Honorius Ier

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Honorius Ier
Image illustrative de l'article Honorius Ier
Biographie
Naissance Campanie, Italie
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat
Fin du pontificat
Précédent Boniface V Séverin Suivant

Honorius Ier, né en Campanie à une date inconnue et mort à Rome le , fut pape de 625 à 638.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un consul honoraire, il est élu en succession de Boniface V et consacré le 27 octobre 625. L'empereur Héraclius étant en campagne, il ne peut confirmer l'élection. Pour éviter tout délai, c'est donc l'exarque de Ravenne qui procède à cette formalité.

Honorius poursuit les travaux d'urbanisation de Rome menés par la papauté. À cet effet, il fait enlever les tuiles en bronze doré du temple de Rome (en fait la basilique de Maxence) pour réparer le toit de la basilique Saint-Pierre. Il fait également bâtir de nombreuses églises et transformer la Curie Julia en église.

Il n'intervient que rarement en Occident, excepté en Angleterre : il envoie un évêque à Dorchester, dans le royaume de Wessex, et sanctionne la fondation de l'évêché d'York après la conversion du roi Edwin Ier de Northumbrie. En Orient, il mène une politique de compromis politique entre « orthodoxes » et monophysites, mais non sur le plan doctrinal. S'il a été poussé à approuver, en 634, une solution intermédiaire proposée par Serge Ier, patriarche de Constantinople, c'est sur un malentendu ; cette solution consistait à admettre que Jésus-Christ aurait deux natures (hypostaseis) mais une seule volonté, qualifiée de « théandrique », c'est-à-dire divino-humaine. C'est cette doctrine que combattirent les saints Maxime le Confesseur, Sophrone de Jérusalem et Martin Ier parce qu'elle privait le Christ d'une partie de sa nature humaine, la volonté humaine.

Sous le pontificat de l'un de ses successeurs, Léon II, et le règne de l'empereur Constantin IV, Honorius est condamné comme monothéliste au troisième concile de Constantinople et subit l'anathème en tant que pape de Rome.

Son corps repose à la basilique Saint-Pierre.

Honorius et l'infaillibilité pontificale[modifier | modifier le code]

Certains détracteurs (les protestants et les gallicans, repris par les membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X actuellement) évoquent le cas du pape Honorius Ier comme preuve que le dogme de l'infaillibilité ne peut être fondé ou que l'infaillibilité du Pape n'est limitée qu'aux cas de définitions solennelles. En effet, celui-ci subit l'anathème au Concile de Constantinople III, décision confirmée par le pape Léon II. Un pape aurait donc subi l'anathème pour faute doctrinale : mais de quoi s'agit-il au juste ? En 634, le patriarche de Constantinople Serge prend de vitesse les légats pontificaux et expose de manière adroite au pape Honorius la doctrine du monothélisme. Il lui adresse une lettre très habile en précisant que la doctrine des deux activités-volontés ne pouvait être érigée en règle de foi parce qu'on ne la rencontrait pas chez les Pères de l’Église ; que de plus cette doctrine des deux volontés en Jésus-Christ, si elle était acceptée comme vérité de foi, reviendrait à admettre la possibilité dans le Christ d'une opposition possible des deux volontés. Il propose donc au pape de s'abstenir de parler d'une ou deux volontés. Le pape dans sa réponse, félicite Sergius de vouloir supprimer de vaines querelles de mots. Il approuve sa politique de silence mais en s'expliquant, dans un sens peut-être admissible car cela venait au terme de tout un raisonnement, il n'en laisse pas moins passer une phrase regrettable : Nous professons aussi la volonté unique du Seigneur Jésus-Christ. Ainsi au terme d'une véritable manipulation, ce pape semble donner donc son aval à une hérésie. On peut au moins faire observer que l'intervention d'Honorius n'a pas revêtu les caractères de l'exercice du magistère couvert par le privilège de l'infaillibilité, puisqu'elle intervient dans le cadre d'un débat théologique.

Ainsi, selon le Chanoine Adolphe-Charles Peltier : « Une des objections les plus rebattues contre l'infaillibilité pontificale est assurément celle qu'on prétend tirer de la faute d'Honorius et de sa condamnation par le sixième concile œcuménique. Cependant de quoi s'agit-il ? D'une faute personnelle, qui était plutôt une erreur dans la conduite, qu'une erreur dans la foi. Les lettres qui nous restent de ce pape démontrent en effet qu'il n'admettait pas une seule volonté en Jésus-Christ à la manière des monothélites, mais uniquement en ce sens qu'il ne saurait y avoir dans le Fils de Dieu deux volontés contraires. Comment d'ailleurs le pape Agathon aurait-il pu prescrire à ses légats, comme il l'écrivit à l'empereur, de s'en tenir simplement à la tradition reçue de ses prédécesseurs, si cette tradition avait été rompue par Honorius quelques années seulement avant lui ? Aussi Noël Alexandre, quoique partisan des opinions gallicanes, ne fait-il pas difficulté de reconnaître ingénument que le pape Honorius n'a point enseigné l'hérésie »[1].

En conclusion de ce point historiquement controversé, il faut noter que le Concile de Vatican I, dans ses travaux préparatoires, a longuement étudié cet aspect. Il n'en a pas moins conclu, dans sa constitution dogmatique Pastor Æternus, que le siège suprême est toujours demeuré pur de toute erreur : ce qui exclut donc toute hérésie formelle de la part d'Honorius et le lave définitivement de tout soupçon, à tout le moins aux yeux des catholiques soumis au dogme.

Se pose alors toutefois la question de la condamnation par le concile et Léon II : en réalité, Honorius n'a été que maladroit mais n'a cependant pas commis une erreur de foi ou de morale (les deux sujets auxquels s'applique l'infaillibilité). Ce n'est donc qu'une erreur sur le plan historique ou factuel.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire universel et complet des conciles - in Encyclopédie théologique de l'abbé Jacques-Paul Migne, tomes 13 et 14, 1847.

Liens externes[modifier | modifier le code]


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