de la scolastique. La Nouvelle Théologie exerça une influence déterminante non seulement sur le déroulement de Vatican II mais aussi sur ses conséquences.

Ses principaux représentants sont Henri de Lubac, Pierre Teilhard de Chardin, Hans Urs von Balthasar, Yves Congar, Karl Rahner, Hans Küng, Edward Schillebeeckx, Marie-Dominique Chenu, Louis Bouyer, Jean Daniélou, Pierre Ganne, Jean Mouroux et le futur pape émérite Benoît XVI.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant même le début des années 1950, la Nouvelle Théologie suscita les inquiétudes de Pie XII. En France, un certain nombre de ces « nouveaux théologiens », notamment les Jésuites de Fourvière et les Dominicains du Saulchoir, se virent interdits d'enseignement[1]. Pie XII, qui craignait un retour de la crise moderniste, critiqua la Nouvelle Théologie dans son encyclique Humani Generis (1950), à laquelle le dominicain Réginald Garrigou-Lagrange n'était pas étranger. La purge de Fourvière puis celle du Saulchoir en furent l'un des résultats.

Une dizaine d'années plus tard, ce fut pourtant la Nouvelle Théologie qui eut gain de cause lors du concile Vatican II, auquel d'ailleurs plusieurs de ces théologiens participèrent en tant que periti. Réhabilités, ils furent alors pleinement reconnus par l'Église catholique ; certains furent créés cardinaux et l'un d'entre eux fut élu pape.

Après le concile, la Nouvelle Théologie se scinda toutefois en deux courants, représentés par deux revues : d'un côté, Rahner, Congar, Schillebeeckx, Küng et Chenu réunis autour de Concilium (1965) ; et de l'autre, Lubac, Balthasar, Ratzinger, Daniélou et Walter Kasper réunis autour de Communio (1972).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Henri de Lubac, Mémoire sur l'occasion de mes écrits. (Œuvres complètes, 9e section, vol. XXIII), Cerf, 2006 (éd. orig. 1983) ; cité par P. et E. Bellion-Jourdan, Hommage au P. Pierre Ganne, 1904-1979, extrait en ligne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Congar, Mon journal du Concile, tome I : 1960-1963 - tome II : 1964-1966, Paris, Cerf, 2002

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]